L'idéal, c'est de savoir trancher entre passion ou véritablement se creuser une spécialité. Par exemple, je suis encore passionné par les sciences naturelles, mais je ne les ai jamais étudié, je lis les magazines La Recherche ou Pour la science pour me tenir au courant des avancées. Mais je ne me prétends pas physicien, je n'ai pas la méthode ni leur rigueur.
C'est identique pour la philosophie, on peut lire de soi-même la littérature philosophique, mais il n'y aura jamais la rigueur et la polyvalence qu'on réclame d'un philosophe. Il faut être dur, mais pour se prétendre philosophe, il faut avoir le courage de lire Kant, Hegel, Heidegger, l'Ecole de Francfort et la philosophie analytique anglo-saxonne. Moi-même je ne suis pas spécialement passionné par ces auteurs, mais on sait très bien qu'on ne peut pas prétendre philosopher sans eux, sans oublier qu'avoir lu Hegel par exemple, c'est une véritable fierté, un peu comme passer à l'âge adulte
Je ne crois pas qu'on retient le mieux en voyant la philosophie que comme un plaisir (quoique déjà s'intéresser à la philo, c'est tout à fat louable
). Je prends par exemple Nietzsche, que j'avais déjà lu avant d'entrer en licence. Le Nietzsche que j'ai découvert en licence utilisait certes les mêmes concepts, mais j'étais à un niveau bien plus profond et critique. Il y a une réelle différence entre connaître Nietzsche en l'ayant lu et connaître Nietzsche en ayant bouffé pleins de livres critiques sur lui, en l'insérant dans la tradition philosophique et ayant pondu des dizaines de pages de dissertation rigoureuse. Ca peut paraître masochiste tel que je décris les études de philo, mais on se sent réellement heureux de maîtriser à un tel point un auteur.
C'est un peu comme la douleur à la salle de musculation, on est essoufflé, les muscles sont tendus, mais cette douleur est le signe qu'on a progressé et qu'on se réveillera plus fort ^^.