Je suis vraiment désolée, j'ai eu la crève... T_T
Mais je vous oublie pas... ^^
Je pourrais peut-être poster vendredi... ![]()
Kty... ! ![]()
J'ai du pain sur la planche, je crois... ![]()
Je le crois aussi... ![]()
Nous sommes tous impatients de lire ton prochain chapitre... ![]()
Justement, j'étais dessus...
Et je m'y remets illico... ![]()
(les mecs, je crois que vous devriez prendre plus exemple sur les femmes...
)
Tous ?

Je pensais surtout à toi et à un autre de ma connaissance...
(hein gag ?
)
Narya
T'avais dit vendresi
mais lequel !!!! ![]()
Heu, framchement, je suis pas là de toutes les vacs, j'ai paumé ma clé usb, bref, vous devrez attendre encore un peu... ![]()
C'est même pas les vac' ![]()
ça dépend des régions VGM ! ![]()
Nan mais c'est bon je sais, 'pas fini de me prendre pour un demeuré mental ? ![]()
On y peut rien si tu nous en donnes l'impression....
(déshérité ? ça m'étonne pas xD)
Je poste bientôt le chap suivant... ![]()
Bonne soirée... ![]()
Ah...oui...c'est vrai qu'on est bientôt "vendredi" ! ![]()
Ptdr Kty
xD
Nan, je pensais poster ce soir, à vrai dire... quand j'aurais fini de bien relire... ![]()
Nan, nan, laisse tomber...
Tu comprendras pas même si je t'expliquais... ![]()
Bon, je poste bientôt, me reste que 6 pages à relire...

Bon, voilà le chap... ![]()
J'espère que vous allez aprécier (et que vous passerez les fautes d'orthographes, de syntaxe et tout les machins de grammaire...
)
Bah, sinon, bonne lecture...
Chapitre 2 : Enfin retrouvée…
- Alors ça veut dire que l’on peut voyager dans le temps avec nos talismans…, répétai je.
Le pharaon hocha la tête. Il m’avait bien expliqué cette faculté principale des talismans. Il m’informait ensuite que l’on pouvait aussi parvenir à une dimension parallèle. Il m’avait conseillé de ne jamais essayer, étant donné que modifier le cours du temps faisait beaucoup de dégâts dans un seul monde et qu’un autre serait de trop.
- Et donc, si leur fonction principale est de voyager dans le temps, ça veut dire qu’ils ont d’autres pouvoirs ? Mais combien ? Et existe-t-il d’autres talismans ? demandai-je d’une seule traite.
- Oui, il en existe quatre autres, répondit-il. Chacun d’eux a un pouvoir qui se transmet par le sang. Mais pour réussir à y accéder il faut payer un prix très cher.
Je ne répondis pas. Je savais que j’avais déjà payé le mien… ma famille avait succombé pour que je puisse avoir le pouvoir de modifier le cours du temps.
Mais j’avais enduré ce jour là pire que toute autre personne : j’avais vu mon père, celui qui m’avait élevée, tuer mes frères, et ma mère. Pourtant je savais qu’il avait un secret, et il ne m’avait pas épargnée pour rien.
Je pâlis. Ma mère savait tout ça…
- Kahena ça va ? chuchota le pharaon.
Je me relevai brusquement, le faisant sursauter par la même occasion.
- Quel a été le prix que vous avez du payer ? demandai-je brusquement.
Il s’arrêta net. Sa tête se baissa lentement, et ses yeux fixèrent le sol, en recherche de souvenirs intacts et douloureux. Son regard exprimait une telle tristesse, une telle souffrance, que je me demandai comment il pouvait ne pas laisser sa détresse se peindre sur son visage. Seul sa respiration troublait le silence : je retenais la mienne, mal à l’aise, craignant d’avoir fait une énorme erreur.
