Ce livre est un pur chef d'oeuvre. Bien au dela de l'histoire de serial killer sanglante et bien dégueu, ellis fait une critique cinglante et ultra agressive de l'ensemble de notre mode de vie actuel. A travers les errances d'un golden boy au bord de la folie, il montre a quel point les valeurs défendues par la société de consommation sont vaines et vides de sens. Le quotidien des héros est tellement artificiel qu'il en devient à la limite de l'absurde (avec les descriptions de vetements qui n'en finissent plus, les scéances de musculation quotidiennes, la dernière chaine stereo, le dialogue sur les cartes de visite...).
Il montre l'aliénation totale qui existe derrière les valeurs que nous vend hollywood (avoir les plus belles femmes, avoir beaucoup d'argent, avoir les plus beaux vetements, la dernière chaine hi fi, être taillé comme un mannequin calvin klein...), il montre ce que tous ces éléments ont apporté à Patrick Bateman (qui les possède tous) et la réponse est rien. Bateman est toujours aussi malheureux. Il ne se sent pas exister, alors il s'invente une vie de serial killer, un monde imaginaire à lui dans lequel il peut se démarquer, et être enfin quelqu'un.
En effet, tout le monde se ressemble dans american psycho : bateman ressemble à halberstram, qui ressemble à Timoty Brice, les personnages confondent leurs noms tout le temps parce qu'ils sont tellement artificiels qu'ils n'ont pratiquement plus d'identité, et tellement centrés sur eux mêmes qu'ils ne se préocupent plus des autres (qui écoute bateman lorsqu'il dit qu'il adore tuer des jeunes filles? Personne).
Je pense que c'est aussi pour ça qu'on arrive à trouver le personnage de Bateman attachant d'une certaine façon malgré ses meurtres horrible, il est la victime du système dans lequel il vit. Il n'est pas foncièrement mauvais, c'est quelqu'un de fragile que la société a rendu comme il est (les passages ou il dit "je veux m'intégrer" et son discours au début du livre sur l'égalité des droits, la fin de l'apartheid, le fait qu'ils reprennent Price lorsqu'il fait des remarques antisémites désobligeantes...).
Voila j'espère que ca aura pu en éclairer certains sur ce qui fait la force du livre parce que je lis souvent des commentaires de gens qui disent "le livre veut rien dire, c'est juste du massacre", ou "j'ai pas compris", ou "c'est nul c'est des descriptions de vetements pendant 500 pages", alors qu'en fait pas du tout. Personnellement je trouve même que c'est la critique sociale la plus acerbe et la mieux amenée qu'il m'ait été donné de lire pour le moment.