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bon courage ; )

zobinator
zobinator
Niveau 10
24 janvier 2003 à 11:47:56

voila dezolé c un peu long , ca metonnerai ke bocoup de gens lisent mais bon on c jamai ptet ke yen a ki ont rien dautre a faire!

1) Un voile flou couvre mon sommeil . Il tangue au gré du reve, je me laisse aller, je sais qu’il m’échappe…Une pensée vague me prévient affectueusement, mes yeux vont s’ouvrir. Encore plongé dans la léthargie de ce repos nocturne, je prolonge avec volupté le reve sur lequel je glissais par l’espoir de renaitre au jour dans l’éblouissement de la lumière, sous l’aile d’un monde délicieusement accueillant.
Doucement, mes paupières se soulèvent, et je m’étonne de ne pas avoir à les refermer sous l’éclat de ce mirage tant attendu. Avec une langueur devenu craintive, mes yeux s’ouvrent, fermant progressivement le bonheur sous le carcan de la réalité. Bientot je me rends a l’évidence : Depuis longtemps déjà je sais que la pensée me ment, que le sommeil me nargue. Seulement le piège m’attire, je suis un animal avide qui se jette perpétuellement vers ce qu’on lui tend comme un cadeau, un privilège : privilège illusoire qui me soulève avec délice pour finalement rendre la chute plus lourde lorsque ces yeux, mes yeux, s’ouvrent.
Ce léger bonheur exploité par mes nuits maudites n’est que la garantie d’un fardeau orné d’affliction que je me condamne moi-même à porter.
Mes yeux sont maintenant ouverts, mais ils restent immobiles, exhortés par l’inertie d’un corps misérable, dociles a l’affaissement de mon esprit. Je sais qu’il n’est pas utile de tourner le regard, car le monde qui m’entoure est ancré en moi, il me colle à la peau, je ne peux qu’etre en lui car il est en moi. J’aimerai n’avoir jamais ouvert les yeux, mais il est trop tard.
La misère m’a rappelé a elle, me rendant ma douleur comme un membre qu’elle m’avait empreinté . Je les referme, pris soudain par l’idée absurde que je pourrai oublier ce qui venait de se présenter comme un rappel, mais l’image est sensiblement la meme, elle m’asservit, elle brime ma pensée dans la torture de l’évidence.
Cette lumière blafarde, ces murs sombres et délabrés entachés par la trace de la déchéance de l’homme qui se heurte a lui-même, ce grabat misérable sur lequel mon corps vient a s’étendre nonchalamment dans la position du vaincu, je me répète incidemment cette phrase qui veut se libérer de mes lèvres pour me convaincre encore une fois que je suis condamné : Je suis en prison.