- Je…
Il se redressa, me regarda. Ce qu’il y lut dut l’encourager, car il prit une grande inspiration, et se prépara à continuer. A mon avis, il ne pensait pas que j’avais fait une erreur, au contraire…
- J’ai perdu la personne que j’aimais le plus au monde.
- Elle est morte ? murmurai-je en proie à une soudaine crampe d’estomac.
- Non. Pire.
- Que s’est-il passé ? soufflai-je de plus en plus doucement. Et qui était-ce ?
Il ne répondit rien, et avala avec difficulté.
- C’était mon grand frère. Il était l’exemple de la famille, et mon père avait mit tous ses espoirs en lui.
Sa voix se brisa sur ces derniers mots.
- Mais qu’est-il devenu s’il n’est pas mort ?
- Tu comprendras plus tard…, conclu-t-il dans un souffle, balayant de la main mon petit salon d’un geste léger bien que lourd de sens.
Comprenant qu’il était parfaitement inutile d’insister, je me tus. Je pris mon talisman et le sortis de ma poche. Je m’affalai alors sur le canapé et soupirai longuement. J’étais plus que certaine que la vie me réserverait d’autres surprises. Mais lesquelles… ?
Le silence régnant autour de nous s’insinuait en moi, et une sensation toute nouvelle, encore jamais apparue auparavant, me prit au creux de l’estomac. Un calme serein m’envahit en même temps qu’un bonheur douloureux. Un bonheur que je ne n’avais jusqu’alors jamais ressenti, un bonheur si apaisant qu’il me faisait mal. Pourquoi à chaque fois qu’il m’arrivait enfin quelque chose de bien je devais en pâtir ?
La colère monta dans ma conscience, et je resserrais le talisman que j’avais pris dans le creux de ma paume. J’étais furieuse de ne pouvoir rien contrôler, ne rien comprendre. J’avais comme l’impression que tout jouait contre moi. Comme si mon médaillon pensait le contraire de ce que j’aurais pu ressentir, il se mit à diffuser une chaleur douce et bienfaitrice.
- Toutankhamon, les talismans n’ont-ils pas un autre pouvoir ? Je veux dire, un pouvoir bien spécifique que seul le possesseur pourrait sentir ?
Il hocha la tête. Il me regarda au plus profond de mes yeux, et j’eus l’impression qu’il me traversait de ses pupilles noires.
Je détournai le regard, pour échapper à cet interrogatoire visuel plutôt désagréable, et le reportai sur mon talisman. Il diffusait toujours sa chaleur apaisante. Ma colère s’était brusquement apaisée, et je sentis mon esprit se calmer et éprouver de la reconnaissance envers mon médaillon. Je me surpris à me demander si cet « objet » pouvait avoir une conscience ou autre chose dans le genre… une âme…
Tout en réfléchissant, je contemplai la merveille unique et irremplaçable que je tenais entre mes mains. Mais cela ne dura pas longtemps. Quelques secondes, à vrai dire.
- Que… ?
Je n’eus pas le temps de prononcer une autre parole que le talisman changea… de couleur, de forme, de pierres…
- Est-ce que tu… vous…, bafouillai-je en tendant le talisman au pharaon, espérant trouver une réponse.
- Laisse tomber les formalités, Kahena. Ca vaut m…
Toutankhamon devint livide. Je crus qu’il allait s’évanouir. Il me prit le médaillon des mains, et l’observa pendant de longues minutes sans rien dire…
Je le regardais également, me demandant ce qui pouvait se passer. Je le voyais, ses yeux d’un noir de geai ronds de surprise, observant attentivement le talisman, l’étonnement lui arrachant une grimace.
- J’aurais du te dire ça plus tôt…, gémit-il.
- Me dire quoi ?
Il reposa mon talisman au creux de mes paumes, et soupira longuement. Il ferma les yeux, et repris une inspiration pour soupirer à nouveau.
- Je ne peux pas te le révéler maintenant, dit-il, moqueur. Même si j’aimerais, je ne peux pas.
