CONNEXION
  • RetourJeux
    • Sorties
    • Hit Parade
    • Les + populaires
    • Les + attendus
    • Soluces
    • Tous les Jeux
    • Gaming
  • RetourActu Gaming
    • News
    • Astuces
    • Tests
    • Previews
    • Toute l'actu gaming
  • RetourBons plans
    • Bons plans
    • Bons plans Smartphone
    • Bons plans Hardware
    • Bons plans Image et Son
    • Bons plans Amazon
    • Bons plans Cdiscount
    • Bons plans Decathlon
    • Bons plans Fnac
    • Tous les Bons plans
  • RetourJVTech
    • Actus High-Tech
    • Intelligence Artificielle
    • Smartphones
    • Mobilité urbaine
    • Hardware
    • Image et son
    • Tutoriels
    • Tests produits High-Tech
    • Guides d'achat High-Tech
    • JVTech
  • RetourCulture
    • Actus Culture
    • Culture
  • RetourVidéos
    • A la une
    • Gaming Live
    • Vidéos Tests
    • Vidéos Previews
    • Gameplay
    • Trailers
    • Chroniques
    • Replay Web TV
    • Toutes les vidéos
  • RetourForums
    • Hardware PC
    • PS5
    • Switch 2
    • Xbox Series
    • Switch
    • Pokemon pocket
    • FC 25 Ultimate Team
    • League of Legends
    • Tous les Forums
  • PC
  • PS5
  • Xbox Series
  • Switch 2
  • PS4
  • One
  • Switch
  • iOS
  • Android
  • MMO
  • RPG
  • FPS
En ce moment Genshin Impact Valhalla Breath of the wild Animal Crossing GTA 5 Red dead 2
Tomb Raider
Forum
  • Accueil
  • Actus
  • Tests
  • Vidéos
  • Images
  • Soluces
  • Forum
Liste des sujets

~ The Tomb of Forumers ~

News jeu

Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop

Voir
VideoGammerMan
VideoGammerMan
Niveau 10
24 mars 2008 à 18:23:29

Chapitre IX : The Great Escape :

« Quelle bande de crétins. Tous pareils. Faibles, miteux, osant avoir un quelconque espoir dans ce monde de fous. Ils s’entretuaient tous, petit à petit. De l’erreur de l’un d’entre eux naissait la sépulture d’un autre. Pour avoir une chance de réussir, j’avais du les quitter. Car ils seraient bientôt tous morts. VGM en était également conscient, mais il n’était pas parti. Sûrement se serait-il senti coupable. Douce ironie. Tant pis pour lui. Son sort ne me préoccupait pas beaucoup plus que celui des autres. Mon seul but était de trouver le Scion, et de le détruire. Toute ma vie j’avais été préparé à ce moment. En fait, la vie ne m’avait été donnée que pour cette unique mission. C’est pourquoi je devais l’accomplir. Le sort de la planète était entre mes mains désormais. Chaque pas que je faisais sauvait la vie d’une personne. Mais je m’en fichais. J’avais même une curieuse envie de reculer… »

Je me déplaçai légèrement, les hautes herbes me caressant langoureusement les jambes. Je savais que, sur le promontoire, Julien et Jordan avaient les yeux rivés sur moi. Il était temps de disparaître. Je clignai des yeux. Aussitôt, je sentis les cellules constituant ma peau et ma tunique changer de couleur pour s’habituer à mon environnement. L’instant d’après, j’étais devenu invisible aux yeux de tous. Je ne m’arrêtai pas pour autant. J’avais déjà franchi la moitié de la plaine. Au-dessus de moi la lune s’enfonçait dans un amas de nuages. L’ombre envahit aussitôt la vallée, me procurant un certain plaisir. Mes créateurs m’avaient élevé ainsi. Oiseau de proie volant à basse altitude, sombre et mystérieux, basant mes attaques sur ma prédisposition à surprendre mes victimes, je ne m’appelais pas Busard pour rien.

J’arrivai bientôt à proximité d’un raptor. Il était négligemment en train de dépecer le cadavre d’un cerf. Je n’en avais absolument pas peur. Il ne me voyait pas, il ne me sentait pas, il ne m’entendait pas. J’étais totalement invisible. Mais l’acte que j’allais commettre, lui, n’allait pas passer inaperçu. Je rassemblai mon courage et respirai un bon coup. Le reptile se tenait à deux mètres de moi, totalement inconscient du danger qu’il courait. Le moment était venu. Je le redoutais comme je l’adulais. C’était un instant de plaisir incommensurable, mêlé à une douleur intense, mais jouissive. J’étendis mon bras, serrai les dents, et déployai le Pouvoir.

Aussitôt, une lame sortit de mon avant-bras, transperçant la chair, la peau et les nerfs, m’inondant d’une douleur aussi vive que jubilatoire. Le Pouvoir avait une folle envie de meurtre. Mais je le maîtrisais, et il attendrait que je décide du moment opportun. Je contournai la bête de façon à me retrouver à côté de son cou. Elle était occupée à avaler un morceau de viande. Le dernier qu’elle mangerait de toute son existence… Je cédai au pouvoir un dixième de seconde. Sans me contrôler, je sautai alors sur le raptor et lui enfonçai ma lame dans la gorge. Surpris et déséquilibré, celui-ci s’écroula. Il n’essaya même pas de se relever. Il était déjà mort. J’avais visé la bonne veine, coupé le bon nerf. Les autres reptiles présents dans la vallée relevèrent immédiatement la tête et me fixèrent intensément, comme s’ils pouvaient me voir. Le chrono était lancé. Je me précipitai sur le cadavre et, aidé du Pouvoir, le hissai sur mon dos. Trois cents kilos, ça se portait facilement… Puis je me mis à courir vers la forêt. Les autres raptors se lancèrent à ma poursuite sans toutefois attaquer, surpris par ce corps qui lévitait apparemment au-dessus du sol. Le plan fonctionnait à merveilles. Mais il ne fallait pas que je me laisse déconcentrer. Je courai, les hautes herbes s’écartant sur mon chemin. Il ne me restait plus qu’une vingtaine de mètres à parcourir pour atteindre la forêt lorsque les raptors rompirent leur rang, non pour m’attaquer, mais pour quelque chose d’autre. Quelque chose qui m’échappait. J’accélérai. Dix mètres. Alors seulement je compris. Ils m’encerclaient. Je n’étais pas du tout du genre à paniquer, mais je ne pensais pas ces reptiles aussi intelligents, malgré la démonstration dont ils avaient fait preuve quelques minutes auparavant avec les cerfs. En fait, je les avais totalement sous-estimés. Ceci, je le sus quelques secondes plus tard, alors que j’arrivai dans la pénombre du sous-bois : des dizaines de dinos m’y attendaient.

Je lâchai immédiatement le cadavre. La partie du plan où j’étais sensé être plus rusé que les raptors était terminée. Je me remis immédiatement à courir, fonçant à travers le sous-bois, oubliant la prudence et l’invisibilité. Les reptiles se jetèrent immédiatement à ma poursuite. Mais il se passa quelque chose à laquelle ils ne s’attendaient pas : au lieu de foncer dans leur piège, je me dirigeai droit vers l’arbre le plus proche. L’instant d’après, je grimpai à son sommet avec l’agilité de l’Atlante que j’étais. Une fois arrivé, j’avisai l’arbre le plus proche et y sautai avec une aisance hors du commun. Comme j’aimais lorsque le Pouvoir se déchaînait ainsi ! Commença alors une longue et palpitante série. Je courai sur la cime des arbres, survolant les vides, retombant toujours sur des branches fixes. Les raptors, fixés au sol, suivaient néanmoins ma progression et attendaient impatiemment le moment où je tomberai. Cruelle naïveté… J’avais l’impression d’avoir à faire à des forumers. Comment pouvait-il oser espérer que je tombe ?

Je ne fatiguais pas. Je retenais le Pouvoir depuis trop longtemps déjà lorsque je l’avais libéré, et il était déchaîné. Je ne contrôlais absolument pas mes gestes, mais le Pouvoir, lui, manipulait et gérait tout. Quel immense plaisir de se balader sur la canopée d’une forêt primaire au clair de la lune, avec une bande de dinosaures affamés à vos trousses ! C’était une sensation surprenante, grisante et surnaturelle. Malheureusement, ce petit moment de détente fut de courte durée. J’apercevais déjà mon objectif : une gigantesque cascade coulant sur le flan gauche de la vallée et atterrissant dans un bassin d’eau clair. D’après le plan que j’avais pu consulter avant mon départ de France, le Tombe de Qualopec était par là. Arrivé à destination, je dus attendre quelques instants que les raptors, fatigués, me rejoignent. C’était le moment le plus périlleux. Je fis de nouveau appel à l’invisibilité puis, caché aux reptiles, je me laissai glisser le long d’un tronc. J’avais besoin de trois victimes. Au moment où je touchai terre, la sensation d’avoir quelque chose d’incassable sous les pieds me surpris et, suite à une légère faiblesse, je mis un genou au sol et mes contours réapparurent brièvement. Il n’en fallut pas plus au raptor le plus proche pour me repérer. Avec un stupide cri d’attaque il se jeta sur moi. Je roulai rapidement sur moi-même, puis, dans la même fraction de seconde, m’accroupis et esquissai un rapide mouvement du bras droit. Mon agresseur s’écroula, le tendon cisaillé. Mais il n’eut pas le temps de souffrir. Je me relevai et me jetai dessus immédiatement, lui plantant la lame dans le cou. Devant la violence de cet acte commis par un ennemi invisible, les raptors restèrent quelque peu en retrait. Sans m’en préoccuper, j’attrapai le cadavre et le balançai dans le bassin, où il fut immédiatement aspiré par un fort courant émanant des entrailles de la Terre. Les autres ne bougeaient toujours pas. Tranquille et sûr de moi, j’attendis un instant puis, voyant que ça les éclatait de rester immobile, je m’assis en tailleur à trente centimètres du lac et attendis patiemment.

