Allez je me lance.
La Lune éclaire mes pas de sa froideur fantomatique s´évertuant à disloquer les repères du Soleil. Je m´avance sur le sentier, humant la terre, piétinant l´humus, surveillé par d´innombrables paires d´yeux agacées par mon intrusion dans ce jardin d´Eden. Le vent me fouette le visage, pénètre mes vêtements tentant d´atteindre mon âme protégée derrière un rideau de rage. Je ne sais où je vais ni pourquoi mais je sais que je dois continuer ma route sous l´écrasante solitude du temps qui passe, à la merci des étoiles prête à fondre sur mon crâne, épées de Damocles célestes. La brûme envahit mes repères et je sombre dans la mélancolie du passé qui resserre mon coeur dans un étau à chaque pas. Je songe à m´arrêter, à m´allonger pour me reposer à la vue des astres malveillants qui rient sous capes et m´invitent à les rejoindre dans un dernier soupir de détresse et de déception. J´accélère le pas, donnant une dernière chance au Soleil de m´illuminer d´une joie vindicative, faisant feu de la sombre tentation.
Voila, j´y suis allé à l´arrache ; )