- Et pourquoi ? rétorquai-je.
- Parce qu’en tant qu’humaine tu ne me croirais pas, dit-il d’un ton qui ne me plus pas beaucoup.
Je roulais des yeux. Je ne doutais pas que j’allais être légèrement déçue quand j’allais apprendre ce qu’il devait me révéler au « bon moment ».
- Et pourquoi faut-il que ce soit le bon moment ? répliquai-je.
- Même si je te le révélais, en quoi ça pourrait bien t’intéresser ? lança-t-il. Et de toutes façons, tu serais inapte à comprendre le quart de ce je pourrais te dire, conclut-il dans un haussement d’épaules méprisant.
Je restais pantoise. Jamais je ne l’avais entendu parler comme ça, même si je le connaissais extrêmement peu. Il avait changé d’attitude en un rien de temps, et sa réplique avait fusé. Je pressentis qu’avec ce pharaon, il fallait que je m’attende à tout. Mais dans quel que soit le cas, c’était mon monde et pas le sien. Et s’il fallait que je supporte ses caprices de roi pendant le restant de mes jours, j’allais m’arracher les cheveux. S’il fallait que je lui fasse comprendre les choses autrement que par les mots, je n’hésiterais pas une seconde.
Je commençais à ressentir à nouveau cette rage qui montait en moi, incontrôlable. Je dus respirer profondément pour me calmer, et serrai les poings tellement fort que je failli m’en traverser la peau avec mes ongles. Je sentis une veine battre à ma tempe, et baissai brusquement les yeux pour ne pas décocher un regard haineux au possible à Toutankhamon.
- Kahena, n’y a-t-il pas une ruine dans les alentours ? demanda Toutankhamon plus pour changer de sujet qu’autre chose.
Cette fois, je relevai ma tête et le regardai bien en face. La haine que je ressentis à cet instant déferla sur moi, animale et dévastatrice, balayant tous les autres sentiments aptes à m’arrêter. Une vague de colère me coinça la gorge, et mon estomac se noua.
Je m’apprêtais à lui cracher ce que je pensais de lui en pleine face, quand je sentis un poing traverser mon ventre. Mais le pharaon n’avait pas bougé, et je le regardais avec étonnement. Ce n’était pas fini. Une claque atterrit sur ma joue gauche, puis sur ma joue droite. Comme s’il attendait ce moment pour se manifester, mon talisman chauffa, au point de me brûler la main. Je ne pus le lâcher.
Une vague se répandit dans ma paume, puis mon bras, jusqu’au restant de mon corps, en terminant par ma tête. Je vis ce que jamais je n’aurais pu voir.
Il était cinq heures du matin et le soleil se cachait toujours derrière l’horizon.
Le jeune pharaon alla éteindre la faible lumière, et retourna s’asseoir. Il savait ce qui se passait. Mais il me regardait, comme pour attendre le bon moment.
Le noir le plus complet envahit la pièce.
Le noir ?
Non. Je voyais mon salon comme en plein jour. Malgré les fenêtres insonorisées, j’entendais les grillons et cigales faisant un vacarme assourdissant à mes oreilles. Je sentais chaque particule de l’endroit où j’étais assise, je percevais le moindre mouvement. Un instinct naquit en moi et l’envie me prit de m’élancer dehors, de courir à en perdre haleine, de sauter, de…
Je dus déployer un effort d’une extrême volonté pour rester assise parmi les coussins. Pourtant l’instinct demeurait toujours là, et je n’aurais pu lui résister pendant très longtemps.
Mais cela s’arrêta. Aussi vite que cela était venu. Ma vue baissa brusquement, et mes sens perdirent leur acuité mille fois supérieure aux sens humains pour redevenir à leur état normal. Le silence revint, ainsi que la nuit. J’expirai fortement, comme si j’avais retenu ma respiration. Toutankhamon retourna allumer la lumière (d’ailleurs, comment avait-il compris comment ça marchait ?).