zobinator
zobinator
Niveau 10
24 janvier 2003 à 11:52:12

2) Premier témoin de ma perdition : le temps . La condamnation du détenu est progressive. C’est lorsque la libération instaurée par les hommes, ceux la meme qui nous ont condamné, se rapproche, que la liberté s’évanouit. Je suis pris dans l’atemporalité de l’incarcération.
Je suis hors du temps car je n’ai eu de cesse que de m’y morfondre . A force d’observer les minutes s’écouler, le temps s’est figé en moi, il s’est enseveli dans mon corps. Il passe au gré de lui-même, mais je ne le sens plus que dans l’ombre du présent. Le futur et le passé n’existe plus que dans le tourment de l’emprisonnement, ma vie s’est effritée, elle ne s’est pas meme condensée dans le présent, elle s’est décharnée de ce qu’il entourait . A force de vouloir faire revenir le passé a nous, pour s’y blottir dans le réconfort, on l’éloigne dans le tourment de la rancœur. A force de vouloir attirer le futur sur la pénombre de notre vie, on ne fait que l’éloigner, avec l’espoir qu’il porte en lui. J’ai déparé la beauté de la mémoire en voulant la rendre plus belle qu’elle n’était, j’ai aseptisé le présent en l’isolant. Seul, il existe de tout son poids, il ne peut plus etre l’œuvre de la prémonition ni du souvenir. Il s’est libéré de ces microbes qui se réfugient en lui, il EST microbe . Je suis son esclave, je n’existe qu’en lui, au gré de sa contingence. Aux prémices de ma condamnation , j’avais l’ame enragée , j’avais soif de vivre , de me projeter contre le mur , de sentir que j’existais . Je fis une tentative d’évasion . J’étais condamné , mais j’étais encore un héros , capable de se transcender , de se plonger dans l’épopée d’une fuite libératrice . Je croyais une telle fuite impossible , mais je choisis d’etre aveugle devant l’ambition excessive du projet , car c’était moi . C’est ainsi que je me heurtai une première fois a la porte de l’illusion , et que je me plongeai une première fois dans la réclusion . J’étais le condamné reclus , l’enfant puni qui boude , mais qui sait ce qu’il vaut. L’humiliation ne conduit pas toujours a l’humilité : les gardiens de prison m’avaient ri au nez , m’avait jeté dans la prison des prisons , au mitard , en me défiant de m’y échapper . Je les maudissais, et de là décuplai ma force . J’exécrais le monde, mais je ne m’y soumettais pas, j’y trouvai au contraire une raison à ma rebellion.
Aujourd’hui tout a changé : la fuite est impossible car il m’est devenu impossible d’appréhender le futur. Je suis jeté dans l’absolu du temps, et la majeure partie de mes actes sont devenus absurdes, car il n’existent plus en tant que finalité. Je ne fais plus les choses pour leur donner corps, ce sont elles qui donnent corps a ma vie . Sans pour autant la rendre moins fade, moins acre. Si , il existe bien une dernière fuite , mais je m’y heurte , et je me réjouis qu’il en soit ainsi . La mort , la Camarde , le trépas , obscession qui nous guette tous , condamnés . Je la sens vivre en moi , autour de moi , sous moi , mais j’ose difficilement prononcer son nom , je l’écarte de ma pensée . Elle agit sur moi lentement , chaque minute qui passe est un pas de plus vers elle , mais c’est aussi elle qui soulève en moi la brutalité de la survie . Ma vie se dirige vers la mort , et celle-ci me jette dans les bas fond de la survie , elle m’exclut.
Je suis au fond d’un trou, je tourne en rond, mais j’ai lointainement l’idée consciente et lucide qu’il est préférable de s’enfoncer dans l’ombre de la vie plutot que de s’élever vers la lueur de la mort. Et puis l’idée de suicide se désintègre également au fil du temps en se heurtant a l’atemporalité . Peutetre est-ce t-elle qui finalement me sauve . C’est parce que la vie fond sur moi qu’elle m’empeche de me projeter vers la mort. Elle rentre en moi de tout part, s’imisse dans les cavités de mon esprit, profite du trou laissé par l’anihilissement de la mémoire et de l’espoir pour s’installer arbitrairement . L’absence d’espoir et le seul espoir de pouvoir un jour encore en avoir.

zobinator
zobinator
Niveau 10
24 janvier 2003 à 11:54:01

Une autre fuite, celle-la totalement incoercible, se fait le bourreau de mon esprit contorsionné par la douleur de l’absurdité : celle de l’inconscient, a travers le reve.
Si le jour prend l’apparence d’une marche funèbre, la nuit prend la consistance d’une course effrénée vers la vie . Mes ailes se déploient, s’étendent si violemment qu’elles brisent les murs de la prison, je m’envole, je ne sais pas vers ou, mais je suis libre. Tout s’affaisse autour de moi, je suis un survivant dont l’éminence et le mérite inclinent le monde, devenu affable dans l’ombre de ma cape, ébloui par la lumière que j’invoque et projette. Je ne leur en veux pas de m’avoir condamné, je me contente de les remercier car ils sont mes valets, je les absouds. Seul le bien d’une prophétie peut m’avoir fait survivre a l’affront d’un tel mal . Enlisé dans les affres de l’affliction , je fus le martyr d’une vie a visage de mort . Aujourd’hui mon visage se fait l’emblème de la vie , mon ame le cœur d’une nouvelle religion : celle de la reconnaissance : je marche droit devant moi , je n’ai pas besoin de me retourner , car je sais que les autres se retournent sur ma présence . Je n’ai plus besoin d’aller vers eux , car ils se sont donné pour principe d’aller vers moi . Je leur accorde la liberté , j’en suis le paroxysme , non , je SUIS la liberté. Le monde, en me condamnant, m’a fait renaitre dans l’image contraire de celle par laquelle il a voulu me tuer. On enchaine le démon qui est en mon corps
pour accueillir l’ange qui aspirait à l’etre. On m’attache à la potence, on grave sur ma peau le symbole hermétique de l’antéchrist, je suis la toile du blasphème, de la profanation, mais sous ma peau dort le christ. A force d’endormir le mal sur mon corps ils ont eveillé le bien en mon ame. On me tue pour mieux me faire naitre. Libéré je deviens la référence qui conduit leur déférence. Je suis leur bien, et le mal qui subsiste en eux n’est plus que l’idée de s’en moquer.

