Je poursuivis mon chemin, et arrivais enfin devant ELLE.
La cathédrale était énorme, puissante, imposante… Je restai ébahis devant un tel chef d’œuvre architectural . Certes, je n’y connaissais rien dans ce domaine, mais je ne pus m’empêcher de me représenter le travail fourni pour l’érection de cette montagne, je revoyais presque les centaines d’ouvriers monter et descendre comme des fourmis au travail, les énormes machines, avancer, tels des chars sur le champ de bataille, les marteaux s’écraser sur le métal disloqué, les ordres aboyés à travers l’immense chantier… Une nostalgie venue du plus profond de mon être s’empara de moi, mon cœur battait fort, mes jambes flageolaient… Oh mon Dieu, quelle émotion en y repensant ! ! Je ressens encore cette émotion jamais ressentie auparavant, un peu comme un premier baiser, mais en plus fort plus intense, plus chaud, plus envoûtant…. Mystique…
La pellicule fut vidée et les photos développées en quelques temps….
Le soleil s’était couchée depuis deux heures et la ville était en pleine effervescence, les bus, voitures, motos de toutes gammes klaxonnaient sans raison… J’étais encore devant la cathédrale et je ne tenais plus, mes yeux me brûlaient, comme si j’avais trop admiré cette magnificence, mes jambes fléchissaient sous mon poids, mon esprit devenait confus, mais il m’en restait assez pour prendre la décision de rentrer à l’hôtel…
Assis sur le lit, je tenais les photos dans mes mains, et les observais… Je ne les quittais plus de yeux, trois heures s’étaient écoulées sans que je ne cligne des yeux, des larmes perdues glissaient de temps en temps et venaient s’étaler sur les photos laissant quelques traces rouges… Ses formes si précises, ses courbes parfaites m’obnibulaient, je les aimais, je les caressais sans oser les toucher, comme l’amant qui caresse sa maîtresse après l’amour…