Comme ils étaient pitoyables… Ils avaient beau être rusés et intelligents, cela ne suffisait pas à survivre sur cette Terre. Et j’allais leur montrer. Mais je commençai à m’impatienter. Je jouais à un jeu dangereux. Ils n’attendaient qu’une chose : que je me manifeste pour tous me sauter dessus en même temps. Mais je n’allais pas me faire avoir. Au contraire, ils allaient avoir une petite surprise…

Enfin, après plus d’une heure d’attente, deux raptors s’approchèrent de l’endroit où je me trouvais. Ils avançaient doucement, prêt à reculer ou, au contraire, à se jeter sur une éventuelle proie. Pathétique… Ils se retrouvèrent bientôt juste à ma gauche. Je ne bougeais toujours pas. « Pas étonnant que cette espèce ait disparu », pensais-je. Le bon moment était arrivé. Rapide comme l’éclair, je me décalai vers la gauche de façon à me retrouver sous le premier reptile, puis plantai ma lame dans son cœur. Puis je roulai sous le deuxième et lui tranchai la gorge tout en me relevant prestement. Tout cela avait été si rapide qu’aucun de mes ennemis n’avait encore compris la manip’. Mais il était trop tard de toute façon. J’avais gagné. Comme toujours d’ailleurs. D’un puissant coup d’épaules, je poussai les deux cadavres à l’eau et, entraîné par mon élan, y plongeai également.

Le liquide était froid, et il s’insinua entre mes vêtements en une poignée de secondes, me procurant une sensation désagréable. Passé l’impression d’être inondé, ce fut celle d’être aspiré qui domina. Le courant m’emporta sans que je n’y oppose une quelconque résistance. Je vis la surface s’éloigner à mesure que j’étais attiré sous terre. Cette transaction ne dura pas bien longtemps. Le tunnel, jusqu’ici à la verticale, bifurqua soudain dans les entrailles de la montagne. L’instant d’après, j’étais projeté sur une plage en pierre peinte.

Je me relevai fébrilement. À mes côtés gisaient les trois cadavres qui, eux aussi, avaient été amenés ici. Remis de mes émotions, je jetai un coup d’œil au paysage. J’étais dans une caverne possédant deux issues. La première était celle par laquelle je venais, la seconde était un couloir s’enfonçant dans les entrailles de la planète. Rien qu’au design des murs et du sol, je sus que j’avais vu juste. Ceux-ci étaient peints de jaune et de rouge, ce qui faisait très kitch. Je ne me m’attardai pas sur le décor, qui avait peu importance, et je me mis à éloigner les trois cadavres de l’eau qui était désormais teintée de rouge. Puis, oubliant toute dignité, je plongeai ma tête dans l’eau fraîche et bus à pleines gorgées. Les yeux ouverts sous l’eau, je remarquai quelque chose d’étrange. Je ne voyais aucune évacuation et pourtant, l’eau devait bien partir quelque part. Surtout qu’avec ce courant, le liquide devrait être violemment aspiré dans un tunnel ou une canalisation. Étrange en effet. Mais je ne devais pas m’attarder sur ce genre de détail inutile. Je me redressai, hissai le premier des trois raptors sur mon dos, et m’engageai dans le couloir.

Celui-ci n’était pas très grand. Une cinquantaine de mètres tout au plus. Il débouchait bien vite à un embranchement. Trois voies s’offraient à moi. Je devrai toutes les prendre, quoiqu’il arrive. Je choisis de tourner à droite. Vingt mètres plus loin, j’arrivai dans une nouvelle salle relativement petite, mais à l’air complexe. Elle comportait deux leviers, respectivement sur les murs de droite et de gauche et deux bijoux incrustés dans la roche en face de moi. C’était une énigme. Première chose à faire dans ce cas là, observer les lieux. Les murs étaient rouges et vierges de toute inscription. Je posai le cadavre et m’approchai des deux leviers. Le premier était en pierre brute. Alors que j’examinai le second, plus clair, je compris qu’il était fait dans une matière bien plus noble, du genre cristal. Je poursuivis mon investigation. Les deux pierres précieuses incrustées dans le mur étaient strictement identiques. Je soupirai. Par où fallait-il commencer ? Alors seulement je remarquai que le sol n’était pas uniforme. Il semblait griffonné de toutes parts. Je m’accroupis immédiatement. Il y avait bien un texte ici. Je n’arrivais pas à en identifier la langue, aussi cherchais-je le début pour voir s’il allait m’éclairer. Ce fut le cas. Une fois les premiers mots du texte trouvés, tout devint plus clair. C’était une sorte de Quechua. Sûrement une ancienne version. Je me mis à lire :
« Kanay -pi iskay kaq hutk’u chaymanta lluq'iman
qhilpata Unu -pi kinsa kaq
qhilpata yawar -pi qhipa
chayña bahay maki qisqa rumi
sat'iy rumi illariy
ñak'a pata apachita
-pis hurquy qisqa »
Génial… J’allais m’éclater à traduire ça. Putain vivement que je choppe ce Scion de malheur. Comme si j’avais que ça à faire que de perdre mon temps à traduire de l’Inca. Je soupirai.
-Bon allez c’est parti, murmurais-je.
Je haïssais cette langue. C’était à cause d’elle que j’avais échoué pour la première fois… Mais je devais surmonter cette haine. De toute façon j’étais le meilleur, alors j’allais y arriver.
« Mettre le feu… Deuxième trou en partant de la gauche. Puis l’eau dans le troisième. Puis la terre dans le dernier. »
-En plus d’être lisible et prononçable à souhait, cette langue était super-compréhensible, ironisais-je tout seul. Que du bonheur !
Je me penchai de nouveau sur les mots gravés sur le sol.
« Et alors baisser la poignée de pierre qisqa. »
C’était quoi ça qisqa ? Sûrement un mot essentiel évidemment, et je n’avais strictement aucune idée de ce qu’il pouvait bien signaler.
« Enfoncer la pierre brillante. Sacrifice sur l’autel de pierre et prendre qisqa. »
Encore ce mot… Le dernier mot d’un texte a toujours une importance primordiale, et je ne le comprenais pas. C’était à se pendre. Je me relevai.
« La poignée, c’est sûrement un des leviers, songeais-je. Peut-être que la pierre qisqa est la matière du second levier… Mouais, allons visiter le reste du tombeau. »
Abandonnant temporairement le cadavre, je revins à l’embranchement et continuai tout droit à ce dernier. Je n’allai pas très loin. Une grille solidement ancrée dans le sol me barra bien vite le passage. Je fis demi-tour et tournai paisiblement à gauche. Malgré son énigme à deux balles comportant l’inscription en Inca, j’aimais cet endroit. Je m’y sentais bizarrement en sécurité. L’air était renfermé et humide. En fait, c’était un lieu digne du pilleur de tombe que j’étais. Seul, uniquement entouré par le silence et la mort, j’étais dans mon élément.

