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~ The Tomb of Forumers ~

News jeu

Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop

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VideoGammerMan
VideoGammerMan
Niveau 10
27 janvier 2008 à 11:14:23

J'annonce que j'ai officiellement terminé le chap ce matin, à 1h 33min et quelques secondes :close:

VideoGammerMan
VideoGammerMan
Niveau 10
27 janvier 2008 à 12:08:51

Je relis :o))

VideoGammerMan
VideoGammerMan
Niveau 10
27 janvier 2008 à 13:14:50

Je suis sur msn en même temps stoo :dehors:

VideoGammerMan
VideoGammerMan
Niveau 10
27 janvier 2008 à 14:01:45

Bon, vous êtes au moins deux à l'attendre impatiamment xD, le voici :noel:
J'espère que ça vous plaira.
Bonne lecture à tous :-d

VideoGammerMan
VideoGammerMan
Niveau 10
27 janvier 2008 à 14:02:16

Chapitre VIII : La Vallée Perdue :

Maudit. J’étais maudit. Comment penser autrement après tant de souffrances, tant de morts, tant de malchance ? Comment penser autrement alors que j’étais là, allongé sur le dos, le souffle roque, les fringues dégoulinant de l’eau que je venais de quitter, ma peau à moitié carbonisée ? Comment penser autrement alors que j’étais perdu dans le trou du cul du monde entouré de gens à côté desquels les X-Men feraient pâle figure ? Non. Penser autrement m’était impossible. J’étais maudit.

J’avais du mal à comprendre comment j’avais survécu. Keviouk, l’explosion de la porte en un gigantesque brasier, puis la course à l’aveuglette, pour enfin tomber dans ce bassin, qui, quelques brasses plus tard, m’avait conduit ici… Tout cela était bien plus que je n’aurais pu normalement en supporter. Mais il s’était développé dans mon corps un second moi, un moi plus puissant, un moi plus courageux. Du pauvre couard que j’étais dans la neige au début, j’étais désormais un aventurier bien plus aguerri. Aussi, je décidai de me relever.

Je me croyais dans une nouvelle caverne. C’était en partie vrai. Mais également en partie faux. Si la moitié de l’endroit était bien constitué d’un mur concave, ce que je voyais devant moi n’avait plus rien d’une grotte. D’un bleu d’azur, c’était l’immensité du zénith, la magnificence du ciel, qui se tenait face à moi.

Je me trouvais sur un promontoire surplombant une gigantesque vallée. Celle-ci, coincée entre deux pans de montagne, s’étendait à perte de vue. Si les cent premiers mètres n’étaient constitués que d’herbe, une forêt à la végétation extrêmement dense faisait vite son apparition. Des palmiers, des fougères arborescentes, des cycas, des cyprès, et des dizaines d’autres végétaux que je ne connaissais pas poussaient ici, les plus impressionnants étant de titanesques arbres de plusieurs dizaines de mètres de haut qui crevaient la cime des bois. La forêt s’étendait ainsi, à perte de vue, dans une vallée large d’environ cinq centaines de mètres. Les hautes herbes de la plaine bougeaient légèrement, agitées par la faible brise animant l’endroit. Tout à droite, acculé au flanc de la montagne se trouvait un lac dans lequel se jetait une petite cascade. Un grand soleil illuminait l’endroit. Le tout avait l’air paisible. Étrangement paisible. Inexplicablement paisible en fait.

C’est alors seulement que je remarquai Busard. Il était assis en tailleur sur le bord de la falaise et scrutait la vallée, les yeux plissés en une intense concentration. Un bruit derrière moi me décrocha de ma contemplation des lieux et je me retournai, tous sens en alerte. Elli venait d’émerger du bassin, toussant et crachant de l’eau en grande quantité. Je me précipitai vers elle et, avec une force dont je ne me croyais pas capable, je la tirai hors de l’eau. Elle se débattit mais je tins bon. Elle avait l’air dans un état second. Je la redressai légèrement et l’adossai au mur. Puis je reculai et la laissai reprendre son souffle. Ses cheveux noirs étaient plaqués sur son visage, lui donnant un air sauvage, et ses vêtements brûlés semblaient être une seconde peau. De l’eau ruisselait sur ses courbes avantageuses, lui donnant un air de Dieu déchu. Je détournai mon regard de ce corps mutilé : en un énorme bruit d’éclaboussure, Darklife et Alphonse venaient d’émerger.

Les deux jeunes hommes se hissèrent hors de l’eau avec aisance. Ils n’avaient pas l’air blessés. Puis ce fut la tête de Slezovic qui creva la surface. Il avait l’air intact. C’était dingue. Il avait 12 ans, c’était le plus jeune du groupe et il était pourtant un des plus courageux. Alphonse et Darklife avaient pris soin d’Elli et celle-ci avait déjà l’air d’aller bien mieux. Mais il manquait quatre personnes : VGM, Fear, Linoa et Gag_Jak.

Le temps passait. Mais les quatre disparus n’arrivaient pas. Hormis Busard, qui n’avait pas quitté son perchoir, nous nous étions tous rassemblés au centre de la caverne, face au bassin. Et nous attendions… En vain.

