Roger Federer veut que l’on punisse plus sévèrement les tricheurs
Tennis | A l’US Open, le No 3 mondial est revenu sur le sujet qui fâche: le dépassement de temps que s’autorisent certains joueurs au service.
Bernard Andrié | 03.09.2011 | 00:00
Roger Federer aime bien prendre son temps en conférence de presse. A propos de tout et de rien. Tous les sens en éveil, il répond sans langue de bois – sauf quand il s’agit d’analyser une de ses défaites – à toutes les questions d’un auditoire suspendu à ses lèvres. Jeudi, après un sans-faute contre Dudi Sela, il s’est longuement épanché sur des thèmes d’actualité.
Le premier sujet – le dépassement de temps que s’autorisent des joueurs au service – est venu sur la table alors qu’aucune polémique n’existe en la matière à l’US Open. Une question banale d’un journaliste américain a soudain alimenté la conversation. Sans que le nom de Rafael Nadal – principal joueur sur le banc des accusés tant il défie l’autorité des arbitres en toute impunité – ne fut jamais prononcé. Sauf quand il fut demandé au Bâlois s’il avait déjà lu la biographie de «Rafa». «Non, répondit-il, pas encore, car il ne me l’a pas encore offerte. Mais, rassurez-vous, j’ai encore les moyens de me l’offrir…» (rires).
Tricheurs impunis
On le sait, le laxisme du corps arbitral a fait réagir les vénérables membres du tournoi de Wimbledon, cet été. Ils avaient promis haut et fort de faire respecter le chapitre «dépassement de temps» du code de conduite à la lettre. S’agissait-il d’une volonté délibérée ou d’un effet d’annonce? Allez savoir! Apparemment cette initiative intempestive n’a pas été suivie d’effets. Ou, dans le cas contraire, ils nous ont échappé. Car Novak Djokovic continue de taper la balle huit à dix fois par terre avant de servir et Rafael Nadal utilise toujours les mêmes stratagèmes pour irriter ses adversaires, obligés de faire le pied de grue de l’autre côté du filet.
Sans évoquer ce cas en particulier, Roger Federer regrette l’impunité accordée aux tricheurs et la vacuité du catalogue des sanctions. «Un avertissement, ce n’est pas une punition suffisante, lâche-t-il. C’est même de la franche rigolade. Quand je suis assis devant mon poste de TV et que des joueurs usent et abusent de dépassements de temps, je zappe comme le téléspectateur lambda. Et ça me fait mal pour le tennis. Sans tomber dans l’excès et sans préjuger des circonstances parfois atténuantes, il faudrait punir cette infraction par un point de pénalité et une amende au moins. Il n’y a que lorsque l’on touche au porte-monnaie des joueurs que les mesures s’avèrent dissuasives.»
Au royaume des éclopés
Autre phénomène, qui n’a pas échappé à la sagacité des médias, la cascade de blessures et de maladies qui a disséminé le gros de la troupe: malades ou blessés, quatorze joueurs(euses) ont déjà mis la flèche à droite depuis le début de la quinzaine. Parmi les plus connus, Venus Williams et Robin Soderling! Roger Federer, lui, reste fidèle au poste. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il fasse soleil… il répond toujours présent.
Comment fait-il pour porter avec une telle légèreté le poids des années sur le circuit professionnel? «J’écoute mon corps, répond-il. Quand une douleur apparaît, je sais très vite si c’est sérieux ou bénin. Au besoin, je prends un peu de repos pour éviter qu’une blessure ne s’aggrave. J’évite de jongler sans cesse avec les fuseaux horaires comme le font trop de joueurs et je prévois des pauses pendant la saison.» Rien de sorcier en somme, sinon une bonne dose de bon sens!