VideoGammerMan
VideoGammerMan
Niveau 10
24 mars 2008 à 18:23:53

Le dernier couloir me mena à une salle très similaire à la première, à la seule différence qu’elle ne comportait aucun levier ou autre pierre précieuse, mais seulement trois trous en son centre. En une seconde, tout devint très clair. S’en était même trop simple. Maintenant il me fallait du feu. Je baissai les yeux et trouvai rapidement deux petites pierres. J’entrepris immédiatement de tailler la première contre une arrête de mur. Le Pouvoir aidant, le caillou fut bientôt aussi tranchant qu’un rasoir. Je m’accroupis alors devant le trou du centre. Celui-ci était profond d’une cinquantaine de centimètres. D’un geste d’expert, je frottai les deux pierres à une vitesse fulgurante. Une étincelle jaillit aussitôt et tomba dans la fosse. En un ronronnement terrifiant s’éleva alors une flamme d’un bon mètre, brûlant vivement dans l’air du tombeau. Je reculai, impressionné. Les Atlantes n’avaient pas fini de m’étonner…

Je revins sur mes pas et, après avoir enlevé mon t-shirt, recueillis à l’intérieur de l’eau du lac souterrain. Une minute plus tard, je versais le liquide dans le trou de droite. Là encore, l’effet de ces quelques gouttes fut surprenant, et le trou se remplit presque instantanément d’une eau claire et limpide. Il restait désormais à trouver de la terre. Je me mis en quête du précieux élément mais, après avoir fait plusieurs fois le tour de la tombe, je dus reconnaître qu’il n’y en avait pas. Pourtant, l’énigme pouvait être résolue, j’en étais sûr. J’avais peut-être fait une erreur de traduction. Je retournai dans la salle de l’énigme et cherchai le mot posant problème. « Yawar »… C’était pourtant bel et bien la terre, j’en étais certain ! La fois, la maudite fois où j’avais échoué à cause d’un autre texte Quechua, il était très clairement marqué « armaquy haqay hallp'a yawar. » « Lave cette terre de ton sang. » Mais oui ! C’était donc ça ! Yawar, c’était le sang, et non la terre ! Fier d’être aussi bon, je m’empressai de traîner une carcasse de raptor jusqu’au trou de gauche, plantai ma lame dans son corps pour recueillir un peu de sang, puis laissai couler ces quelques gouttes à l’intérieur du trou. Puis j’attendis. Une minute. Deux minutes. Trois minutes. Mais il ne se passa rien.

J’étais furieux. Être bloqué dans une vieille énigme toute simple uniquement parce que je ne maîtrisais pas l’Inca, que pouvait-il y avoir de plus con ? Fulminant de rage, j’entrepris de refaire le tour du tombeau, de relire l’énigme, de chercher ce que j’avais raté. Et puis soudain, la révélation. « Lave cette terre de ton sang. » Et si… Et si yawar ne voulait pas seulement dire « sang », mais également « ton sang. » Je n’avais plus une seconde à perdre. De retour devant le trou fatidique, je tendis mon bras au dessus du trou, puis je me tranchai violemment la paume gauche. Quelques gouttes tombèrent… Et le trou fut aussitôt rempli d’un liquide rougeâtre.
-Je suis vraiment trop bon, jubilais-je.
Maintenant, il fallait aller actionner le levier de cristal, en admettant que qisqa veuille dire quelque chose dans le genre. S’il signifiait « sombre » ou autre chose dans le style, j’allais être très mal. Mais je n’avais que trop perdu de temps. Arrivé dans la première salle j’avisai immédiatement le levier le plus clair et l’abaissai. Il y eut alors un flash tellement puissant qu’il me fit fermer les yeux. Lorsque je les rouvris, une lumière brillait à côté de moi. Il me fallut quelques secondes pour comprendre qu’il s’agissait en fait d’une des deux pierres précieuses. Je m’en approchai, toujours surpris par cet éclat soudain, posai ma paume droite dessus et l’enfonçai dans le mur. Un mécanisme se déclencha alors, et j’eus l’impression que le tombeau bougeait tant les murs s’agitaient. Enfin, la tombe cessa de trembler et je sortis de la salle pour me rendre dans celle des trois trous. Trous qui avaient disparu pour laisser place à un autel en pierre, droit et immobile, froid et inamical, mais au combien le bienvenu ! Ca y était ! L’heure du sacrifice avait sonné.

Il ne me fallut qu’une poignée de minutes pour traîner les trois raptors devant l’autel. Ils commençaient à sentir et du sang non coagulé coulait encore, rendant mes vêtements poisseux. J’avais hâte de m’en débarrasser. Je superposai les trois cadavres sur l’autel et attendis. Le sang continuait de couler, recouvrant peu à peu la pierre, et je sus que j’avais vu juste. Mais il y avait une chose que je ne comprenais pas. Si « qisqa » voulait vraiment dire quelque chose du genre « cristal », que voulait dire la fin de l’énigme ? Pour une fois, je n’eus pas le temps de réfléchir plus : le sang avait recouvert toute la pierre et celle-ci semblait bouger. Enfin, elle s’enfonça doucement dans le sol dans un bruit de succion, et le doux son d’une grille s’ouvrant se fit entendre.

Je me précipitai immédiatement à l’endroit où une grille m’avait jadis bloqué le passage. En effet, celle-ci n’était désormais plus qu’un mauvais souvenir. J’entrepris de continuer mon chemin. Après quelques dizaines de mètres, le couloir s’inclina en une légère montée. Etrange… Ainsi, la tombe même était plus haute dans la montagne. Plutôt bizarre. M’enfin, les Incas étaient bizarres de toute façon. Le Scion était proche, je le sentais. J’accélérai, l’excitation accroissant les battements de mon cœur. Quelques mètres plus loin, un grondement se fit entendre. Cette fois, ce n’était pas normal. Pas normal du tout. Et ce bruit se rapprochait. Rapidement, bien trop rapidement… Je compris en même temps que je la vis : une énorme boule de pierre descendait la pente à une vitesse fulgurante. Il était trop tard pour que je puisse faire quoi que ce soit. Mais il n’était pas trop tard pour échapper au danger. Je libérai immédiatement le Pouvoir. Sans comprendre pourquoi, je me mis à courir vers le boulet. Le choc semblait inévitable. Et pourtant, au dernier moment, je sautai sur le mur droit et me propulsai vers l’avant, rasant le plafond. Je sentis le piège me frôler le ventre. L’instant d’après, j’étais de nouveau sur le sol, un genou à terre, tremblant. Certes, j’étais fort. Mais la précipitation avait failli causer ma perte. Je devais être plus vigilant. Je me relevai et, le visage dur, continuai mon ascension.

Aucun nouveau piège ne se déclencha et, quelques minutes plus tard, j’arrivai enfin à destination. La nouvelle salle était gigantesque. Elle s’étendait sur des dizaines de mètres et ses murs au design flashy étaient très accueillants. Néanmoins je n’en avais rien à battre. La seule chose qui m’importait se trouvait au centre de la pièce, posée sur un piédestal et entouré par quatre momies et un trône : le Scion.

Mais il y avait autre chose. Quelque chose de forme humaine qui me tournait le dos. Quelque chose de grand. Je fis un pas. Il se passa alors quelque chose d’incroyable. Il disparut. Je me mis à courir vers le centre de la salle, mais il n’y avait plus rien là où j’avais cru voir se tenir une forme humaine. Je me mis à épier les lieux. Etait-ce une illusion, un nouveau piège ? Ou autre chose ? …

Un bruit se fit entendre derrière moi. Je me retournai immédiatement. Il n’y avait rien. Une goutte de sueur perla sur mon front. Je n’avais pas peur, bien sûr. Néanmoins, cette étrangeté avait une certaine tendance à m’agacer profondément.
-Alors Bubu, on a abandonné ses camarades ? cria une voix de nouveau derrière mon dos. Encore une fois, je fis volte-face mais il n’y avait toujours personne.
-Tu as peur, hein ?
Cette fois, je ne me retournai même pas.
-Oh, il est tellement pétrifié qu’il ne peut plus parler.
Un sentiment de rage inégalable monta en moi, mais je ne bougeai toujours pas. Il fallait rester calme. Calme… Tout d’abord, il fallait connaître la nature de ce truc. Je libérai le Pouvoir et je sentis aussitôt mes pigments de peau se décolorer. L’instant d’après, j’étais invisible aux yeux des autres. Tout d’abord, il ne se passa rien, puis sortant du trône derrière lequel il était caché, un homme se détacha dans la lumière et me regarda avec curiosité, comme s’il pouvait me voir. Un homme ? Non. Un adolescent vu sa maigre corpulence. Mais il était tellement grand… Alors seulement je le reconnus, et cette fois je fus pétrifié, non pas par l’énervement, mais par quelque chose qui devait ressembler à de la peur. Il existait de nombreux Pouvoirs parmi ceux que possédaient les Atlantes, mais aucun, absolument aucun, ne pouvait faire revivre les morts. Et pourtant… Le jeune homme se tenant devant moi, j’en étais certain, c’était Flo.