Il m’observa avec une lueur de victoire narquoise dans les yeux. Pourtant, pendant l’espace d’une seconde, j’avais cru voir une surprise non feinte sur son visage. J’avais du rêver.
Reprenant son sourire avenant, il me demanda :
- Je reviens à la question que je t’ai posée il y a quelques minutes. Connais-tu, quelque part par ici, un palais, ou un monument historique ?
Un sourire illumina mon visage. Le pharaon ne perdait rien pour attendre, et je décidais de laisser ma colère de côté pour le moment.
- Vois-tu, commençai-je, cette maison est la seule habitation à quelques kilomètres à la ronde. Etrangement, il y a une flore incroyable aux alentours, et cette demeure est construite dans la seule clairière d’une jungle venue d’on ne sait où. Il y a encore quelques années avant ma naissance, nous étions entourés d’une ville incroyablement grande.
- Et ?
- Quelques semaines avant que je ne voie le jour, plusieurs épidémies se sont déclenchées. Elles ont ravagé la population et aucun traitement ne parvenait à les arrêter. Puis se sont succédées les catastrophes naturelles, ravageant ce qui restait de vie.
- Mais…
- Je n’ai pas fini, coupai-je. Une forêt profonde a remplacé la ville et ses habitants morts, nous coupant du reste de la population et nous entourant d’un rempart vert émeraude.
- Mais comment avez-vous survécu ? demanda-t-il.
- Toutes ces choses ne nous touchaient pas. Je pense que ça a à voir avec le talisman, et je sais que toi tu peux m’apporter des réponses.
Il hocha la tête. Même s’il semblait à moitié convaincu, il en savait plus long que moi. Il avait beaucoup de choses à me dire, mais il fallait que j’apprenne la valeur de la patience : il ne parlerait pas tant que le moment ne serait pas venu.
Je m’affalais sur le canapé, et pensais à tout ce qui venait de m’arriver. Beaucoup de choses se déroulaient en même temps et je savais que, si Toutankhamon repartait, ou s’il n’avait pas été là…
Je déglutis péniblement. Je n’osais pas imaginer ce qu’il me serait arrivé…
- Kahena…
Je me relevai, et lui lançai un regard interrogateur.
- Qu’est-ce qu’il y a ?
- Non, rien, j’ai dû rêver. Je peux te poser une question ? demanda-t-il.
Je fis une grimace montrant bien ce que je pensais.
- Depuis quand un pharaon demande-t-il la permission ? répliquai-je.
- Ecoute, je suis désolé, je…
- Laisse, coupai-je dans un murmure. C’est du passé.
Toutankhamon soupira et leva les yeux au ciel. Il s’affala dans les coussins à son tour et me regarda.
- Donc, je me demandais, y a-t-il un palais dans les alentours, ou quelque chose dans le genre ?
- Un palais ? Tu veux parler de ruines ! m’exclamai-je sans aucun enthousiasme.
- Ruines ? s’étrangla le pharaon.
- Tu croyais quoi ? Qu’un palais datant de l’antiquité serait encore entier et sans dégâts, après plus de cinq mille ans ?
Si je ne lui montrais pas, il ne me croirait pas.
Je me levai d’un bond et rejoignit la fenêtre. Je l’ouvris en grand et scrutai l’orée du bois. Je mis un moment avant de m’habituer à la semi obscurité nous entourant. Peu à peu, je distinguais la jungle quasi-impénétrable se dressant quelques mètres devant moi.
Les arbres étaient monstrueusement gigantesques, verts à faire peur. Les feuilles qui les habillaient faisaient la hauteur d’un demi homme et la largeur d’un bras étendu. Aussi vertes que l’émeraude, elles évoquaient une mer agitée et vaseuse.