Mais je me réveille . Noyé dans la sueur du délire, je reste pétrifié, je m’accroche aux bords de ce lit dans lequel je viens de sombrer, et j’entends un rire . Je lève la tete, et mes yeux s’immobilise sur la surface d’un masque qui me dévisage. Le regard vide, un homme sort progressivement de son ombre et s’approche vers moi . Frappé par la froideur de son expression, je plonge mon regard dans le sien, j’essaye de lui donner vie . Mais malgré mes efforts, c’est la mort qui me parle, sur un ton se voulant rassurant :
« bientôt tu ne reveras plus … »
Je bois ses paroles lentement, les répétant en moi, avant d’extirper mes yeux des siens. L’homme est vieux, usé, il aurait pu avoir l’apparence d’un sage si j’avais pu rester aveugle devant l’inertie de son regard. Il retourne s’asseoir sur son lit, non loin de moi, avec l’air satisfait d’un homme qui vient d’éclairer le chemin d’un autre homme, ou peut etre de lui montrer qu’il ne pouvait y avoir de lumière.
Aujourd’hui encore ces paroles, dont le ton me donna l’apparence d’un remède, et dont les mots m’inspirèrent la blessure du venin, me plongent dans la brume d’un scepticisme absolu.
Ces reves qui animèrent tant de nuits au cœur de cette prison, je ne peux les controler, mais que doivent ils m’inspirer ? Dois je les maudire ? En apparence ils reflètent les lumières de la libération, mais peut-etre ne sont sont-il que les gardiens de ma géole.
Ce bien que l’on couvre de fleurs n’est que le mensonge d’un mal sur lequel on crache : je crois que c’est ainsi que je tends a le voir. Rever que la vie est belle ne fait sans doute que la rend plus laide . Se libérer dans l’illusion est le meilleur moyen de s’enfermer dans la réalité.
Les paroles de ce masque décrépi, dans lesquelles je me suis perdu comme dans la plaie du doute, je commence par m’y retrouver enfin. Le reve de ce matin me fait retomber au cœur de la plaie, mais j’y m’échapperai plus facilement car l’expérience m’a ouvert les yeux, ou peut etre fermé, je ne sais pas …Car mes reves se sont effacés au fil du temps, et la douleur du réveil se fait ainsi plus rare. Je ne suis plus hanté par l’aigreur du réveil , car mes nuits sont aujourd’hui le simple prolongement des mes jours. Je dors comme je vis, ou plutot je vis comme je dors . Je me surprend parfois avant, avant de m’endormir, a espérer retrouver le bonheur perdu dans le reve. Je me sens tel un alcoolique qui, encore une fois, se résoud au plaisir de l’alcool, ne gardant que dans le coin de l’oeil l’image du sacrifice qu’il subira a son réveil. Mais je ne décide pas de mes reves, et je me contente de remercier « Dieu » au réveil, lorsque je découvre qu’il vient de m’épargner d’un cadeau maudit dans lequel je n’aurai eu d’autres choix que de tomber. Je prie pour recevoir l’offrande, et je remercie Dieu de ne pas me l’avoir faite . C’est dire combien mes prières sont vaines…

