Bon, j´ai lu le texte de Jonesy. Après, j´ai très vaguement suivi le débat sur l´évolution...
Pour introduire ce que je vais dire, je n´ai rien à dire, Jonesy l´a déjà fait pour moi.
Tu sembles ressentir du mépris pour la race humaine, ainsi que de la colère.
Je pense, comme il a déjà été dit, qu´on passe tous à un moment par là, mais c´est l´intensité de ces sentiments, liée à notre sensibilité, qui diverge.
Moi, je devais être très sensible. Cette colère et ce mépris, je les ai sentis si fort qu´il m´était impossible de les réfréner, ce qui a entraîné chez moi un désir grandissant de violence. Cette violence, ne pouvant la diriger vers personne autour de moi, je l´ai évacuée sur moi-même. Un soir, comme toi, alors que ces pensées flottaient dans mon crâne, je n´ai pas pu me retenir: je suis descendu de mon lit et j´ai pris un couteau.
Je ne voulais pas me suicider. Je ne me suis pas coupé les veines ou autre. Je me suis entaillé la peau, simplement pour évacuer cette violence.
. .. Et c´est devenu comme une drogue pour moi. La lame m´appelait et tous les soirs je recommencais. Une fois, l´envie m´a ratrappé en plein milieu d´un après-midi, je me suis mis à frissoner et à avoir des sueurs froides... C´était il y a 5 mois, et les marques de ce soir là persistent encore sur mon bras.
Un jour, ma mère a découvert la chose et tout d´un coup j´ai été forcé d´arrêter. J´ai pris des calmants pour apaiser ma colère et j´ai été voir un psychiatre, que je vois toujours d´ailleurs. Inutile de dire que de le voir une fois toutes les 6 semaines ne m´aidait guère.
A côté de ça, mes proches s´étaient divisés en deux groupes. Le groupe de ceux qui pleuraient pour ce que j´avais fait, et ceux qui me gueulaient dessus parce que les autres pleuraient. Je n´avais pas d´autre choix que de faire croire que j´allais bien, de dire que je ne recommencerais jamais ça, ou la situation n´aurait fait qu´empirer.
Mais en moi l´envie me travaillait, insoutenable.
J´ai été forcé de me tourner vers des personnes qui ne m´étaient pas proches. J´ai alors vite compris la valeur de l´amitié. C´est ça qui m´a aidé à m´en sortir, même si ça n´a pas tari l´envie de lames... qui me travaille toujours quelque peu aujourd´hui.
Moralité de l´histoire, mais tu sembles l´avoir au moins comprise en partie: il ne faut pas attendre d´aller très mal pour découvrir en de simples connaissances des amis dignes de confiance.
Et si un jour, tu es tentée de passer à l´acte, comme moi je l´ai fait ( je te le dis, quitte à avoir l´air de prendre mon cas pour une généralité), souviens-toi que pour moi, rien n´a plus été pareil après. La semaine qui a précédé la découverte a été la pire de ma vie. Avec mes proches, tout est froid. Cette envie qui ne me quitte pas... Ces sentiments et émotions que je ne ressens plus pareil, au milieu desquelles je suis parfois complètement perdu...
Quoi qu´il en soit, si ça te chante de m´écrire, tu as mon mail. 