Des lianes pendaient délibérément des branches, s’entremêlant, tombant négligemment sur le sol. Elles étaient aussi épaisses, voire plus, qu’une corde. Verdâtres, fades, elles contrastaient avec l’émeraude éclatant des feuilles.
Pour tout arranger, il faisait atrocement humide et l’eau se glissait de toutes parts. Les arbres en semblaient imbibés et elle coulait de toutes parts. Une fine bruine masquait à moitié le mur de verdure se dressant devant nous, ne nous empêchant pas de remarquer l’impénétrabilité de la forêt. L’herbe quelques mètres plus bas était grasse et claire, constituant à elle seule un sol épais et moelleux.
Toutankhamon arriva et me sortit de ma contemplation.
- Et où vois-tu des ruines ? s’enquit-il, grimaçant devant la chaleur humide et la jungle.
- Il faut monter au point d’observation qu’a fait mon père pour voir au-delà de ce mur de verdure.
- Et où est ce point d’observation ? demanda-t-il.
- Au dessus de nous.
Je me retournais et plongeai mon regard dans le sien. Ses yeux étaient plus noirs que la nuit la plus sombre et profonde. Un éclat de lumière brillait dans ses pupilles, vif et malicieux. Je restais immobile, contemplant ces yeux profonds.
Nous restâmes sans bouger pendant de longues minutes s’étirant de plus en plus devant nous. Moi, le sondant de mes yeux topazes, lui me traversant de ses yeux de nuit.
- Je vais te montrer l’endroit, dis-je, brisant le silence qui s’était installé.
- D’accord, acquiesça-t-il. Je te suis.
Je le dépassai, et nous sortîmes dans les lueurs rougeâtres de l’aube. L’air épais et étouffant nous prit par surprise. J’en eus la respiration coupée, mais je me repris rapidement. Toutankhamon, lui, s’arrêta pendant plusieurs secondes pour reprendre son souffle, à présent chargé d’humidité.
Comme il avait l’air seulement perturbé, je ne m’occupais plus de lui, et tournai ma tête vers la droite, cherchant des yeux l’échelle permettant d’atteindre le toit. Elle était vieille et rongée par la rouille, dissimulée par des branchages grimpant sur ses barreaux. Je n’eus aucun mal à la trouver, étant donné que je montais souvent au point d’observation pour dessiner ou me réfugier…
Je pris l’échelle et vérifiai son équilibre. Après m’être assurée qu’aucun danger ne nous avoisinait, je montai vers le toit. Nous fûmes rapidement arrivés en haut, et je me dirigeai vers une sorte de petite cabane en bois, solide, ouverte sur tous les points cardinaux, et large de deux m² environ. Nous nous glissâmes à l’intérieur.
- Que fais-tu ? me demanda Toutankhamon, me voyant baissée, palpant la paroi Est de l’abri.
Je ne répondis pas. Je cherchais la fissure qui me permettrait d’ouvrir une cavité creuse. Je la trouvais au bout de quelques secondes de recherche, et l’ouvrit non sans peine avec les bouts de mes doigts.
- Mais que cherches-tu à la fin ? s’énerva Toutankhamon.
- Ca, répondis-je en lui tendant un carnet vieillit par le temps.
Il me lança un regard si perplexe que je me relevais et lui posai le carnet dans les mains. Il l’ouvrit, et en demeura ébahi. Devant lui, s’étendait une forêt vert émeraude, bruyante, infinie. Et dans le creux de ses paumes, il tenait cette forêt.
- C’est toi qui as fait ça ? s’étonna-t-il.
- Oui, j’y ai consacré la moitié de mes vacances cet hiver.
- Bravo. Tu as réussis à m’impressionner…, chuchota-t-il avec une sincérité non feinte.