Comment était-ce possible ? Je n’en avais aucune idée. Pour l’instant du moins…
-Alors comme ça la perche de notre groupe a survécu, constatais-je à haute voix.
J’y avais mis tout le mépris dont j’étais capable, et cela se ressentit à son visage effrayé et dubitatif.
-Prouve-moi que tu as survécu pour quelque chose, continuais-je, et explique-moi comment tu as fait.
-Je ne te dois rien, lâcha-t-il en cédant à la panique.
-Tu es mauvais Florian… Tu laisses la peur t’envahir ainsi… Tu n’as pu te sortir seul de ce piège.
-Non, on m’a aidé.
-Keviouk, je suppose.
-Oui.
-Et comment ?
-Cesse de me harceler et disparais. Tu n’as rien à faire ici.
-Oh que si, murmurais-je d’une voix langoureuse. Plus que toi, crois-moi. Que fais-tu ici d’abord ? Tu joues les héros ? Tu as lâché tous tes amis, abandonné ta famille. Et maintenant tu es ici, dans un endroit que tu ne connais pas. Pourquoi ? Tu ne connais rien du Scion, rien à cette histoire. Tu devrais rester en dehors de tout ça, Flo…
Tout en parlant je me rapprochai inexorablement de ma victime, qui ne me voyait toujours pas. Je détruisais ses défenses, rétrécissais son esprit, obscurcissais sa vision des choses…
-Keviouk m’a dit des choses, dit-il d’une voix incertaine. Des choses terribles…
-Des choses totalement fausses et irrationnelles. Flo voyons, tu ne peux tout de même pas croire que tout ceci est réel ?
Je n’étais plus qu’à deux mètres de lui. Le Pouvoir me démangeait.
-Bien sûr que ça l’est ! s’emporta-t-il. Regarde ma peau ! Trouée de plusieurs centimètres par les piques de la fausse ! C’est un rêve ça ? Tu crois que je n’ai pas ressenti cette douleur.
-Tu crois l’avoir ressenti. Mais tout ce que tu vis ici est totalement faux. Je vais t’aider à rejoindre le Monde où tu devrais déjà être.
Et je bondis, lame vers l’avant. Je sentis le métal se planter dans la chair. Flo s’immobilisa immédiatement. Je levai alors les yeux et croisai les siens. Ils n’étaient pas du tout comme ceux d’un homme passant de la vie au trépas.
-Tu voulais toucher quel nerf Bubu ? Couper quelle veine ? Pas de chance pour toi, ta connaissance du corps humain ne te servira à rien avec moi. Je n’ai plus aucun atome stable.
Et devant mes yeux ébahis, son corps se morcela. La seconde d’après, il avait disparu.

VideoGammerMan
VideoGammerMan
Niveau 10
24 mars 2008 à 18:24:20

Je restai un instant immobile, contemplant ma lame désormais seule au milieu du vide le plus total.
-Alors c’est ça ton Pouvoir, lançais-je calmement. La télétransportation. Joli héritage, il faut en convenir.
Il ne répondit pas. Pourtant, j’en étais sûr, il n’était pas loin.
-Peut importe, continuais-je en haussant les épaules.
J’avais autre chose à faire que de jouer avec un gamin. J’étais venu ici pour le Scion, et j’allais m’en emparer. Je m’avançai vers le piédestal. Les quatre momies qui l’entouraient étaient droites et immobiles, mais je m’en méfiais. Quant au trône, il était bizarrement vide. Où était donc passé Qualopec ? Peu importait de toute façon. Toujours sur mes gardes, je franchis encore quelques mètres. Mais d’un coup, alors que je n’étais plus qu’à quelques mètres de l’objet sacré, je me sentis faible, incroyablement faible. En une demi-seconde, j’étais redevenu visible. Le choc me fit poser un genou à terre. Je ne mis pas cent ans à comprendre ce qu’il m’arrivait. Le Pouvoir partait. Je me redressai aussitôt et reculai de quelques pas. Tout de suite, je me sentis respirer. Néanmoins, le contrecoup était dur et j’étais essoufflé, comme si j’avais effectué une importante tâche physique. Comment pouvais-je attraper le Scion sans y laisser ma peau ?
-Je sais comment le prendre, cria une voix derrière moi.
Flo était réapparut.
-Alors pourquoi tu ne t’en empares pas, jeune con ? lui lançais-je violemment.
-Tout simplement parce que ce n’est pas dans mon intérêt, répondit-il d’un ton neutre.
-Depuis quand as-tu un quelconque intérêt ?
-J’ai une proposition à te faire, continua-t-il en m’ignorant parfaitement.
-Je t’écoute.
-Je te dis tout ce que je sais, et tu te rallies à nous.
-Vraiment tout ?
-Absolument tout.
Son offre ne m’intéressait pas le moins du monde. J’allais obtenir ces renseignements sans contrepartie.
-Alors comment es-tu sorti du piège ?
-C’est difficile à croire mais, alors que les piques s’enfonçaient dans ma chair, j’ai entendu la voix de Keviouk dans mon esprit. Je ne sais pas ce qu’elle a dit. Mais le Pouvoir s’est alors libéré. Et je me suis télétransporté jusqu’à mon actuel Maître, en emportant Ted avec moi.
-Ted ?
-L’ourson. Ici, même les ours ont des pouvoirs insoupçonnés.
-Et où est-il maintenant ?
-Je l’ai laissé à Vilcabamba le temps que j’accomplisse ma mission.
-Quelle mission ?
Il sembla alors sortir quelque chose de coincé sous sa ceinture.
-Celle de tous vous tuer, murmura-t-il avec un air carnassier.
-Mais tu as besoin de moi, donc tu vas ranger cette arme. Elle est inutile ici.
Mon ton était totalement neutre, mais le fait qu’il soit armé ne m’enjouait guère.
-Et pourquoi tu ne te rends pas dans la vallée, puisque c’est là qu’ils sont ?
-T’as vraiment cru que j’allais me taper tout le boulot ? Les dinos en bouffent quelques-uns et je butte les survivants. S’il y en a…
-Ok. Et concernant le Scion, que sais-tu ?
-Bah, je suppose que tu sais déjà qu’il a été volé, ce qui a provoqué le naufrage de l’île, et que la seule source que l’on ait pour le retrouver, c’est Tomb Raider premier du nom.
-Oui, je sais tout cela. Alors les trois parties sont bien au Pérou, en Grèce, et dans l’Atlantide même ?
-Trois parties ? Mais mon pauvre Bubu, tu ne sais même pas que le Scion a été divisé en quatre ?!
Mon sang se glaça dans mes veines. Si c’était vrai, alors c’était loin d’être cool.
-Tu bluff.
-Absolument pas.
-Alors où est le quatrième morceau ?
-Tu le sauras lorsque tu seras avec nous.
-Alors comme ça tu prends bel et bien le parti de Keviouk…
-Il m’a sauvé la vie ; et les Atlantes sont des êtres bien plus puissants que les hommes. Leur renaissance est proche. Il ne leur manque que le Scion…
Il était complètement taré. Mais il n’avait pas tort, c’était ça le pire. Le Scion reconstitué avait largement le pouvoir de faire renaître les Atlantes.
-Et tu attends Keviouk pour t’emparer de l’artéfact.
-Bingo.
-Et comment je fais pour m’emparer de cette partie du Scion ?
-J’ai ta parole que tu te joindras à nous ?
-Tu es un mauvais commercial, Flo. Tu ne m’as même pas donné les avantages que j’ai à vous rejoindre. Peut-être est-ce parce qu’il y en a pas…
-Bien sûr que si ! Busard, réfléchis donc un peu. Si un cerveau comme toi se joint à nous, nous serons invincible. Dans un mois maximum, le Scion en entier nous appartient ! Et à partir de là, nous dominerons le monde !
-Être le maître du monde ne m’intéresse pas.
-Alors tu auras le droit de vivre parmi nous et tu échapperas à l’extermination.
-Mouais, pas très convaincant.
-Putain, tu commences à me saouler. Soit tu nous rejoins, soit je te butte, c’est clair ?
Il disparut un quart de seconde pour réapparaître juste devant moi, son flingue pointé entre mes deux yeux.
-Vu comme ça, je crois que ta proposition m’intéresse.
-Alors tu es des nôtres ?
-Pour le moment, oui.
-Bien, fit-il en abaissant son arme.
-Maintenant, comment je fais pour chopper ce putain de Scion ?
-Comme ça.
Il leva son arme et tira quatre coups. Une balle pour une tête de momie. Les quatre cadavres s’écroulèrent immédiatement.
-Maintenant tu peux y aller.
-Où t’as appris à tirer ?
-Nulle part.
-Comment ça ?
-Ce flingue tire tout seul, répondit-il en haussant les épaules.
Je ne cherchai pas à comprendre. Une arme Atlante bien sûr. Je m’avançai doucement, mais sûrement, vers l’artéfact. Cette fois, je pus passer la barrière magique sans problème et pour cause, elle avait disparu. Enfin je fus près du Scion. Alors seulement je compris la fin de l’énigme. Qisqa, c’était bien cristal. « Prendre le Cristal. » En effet, cette partie du Scion était entièrement cristallisée. Elle adoptait à peu près la même forme que dans TR1, à savoir un cercle creux coupé en trois parties : trois arcs de cercle chacun séparés par une boucle. Le tout brillait de mille feux. Des années que j’attendais ce moment… Des années que j’étais formé pour cette mission. Et maintenant, ça y était, j’allais prendre possession d’une partie du Scion des Atlantes. J’aurais voulu faire durer ce moment une éternité, mais il ne fallait pas que je m’attarde. Aussi tendis-je la main et m’emparais-je de l’artéfact.