zobinator
zobinator
Niveau 10
24 janvier 2003 à 11:55:47

La dureté de l’affront subi en prison est tel que j’en viens parfois a « rever » le jour que je cauchemarde la nuit, pour me réveiller dans un monde édulcoré, et bien réel. J’ai conscience de l’absurdité de ma pensée, mais je crois comprendre au fil du temps que l’abandon au reve est le pire des cauchemars qui puisse etre.
Mais puisqu’il n’est plus rien en quoi je puisse croire, si ce n’est la dure réalité de ma situation, a quoi me rattacher ?
Eperdu dans le trouble de ma pensée, j’ai soudain ce dangereux désir de SAVOIR . Une démangeaison insupportable, qui assaille mon esprit, qui l’éveille de sa torpeur pour sans doute mieux le maltraiter. Je m’approche de la porte de la cellule, je sens le grain de la folie germer en moi, je renais dans la frénésie, je redeviens l’homme fou assoiffé de liberté. Mon œil glisse le long de la porte , jusqu’au judas , ce judas que je hais , qui me pousse a observer l’extérieur de ma cellule , pour me clamer d’une voix funèbre que derrière la porte les ténèbres sont encore là , bourreau de la vie. Le monde me parait si loin …
Je plonge mon regard dans le creux, et j’y vois avec satisfaction la silhouette du maton, fière et droite, chalouper avec afféterie le long d’un couloir qui semble ne jamais finir. J’entends des cris, des insultes : des prisonniers qui se brisent sans cesse contre les murs de l’indifférence, seuls corps a leur renvoyer leurs blasphèmes, reflet de leur impuissance. Le maton marche dans le couloir de la gloire, il n’entend que le pas lourd et majestueux de son corps qui survole cette terre de misère. Les cris et les injures lui parviennent dans un souffle lointain, et il s’en délecte. Sentir l’avilissement de l’homme sous ses pieds, jouissante volupté d’un pouvoir indéniable. Puiser dans la faiblesse des autres les fruits de sa propre force, pouvoir recracher avec fierté les pépins sur la Terre qui fut sa source …Maudire les hommes pour s’affirmer, pour s’ériger dans la classe des dominateurs . Peu importe l’origine de son pouvoir, il suffit aujourd’hui à faire taire celui qui lui rappellera qu’il n’est qu’un grain de sable dans un désert de pouvoir. Les pas du cabotin se font de plus en plus lourd, il n’est plus qu’à quelques mètres de moi. Il pose la main sur son revolver, comme s’il se baignait dans son propre pouvoir, plongeant dans les délices de la corruption et du sadisme, sentant la misère de l’homme au creux de sa main. Il passe devant moi de sa démarche affectée, lourdement exagérée. Sautant sur l’occasion, je l’interpelle, d’une voix humble et soumise , soucieux de briser l’indifférence en l’encensant, assez conscient me servir de sa fierté pour le pousser à se laisser circonvenir. Je lui demande, le ton affable, la date de ce jour. La résonance de ses pas se perd dans le creux de mon ouie, il s’est arreté. Je m’en doutais : cet homme est trop fier pour s’arreter aux mots qui le flattent, les absorbant dans l’indifférence affectée de l’homme qui ne s’étonne pas de récolter les fruits de son mérite. Mais lorsqu’un de ses valets s’affaisse devant lui, sous l’image de l’homme vaincu expirant, il se rend auprès de celui qui sait lui reconnaître plus de pouvoir que lui-même parvient à se donner. Je fis là l’expérience de l’abnégation raisonnée, du sacrifice de l’amour propre, visiblement préférable à la rébellion directe et aveugle. J’étais l’animal chétif qui piaille sa misère sous l’aile de son créateur, l’enfant malingre qui pleure sa fragilité sous la fenetre de ses aieux, l’homme qui fait grief de sa faiblesse pour en ressortir plus grand. L’éloge peut etre la pire des armes contre l’homme qui porte la gloire en masque dans l’espoir de dissimuler sa faiblesse. Elle prend parfois les bords tranchants de la réalité par le biais d’une vérité qui prend le visage d’un mensonge. Ce maton s’arrete à ma porte car il me hait . J’ai brisé l’indifférence en l’éblouissant du reflet de l’illusion. Il me hait car il se hait lui-même. Je suis son miroir.
La voix ferme, car on ne saurait plier devant l’affront d’un prisonnier, il me répond qu’il ne savait pas, qu’il m’informerait à l’heure du déjeuner, lorsqu’il repasserait jusqu’à ma cellule.

zobinator
zobinator
Niveau 10
24 janvier 2003 à 11:57:21

Pressé par l’attente, je m’allonge sur mon lit, pris de panique devant la déraison qui resurgit en moi et m’assaille: alors que mon existence s’était empreinte de la morne inflexibilité du temps, que je prenais conscience de l’inanité de ma conscience dans l’odeur éternelle de la condamnation, je replongeais dans la douleur du supplice. Sans doute l’effet direct du reve de ce matin, qui éveille en moi les soubresauts de l’insurgé qui s’était assoupi. Alors que je commencais a expier ma peine dans l’apathie du chatiment, étouffé de l’intérieur par l’absurdité de l’extérieur, le monde s’inverse : ma raison s’éveille dans sa propre absurdité pour étouffer celle qui l’assaille : je VEUX savoir, la volonté revient dangereusement a moi,je DOIS savoir, l’ordre sort de moi , moi dont le corps en est perpétuellement régi dans cette prison : il me faut cette date, celle dans laquelle je verrai ma libération,cette image d’un horizon auquel mes yeux veulent soudainement s’acclimater. Des larmes de rage coulent sur mes joues, elles jaillissent brusquement d’une douleur restée trop longtemps indolore. Je m’élève du tombeau, je vomis la terre qui est en moi, j’exhume dans le souffle putride d’une ame trop longtemps morte : je renais. C’est une folie, je le sais. Je ravale mes larmes, je balaye la liberté qui coule de moi, je refoule les lumières de la renaissance, je m’offre aux ténèbres. Trop tard…Ils se sont déjà offerts à moi dans la démesure de la folie : je le sais, il m’offre l’image de la liberté pour la déchirer sous mes yeux, mais je ne peux l’ignorer, la force de la tentation est incoercible. Je suis brusquement replongé dans la chute du temps, je vais savoir combien de jours encore le marteau du jugement martèlera les débris de mon ame.

