Y´a aussi l´hédonisme qu´il faut caser, lequel affirme que la réalisation d´une vie heureuse passe par la réalisation des plaisirs, qui ne sont au fond que des désirs assouvis. Il n´empêche qu´il ne s´agit pas de tout désiré : il existe des plaisirs meilleurs aux autres, et c´est ceux là qu´il faut choisir. Au fond, dans l´hédonisme, on est plus un ascète qu´un débridé.
Il me semble d´ailleurs qu´on peut prendre l´exemple de Don Juan, qui est un homme pétri de désir (son but n´est pas en effet de se taper le plus de femmes possible, mais de les séduire. C´est le désir de séduire, et pas tant de posséder qui le motive. La preuve, une fois séduites, il les lache... (l´épisode des deux paysannes, à qui il promet monts et merveille). ) Une telle condition est-elle souhaitable ?
Pour le désir de possession, il me semble que ce serait marrant de faire allusion à Proust, pour qui, il faut posséder l´autre être tout entier. Mais du fait du temps, l´autre nous échappe en une partie. Que c´est le combat permanent pour la conquête de l´autre qui fonde l´amour (et c´est pour ça que l´amitié est une foutaise).
Quand le héros narrateur rencontre Albertine, sur une plage, elle est une bacchante parmi d´autre, et c´est une lueur dans ses yeux qui le motive à essayer de la séduire. Albertine d´ailleurs est changeante, et à la fin, il ne reste que cette lueur (il la séquestre dans la Prisonnière) qui lui échappe. Et finalement, c´est peut-être ce qui cause son malheur, en réactivant sans cesse sa jalousie.
Le désir ne nous conduit-il pas à cette aporie qu´est l´echec dans sa réalisation ? Dans ce cas, désirer, c´est aller droit dans le mur : le temps ne nous permet pas de posséder.
Quant à Platon, dans le Gorgias, je crois qu´il y´a un passage sur le désir, juste avant qu´il dise que le modèle de vie de Calliclès, c´est d´être une barrique trouée que l´on remplit en permanence, et qui se vide en permanence. Mais moi non plus, je ne suis pas très sur.
En plus c´est un sujet sympatoche 