Un petit extrait d'un texte que j'ai débuté, sur un coup de tête:
"Sous le ciel adossé à l’horizon, elle murmurait “je suis la fleur éclatée, prisonnière d’un été”, et l’errance du coquelicot continuait. “On m’étrangle, ventre à terre le joug du vent m’arrache à la terre” et elle criait, jusqu’à s’en mordre les lèvres et que, le rouge montant, sa pâleur faiblesse ne s’égare. Les dents pourpres, elle aurait souri, mais trop heureuse pour se taire, déjà elle résolvait le dilemme. “Il fait froid et dans l’obscurité le clair me mord”, alors, elle mimait la terrible agonie, le visage tordu pincé par les ténèbres, les joues forées, griffées sous les herbes. Bientôt, sous le regard des astres, l’odieuse prédiction se manifestait, l’oracle lépreuse aux yeux révulsés, la face noire plongée sous la terre émergeait. “Et dans leur place, les cieux érigés contre moi”. La balafrée hurlante gisait, la bouche inachevée face au ciel immobile, et les bras tremblaient, refusaient le sort, un supplice inachevé, prononcé sans suite. Un râle sans conviction de l’impétueuse grondait, condamnant l’acte. Le cœur païen et sa foi subjuguée se taisaient à présent. L’agonie sans mort, la traîtrise d’un corps que refusaient les dieux, la moiteur de l’herbe soudaine et son ventre animal traînant sur le sol, Que pouvait-elle sinon se résoudre à l’immobilité ?
Elle eut le sentiment d’être seule. La brise fuyait, ne restait que la honte. Quelle lâcheté ! Et toujours, le ciel lisse et sans accroche, ses mains brûlées à force de monter, les bras flageolants incapable de la véritable raideur. Frustrée, le corps en croix, subjuguée par le désir, elle sentait le sol soutenir son poid. Qu’aurait-elle donnée pour qu’un éclair embrase cette nuit de charbon ?"