Je reste ainsi de nombreuses minutes, obscédé par l’attente du maton et balancé dans le trouble de la fermentation. Alors que mon environnement s’effacait devant la frénésie de ma pensée, le monde soudain revint à moi : des pas . Ils sont proches . Mon corps vacille, je me lève, chancelant . J’attends mon destin. Je m’ouvre à sa venue dans la dignité de l’homme qui regarde la mort en face, et dans la peur du meme homme qui malgré tout prie en secret pour ne pas etre pas seul dans l’attente, qui lève les yeux sur sa foi pour ne pas les baisser devant déconvenance . La foulée patiente de ma vérité, prophétisée dans le corps de l’homme qui frappera a cette porte, vient a moi dans le souffle de l’effroi. Elle résonne en moi. Elle me déraisonne. Elle n’est encore que distinction dans mes oreilles mais mon corps entier se soulève, se prosterne, la défie . Je deviens fou ; je veux sortir de moi, laisser ce corps souillé délibérer avec elle de mon avenir. Trop tard, elle m’a vu.
« repas! Nous sommes le 28 janvier ! »
Les pas s’éloignent, mais je ne les entends plus. Mon destin vient de m’etre livré sur un plateau. Le repas de ma survie se mele aux déboires de ma mort . Mais cette date est la seule que j’absorbe, et elle porte en elle le jour du trépas. Trop tremblant pour faire le calcul, mon esprit se mele a ma mort, il s’y transpose, se blottit dans son cercueil. Mais ma condamnation se compte en décennie, et l’instinct de ma pensée agonisante m’avait donné en l’espace d’une seconde a peine l’apercu de la nouvelle. La réapparition du reve avait fait resurgir l’espoir ; ma conscience ne s’était pas abaissée devant le sarcasme du mirage, mais s’y était engagé irrémédiablement. Si le gouffre avant semblait illuminé, aujourd’hui je m’apercois clairement que sa sortie est plongée dans l’obscurité. J’ai plongé dans la lumière pour me salir de son ombre, j’ai réduit le temps pour finalement le rendre éternel. J’ai une trentaine d’année, et il me reste une douzaine d’années a tirer . C’est trop pour ne pas se laisser mourir, de toute facon c’est trop tard. Je SUIS mort. Mais comment puis-je me heurter si brutalement à cette mort si elle est en moi ? comment puis-je etre mort tout en pensant que je le suis ? …Il n’y a qu’une pensée qui peut ainsi s’empreindre de la mort : c’est celle de la vie ! Cela ne tient pas debout…oh d’ailleurs mes jambes me tiennent debout ! Je suis donc vivant il n’y a plus de doute !