L’effet fut immédiat. Je reçus une décharge électrique si puissant que tous mes muscles se raidirent. L’instant d’après, tout était blanc. Je ne voyais plus rien. J’étais comme aveugle. Je ne ressentais plus rien. Rien à part une seule chose : le poids du Scion pesant dans ma main. La sensation de ne rien voir se dissipa rapidement et je fus immédiatement projeté ailleurs. Je ne connaissais pas cet endroit. Mon esprit en faisait le tour, l’analysait, et moi je ne comprenais pas. Dans ma main, la partie du Scion se faisait de plus en plus légère, comme si elle perdait du poids au fur et à mesure qu’elle me livrait ses secrets. Il me semblait que ce qu’elle me montrait était un temple détruit, sans toit, dont seulement quelques colonnes se dressaient maladroitement. Les environs semblaient secs, et la végétation me fit immédiatement penser à la Méditerranée. Donc ce que je pensais était bel et bien vrai. La seconde partie du Scion était en Grèce. C’était obligé. Cette ruine ne pouvait venir de nulle part ailleurs. Mon esprit fit le tour de la structure, puis avisa une certaine colonne et fonça dessus. Dans un curieux bruit d’aspiration, je me retrouvai alors sur une plaine déserte et sèche. Et au loin, un gigantesque promontoire s’élevait, crevant la masse nuageuse. Je n’avais pas besoin d’en voir plus. J’avais compris. De toute façon, le Scion était devenu plus léger qu’un atome et je ne le sentais même plus dans ma main. La vision s’arrêta l’instant d’après. Le retour à la réalité fut difficile. Je clignai des yeux. Après avoir vu les couleurs de la Méditerranée, le Tombeau de Qualopec me semblait relativement austère. J’avais toujours la partie du Scion dans ma main droite, bien qu’il ne pesât plus rien. Un pan de mur avait coulissé dans le coin gauche de la pièce, ouvrant une sortie de fortune. Je respirai un bon coup et tournai la tête, cherchant Flo. Il me regardait attentivement, espionnant le moindre de mes faits et gestes.
-Florian, lui lançais-je vivement. Ta proposition m’intéresse plus que jamais. Néanmoins, je vais quitter cet endroit pour pouvoir faire des recherches. Nous nous rejoindrons plus tard.
-Il n’en est pas question, cracha-t-il en dégainant. Tu restes ici.
Mais j’étais déjà invisible, et je traçais vers la sortie. Il se télétransporta immédiatement devant celle-ci. Je m’arrêtais alors une seconde, puis me remis à marcher discrètement, mes pas ne faisant que frôler le sol sans s’y poser. J’arrivai bientôt juste devant lui. Ses yeux balayaient toute la salle, passant de droite à gauche avec une rapidité impressionnante. On aurait dit un fou. Et dire qu’avec sa tête de dégénérer, il avait pu espérer me berner. Je me collai au mur et le dépassai sans aucune difficulté. Le nouveau couloir descendait abruptement. Une fois éloigné d’une vingtaine de mètres de Flo, je me remis à courir, mes doigts exerçant une forte pression sur le Scion. Mais la retraite est rarement plus facile que l’arrivée. Ceci, je le savais, mais la précipitation m’empêchait de réfléchir totalement. Alors que je descendais toujours le couloir à grand pas, le sol se déroba sous mes pieds. L’instant d’après, je tombai.

La chute ne fut pas longue. J’atterris sur une pente de presque quatre-vingt dix degrés incroyablement lisse. Tombé sur le dos, je n’eus d’autre choix que de glisser vers je ne savais quel nouvel endroit. J’essayai de me rattraper à quelque chose, de planter mes ongles dans la pierre, mais c’était vain. Je ne pouvais même pas me relever. Et je prenais de la vitesse. Enormément de vitesse. Mais où est-ce que j’allais comme ça ? Soudain, les choses se compliquèrent. Un bruit déboulement me parvint du haut de la pente. J’y jetai un coup d’œil et vis avec horreur que j’étais suivi par des centaines de rochers, du plus petit gravillon au caillou de plusieurs tonnes. Bien sûr, je n’eus pas peur. Néanmoins, je me mis à pousser sur la surface lisse de façon à prendre encore plus de vitesse, et à arriver en bas le plus vite possible. Mais les rochers se rapprochaient. Enfin, après plusieurs minutes de descente, j’aperçus des rayons de soleil qui filtraient au loin. Bientôt, l’astre du jour en devint aveuglant. Aussi ne vis-je pas l’obstacle qui obstruait la sortie.

Le choc fut violent. D’un coup, je percutai une surface dure. Le Pouvoir absorba une partie du choc, mais je n’en demeurais pas moins groggy. Mais je devais me ressaisir. Les rochers étaient tout proches. J’analysai immédiatement la situation : je m’étais écrasé contre une pancarte en bois que j’avais à moitié défoncé au passage et qui laissait filtrer le soleil. J’entrepris immédiatement d’arracher les planches pour me frayer un passage, ce qui fut vite fait. J’allais sauter par l’interstice créé lorsque je restai soudain pétrifié : je me trouvai à plus de cinquante mètres au dessus du sol. La sortie n’était rien d’autre qu’un trou creusé dans la falaise.

VideoGammerMan
VideoGammerMan
Niveau 10
24 mars 2008 à 18:24:39

-Et merde…
Les rochers étaient tout proches, et la collision semblait inévitable. Je passai par l’interstice et, une fois à l’extérieur, entrepris de grimper en haut de la pancarte pour m’accrocher à une corniche stable. Mais je n’en eus guère le temps. Les éboulis défoncèrent les planches de bois, me projetant dans le vide. Je laissai immédiatement les contrôles au Pouvoir. Un millième de seconde après l’impact, je sautai directement sur un rocher émergeant, puis l’utilisai pour prendre appui et me projeter sur la falaise sur laquelle je m’écrasai lamentablement. Ma main gauche attrapa maladroitement une corniche et je restai ainsi, suspendu dans le vide, à regarder le flot continu de rocaille se déverser au sol dans un bruit tonitruant. J’attendis en soufflant que les derniers rochers tombent, puis je me permis d’observer les lieux. Alors seulement je compris. Jusqu’à l’horizon s’étendait toujours la même végétation, le même relief, les mêmes roches. J’étais sorti. J’étais libre.

J’entrepris alors de descendre. Maintenant que le danger semblait écarté et que j’avais respiré, ça allait beaucoup mieux, et la descente fut un jeu d’enfant. Mes pieds foulèrent bientôt un sol gris et rugueux. Le soleil tapant sur ma peau nue me fit le plus grand bien, et je m’étirai tranquillement. Le Scion était toujours sereinement placé dans ma main droite. Comme ces maudites cavernes étaient loin désormais… J’eus une vague pensée pour tout ceux qui étaient venus ici avec moi, et dont les corps ne sortiraient jamais plus de ce piège géant. Je songeai également un instant à Flo, qui allait se faire démonter pièce par pièce par son grand ami Keviouk. Comme ils étaient stupides… Tous, sans aucune exception. Un sourire sadique traversa mon visage. Une simple vérité m’était apparue : qui n’a pas la force de sortir du Tombeau en fait son propre tombeau…

Bon, maintenant il fallait trouver la faille temporelle. Au début, je n’avais pas compris comment nous avions pu arriver dans cet endroit en ne s’éloignant de Lima que d’une heure de marche. Mais le Scion me l’avait montré… Quand j’avais virtuellement traversé cette colonne, j’avais compris. Le voleur du Scion devait être un Atlante extrêmement puissant. Il avait enfermé chaque morceau dans des mondes à part, dans des mondes cachés aux humains, des mondes auxquels on ne pouvait accéder qu’à condition d’en trouver le « portail. » Mais j’avais une impression étrange. C’était comme si… Comme si depuis que j’avais enlevé le morceau du Sion de son socle, les barrières de ce monde s’écroulaient. Je ne savais absolument pas d’où je tirai ceci, mais l’artéfact brillant faiblement dans ma main me fit comprendre qu’il fallait uniquement que je me laisser guider. Je me mis alors à avancer. Un petit regard en arrière me montra la falaise dans toute sa splendeur. Elle partait des deux côtés, s’arrondissant en boucle et disparaissant à l’horizon. C’était le dernier regard que je jetterai à cet endroit, j’en étais sûr. Mais après tout, ce n’était peut-être pas si mal.

La marche fut relativement rapide. Guidé par je ne savais quelle force supérieure, je trouvai et franchis rapidement la faille. En fait, seul le changement de décor me montra que j’étais passé de l’autre côté. La végétation se faisait plus haute et légèrement plus dense et un chemin descendait en une ligne continue. Il me fallut trois quarts d’heure pour rejoindre les abords de la ville. Comme c’était étrange de retourner à la civilisation après tant de temps passé à l’écart. Mais je ne devais pas me laisser attendrir. Je résolus tout d’abord d’enlever mon t-shirt souillé par le sang des raptors. Je le jetai dans un fossé proche et n’y prêtai plus attention. Il était environ midi, et vu l’agréable chaleur émanant du ciel, il n’était absolument pas anormal de se promener torse nu. Mon jean avait changé la couleur de l’hémoglobine en l’aspirant, et on aurait pu croire qu’il n’était tâché que par quelque chose du genre cambouis. Enfin, je glissai le Scion sous ma ceinture. J’étais tout à fait présentable. Je me mis à marcher en direction de notre hôtel, qui n’était qu’à deux ou trois kilomètres d’ici.

