" Le Vampire"
Le soleil s’était couché depuis déjà quelques heures. La pluie tombait tranquillement et calmement sur la place. Le vent sifflait et faisait crier les arbres, leurs branches et leurs feuilles produisaient une symphonie agréable aux oreilles. Les oiseaux, les hommes et les animaux s’étaient réfugiés dans leurs gîtes. Seul la vraie nature brisait le mur du silence. Dans le village au pied de la montagne gisaient les feux de chaque maison. Personne ne sortait, personne ne parlait. La vie était ainsi faite sur les Terres de Garuda, situé sur les limites du Gouffre du Malheure.
Le soir, tout était calme et silencieux. Par contre, un bruit commun circulait dans les rues du village, un cri connu, celui d’une vieille charrette aux roues grugées par les petits rongeurs. Sur la charrette, il y avait un homme. Il avait un problème et il venait voir le Seigneur pour le résoudre.
Parfois, on pouvait voir les rideaux bouger pour laisser voir les paysans curieux. La charrette, tiré par un cheval, continuait son chemin jusqu’au haut de la montagne. Là se trouvait le manoir du Seigneur.
Rarement, les gens venaient voir le Seigneur en privé. De toute façon, cet homme ne sortait que la nuit, et ses sujets étaient tous endormis pendant ce temps.
La charrette roulait jusqu’à atteindre les murailles du domaine du Seigneur. Rendu là, l´homme descendit de la charrette. Il ouvrit les 2 grandes portes en métal et remonta sur la charrette pour continuer le chemin pour atteindre le manoir qui était à une dizaine de mètres plus loin.
L’homme parcouru ce trajet qui semblait interminable. Devant les marches, il prit une grande respiration et descendit de la charrette enfin. Il monta les 5 marches pour pouvoir frapper à la grande porte du fameux château. Il cogna 5 coups avant qu’un homme l’ouvre. Le domestique qui l’accueillit semblait vieux et faible, il tremblait tout seul.
- " Mon cher monsieur, s’il vous plaît, je dois voir le Seigneur des Terres de Garuda. J’ai un problème urgent à lui faire part, suppliait le pauvre homme."
- " Seigneur Demitri ne reçoit personne ce soir. Revenez plus tard, je vous pris." répondit le domestique qui ferma aussitôt la porte.
Mais le pauvre homme ne se laissait pas faire. Il poussa la porte avec l’aide d’une seule main pour revoir le domestique.
- " Vous n’avez pas comprit, monsieur, j’ai un problème grave…"
Le serviteur, apeuré, décida de laisser entrer l’autre homme.
- " Hum, je crains que le Compte Demitri voudra vous recevoir."
- " Je suis sincèrement désolé, je suis venu ici pour expliquer mon problème. Peut-être que Demitri trouvera une solution à mon problème…"
- " Bien, bien, mais quel est votre nom, mon brave homme ? " demanda le domestique.
- " Je me prénomme Digona, je viens d’une ferme à quelques kilomètres des Terres de Garuda."
- " D’accord. Veuillez me suivre, je vais vous mener au Compte Demitri."
Digona suivit le domestique qui lui pria de lui suivre. Le pauvre homme
constata aussi la demeure était peu allumée. Seule les fenêtres servaient de lumière dans les longs corridors. Parfois, des orages illuminaient les lieux. Le tonnerre tombait à plusieurs reprises ce qui faisait trembler Digona.
Après quelques minutes, le serviteur et Digona se trouvèrent devant un immense escalier de plus d’une centaine de marches.
- " Il faut monter, ricana le serviteur."
Ils montèrent tout les deux l’escalier. Ils arrivèrent devant une autre porte. Le serviteur tira une corde dorée qui était suspendu près de la porte. Une cloche sonna. La porte s’ouvra et laissa entrer le serviteur.
- " Je vais informer le Compte de votre venue."
Le domestique entra, laissant Digona seul. Celui-ci regardait autour, il voyait des tableaux, des statues, des œuvres d’arts tout à fait hallucinant. Le compte, croyait-il, était sans doute un homme plein de bonne foi et de bonnes intentions.
Soudain, le serviteur ressortit de la pièce.
- " Vous pouvez entrer."
Il fit un petit signe à Digona et ce dernier entra.
La nouvelle pièce était si grande qu’il avait des vertiges en regardant le mur opposé. Au bout de la chambre, il pouvait voir un foyer. Les ombres d’un grand fauteuil et d’une petite table dansait sur les murs.
- " Digona Virello, quel est votre problème pour venir me déranger à une heure si tardive." demanda une voix grave qui faisait trembler les os de ceux qui l´entendaient.
- " Je... je... il y a eu une tuerie il y a... quelques jours... Les gens sont tous morts.
- " Eh bien, c´est intéressent. Gregory, laissez moi avec Digona quelques instants."
Le domestique sortit de la chambre, laissant les 2 hommes. En sortant, l´on pouvait y apercevoir un bref sourire.
La porte aussitôt fermée, Demitri Van Kornikov se leva de son fauteuil douillet. Il était très grand, dépassant d´une forte tête Digona qui lui, était assez grand déjà.
- " Vos voisins sont morts il y a de cela 3 jours, n´est-ce pas ? " demanda Demitri. " Et votre femme les a rejoint hier matin, qui à son tour, a acceuilli vos enfants ce soir, quelle triste histoire."
- " Co...comme...comment ? Vous savez... cela ! ? " balbutia le pauvre homme étonné.
- " C´est très simple à comprendre, c´est moi qui les a tué ! "
Digona recula quelques pas, apeuré, son visage terrifé fixait toujours les yeux de Demitri. Mais avant même que Digona pousse un cri, le Vampire sauta sur sa proie et lui arracha son cou. Le sang explosa sur le tapis rouge de la chambre. La tête arrachée, Demitri la lança dans le foyer et continua à gruger, à ronger, à mordiller, à manger le cadavre...