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Running Man de Stephen King.

cutter-slade
cutter-slade
Niveau 10
06 août 2005 à 14:21:03

Marche ou crève est tout aussi réussi dans son genre.

Je précise bien " dans son genre" parce qu´il vise moins le tableau apocalyptique que l´allégorie sur les comportements humains, en particulier l´individualisme. Et, là encore, difficile de ne pas voir une critique de l´ultralibéralisme dans le concept du jeu, traduit par l´édifiant slogan " marche ou crève": le plus performant s´en sort avec les honneurs, quitte à y laisser sa santé mentale; les moins bons, eux, tombent sous le couperet mortel du déshonneur. Et puis, comme dans Running Man, on retrouve la masse humaine informe, retournée aux instincts les plus primitifs: elle apparaît cette fois ci sous le visage de " la foule", jouant moins un rôle de supporter que de charognard, prête à récupérer les excréments des participants pour les conserver comme des pièces de musée, prête aussi à démoraliser verbalement les compétiteurs les plus faibles pour précipiter leur défaite. Comme si chacun de nous était l´ennemi de l´autre. La boucle est bouclée: on en revient à Running Man, où on peut dénoncer son prochain pour récupérer la prime de sa mise à mort. Même quand on partage sa classe sociale: toute notion de valeur a disparu.

Bref, si les " Stephen King" sont d´honnêtes romans de gare qui délivrent leur dose d´adrénaline, ce sont à mon sens les " Richard Bachman" qui méritent le plus de passer à la postérité. Qu´il s´agisse de Marche ou Crève, Running Man, ou encore Dead Zone...

11_09_2001
11_09_2001
Niveau 7
06 août 2005 à 14:52:16

. ..Rage, Chantier et La peau sur les os aussi. Par contre Les Régulateurs, je l´aurais plutôt vu signé S. K.

cutter-slade
cutter-slade
Niveau 10
06 août 2005 à 16:57:57

Quand je disais " Dead Zone" je pensais à Chantier.

La peau sur les os est pas mal non plus, mais un peu basique: je n´y ai pas vraiment trouvé de message sous-jacent comme dans la plupart des Bachman.

Les régulateurs, je ne l´ai pas lu, mais je crois que c´est la copîe conforme de Désolation, qui pour le coup est un excellent bouquin signé... Stephen King!

11_09_2001
11_09_2001
Niveau 7
06 août 2005 à 19:59:27

Personnellement, je ne trouve pas que Les Régulateurs et Désolation se ressemblent tant que ça. Désolation est pas mal religieux, bien contre mal. Les Régulateurs c´est un peu différent. Mais les deux sont liés par je ne sais plus quoi.

eaglestorm
eaglestorm
Niveau 10
08 août 2005 à 14:49:02

SPOILER

Comme je crois l´avoir déjà lu quelque part ici, rien ne dit même que Ben Richards ai réussi son coup dans les dernières phrases. Surtout si on pense aux évènements que laisse suggérer ton pseudo. On a envie de penser que le building des jeux est totalement anéanti, mais une petite voix nous dit que çà ne peut pas être le cas, que le " pot de terre" avion s´est tout simplement écrasé contre le " pot de fer" building. Et on est plutôt soulagé que rien ne soit précisé, on peut toujours espérer que c´est une " happy end" malgré tout...

Pour le bien et le mal, c´est surtout le Fléau qui me vient immédiatement à l´esprit. Mais on peut aussi penser à Bazaar ou à d´autres...

11_09_2001
11_09_2001
Niveau 7
08 août 2005 à 15:27:08

Oui, c´est clair que celui qui fait plus " bien contre mal", c´est le Fléau. Mais entre Désolation et Les Régulateurs, Désolation est assez " religieux".

cutter-slade
cutter-slade
Niveau 10
08 août 2005 à 15:37:23

Que Ben Richards aie réussi son coup, on s´en tape un peu, finalement.
Soit on espère une Happy End et on laisse notre imagination interpréter les dernières phrases du bouquin comme elle l´entend.
Soit on considère que de toute façon, c´est le geste qui compte, et que de par son sacrifice, le héros parviendra à déclencher la prise de conscience du peuple. Qu´il échoue ou non, ça en devient secondaire: ses successeurs achèveront le boulot.

