Les Survivants de l´Obscur.
Chapitre V : Le Calvaire continue.
Cela devait faire une heure que je marchais dans cette ville. Une heure et pas le moindre monstre hostile. Bien qu´en temps normal, j´aurais été particulièrement soulagé, ce n´était pas le cas.
Il devait se passer quelque chose, je me serais carrément cru dans un monde vide, où tous les êtres vivants se seraient volatilisés sans prévenir.
Dans tous les cas, j´étais bel et bien seul.
Et il n´y avait pas le moindre son d´audible non plus…
Que les créatures démoniaques aient quitté Raccoon en quête d´une autre ville à dévaster, je préférais ne pas y croire. Non, je ne pouvais me faire à cette idée.
J´avais assez souffert comme ça ici, nous avions tous trop souffert et ne méritions pas d´endurer encore ce genre de choses ailleur. Je méritais la paix maintenant.
Je m´imaginais déjà au bord de la plage, devant un magnifique couché de soleil, sans la moindre monstruosité n´attendant plus que je tourne la tête pour me sauter dessus et me dévorer. C´était une idée très optimiste de l´avenir, mais envisageable.
L´espoir ne fait pas de mal généralement…
Un éclat de verre brisé capta mon attention.
Le bruit provenait de ma droite, dans l´un des magasins saccagés de la rue.
C´était une boutique très réputée de vêtements à Raccoon City, mais je n´y avais jamais mis les pieds. Jusqu´à maintenant.
J´avançais vers le magasin, c´était comme si mes jambes m´y obligeaient, pourtant, la liberté n´était plus très loin. Mais il fallait que j´aille voir, sans doute était-ce à cause de ma nature curieuse. Quoi qu´il en soit, je me trouvais à l´entrée.
La porte vitrée avait été fracassée, très certainement par un objet lourd. Je tournais la poignée et celle-ci s´ouvrit dans un bruit de verre qui se casse. De là où je me trouvais, je pouvais voir que c´était très désordonné à l´interieur. Des vêtements étaient répandus sur la moquette un peu partout, des chaises retournées, quelqu´un avait dû s´énerver ici. Où alors c´était simplement un monstre trop imposant pour ne pas rien renverser sur son passage. Mais qu´est ce qu´un mutant aurait-il eu à faire ici ? Certainement pas acheter des habits.
Je m´aventurais dans la boutique silencieusement en évitant du mieux possible de marcher sur les morceaux de verre sur le sol. Tout était très calme et il n´y avait pas le moindre son.
Je commençais à me demander si je n´avais pas imaginé ce bruit. Comme tout ce qui se passait ici aussi d´ailleur.
Peut être étais-je en fait à l´interieur d´une camisole de force dans un bel hôpital, la caboche remplie d´histoires de Zombies et autres créatures mutantes. Et que toutes ces choses disparaitraient à l´instant où le gentil infirmier m´aura infligé une grande dose de Thorazine dans le sang. C´était une vérité plus que probable en fait, mais au moins, je ferais quelque chose dans ce "monde" où tout les êtres humains mouraient tel de vulgaires fétus de paille sous une moissonneuse bateuse.
Je restais quelques secondes à l´affut d´un bruissement anormal, mais il n´y eut rien.
Rassuré, je fis alors demi-tour en direction de la porte d´entrée.
C´est là qu´il surgit.
Un monstre très effrayant tomba au sol, venant certainement du plafond.
Je n´aurais pû comparer cette créature étrange à une autre.
Elle était sur un certain nombre de pattes, une demi douzaine peut être.
On aurait dit que c´était un insecte grossi à la taille d´un grand chien au profit d´un film d´épouvante. Car cette chose était vraiment une horreur.
La couleur dominante était le brun et jaune.
Le monstre était à moins de cinq mètres de moi et je pouvais voir ses petits yeux blancs comme ceux d´un poisson ayant baigné dans de l´eau bouillante.
