Incontestablement, "Voyage au bout de la nuit".
A ce niveau de popularité, ce n'est même plus que le livre est surfait, c'est que les gens le lisent en se disant "c'est un chef d'oeuvre" ; ils s'en persuadent donc.
Je ne comprends pas la postérité de ce livre (ou plutôt je la comprends trop bien : raisons extra-littéraires, délire de l'innovation et du moderne à tout prix, idées hurlées tellement fort qu'on prend pour des idées fortes, etc.) Il y a trois-quatre bons passages (sur plus de 600 pages), liés par une sauce marronnasse, ennuyeuse, et très fade. Je trouve aussi qu'une certaine forfanterie de la faiblesse, de la lâcheté, se dégage de ce livre. Il me fait penser à une interminable route de plaine sous la pluie, boueuse, glaiseuse, avec jamais une once de beauté, de charme, pas un sentiment noble ou gracieux, et très peu d'écriture.
Voilà, à mes yeux, un passage très représentatif de son "style" (il voulait qu'on le prenne pour un styliste ! la blague !) :
"La race … c’est seulement ce grand ramassis de miteux dans mon genre, chassieux, puceux, transis, qui ont échoué ici poursuivis par la faim, la peste, les tumeurs et le froid, venus vaincus des quatre coins du monde."
Ca me fait penser à ces adolescents qui, dans leurs journaux intimes, emploient systématiquement le mot le plus fort parce qu'ils ne savent pas écrire.