En tout cas, Eaglestorm tu as séléctionné deux des bouquins qui symbolisent sans doute le mieux la lutte entre le bien et le mal, thème réccurent chez King qui est sous-jacent dans la globalité de son oeuvre.

Bazaar pour moi, c´est un bouquin de seconde zone: il répresente le " livre type" de King, à l´ossature trop saillante. Je m´explique: on retrouve tous les ingrédients chers à l´auteur, ceux qu´il distribue en quantités variées dans tous ses bouquins, sauf qu´ici la sauce ne prend pas. On commence par prendre une petite bourgade de province, apparemment tranquille, représentative de l´Amérique moyenne, l´Amérique profonde, composée de ses personnages types comme l´imbécile profond, la bourgeoise snob, la femme mûre à l´esprit vif mais au corps en friches, etc, etc... Le but de l´histoire sera de montrer que cette petite ville paisible n´est en fait qu´un bouillon de culture composé d´éléments antagonistes, mûs par des rivalités latentes qui ne demandent qu´à s´opposer jusqu´au chaos. Quoi de mieux pour cela qu´introduire un élément extérieur, lui aussi trompeur sur les apparences: un vendeur courtois mais sournois, marchand de rêve à priori mais finalement incarnation du diable. Car King adore les symboles, surtout ceux du bien et du mal. Il s´amuse alors à les confronter, par petites accroches d´abord, puis par mesquineries meurtrières ensuite, distinguant les " à peu près sains d´esprits" des " carrément dingues": c´est une descente aux enfers qui va crescendo, ou plutôt une montée en puissance de l´action et de la démence, comme on en retrouve beaucoup chez l´auteur. Et ce jusqu´à ce que survienne l´apocalypse.
Le problème, c´est que cette structure est beaucoup trop apparente, et surtout, on en devine le déroulement dès le début pour un peu qu´on soit un habitué des King. La morale ne m´est pas restée en mémoire: il devait encore s´agir d´une fin en queue de poisson, où il reste encore un germe du mal quelque part, un germe qui va pousser très vite parce que l´homme est fondamentalement faible, etc, etc...

J´ai donc préféré Le Fléau. Pourquoi? Parce que je suis un mec très pessimiste qui prévois la fin du monde pour dans cent ans à tout casser, et qui par conséquent se réjouit inéluctablement de l´aspect " documentaire" de toutes les apocalypses décrites par la littérature. Rien que la propagation du virus mortel est à la fois fascinante et épouvantable: il suffit de deux ou trois gugus à la base pour contaminer toute la population mondiale de fil en aiguille. Drôle, non? Le chaos qui suit la déchéance de la société présente une richesse incommensurable quand à l´analyse des comportements humains: rappellé à ses instincts le s plus primitifs pour survivre, l´homme va-t-il faire la part des choses et tenter de reconstruire une communauté ou bien simplement vivre au jour le jour, puisque le schéma de la société a échoué. King a le génie de traiter dans un premier temps une guerilla animal des plus réussies, et dans un second de décrire avec une minute ébouriffante la construction progressive d´une nouvelle communauté humaine, là encore avec ses personnages types. En revanche, j´ai trouvé un peu trop manichén l´affrontement des deux puissances que sont le bien et mal, puisque là encore, il personnifie le diable en une créature sans visage. De même, son refus systématique de fin absolue m´a agaçé plus que jamais: c´est dérisoire d´écrire trois tomes pour annuler leur intérêt par une fin en queue de poisson. Parce que oui, à la fin du tome 3 ( SPOILER au fait ^^) le diable n´est pas mort, parce que la lutte contre le mal est éternelle, etc etc... Encore une vieille peur de l´amérique, ça...

eaglestorm
eaglestorm
Niveau 10
08 août 2005 à 23:01:36

" Le problème, c´est que cette structure est beaucoup trop apparente"
Pour Bazaar c´est vrai qu´on se sent " prisonnier" de l´histoire. On a vraiment l´impression qu´elle est déjà écrite de manière à ce que tout se combine bien, on ne sent aucune spontanéïté.