zobinator
zobinator
Niveau 10
24 janvier 2003 à 11:59:47

Que faire ? !Je projette violemment mon regard autour de la cellule, avec l’avidité d’un prédateur en quete de sa proie Mes yeux courent inlassablement sur les murs du cachot, venant irréversiblement se heurter à l’obstacle de sa ruée. Je crois que je hurle, enfin je n’en suis pas sur, mais un infame spasme me soulève et ma bouche s’ouvre. Je n’entends pas le cri de mon corps, car il est couvert par le hurlement de mon ame, celle la meme qui dicte frénétiquement à cette chair en lambeaux de se lapider sur la première lame qu’elle trouvera. Oui, voila ! c’est cela : il faut que je trouve la lame qui libèrera l’ ame, celle qui videra le sang de mon corps afin qu’il s’écoule sur la robe de ma survie. Puisse-t- il entacher la clarté de cette blancheur jusqu´à ce que la couleur de la passion funèbre me mette enfin à nu ! Tout doit s’éteindre ! Peut etre que lorsqu’il fera noir je pourrai y voir plus clair ! Ca y est ! oh joie ! Je sens ma tete se briser violemment contre la paroi rugueuse de mon cachot ! Je hurle, et cette fois je les entends, ces cris, car ils sortent de moi ! Il ne sont plus ces émois révoltés d’un mal intérieur qui se perd en lui-même, ils prennent enfin vie en me tuant, hors de moi. Je les déporte pour qu’ils m’emportent. J’ouvre avec exhaltation cette plaie que mon corps s’efforcait vainement de cicatriser pour pouvoir reprendre sa respiration. C’est ca, il faut continuer ! Ne pas laisser la chance à la malchance , une fois encore briser ce crane sur ce mur qui s’ouvre à moi , le plus fort possible pour étouffer le gémissement de mon ennemi : oui , j’entends le mur crier , c’est lui ! Il appelle au secours, pleure sa misère sur les contours de la pierre. Ce sont mes larmes qui se mélangent à son sang, je dois l’anéantir ! Je ris sa mort de toute la vie qu’il me reste, car je sais que c’est la mienne que je m’offre au creux de la sienne.
Encore un coup, celui là devrait l’achever!Je prends mon élan, à l’autre bout de la pièce, et je m’élance, les mains dans le dos . La tete , ma tete , caillou sur la roche , rebondit contre la paroi. Ce coup ci, quelque chose s’est définitivement fendu : peut etre est ce le mur, je ne sais pas encore. Toujours est il que je m’écroule dans une mare de sang, épuisé par l’affront de la lutte. Le monde tourne, je divague dans le faste de l’évanouissement. Je sens mes yeux se fermer, je ne peux résister, je suis heureux. Je crois que j’ai gagné le combat, j’ai tué ma propre vie. Je suis rentré de plein fouet dans la viscosité de la géhenne pour m’y extirper bravement, et voila que la douceur de la félécité vient se coller dans le creux de mon aile blessée. Je m’envole, je suis sauvé. Une dernière fois j’ouvre les yeux sur cette terre que je quitte, amer de n’y avoir trouvé que déception, mais rassuré dans l’envol de la désertion. J’aimerai une dernière fois m’enlaidir la vue de son image pour embellir en moi le présage de la libération. Quel bonheur de quitter ce monde dans l’image brute de sa seule vérité !
C’est d’ailleurs dans cet état qu’il m’avait accueilli, ou plutot que je l’avais trouvé : car peut etre ce moi qui m’imprègne de la laideur et non celle-ci qui s’offre à moi. Mais comment la beauté peut elle donc transparaitre d’un monde ou la laideur ne peut disparaître ? J’ai, certes, apercu lors de ma vie la beauté, mais elle s’étouffait toujours dans l’image de laideur qui la cernait . Voila, peutetre cette beauté dont tout le monde parle tant n’est elle que ca : La latence altérée d’un mirage qui se trouble dans la clarté de son bourreau. L’illusion brumeuse d’un fugacité qui porte en masque l’allure de la grace, et qui ne nait que pour mourir dans sa nudité la plus perverse, aux mains de celle qui ordonne son trépas. Peu importe, mes yeux à nouveau se ferment, me plongeant dans les prémices d’un oubli voluptueux…mais brusquement, dans l’absolu de l’effroi, mon regard replonge sur ce mur que je croyais vaincu : il me regarde !
Un rictus déforme les traits de son visage meurtri, il me dévisage. Comment est-ce possible ? !
Je montais aux cieux et voila que mon ennemi m’écrase sur le sol de sa victoire, dans ce sang que j’ai versé pour rien. Le voila qui déclame sa gloire, qui m’annonce avec un sadisme malsain que je suis vivant ! VIVANT ! Il faut que je me relève, vite ! peut etre ai-je déjà assez usé ce mur maudit pour espérer atteindre la mort en son cœur ! Cette image glorieuse du vainqueur n’est sans doute que le reflet d’un condamné agonisant sur sa propre destinée. Un dignitaire qui se survit jusqu´à son affaissement, qui veut succomber a sa propre mort et et non à la mienne. J’essaye de me relever, pour asséner avec héroisme le coup fatal qui tranchera en deux notre vie . Je suis ce mur, ils me survit, et je succomberai en lui, pour laisser à sa mort les cendres de ma propre vie. Puisque la vie fait de nous des damnés unis pour l’éternité dans un corps commun, et bien nous mourrons ensemble, et nous nous dirons adieu dans la jouissance de l’expiration, dans l’anémie d’un corps essoufflé et flétri, engagé dans sa propre désintagration. Mais l’acuité de la douleur m’assaille, mon corps semble bruler de toute part, je ne peux me relever ! accroupi, je fais face a ce mur divin, et je hurle dans les affres du supplice. J’implore au mur de succomber à ses blessures pour empecher à mes propres plaies de se refermer. Soudain, je sens des ombres se pencher sur moi et mon corps se soulever. Est ce une ame perdue qui répond au gief de mon supplice, et qui vient me délivrer des griffes de mon échec ? Je sens qu’elle m’empoigne avec ferveur, et je m’étonne de m’échapper dans le souffle d’une telle brutalité. Mais un instant de lucidité me revient, et je regarde ces ombres qui me prennent en main. Oui, elles sont plusieurs ! La raison revint à moi, incongruité passagère dans la perpétuité de la démence ; je les entends parler ! Ces silhouettes mystérieuses me parlent, rejetant en moi le souffle nauséabond de leur haleine, devenu fétide car j’ai compris ! Ce mur endiablé m’a définitivement vaincu, il m’a laissé à la vie et voila les matons qui une nouvelle fois m’attachent à son carcan ! Je hurle, j’essaye de me débattre, mais les violences de mon corps se perdent en moi ; je suis un serpent octroyé de son venin, qui continue à siffler la présence d’une pouvoir perdu. Je suis l’impuissant, je suis l’enfant dont la rage ne peut suffire à se libérer des bras de son père, je suis la vérité qui crie à la justice l’impunité de son erreur, je suis vivant…