J’entrai dans le bâtiment sans aucune hésitation. La dame assise à l’accueil me regarda comme si j’étais un revenant.
-Señor, on ne vous a pas vu depuis trois jours, vous et vos amis ! s’écria-t-elle dans un français approximatif. Nous avons pensé le pire. Où sont vos camarades ?
-Je ne sais pas, chère madame, répondis-je d’un ton faussement courtois. En fait, je suis arrivé avec eux mais je ne faisais pas partie de leur groupe. J’ai été en affaires durant quelques jours, c’est pour ça que je n’étais pas là. Désolé de vous avoir inquiété. Je peux avoir les clés de ma chambre ?
Hésitante, elle me tendit une clé.
-Chambre 308, annonça-t-elle. On vous y a déposé vos affaires la dernière fois.
-Merci.
-Dois-je appeler la police pour leur dire que vous êtes revenus ?
-La police ?
Mais quel con ! Notre absence prolongée avait été remarquée, certes, et la police avait bien sûr été prévenue ! On devait nous rechercher dans toute la région. Quelle merde…
-Euh non, repris-je d’un ton incertain. Pas maintenant. J’ai trop de travail et je ne souhaite pas être dérangé. Pourrez-vous leur annoncer ceci uniquement demain ?
-Oui monsieur.
J’allai emprunter les escaliers lorsque, après une nouvelle hésitation, elle me demanda :
-Et pour les autres, vous n’avez vraiment aucune idée ?
-Madame, je ne les connais même pas, répondis-je sur un ton plus dur. Comment voulez-vous que je sache où ils sont ?
-Oh, désolée.
-Bonne journée.
Et je m’engageai dans les escaliers, montant vers ma chambre
J’y arrivai rapidement. J’ouvris la porte, la refermai, puis m’affalai sur mon lit. Personne n’y était rentré, je le sentais. Aussi, je ne pris pas soin de fouiller chaque pièce avant de prendre mes aises. La première chose que je fis, après avoir soigneusement posé le Scion sur ma table de chevet, fut de prendre une douche, une bonne douche chaude, qui me débarrassa du sang et de la crasse accumulée pendant trois jours. Je lavai ensuite mon jean à l’eau bouillante pour en faire partir le sang, puis je pris un peignoir dans la valise et m’allongeai sur le lit. Je fermai les yeux un instant. Comme j’étais bien…

Je me redressai tranquillement et fouillai dans ma valise. J’en sortis mon ordinateur portable, que j’installai confortablement sur les genoux, un oreiller calé dans le dos. Je n’avais pas de temps à perdre. Je devais quitter le Pérou avant que la police ne sache que j’étais ici. Mais tout d’abord, il me fallait connaître ma destination. Quelques clics sur google me permirent de retrouver les ruines entraperçues dans ma vision. Le Temple de Poséidon, au Cap Sounion, en Grèce. J’étais vraiment trop fort. Maintenant, il me fallait trouver un avion qui parte demain. Là encore, ce fut rapide. Je réservai un billet Lima - Athènes. Le vol partait à six heures, c’était exactement ce dont j’avais besoin. Je payai via carte bancaire, puis éteignis l’ordi. J’avais besoin de repos. J’allai fermer les stores de la fenêtre, puis je m’allongeai sous la couverture en duvet, et là, incroyablement bien installé, je m’endormis.

J’ouvris les yeux. Je sus immédiatement qu’il se passait quelque chose. Parfaitement immobile, je me concentrai et me mis à écouter le silence dans l’obscurité. Silence qui ne dura pas longtemps. Le léger bruit d’un loquet qu’on soulève vint me titiller l’oreille. Des murmures inaudibles de l’autre côté de la porte confirmèrent ma première impression : on essayait de rentrer en fraude dans ma chambre. Je me levai sans bruit et m’étirai tranquillement. Qu’ils entrent, je les attendais. Il me fallut néanmoins une poignée de secondes pour être parfaitement réveillé. Je clignai alors des yeux et, l’instant d’après, j’étais invisible aux yeux des autres. Je m’habillai en silence et récupérai ensuite le Scion, que je glissai entre ma ceinture et mon jean. Il devint aussitôt invisible. J’eus juste le temps de me coller dos au mur, à gauche de la porte, et celle-ci s’ouvrit doucement.

VideoGammerMan
VideoGammerMan
Niveau 10
24 mars 2008 à 18:24:52

Deux hommes entrèrent sans bruit. Leurs silhouettes robustes et massives se découpaient dans la pénombre. Ils jetèrent un coup d’œil aux alentours et virent que je n’étais pas endormi sur mon lit, comme ils l’avaient sûrement prévu. Je sentis alors leur peur se répandre. J’aimais cette sensation de pouvoir.
-Il n’est pas là, murmura le premier dans un français parfait.
-Si, mais il nous a entendu et il s’est planqué, répondit le second en dégainant un pistolet à gros calibre.
Que faisaient des français ici ? C’était on ne peut plus louche… Mais qu’importait leur nationalité, ils allaient mourir. Le premier des deux sortit également un flingue et ils se dirigèrent tout doucement vers le lit, l’un prenant de l’avance sur l’autre. C’était parfait. Je me décollai du mur et m’approchai de celui qui était resté en retrait. La lame sortant de mon avant-bras émit un petit sifflement agréable en transperçant ma chair. Ma victime s’arrêta, les oreilles aux aguets. Mais il n’eut pas le temps de réfléchir. D’un geste rapide et silencieux, ma lame s’enfonça dans son coup, tranchant les cordes vocales en même temps que les veines. Il ne poussa pas un cri. Je reculai d’un pas et le regardai chanceler. Lorsqu’il s’écroula sur le sol, son compagnon se retourna vivement, et une expression d’horreur apparut sur son visage.
-Oh merde…
Oubliant toute prudence, il se jeta à genoux auprès du cadavre. Après un rapide tâtement de pou, il se releva, encore plus aux aguets, son arme alternativement pointée dans toutes les directions possibles. Il tremblait. Comme il était faible... Ma lame s’agita. La seconde d’après, il tombait, mort.

J’entrepris immédiatement de fouiller les cadavres. Ils étaient protégés par des gilets pare-balles. Un col roulé leur aurait été plus utile… Après avoir trouvé plusieurs boîtes de munitions, je dénichai bien vite une carte de service. Je restai alors sans voix devant ce que je venais de découvrir :
« Agent Olivier Drouaillet, Troisième Section du Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale. »
Oh merde. Putain de merde. Je venais de butter deux membres du GIGN. J’allais avoir toute la France à mes trousses. Je regardai la tête du type sur la photo. Il n’avait pas vraiment la même gueule que moi, mais on faisait des merveilles avec Photoshop de nos jours. Par curiosité, je jetai un coup d’œil à la carte du second cadavre, mais il n’y avait rien de plus. J’entendis alors des pas au loin. Des gens montaient l’escalier. Et merde. Je me précipitai sur la porte, la fermai, et tordis la serrure avec ma lame. Ils mettraient un certain temps avant de la forcer cette fois. Néanmoins, je ne devais pas traîner. Je ramassai les deux flingues et pris les quatre boîtes de munitions que j’avais repéré auparavant. J’ouvrai ma valise et en sortis un vieux sac à dos de rechange. J’y glissai mon ordi portable, le Scion, mes papiers, les cartes de service, de l’argent, les munitions, un des deux pistolets et une lampe torche. Le portable allait m’encombrer, mais je ne pouvais pas me permettre de le laisser. Il aurait beaucoup trop de valeur une fois entre les mains du GIGN…

Sac sur le dos, gun dans la main droite, j’étais prêt. Un bruit se fit entendre derrière la porte. Ils essayaient de la forcer. Je glissai silencieusement jusqu’à la fenêtre et l’ouvris. Ce que je vis finit de me rassurer sur ma situation : cinq grosses voitures entourées d’agents encerclaient l’hôtel. Mais je n’avais pas le choix. De toute façon, il était trop tard pour choisir une autre voie. Même si j’étais toujours invisible, ils avaient sûrement du voir la fenêtre s’ouvrir. Soudain, une détonation me fit sursauter. Je me retournai : un pan de la porte avait volé en éclat. Ils y allaient au fusil à pompes. Je n’avais plus une seconde à perdre : je sautai immédiatement par la fenêtre.

J’atterris prestement sur le sol, quinze mètres plus bas. Ma légèreté et mon agilité d’assassin me permettaient ce genre de fantaisie. Mais je ne devais pas traîner. J’étais à moins de vingt pas d’agents armées jusqu’aux dents et dont l’ouverture de la fenêtre avait suscité l’agitation. Je me redressai et, passant le plus loin possible des caisses, je m’enfuis en courant. Au loin j’entendis un cri de rage qui m’indiqua que les corps avaient été découverts. Mais je n’accélérai pas pour autant. Il était important de rester calme, invisible aux yeux des autres. Je fus bientôt loin de l’hôtel. Je me décevais ; je n’avais pas pu faire payer la dame de l’accueil avant mon départ. C’était elle qui avait prévenu le GIGN, j’en étais sûr. Mais j’avais son visage parfaitement en tête. Elle ne s’en sortirait pas comme ça… Néanmoins, j’avais plus important à faire pour le moment. Je connaissais à peu près la direction de l’aéroport. Mon avion partait à six heures, et ma montre indiquait qu’on avait passé minuit de trois fois soixante minutes. Il me fallait être là-bas dans une heure tout au plus, sachant que je ne pouvais courir le risque de prendre un taxi. J’accélérai.

