Hum, voilà un petit texte que j´avais commencé d´écrire un jour de déprime.
Je ne dévoile encore rien de l´intrigue à venir ( entre le loufoque et le triste je pense), mais j´aimerais savoir si l´ambiance vous semble convenir: en effet, je veux que cela soit triste et moche ( bref, donnez moi vos avis et dites moi si c´est suffisamment glauque et spleenant, bien sûr je ne veux pas tomber dans le gore, loin de moi cette idée).
Si vos avis sont positifs, j´écrirais la suite lors de ma prochaine déprime =)
ps: j´en profite pour passer le bonjour à tous et toutes ; -)
J´étais en train de siroter tranquillement mon café froid, réprimant une grimace de dégoût, et je contemplais d´un oeil pensif la cuisine délabrée dans laquelle je me trouvais. Une sensation glaciale m´envahit en une fraction de seconde : Froid, ça oui il l´était, le vieux manoir familial. Une froide ruine croulante, voilà ce que j´habitais depuis toujours. Sans compter que, depuis la mort de mon père 5 ans auparavant, l´antique demeure crevait à petit feu, étouffée par le vide et le silence. Tant mieux.
Je rangeais machinalement ma tasse ébréchée dans l´évier, en pensant que je n´en aurais qu´une à laver. Quand même, à trente ans, on a pas idée d´être célibataire.
Un coup d´oeil au miroir me confirma dans cette idée : avec une belle gueule comme la mienne, on a pas idée d´être célibataire. Mais quel genre de femmes aurait pu être attiré par mon air triste, déprimé, ma dégaine négligée, mes vêtements sales et élimés, mes usages désuets, et ma merveilleuse situation d´aristo ruiné ?
Remarque, des pétasses rêvant de s´appeler Du verger de la Tour Flapie, devait bien y en avoir, mais même parmi celles là aucune n´accepterait de crécher dans ce vieux château sinistre, fait de pierre froide et de bois pourri.
Sur ces joyeuses pensées, je me préparais mentalement à passer une de mes habituelles soirées vides et tristes, propices aux idées noires. Jetant un coup d´oeil à horloge, je tentais,dans un dernier sursaut d´amour propre,de me secouer mentalement : " Regarde, ducon, il n´est que 8 heures, et nous sommes un samedi soir. Qu´est ce qui t´empêche d´appeler des vieux copains de régiments, pour leur proposer une virée quelconque ? Qu´est ce qui t´empêche d´aller sonner chez une de tes vieilles amies à moitié nympho et de gaiement lui offrir ton zob plastifié ? Pourquoi même ne pas aller au cinéma ou au théâtre, quitte à subir la torture consistant à faire la file d´attente seul ? " .
Rien ne m´empêchait de faire cela, et il n´y avait pas de réponse à la question " pourquoi " . Simplement,comme tous les soirs depuis 5 ans, j´avais envie d´être malheureux et seul.
Si j´avais été hypocrite, j´aurais pu prétendre que cela était à cause de la mort de mon père. Mais même pas, je le haïssait ce vieux con tyrannique, et les dettes qu´il m´avait léguées avaient été agréablement compensées par la joie de ne plus voir son vieux visage ignoble et puant. Non, j´avais envie d´être malheureux parce que j´avais l´intime conviction d´accomplir ainsi mon destin.
Je me dirigeais à pas lents vers la bibliothèque. Les livres sont décidéments de bien pratiques compagnons : ils permettent d´être malheureux et seul sans trop en souffrir malgré tout. Et le plus gros de la jouissance littéraire vient quand on lit un bouquin triste : Voir le héros souffrir à notre place, quelle joie,quel délice ! . Bien sûr, il ne faut pas faire preuve d´une quelconque empathie, mais ces choses là s´apprennent. En 5 ans, j´avais appris.
A peine entré vers la pièce sacrée et poussièreuse, je m´approchais de l´un des grands rayonnages, et passais voluptueusement mon doigt sur une rangée de livres. Il n´est guère de joie comparable à celle que l´on éprouve en caressant ainsi de vieux ouvrages. Mon doigt s´arrêta sur un beau livre à la reliure dorée : " Le père Goriot " , de Balzac. J´adressais une moue dégoûtée au hasard : Merde, déjà lu celui là, et sûrement pas envie de m´y remettre.
De toute façon, j´avais déjà lu tous les bouquins du rayonnage. Or, ce soir, j´avais beau me sentir d´humeur particulièrement triste, une envie de nouveauté et de découverte me tiraillait tout de même. Il me fallait un livre inédit, quitte à m´envoyer une merde insipide.
J´avancais donc dans la bibliothèque, en faisant route vers les vieilles étagères délabrées du fond de la pièce, de celles auxquelles on ne touchait jamais de peur de les voir s´écrouler avec fracas. La plupart des livres n´avaient pas été bougés d´ici depuis une bonne trentaine d´années. Je déglutis pour mieux savourer, dans un réflexe masochiste, l´effluve infecte et enivrante du papier pourri et humide.