ENRAGE
ENRAGE
Niveau 10
24 janvier 2003 à 12:05:57

Salut Zobi.
Je trouve ça assez glauque ; on dirait que tu es malheureux, dépressif et au bord du suicide...
On dirait que la vie pour toi n´est qu´une erreur, un hasard pas toujours facile à assumer.
Peut-être ai-je mal interprêté tes dires, mais c´est ce que j´en ai retenu.

zobinator
zobinator
Niveau 10
24 janvier 2003 à 14:05:39

lol nan mai c bon tas vu juste , cest bien un texte glauque et misérable ! dailleurs il serai difficile de le trouver gai et drole !
mais ca me parai "normal" lorske lon parle de la prison nan? si j´ecris d´1 tel maniere sur la prison cest pas pr en faire lapologie mai bien pr la dénoncer , paske je pense qu´elle est cruelle et qu´elle pousse l´homme a sa propre désolation.
Par contre kan tas di ke javais lair proche du suicide et tout ca , je te rassure , ca ma f ai marrer! c bien la preuve que jen suis loin , meme si le rire n´est pas toujours forcement sincere.
Tes remarques caracterisent tou a fai le personnage , mais pas moi ! tu c on peu entrer ds un personnage pr chercher a comprendre des etats d´ame qui ne touchent ^pas forcément.Et si jamais ils nous touchent , car bien sur ca peut etre le cas , ils nous touchent souvent dune maniere moindre! j´écris ds l´excés pour ne pas tomber ds l´indicibilité et ds l´insipidité.Voila , jessaye de donner a mon texte un gout , et jai choisi de lui donner un sale gout , celui de l´aigreur , de la rancoeur et l´amertume car c´est en entrant ds cet état d´esprit que les mots me viennent.Mais mon écriture n´est pas forcement le reflet de mon existence , loin de la!
dailleurs si je fais lire ce texte a mes amis , ils me diront peut etre qu´il est glauque , mais je crois qu´ils en riront et les commentaires relatifs a l´ambiance du texte s´arreteront a la personnalité du PERSONNAGE sans se prolonger à la mienne !
voila c tout
cetai lanalyse du texte de zobi par zobi : )

Wankh
Wankh
Niveau 10
25 janvier 2003 à 16:42:53

Pas mal,assez prenant.

Mais ton style est un peu lourd ( même si on sent que tu aimes manier les mots que utilises),et ton texte manque d´aération ( je trouve).

Juste comme ça j´aime beaucoup le passage du rêve du gars ( je saurais pas dire pourquoi =).

blattos
blattos
Niveau 10
25 janvier 2003 à 18:58:58

rien que le titre du sujet Zobinator, ça ne donne pas envie...
je suis désolée j ai pas pu lire jusqu au bout.
d une part, c´est dense
et d autre part, je suis complétement vannée ( on va dire que c´est ça...)

cutter-slade
cutter-slade
Niveau 10
25 janvier 2003 à 19:16:59

Eh ben... C´était long! Mais bien; )

Bon nombre de tes expressions, imagées, brutes, ou ambigües, m´ont laissé sans voix. Tu as vraiment le sens de la formule et te lire ferait presque penser à un tour de passe passe tant tu en sors tellement de ton chapeau; )
Non c´est clair que les 2/3 de ton texte son purement et simplement captivants, ahurissants dans leur exression, et choquant dans leur état brute.

Pourtant, à la fin, il y´en a trop. On en revient trop souvent aux mêmes idées avec des tournures pas si différentes, et la fin laisse à désirer: ondirait que tu t´es laissé emporter par les idées, et même s´il n´y a rien de plus beau, la densité de l´émotion procurée baisse autant que la qualité de l´écriture.

Mais dans l´ensemble, tu m´as fait halluciner; )

Heureusement que je vais voir un film drôle ce soir pour rattraper ça:o))

zobinator
zobinator
Niveau 10
29 janvier 2003 à 17:19:21

oups javais oublié mon propre topic.
Merci pr les commentaires , et c vraimen sympa d´avoir tout lu , surtout ke vs etes o moins 2 en tout . lol nan mais c kler ke c vachement long et tres lourd . Blattos jten veux pas du tout rassures toi c deja sympa davoir essayé de le lire . Sinon c vrai ke chui pa malin davoir intitulé le topic "bon courage" mais bon des fois je suis con c com ca c la vie .

