"A Rennes 1, les bloqueurs sont de droite
Le blocage de la fac au triton a causé un grand émoi parmi la population estudiantine. En effet, contrairement aux autres universités de France, les bloqueurs ont agi pour pouvoir enfin travailler. Parmi eux, Camille, qui nous glisse qu´"Il y en avait marre : tous les étudiants venaient dans les salles pour pouvoir boire des bières au chaud. Impossible de travailler dans ces conditions. Grâce au blocage, les étudiants vont être forcés de rester chez eux et vont devoir bosser".
Cette nouvelle n´est pourtant pas du goût de tous. Sophie, anti-bloqueur, proteste : "Vous avez même fermé les salles informatique ! A cause de vous, on va être obligés de se ruiner au cyber café pour jouer à World of Warcraft." Moussa ajoute : "A Rennes, il y a déjà tellement peu de choses à faire. Si l´on ne peut même plus se saoûler à la fac, qu´est-ce qu´il nous reste ?"
Devant ce désarroi général, la gronde s´amplifie rapidement. Etrangement, la majorité réclame l´intervention des forces de l´ordre, aux cris de "CRS avec nous ! On veut boire un coup !" Le Président de l´université se joint également aux anti-bloqueurs. Selon les informations à sa disposition les bloqueurs ne viennent pas de Rennes, ce qui explique pourquoi ils ne respectent pas les coutumes locales. Des sanctions seront prises, promet-il : "c´est la première fois en 50 ans que la fac de Rennes 1 est bloquée. Je ne puis tolérer cela !"
Heureusement, 16H approche, l´heure de faire la tournée des cafés. La foule se disperse enfin, laissant un sursis aux bloqueurs. Ces derniers se donnent rendez-vous pour le lendemain à 10H, histoire de réinstaller les barrières. Victor, bloqueur, nous laisse sur ces quelques mots : "A Rennes, tout est un peu particulier. Les cours ne commencent pas avant 11H le matin, ce qui permet aux professeurs de décuver ce qu´ils avaient absorbé la veille. Je commence à douter moi-même du bien fondé du blocage. Je crois que le plus simple sera encore de changer d´université à la rentrée prochaine."
Source : http://www.lemonde.fr/