Delacroix, dans ses "Ecrits" a écrit que "Le plus beau triomphe de l´écrivain est de faire penser ceux qui peuvent penser". L´écriture s´adresse certes toujours à quelqu´un, et grâce à Jakobson, on sait même qu´elle a un destinateur, un contexte, un message, un code et un contact; mais jamais l´écriture n´a changé quoique ce soit à la condition sociale de quelqu´un. Directement du moins. On pourra toujours gouailler sur la fonction de l´écrivain, sur le fait qu´il tend à faire passer un message orienté (Voltaire, Hugo,, Balzac, Zola que même les professeurs renoncent à faire étuder
), qu´il est polémique, grinçant, ironique, rhétorique ou que sais-je.
L´écrivain ne sert à rien dans la cité, pour pasticher un non-auteur qui lui a changé la condition sociale de nombre de gens (ce qui lui a valu sa vie d´ailleurs).
Après tout comment un écrivain seul pourrait-il avoir une influence sur tout un peuple ? Jouons donc le jeu, que l´écriture peut changer les moeurs des gens, et donc les faire prendre conscience de leur médiocrité. Pensons que le théâtre par exemple, est capable d´élever moralement l´homme.
Tout d´abord, il y´a une infinité d´oeuvres, de types et de genres d´oeuvres. Tout autant que de peuples, et sans doute autant qu´il y´a d´écrivains (comment comparer Stendahl et Balzac...). Chaque oeuvre s´adresse à un certain type de public.
Mais quand ce public lit cette oeuvre, est-il convaincu par l´argumentation de l´auteur ? Ou plutôt, n´est-il pas disposé à être convaincu ? Je veux dire par là que par nature, tout le monde trouve la misère laide, la prostitution détestable (encore que certains), la situation des ouvriers du XIX peu souhaitable; et ce n´est pas l´oeuvre qui va nous faire changer d´avis, ni nous faire prendre conscience des réalités qui se déroulent sous nos yeux. Au mieux, l´oeuvre nous apportera la bonne conscience, celle d´avoir laissé couler quelques larmes à la vue de Cosette, sous la table, avec un balais, dans les Misérables de Hugo; ou de plaindre le condamné qui va se faire exécuter dans Le dernier jours d´un condamné. Tout au plus en effet on se donnera bonne conscience, se disant que visiblement, nous sommes des hommes bon. Mais dans la réalité, que ferons nous ? Rien.
Et en matière de morale et de politique, ce qui ne cause rien de bon cause déja un grand mal.
Et puis j´ai la flemme de continuer à détruire ton sujet ^^
Pour finir citation de P. Léautaud "Je suis arrivé cette opinion que la littérature, comme tous les arts est une farimbole"