SInon je voulais dire ke le fait ke ce soit lourd et kes les idées plongent toutes en mem temps ds un mélange gluant de mots malmenés n´est pas toujours involontaire et reflete en kelke sorte l´etat desprit du personnage , ki est submergé par les sursaut de son esprit et la torture de sa pensée.
Enfin bon c un peu facile de légitimer la lourdeur de mon sytle ainsi , en accusant le contexte...mais je veux juste relativiser mon erreu, c tout , et expliker ma facon d´ecrire .
Mais c vrai je me laisse emporter , et par moment des mots dechainés se bousculent ds mon esprit et ils ont besoin trop pressant de sortir pr ke je les laisse en moi en guise de sacrifice , alor je les libere tous , et ca fait un bo bordel , com vs avez pu le voir : D
au fait enrage jespere ke je tai convaincu : )

ENRAGE
ENRAGE
Niveau 10
29 janvier 2003 à 18:40:30

Convaincu de quoi ?
De ta volonté propre de vivre et de faire mourrir ton personnage ?

zobinator
zobinator
Niveau 10
29 janvier 2003 à 23:21:06

ma volonté de vivre bien sur
ca me fai tou bizarre de dire ca . .. : /

ENRAGE
ENRAGE
Niveau 10
30 janvier 2003 à 15:41:21

Pourquoi ?
Doûterais-tu de ta volonté de vivre ?
Je pense que dans le milieu hostile où nous évoluons, il serait plus juste de parler de survie !
A bien y réfléchir, l´aspect sauvage, imprévisible et cruel de la vie est quelque chose de jouissif car quand tu es confronté au mal et à la violence, tu te sens vivant et tu as envie de te battre.

zobinator
zobinator
Niveau 10
30 janvier 2003 à 23:14:07

c vrai . ..c la mort ki donne a la vie tout sa valeur , et lorskon sent le souffle de la premiere on apprend a ouvrir les yeux sur la seconde.

mais enrage kan jai di ke ca me faisais bizarre cetait pas paske je doutais , cest au contraire , paske je nai aucune raison de l´evoquer . Je pense souvent a la mort , a la souffrance . ..je veux pas me la jouer humaniste a 2 balles dc javoue ke bien sur ma cest propre condition qui m´intrigue la premiere , meme si elle s´impregne de celle des autres.
Je pense egalement au suicide , jessaye de penser ds l´exces mais mais c pour justement m´empecher d´agir aveuglement.
OUlala je membrouille la , vs allez croire ke chui suicidaire . ..
En fait jaime me projeter l´acuité des emotions et exacerber les sentiments aux maximum.Mon premier tracas , comme la plupart des gens qui s´attachent aux question existencielles ( personne ne peu y echapper , mais plus ou moins . .), cest la notion d´insipidité , de futilité et d´inanité , et jaime ainsi deformer le monde a travers le prisme de la pensée .
Le simple fait de m´intterroger sur l´insipidité de la vie la rend nettement moins insipide , car elle donne une source de reflexion , prendre conscience des choses , mais si notre jugement reste subjectif , nous empeche de nous y engluer , de nous enliser dans le conformisme de l´ecoulement , et je trouve cela essentiel , mem si parfois je preferais m´en défaire.
Je prefere ressentir le malheur pluto que ne pas ressentir le bonheur.
Avant de sentir que l´on existe soi mem en exteriorisant son etre , il fo avoir introduit le monde en soi et ressenti profondément sa propre existence.(au monde)

zobinator
zobinator
Niveau 10
30 janvier 2003 à 23:16:24

je voulais pas dire "mais si notre jugement reste subjectif " mais "meme..."

blattos
blattos
Niveau 10
31 janvier 2003 à 15:37:16

Zobinator< je confirme si je n ai pas pu achever ton texte la derniére fois c´est bien, parce que j avais la cervelle cotonneuse! ( 1 bonne fiévre non non rien d´exotique ; )

franchement, je ne vais pas paraphraser les opinions de Wankh et cutter, c´est trés prenant, et j ai trouvé ton texte beau ( ok c´est triste et desespéré mais il y a de beaux passages)
par contre, comme cela a déjé ete dit:
manque d´aération du texte, 1 certaine lourdeur
mais j ai l impression qu il manque pas grand chose en fait

cutter-slade
cutter-slade
Niveau 10
01 février 2003 à 00:59:18

Non, il ne manque rien. Et c´est peut-être d´ailleurs le contraire, le problème: il y´a probablement trop de choses. Une surquantité d´expressions qui donne cet effet de saturation à la fin du texte. Mais cela dit, le personnage est aussi très saturé, et procurer au lecteur la sensation même du héros est quelque part fantastique et réussi.

J´adore ces textes qui permettent de disserter des heures; )

blattos
blattos
Niveau 10
01 février 2003 à 11:00:56

en fait, je voulais dire qu il ne manque pas grand chose pour en faire 1 vrai perle.
ceci dit, c´est vrai qu on l impression d étouffer, on est vraiment avec le personnage.

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