J´ai du mal à exprimer le sentiment que j´ai eu en le lisant. Disons que je ne trouvais pas vraiment matière a suspense. J´ai eu l´impression d´assister à la mise en place d´un " puzzle littéraire" par l´auteur, et de voir que oui, effectivement, tout çà s´emboîte parfaitement. Mais sans éprouver le plaisir du lecteur qui se demande mais " comment çà va finir?". L´accent est mis sur la manière de rédiger ( c´est d´ailleurs très fort ce qu´il a fait je trouve), on perd l´envie de savoir comment l´histoire va évoluer, on est juste intéressé à se dire " mais comment va t´il réussir à combiner tout çà".

La fin n´est bien sûr pas une fin, le méchant est repoussé, pas détruit! Comme pour le Fléau...

Sinon je n´ai pas lu Désolation et les Régulateurs ( je pense avoir lu suffisamment de de King en fait)

cutter-slade
cutter-slade
Niveau 10
09 août 2005 à 13:22:25

" Le puzzle littéraire" c´est exactement l´image qu´il fallait pour définir la matière scénaristique de Bazaar, bravo ; )

J´aurais pas trouvé mieux: c´est vrai qu´on devine à peu près comment tous les conflits entre les personnes vont intéragir, s´entrecroiser, et influer d´un seul bloc sur le destin de la ville. L´intérêt c´est alors de se demander comment cela va se passer exactement, et comment va faire King pour que toutes ces quêtes entremêlées ne donnent pas naissance à un beau sac de noeuds bien bordélique.
Et faut avouer que de ce côté là il a fait preuve d´un solide talent narratif :)

Roger_Smith
Roger_Smith
Niveau 10
14 août 2005 à 17:31:42

:spoiler:

biskis Posté le 13 juillet 2005 à 23:48:22

Moi bah..

C´est la fin que j´ai pas compris!!!

Il es devenu fou?
Il meurt?
C´est a qui la main?
A mademoiselle la mort?

Il se rend compte que c´est Killian qui a envoyé ses hommes tué sa famille et il décide de le tuer et avec la tour des jeux.

Roger_Smith
Roger_Smith
Niveau 10
14 août 2005 à 17:44:25

Personellement je trouve que " Running Man" est un excellent livre ! ! ce qui est bien c´est que King laisse tomber le côté horreur et laisse place au côté " politique" pour le livre ou il dénonce la barbarerie de la société comme ce l´est dit sur la 4éme couverture.

biskis
biskis
Niveau 10
14 août 2005 à 20:31:38

Roger Smith!
La fin que je n´avais pas comprise est celle de " march ou creve"
J´ai confondu!
oups,j´ai honte!

eaglestorm
eaglestorm
Niveau 10
15 août 2005 à 21:45:15

Pour la conclusion de Marche ou Crève, je dirai que King à procédé comme bon nombre d´auteur ( de bouquins ou de ciné) qui ne savent pas quelle conclusion choisir et en pondent une ambigüe pour que chacun y trouve son compte ( lecteur et auteur)^^

Après il y a toujours des gens qui vont râler parce qu´ils vont trouver que la conclusion est trop belle ou trop sombre, si l´auteur tranche véritablement...

biskis
biskis
Niveau 10
17 août 2005 à 12:57:58

S.K finit souvent avec des sortes de " relance d´histoir". En nous laissant imaginer nous meme ce que deviennent les Heros.