Il poussa un petit rugissement strident et se mis sur ses pattes arrières, avançant vers moi d´une démarche saccadée, la créature n´avait apparemment pas les membres faits pour ce genre de déplacements.
Ses griffes fendirent l´air dans ma direction, je fus quelque peu surpris et tardai un peu à l´éviter en sautant sur ma droite.
Je sentis une déchirure dans l´épaule gauche avant de tomber sur la moquette.
Toujours sur le sol, je roulais sur le dos et fis face à la monstruosité qui se penchait vers moi pour me dévorer.
Mon arme de poing à la main, je tirai sur la créature.
Les trois premières balles touchèrent la chose à la poitrine, elle fut un peu déstabilisée. Un dernier projectile en pleine tête eut raison de la chose qui commença à s´écrouler dans ma direction.
Je fis une nouvelle roulade vers ma gauche et le monstre tomba au sol dans un bruit lourd.
Une mare de sang vert s´écoula autour de la dépouille.
Tout cela ne dura pas plus de huit secondes.
Restant assis par terre, je palpais mon épaule, la créature avait dû tenter de mégorger, mais avait loupée son coup.
La blessure ne semblait pas très profonde et le sang ne coulait pas, mais il fallait soigner ça.
En esperant que la chose ne m´ait pas inoculé le virus.
Je me relevai et vérifiai les munitions. Cinq balles.
A peine de quoi tuer un simple Zombie.
Mes chances de sortir d´ici vivant baissaient de plus en plus, heure après heure…
Mais l´abandon n´était en aucun cas dans mes projets, je devais survivre, j´allais survivre.
Le sacrifice d´Amanda n´aurait servi à rien autrement.
Je me mis à courir en direction de la sortie, tout en restant prudent, le précédent monstre n´avait peut être pas été seul.
Finalement, j´abouti à la rue sans aucun problème.
Je regardais des deux côtés de la route pour vérifier qu´il n´y avait pas de danger sous forme de créatures avec des dents en poignard.
Non, rien, pas le moindre mouvement.
Une véritable ville fantôme.
Pourtant, le monstre qui m´avait agressé venait de me prouver qu´ils étaient toujours là.
Je me remis en route vers la sortie de la ville en restant sur la route.
Les véhicules stoppés au milieu de la route plus où moins en bon état étaient davantage nombreux que vers le centre-ville… et il y avait beaucoup de cadavres d´humains et de créatures au sol sous une mare de sang sec.
Certaines de ces dépouilles de monstres m´étaient inconnues, des espèces que je n´avais jamais vues auparavant.
Il y avait beaucoup de Trancheurs; des morts-vivants, bien entendu, mais aussi des monstres encore plus hideux.
Par exemple, une abomination sous la forme d´un homme dont des griffes énormes seraient apparues à la place des ongles, la peau était complètement partie en lambeaux, laissant voir les muscles, la gueule remplie de petites dents aiguisées et le cerveau entièrement dévoilé.
Ce spécimen là avait le crâne à moitié défoncé, apparemment par du gros calibre.
Sinon, à une dizaine de mètres de moi, sur le trottoir de l´autre côté de la route, j´apercevais le cadavre de ce qu´avait dû être une araignée géante dont la plupart des pattes avaient été arrachées. J´en avais déjà rencontrées quelques unes durant mon périple, mais ces créatures restaient cependant très rares et discrètes à la vue de l´homme.
Mais ça ne les empêchait pas de faire de nombreuses victimes chez les êtres humains.
Je me mis en route, j´aperçu un panneau qui indiquait que Brahm était à treize kilomètres.
En clair, je n´avançais pas.
Il me fallait un véhicule coûte que coûte à présent, sinon j´allais devoir m´attarder dans cette ville de malheur, et ce n´était vraiment pas ce que je voulais.
Je vis une voiture garée près d´un magasin, et elle n´avait pas la moindre égratignure apparente.
S´il restait de l´essence, j´avais une chance de sortir de Raccoon City.
J´avançais vers le véhicule, croisant les doigts pour qu´elle fonctionne……
A SUIVRE…