Il laissa s’écouler le silence, comparant mon dessin de la réalité. Moi, je m’assis, et fermai les yeux. Pourquoi je sentais toutes les gouttes de l’humidité autour de moi ? Pourquoi les bruits de la jungle me semblaient tellement assourdissant, jusqu'à me donner un mal de crâne fou ? Et pourquoi…
Une brûlure intense se manifesta sur mon torse. Je retins un cri de douleur, et palpai l’endroit qui me faisait souffrir. Je touchai mon talisman et retirai vivement ma main. Je l’arrachai par les cordons, mais ne pus le lâcher. Tout comme la première fois où cela m’était arrivé. Mais cette fois-ci, je ressentis encore plus d’émotions, de sensations vertigineuse. Mon odorat se développa et je pus sentir l’odeur infime de ma chair brûlée, le vacarme de la forêt d’émeraude me fit presque exploser le crâne. J’ouvris les yeux en grand, et vis ce que jamais je n’aurais pu voir.
Toutankhamon m’interpella, sans se retourner.
- Kahena, je ne vois pas le palais. Où se situe-t-il ?
Je pointais le doigt vers le plein sud, et désignai une clairière invisible. Je n’eus pas le temps de prononcer un mot, que je me retrouvai pliée en deux par une douleur au ventre. Plus qu’une douleur. Un feu s’était allumé au creux de mon estomac. Je vomis du sang, et un goût atrocement fade envahit ma bouche.
Le jeune pharaon se tourna vers moi. Il tendit sa main vers la mienne. Une voix rauque s’éleva. Je mis du temps à comprendre que c’était la mienne.
- Ne me touche pas, ordonnai-je.
La main du pharaon retomba mollement. Je m’étais ramassée comme pour bondir. Une bête sommeillait en moi. Et elle allait se réveiller.
- Kahena…
Toutankhamon avait blêmi. Il montra du doigt un point derrière moi. Je sentis un souffle chaud sur ma nuque. Mes yeux s’ouvrirent en grand. Un grondement sourd me fit frissonner. Je me retournai brusquement, et mon cœur rata un battement.
A quelques centimètres de moi se tenait un spécimen de douze mètres de longs, dont la dentition ne faisait aucun doute sur son régime carnivore. Il avait une tête plate au niveau des yeux, et de la bave épaisse dégoulinait de ses babines. Ses pattes avant étaient musculeuses et puissantes, munies de griffes de plusieurs centimètres de long, crochues et mortelles. Ce n’était rien comparé au reste. Des ailes de chauve souris, étrangement terminées de plumes duveteuses s’étendaient sur plus de quatre mètres de long et de deux de haut. Ses pattes arrière, trois fois plus musclées que celles antérieures, se finissaient en bec d’aigle par des griffes de plus de vingt centimètres. Sa queue, longue et fine, était munie de poils épais, servant sans doute de fouet. La créature en question était aussi rouge que le sang, écarlate, éclatante et impressionnante. Elle me fixa pendant de longues minutes, pendant lesquelles j’osais à peine respirer. Elle lança un dernier grondement sourd, repartit dans un battement d’ailes puissant et disparut au loin.
Je tremblai de tous mes membres. Toutankhamon restait stupéfié.
- Qu’est ce que c’était ? articulai-je entre deux tremblements.
- C’est impossible…, murmura-t-il.
Je me relevai lentement, toujours agitée de violents tressaillements et de frissons. Mes sensations vertigineuses avaient disparu, mais une peur gardait mon estomac noué. Et malgré la chaleur étouffante, j’avais froid.
Terriblement froid.
Le jeune pharaon prit la parole, et posa une main apaisante sur mon épaule tremblante.
- Cela fait plusieurs années que je te cherche, Kahena. Sans même te connaître.
Nous regardâmes l’horizon. Le vent se leva, en même temps que nos craintes les plus folles.
- Et il était temps que je te retrouve.
*
- C’est bien la personne que tu cherches, murmura-t-il.
Masquant son visage en remontant sa capuche noire sur sa tête, il se retourna et s’éloigna dans la nuit.
Ohh...un nouveau chapitre...je me mets à la lecture dès demain, promis. ![]()