Sans réfléchir, je choisis, sur un misérable et sombre rayonnage, la plus jaunâtre des reliures. J´eût un jouissif pincement au coeur en songeant que, sans nul doute, personne n´avait touché ce livre depuis une éternité. Il me semblait, par ce geste, faire une faveur exceptionnel à l´ouvrage : lui que tous dédaignaient depuis tant d´années, j´allais l´emporter, le tripoter, le lire, le boire jusqu´à la lie. Je jetais un coup d´oeil au titre : " Le jardin oublié " ....Pas étonnant que personne ne s´y intéresse, avec un nom aussi con. J´adressais toutefois à la couverture un murmure condescendant et protecteur : " Ce soir, mon vieux, va être ton instant de gloire. Je te conseille d´en profiter " .
Avant toutefois de sortir de la bibliothèque avec ma précieuse trouvaille, dans un réflexe de lecteur prudent, je feuilletais rapidement l´ouvrage.A ce moment, un vieux papier froissé, recouvert de lettres manuscrites, s´en échappa, et atterit délicatement à terre.
Ca faisait longtemps qu´on ne t´avait pas vu par ici, vil déserteur ! !
Mais je te pardonne ton absence prolongée parce que je suis grande et miséricordieuse et parce que j´aime beaucoup ton début de nouvelle ; )
oye ! oye ! oye ! wankh est de retour ! !! oye ! oye ! oye pour seulement deux secondes ! ! ouinn ! ouinn ! reviens ! !!!!
Roberta: ; -)
Cyberbastien: Bé, je me suis désintoxiqué du forum, désolé : )
Xss > Oui si je suis dans la dèche au chomage et tout, j´écrirais un bouquin pour pouvoir survivre ( c´est mélo à souhait,non? ; ) .
Héhé ; )
Moi, je te conseille d´écrire des livres dans le genre des SAS ; )
Dis tout de suite que j´ai le style à Gerard de viliers : p
Enfin d´un point de vue strictement alimentaire, c´est vrai que ça serait plus futé =)
Bah tant qu´à faire, si tu es au chômage, autant te faire le plus de fric possible ; )
Moi, je compte bien me recycler en Barbara Cartland une fois que je me serai faite jeter de ma prépa ; )
Wankh? Je termine de ranger ma chambre et je m´enfile le texte!
Roberta> Tu as tout à fait raison ! Ainsi, nous sommes deux futurs millionaires à écumer ce forum : p
Doc> range pas trop non plus! rien n´est pire qu´une chambre trop bien rangée, il n´y a plus de place pour la poésie du désordre ^^
Hé oui. Bientôt des vieux cons capitalistes avec jets privés... ; )
Cool, j´ai une chambre poétique alors !
Nop, en souvenir de mon antique appartenance ( de coeur) à la working class, je continuerais, même millionaire, à prendre le train.
ps: ma chambre est, de mon côté, un véritable sonnet lyrique...rien que mon bureau, hum : p
Si une chambre dérangée est poétique, ma chambre dans son état normal équivaut à l´Illiade et l´Odyssée réunies. Lorsqu´elle est rangée, ce ne serait qu´un condensé des fables de LaFontaine!
Superbe nouvelle! A la fin, j´ai pensé: " mais pourquoi il nous envoie pas la suite?!"
Quel est le sens du papier? Un rapport avec le père? Le héros va-t-il lire le bouquin?
Toutes les réponses à ces questions dans le prochain épisode. Enfin j´espère...
Doc > En ce cas, tu as une vraie chambre! pas un simple lieu d´habitation fade et triste! ; )
Pour la suite, on verra, ça sera sûrement lors de ma prochaine déprime ( que je n´espère pas trop proche : )
ben merde, j´me suis retrouvé par hasard ici, pensant que c´était bien nul ( je suis attiré par la nullité) et j´ai tout lu et j´ai trouvé ça plus qu´intéressant.
bravo, vivement la suite.
magnifique retour , mon cher neveu ; )
je souhaiterais presque que ta future déprime soit toute proche...
ouais mais une gentille petite déprime ; )
> Nop, en souvenir de mon antique appartenance ( de coeur) à la working class, je continuerais, même millionaire, à prendre le train.
Cuz a working class hero is something to be ; )
lol la derniere phrase . .le truc typik pr faire en sorte kon se trémousse ( trémousser non pas comme on se trémousse sur les chansons de patrick sebastien : / ) d´impatience .
Mais ca marche toujours!
jai trouvé ca vachement bien , joli style surtout et ca me semble original malgré KE ( mmmh ke cest bon de faire des fautes ) ce personnage puisse justement créer facilement chez de nombreuses personnes une forme d´empathie , comme l´empathie dont ke tu évoques qu´a moitié a un moment du texte .
dont ke . .. a wé c ^pa mal ca ossi : )