L’endroit était parfaitement propre, le carrelage brillant. Le sol était même encore humide. L’aéroport semblait calme, étrangement calme. Peut-être était-ce du au fait que le soleil n’était pas encore levé. Peut-être pas. Qu’est-ce que j’en avais à foutre de toute façon ? Le GIGN n’était pas encore passé ici, je le sentais. Maintenant, il me fallait valider mon billet avant qu’il ne débarque. Je me dirigeai vers la seule caisse d’enregistrement ouverte à cette heure. La Péruvienne qui m’y accueillit était aussi fraîche que mon ex-prof de maths un lundi matin, et ne se rendit même pas compte qu’elle avait à faire à un type louche. Je glissai le billet dans ma poche lorsqu’un crissement de pneus au-dehors attira mon attention. Je me précipitai à la fenêtre. Et merde… Ils étaient intelligents au GIGN. J’étais coincé. Je ne pouvais pas encore accéder à la salle d’embarquement, et un ou plusieurs agents seraient bientôt postés au niveau de la douane. De plus, j’étais visible depuis n’importe quelle caméra de sécurité. Il fallait que je trouve une solution, et vite. Je commençai par m’éloigner de l’entrée principale. J’avais franchi une centaine de mètres lorsque je découvris mon salut : suivant une pancarte abîmée, je me rendis immédiatement aux toilettes. Ici, il n’y avait plus de caméras. Néanmoins, il se passa une chose à laquelle je ne m’attendais pas : un gentleman, de toute évidence anglais, sortit d’une cabine et me regarda étrangement. Il était habillé en costard cravate, les chaussures cirées, mallette noire brillant en main, le ton hautain et le regard haut. D’abord déstabilisé, je compris que la chance me souriait.
-Excusez-moi cher Monsieur, commençais-je avec un accent british imparable, mais ne seriez vous pas par hasard hôte de l’air dans le vol qui part bientôt d’ici afin de rallier Athènes ?
-Un anglais, ici ! s’étonna-t-il d’une voix enjouée. Quelle bonne surprise ! Oui, je fais partie de ce vol, pourquoi ?
-Je suis vraiment désolé, dis-je sur un ton faussement navré, mais vous ne monterez jamais dans cet avion.
Il ne comprit pas. Mais le Pouvoir, lui, comprit. La lame s’enfonça dans le cœur du gentleman avant qu’il n’ait pu esquisser un geste. Il me regarda alors, sans comprendre qu’il était mort. Je retirai lentement mon arme de son corps avant de le traîner dans une cabine. Là, je l’assis tranquillement sur le siège WC, le déshabillai sans répugnance aucune, revêtis ses vêtements, volai son badge et ses papiers, transvasai mes affaires de mon sac à sa mallette, puis refermai la porte à clé avant de passer par-dessus à l’aide d’un saut majestueux. Je me dirigeai ensuite vers le lavabo, et me passai la main sous l’eau pour faire disparaître le peu de sang qui avait coulé, avant de me recoiffer rapidement et de lisser mon nouveau costard. C’est alors que l’agent du GIGN apparut.

Mon sang ne fit qu’un tour. Le danger était imminent. Néanmoins, je savais que je n’avais pas le droit à l’erreur, et que l’erreur était souvent une conséquence directe de la précipitation. Je gardai mon calme et continuai de me pomponner sans lui prêter attention.
-Désolé de vous déranger Sir, m’aborda-t-il d’une voix professionnelle, mais auriez-vous vu cet homme ?
Je me retins d’éclater de rire. Ce crétin, ce pauvre crétin, me présentait une photo où une tête de psychopathe était imprimée : la mienne.
-Je ne sais pas, répondis-je toujours en anglais. Vous savez, il est quatre heure et demie, je fais assez peu attention à ce qui m’entoure.
-Oui, je comprends. Mais vous êtes sûr que cette tête ne vous dit absolument rien ?
Je fis mine de regarder la photo une nouvelle fois avant de secouer la tête.
-Non, si j’avais vu une telle tête de taré se promener par ici, je m’en souviendrais.
-Taré est un faible mot…
-Qu’a-t-il fait ?
-Je ne peux rien vous dire, tout est confidentiel.
-Très bien. Sur ce, je vais devoir vous laisser. Je dois aller préparer l’avion.
-Merci et bonne journée.
-À vous aussi.
Et je sortis des toilettes. J’avais eu du mal à retenir ma main. J’avais tellement eu envie qu’il se rende compte que celui qu’il cherchait était en face, qu’il voit ses yeux avant de mourir. Mais assez de morts inutiles. Pour le moment du moins…

Je me dirigeai sereinement vers le poste de douane, que je passai sans difficulté. Une fois dans la salle d’embarquement, je me mêlai aux membres de l’équipage déjà présent. Bizarrement, aucun ne remarqua ma présence, ou du moins personne ne la trouva étrange. Alors que les passagers commençaient à arriver, nous embarquâmes dans un grand avion de ligne. Une fois à l’intérieur, je m’éclipsai pour sortir de la vue de mes « coéquipiers », puis j’appelai le Pouvoir. L’instant d’après, j’étais assis à ma place attitrée, totalement invisible aux yeux des autres.

Je n’avais pas de voisin, ce qui m’arrangeait fortement. Le décollage se passa sans problème, et je me crus débarrassé de mes ennuis. Honte à moi. Comment pouvais-je oser espérer ? C’était contraire à mes principes. Aussi restais-je sur mes gardes. Je sauvai sûrement ainsi ma misérable vie : trois sièges devant moi, sur la rangée du milieu se trouvait, habillé en civil, l’agent qui m’avait accosté aux toilettes. Ainsi, le GIGN était à bord… C’était problématique. Néanmoins, il ne bougeait pas et ne jetait aucun regard alentour. Il savait faire son boulot, lui. Le voyage se déroula ainsi, dans la crainte d’être découvert, mais absolument caché. J’observais l’agent avec la plus grande attention. J’étudiais chacun de ses gestes, le moindre de ses mouvements. Mais il n’y avait rien de suspect. Les heures passaient... Enfin, après sept heures de trajet, alors que nous survolions le sud de la France, il se passa quelque chose : je décidai de me lever pour me rendre aux toilettes. L’agent se leva quelques secondes plus tard et me suivit. Mais il ne pouvait pas me voir. Du moins, je l’espérais. Je rentrai discrètement dans l’étroit placard servant de chiottes, sans fermer la porte pour éviter tout soupçon. C’était particulièrement mauvais comme plan. Ceci, je m’en rendis compte rapidement : l’agent rentra dans la cabine, tira le verrou et sortit de sous sa veste un silencieux qu’il me pointa sur le ventre.

-Je ne sais pas ce que tu es, lança-t-il, mais tu vas payer pour tes crimes.
C’était pathétique comme raisonnement. Mais l’argument du flingue était néanmoins plus que percutant. Je devais agir et vite.
-Je te déconseille de faire ça, répondis-je calmement.
Il sembla effrayé, comme s’il avait espéré que la cabine fut vide.
-Et pourquoi ? reprit-il sérieusement.
Le doux chatouillement d’une lame sur sa gorge lui fit rapidement comprendre.
-On est à armes égales maintenant.
Il ne répondit pas et essaya de me dévisager.
-Comment m’as-tu trouvé, continuais-je ?
-Je ne sais pas. Une intuition. Montre-toi.
-Non.
-Montre-toi ou je tire, termina-t-il calmement.
-Convainquant.
Alors j’apparus, et son visage se déforma de terreur. C’est alors que je compris. Il ne savait pas encore que l’homme qu’il avait rencontré dans les toilettes de l’aéroport de Lima était l’homme qu’il cherchait.
-Lui-même, fis-je en réponse à sa question muette.
-Impressionnant. Alors j’ai en face de moi Busard, celui qui a tué treize jeunes gens et trois de mes amis. Intéressant.
-Tu connais mon nom. Mais tu ne t’es pas présenté…
-Agent Christophe Boulanger, ancien membre du FBI, et désormais espion pour le GIGN.
-Mensonges, répliquais-je vivement. Il n’y a eu qu’un seul Boulanger au FBI, et il est mort. N’essaye pas de me faire avaler n’importe quoi. J’ai moi-même côtoyé le FBI, et je connaissais cet agent.
Je m’arrêtai pour souffler. Il me dévisageait étrangement. Il était temps de savoir s’il disait la vérité.
-Et il y a une dernière chose, continuais-je en choisissant bien les mots.
-À avoir ?
-Le fils Boulanger, il faisait parti des treize. Je l’ai tué de mes propres mains.
L’expression qui se peignit alors sur le visage de l’agent fut indescriptible. Mélange de terreur, de dégoût et de tristesse. Il resta une seconde pétrifié par la fausse révélation que je venais de lui faire. Une seconde de trop. Ma lame fendit l’air, lui tranchant les veines de la main droite, lui faisant lâcher son arme. Un deuxième coup partit, mais il l’esquiva et l’arme ne fit que lui érafler l’épaule. Il pissait le sang, ce qui ne l’empêcha pas de m’envoyer une droite à la puissance phénoménale. Mais je contrataquai et, la seconde d’après, il s’écroulait, les tendons de la jambe gauche sectionnés. Du sang avait giclé de partout et on avait du nous entendre. Je débloquai la porte et, de nouveau invisible, sortis en courant. Je me précipitai au bout de la queue de l’avion, le plus loin possible. Je finis par arriver dans les quartiers de l’équipage. J’avisai un monte-charge et m’y enfermai. Mon smoking était trempé de sang. J’entendais d’ici les passagers hurler face au semi-cadavre qu’ils découvraient. J’avais été mauvais, indéniablement mauvais. Je m’étais laissé piégé, et désormais tout le monde savait que j’étais ici. Et pour terminer, un des meilleurs agents au monde était persuadé que j’avais tué son fils. Même si je ne pensais pas qu’il fût encore en vie, ce n’était absolument pas de ma faute s’il n’était actuellement plus qu’une charpie. J’étais mal, très mal. J’avais peur. C’était la première fois de ma vie que je me l’avouais, mais il n’y avait rien d’autre pour décrire cette sensation. Non, inutile de le nier, j’avais peur. Mais le pire n’était pas encore arrivé. Et ceci, je ne m’en rendis compte que trop tard.