Je trouve ca extra!

drinker02
drinker02
Niveau 5
18 août 2005 à 16:35:34

Running man : je viens de le lire.
Bon livre, l idée est intéressante pour l´époque et l´action est omniprésente.
Seul gros défaut : l´ecriture.
Bizarrement je n ai pas reconnu le style du King. Je dois meme vous avouez que j ai trouvé ce livre mal écrit. Beaucoup moins bien en tt cas que Marche ou creve ecrit sous le meme pseudo. Peut etre a t il evolue? Je ne sais pas lequel des deux il a ecrit en premier.
Autre petit point négatif, la fin arrive trop vite à mon goût, trop abruptement. Les personnages ne sont pas tres developpés. On a du mal à s attacher à Ben Richards.
Le bon point est que l action s´enchaînant il est tres facile à lire. Trois jours maximum suffiront à le terminer.
En conclusion ce livre est interressant mais pas marquant.

A+ et bonne lecture. En passant si je dois vous conseillez l un de ses livres se sera sans hesitation sa saga La Tour Sombre qui est loin au dessus de ses autres livres.

eaglestorm
eaglestorm
Niveau 10
18 août 2005 à 18:27:29

Pour Ben Richards, il ne faut peut-être pas trop s´attacher à lui en fait...
Sinon je garde toujours le souvenir du passage à l´aéroport, sacrée tension à ce moment là!

C´est sur que comparé à la Tour Sombre, c´est vite lu :)

La Tour Sombre je n´ai lu que les 5 premières nouvelles, et c´est un des King que j´ai le moins apprécié, peut-être parce qu´il s´est construit au fur et à mesure, sans véritable plan, et que tout çà est mal ficelé ( en tout cas pour ce que j´ai lu, car ensuite je pense que King à du resserrer les boulons pour les suites que je n´ai pas lues).

Roger_Smith
Roger_Smith
Niveau 10
01 octobre 2005 à 07:32:57

cutter-slade Posté le 05 août 2005 à 20:02:39

ATTENTION SPOILER

Parce que d´autre part c´est aussi un bouquin visionnaire dont la lucidité fait froid dans le dos: écrit il y a une vingtaine d´années au bas mot, il décrit ce qui pourrait bien être notre futur proche si notre présent continue d´évoluer dans le même sens . De quoi je parle? Principalement du rôle de la télé, en particulier de la téléralité. Elle n´existait pas encore lors de la publication de Running Man, et pourtant ça pas empêché King de préssentir sa création: il décrit des émissions toujours plus risquées ( je me souviens d´un jeu ressemblant au " Zone rouge" de Foucault, où les candidats meurent d´un infarctus en direct), toujours plus trash, faisant appel aux sentiments humains les plus primitifs et les plus vils. Aujourd´hui, on peut éliminer un candidat d´une émission par simple vote; qu´est ce qui nous dit que dans vingt ans, comme dans le livre, on ne pourra pas les " éliminer" au sens strict, en décidant de leur vie et de leur mort, juste parce qu´ils nous paraissent ridicules ( qu´il suffise d´évoquer les émissions actuelles de Bataille et Fonaine) ou simplement pour décrocher le pactole. Parce que si ces émissions jouent un rôle si important dans cette société futuriste, ce n´est pas seulement à cause de leur aspect divertissant qui évoque les jeux de Rome, c´est aussi parce qu´elles sont aussi devenu l´unique moyen de survivre, même si cela se fait paradoxalement au péril de sa vie: tu crèves ou bien tu gagnes le gros lot. Une sorte d´ultralibéralisme dont la logique serait poussée au maximum. Un ultralibéralisme qui a remis en question tous les droits sociaux sur la santé ( le bébé du héros crève d´une maladie bénine, faute de soins; la pollution de l´air atteint des sommets), sur la dignité ( la femme du héros se prostitue pour subsister), sur la sécurité. Bref, tout ça brasse des thèmes aussi divers que la destruction de l´environnement, le retour aux instincts primitifs, l´individualisme croissant, etc etc, autant de défauts qui mènent forcément la société droit dans le mur... à moins d´une prise de conscience!

Excellente déscription, j´ai bien peur que la société futur à ça :-(

bigbos8
bigbos8
Niveau 5
01 octobre 2005 à 14:45:15

:up:

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