Je ruminais mes pensées, invisible et assis en position fœtale dans le monte-charge abandonné, lorsqu’une pensée vint me frapper : la mallette ! Putain de bordel de merde, je l’avais laissé sur mon siège en partant aux toilettes. Paniqué, j’ouvrais la trappe du monte-charge et me précipitai vers ma place assise, oubliant toute prudence. En passant devant l’endroit de la bataille, je remarquais que tout avait déjà été nettoyé, et que l’agent n’était plus là. J’accélérai. Mais c’était peine perdue. Lorsque j’arrivai à mon siège, je dus me rendre à l’évidence : la mallette avait disparu. Frappé de stupeur, je me laissai tomber à genoux au milieu de l’allée. La situation ne pouvait pas être pire. J’étais désespéré. Si le GIGN avait maintenant accès à certaines infos importantes grâce à mon ordi portable, le pire n’était pas là : l’arme la plus puissante du monde, l’artéfact le plus terrible de toute la création, cet objet au pouvoir millénaire, le Scion, était désormais entre les mains des hommes. Des larmes, les premières depuis des années, coulèrent sur mon visage balafré. Ce que j’avais fait était pire que tout. J’avais donné à la race humaine une nouvelle occasion de dominer le monde, une nouvelle raison de se faire la guerre, une nouvelle occasion se détruire. Et nul doute qu’ils sauraient la saisir. Le Scion avait autrefois créé le Monde, il allait désormais le réduire en cendre.

VideoGammerMan
VideoGammerMan
Niveau 10
24 mars 2008 à 21:24:37

Lol quelques défauts de 4h du mat' :fou:
Mais merci Flo ^^ :o))

Elli :cd: Bah oui :fou:

Kty64
Kty64
Niveau 10
25 mars 2008 à 00:03:30

Je viens de m'apercevoir qu'il y a un nouveau chapitre ! :fete:
Dès demain, je lirai ça à œil reposé^^

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 25 mars 2008 à 02:54:29

Yeah, tout lu!
L'histoire devient vraiment excellente, c'est très facile à lire et on est rapidement immergé dans l'histoire. Le suspens devient intense, on n'est pas au bout de nos surprises! Et avec une telle longueur, on est plus que rassasié xD
Busard qui joue les Wolverine, trop fort :rire:

Quelques petites remarques cela dit :

"J’attendis en soufflant que les derniers rochers tombent"
:d) que les derniers rochers tombassent (eh oui, c'est moche, mais c'est comme ça ^^)
Et deux petites incohérences :
- Busard atterit sur ses pieds en silence après une chute de plus de 15 mètres, et il n'ose pas se lacher du bord de la falaie?
- Il transperce le coeur du stewart dans les toilettes, et il enfile son costume? Il ne serait pas un peu déchiré par hasard? :rire2:

Sinon c'est génial, je vais jouer les chiants en disant que j'attends la suite avec impatiece :fou:

Kty64
Kty64
Niveau 10
25 mars 2008 à 08:26:49

J'ai lu aussi... :oui:
C'est vrai qu'il y a des fautes d'orthographe, conjugaison, etc.... mais peu nombreuses..
Par contre le coup du steward... :honte: ... imaginons un gars qui se fait sauvagement poignarder au cœur...
Sa chemise ou sa veste, ou les deux, sont imprégnés de sang, déchirés... bref, pas portables.

A part ces détails, ce chapitre se boit sans soif.... un régal. :-d

Mais.... mais..... que deviennent les autres forumeurs ? :ouch:
Il nous faut une suite, là... :coeur:

VideoGammerMan
VideoGammerMan
Niveau 10
25 mars 2008 à 08:30:41

Mdr chui trop con j'y avais même pas pensé au steward :fou: :dehors:

Sinon, oui je suis d'accord pour le "tombassent".
Et la falaise est haute de plus de 15 mètres quand même :fou:

Bref, merci Kev et kty :coeur:

Que deviennent les autres forumers ?
RDV pris dans 2 mois :dehors:

foumarc
foumarc
Niveau 10
25 mars 2008 à 09:08:52

Je vais me mettre à la lecture de l'ensemble, j'ai rassemblé les 9 chap, j'ai fait un ptit book! Faudrait une couverture maintenant. :-)

Je re!

VideoGammerMan
VideoGammerMan
Niveau 10
25 mars 2008 à 17:50:50

Mdr ok merci :fou:

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 25 mars 2008 à 23:26:11

A la limite un petit tranchage de gorge, si le gilet du stewart est pourpre ça aurait passé inaperçu ^^
Mais en plein coeur... :fou:

Kty64
Kty64
Niveau 10
26 mars 2008 à 02:05:36

Ou il aurait pu profiter de la cravate pour pratiquer un bel étranglement, avec description détaillée du visage devenant violacé, les yeux qui s'exorbitent, la langue qui gonfle et sort de la bouche, le corps qui s'affaisse, les derniers sursauts d'agonie...bref, un truc bien sympa :hap:

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 26 mars 2008 à 04:09:22

Kty... tu me fais peur parfois :rire2:

Elli-chan
Elli-chan
Niveau 10
26 mars 2008 à 04:13:48

Kty, ça ne te réussit pas tant de violence ^^'

  • va se réfugier derrière keviouk*
VideoGammerMan
VideoGammerMan
Niveau 10
26 mars 2008 à 13:56:18

Sisi, ça lui réussit très bien :fou:
Je suis ton nouveau fan Kty :coeur:

Lilli, tu as lu? :fou:

gag_jak
gag_jak
Niveau 10
29 mars 2008 à 21:28:09

Moi j'ai lu ^^
Mais je poste demain, pas le temps là :o))

(The Devil's Cryyyyyyyyyyy :cd: )

VGM
VGM
Niveau 10
29 mars 2008 à 23:03:13

Ok xD :o))

gag_jak
gag_jak
Niveau 10
30 mars 2008 à 14:00:27

Bon, master, je sais pas trop quoi te dire :gni:
Bah déjà, c'est bien, y'a pas à dire xD

C'est bien raconté et tout et tout, même le passage d'énigme qui aurait pu être ennuyant ne l'est pas ^^

La personnalité de Busard est pas mal, aussi :o)) xD

Il y a bien quelques fautes de temps, d'orthographe, enfin ce genre de truc... mais c'est pas bien grave ^^

Sinon, concernant le chap lui même, il est bien intéressant ^^
Le scénario dévoile ses facettes cachées =p

Mais j'trouve que ça se rapproche un peu trop de TR1, à un point où tu retraces exactement le même chemin que Lara... Ca pourrait manquer d'innovation... mais je te fais confiance pour nous surprendre ^^

La sortie de... heu... comment donné un nom à ce truc... bon "la montagne où il y a la vallée perdue ( :fou: )" est surprenante, je ne m'attendais pas à ce que les héros en sortent si vite ^^

Ouais bon, les autres sont toujours dedans... Mais je me demande ce que tu leur réserves, à part une quête pour s'enfuir, qui ne pourra pas s'éterniser étant donné l'évolution du scénario :gni:

Mais bon, on verra bien ^^

Ensuite, l'autre grande surprise... :o)) ( bon je m'en doutais un peu, avec les questions que tu m'as posé xD ) :

My father's aliiiiiiiiiiive :coeur:
(Bon, c'pas réel mais c'déjà ça :close: xD )
J'espère que tu le tueras pas.... ou trop vite en tout cas :dehors:

Allez, bon courage pour la suite ^^