Enfin, après plus de trente minutes d’attente, il se passa quelque chose. La surface de l’eau se mit à bouillir, comme si un truc chauffait à l’intérieur du bassin. Tous les yeux se fixèrent sur les grosses bulles formées à la surface. L’instant d’après, Fear et VGM émergeaient. Ils avaient l’air épuisé, mais heureux, comme s’ils avaient atteint leur but. Julien était le plus mal en point. Il avait été touché par balles en plusieurs endroits, et le sang s’écoulait par les multiples trous creusés dans sa peau. Son t-shirt semblait réellement faire partie intégrante de son corps. Il s’extirpa de l’eau et, sans attendre, arracha son maillot avec un soupir de soulagement. Celui-ci se disloqua sans effort. C’est alors que je pus constater que lui aussi avait muté. S’il était musclé auparavant, VGM était désormais tellement baraqué que les Dieux du Stade auraient fait pâle figure en face de lui. Il ne semblait même pas souffrir des multiples blessures dont était paré son torse. Fear sortit également de l’eau. Bizarrement, ses fringues étaient intactes, comme si elles avaient été protégées du feu qui avait émané de son corps. Alphonse parla le premier.
-Où est Keviouk ?
-Nous l’avons berné, annonça VGM d’une voix roque. Nous avons réussi à dissimuler à ses yeux le plan d’eau qui conduisait ici grâce aux flammes de Fear. Il s’est dirigé vers un village abandonné à quelques pas de la carcasse de la porte.
Tout le monde soupira de soulagement. Même si personne ne l’avait dit, le silence pesant traduisait très bien l’ambiance de stress et de peur qui s’était emparée du groupe. Mais une question me taraudait.
-Où sont passé Gag et Linoa ? lâchais-je sans pouvoir tenir plus longtemps.
-Comment cela ? s’exclama Fear. Vous n’êtes pas tous ici ?
-Non, Gaëtan et Carine ne sont pas arrivés.
Jonathan resta interdit et fixa VGM, qui hocha doucement la tête.
-Il n’y a rien derrière nous, reprit-il. Rien, à part un tueur et des flammes.

La stupéfaction me cloua sur place. Alors comme ça, nous avions perdu deux nouveaux forumers… On allait tous mourir avant la fin. La fin ? Quelle fin en fait ? Je venais de comprendre quelque chose. Quelque chose de terrible. Pour moi, la fin de cette aventure serait sûrement la mort.

Je vous passe le moment qui suivit. Tous les grands, les chefs nés, ceux qui se croyaient en mesure de tout diriger, harcelèrent de question les deux survivants, mais ceux-ci ne dirent rien.
-Il faut qu’on réunisse tout le groupe, finit par jeter Julien. On va vous dire ce qu’on sait. Mais à tout le monde. Et dans le calme.
Le calme attendu mit longtemps à s’installer. Je riais intérieurement de leur précipitation. C’était dingue comme j’avais changé. J’étais devenu plus tranquille, plus posé. Je m’étais assis contre le mur, et je regardais désormais l’astre du jour descendre dans le ciel. La nuit venait.

Enfin, tout le monde fut réuni autour d’un petit feu de camp que Fear avait allumé à même la pierre. Les ténèbres étaient arrivées.
-Bon, alors commençons par le plus important, débuta Fear. J’ai éteint à distance le feu que j’avais laissé de l’autre côté du point d’eau. Même si je pense qu’il est déjà trop tard pour eux, Gag et Linoa auront ainsi peut-être une petite chance de plus.
Voyant qu’Elli allait parler, il ajouta en lui jetant un regard noir :
-Personne ne parle, hormis VGM et moi.
-Ne posez pas de question, reprit Julien d’une voix grave. Nous n’avons pas beaucoup de temps. Il nous faut dormir pour être en forme demain. Je commencerais par vous dire ce que je sais au niveau des Pouvoirs.
-Des Pouvoirs ?
VGM me fusilla du regard et je regrettai aussitôt d’avoir ouvert ma gueule.
-Donc, comme vous avez pu voir, reprit-il, Jonathan peut faire joujou avec l’élément naturel communément appelé feu. Vous avez également pu remarquer que Jaws avait pas l’air super cool le jour où ce même Jonathan l’a abattu d’une balle dans la tête. Et enfin, je pense que vous avez captés que j’ai à peu près une réponse à tout en ce moment. Tout ça, mes amis, c’est à cause du Pouvoir. Mais qu’est-ce exactement que ce pouvoir ? Je ne sais pas trop. C’est une sorte d’autre soi-même. C’est quelque chose qui nous rend plus fort, plus dur, plus courageux. Il se déclenche dans certaines circonstances bien précises. Notamment lorsque l’on tue quelqu’un, directement ou indirectement. Mon Pouvoir est apparu après la mort d’Alexey, celui de Fear après le décès du guide, et celui de Jaws après le trépas de Flo. Mais comme vous l’avez certainement tous indépendamment remarqué, un autre facteur agit. Je ne sais rien de ce facteur, mais je sais encore une chose. C’est que vous tous, autant que vous êtes, avez un Pouvoir. Et que ce Pouvoir doit vous permettre d’accomplir une mission.

-Une mission ? ironisa Alphonse. Et de quelle mission s’agit-il ? Parce que j’ose espérer que…
-Nous ne savons pas quelle est la nature de cette mission, coupa Fear. Mais ne le saurons bien assez tôt. Maintenant, si vous avez des questions…
-Quels sont vos Pouvoirs à toi et VGM ? lança directement Slezovic. Et quel était celui de Jaws ?
-Pour ma part, répondit Jonathan, je peux comme vous l’avez vu contrôler au feu, ainsi que le créer. Pour Jaws, nous supposons que son double était un être maléfique à la puissance sans égale, mais nous n’en savons rien. Et VGM a des sortes de visions…
-Ce ne sont pas des visions, coupa Julien. Je sais ce qu’il se passe, c’est tout. Il me suffit de penser à une situation proche, et je sais ce qu’il va arriver si je n’agis pas. Mais peu importe nos Pouvoirs. Nous les maîtrisons. Or, maîtriser son alter ego est difficile. Aussi je dois vous mettre en garde. Nous ne voulons pas de second Jaws… Maintenant, allez vous coucher. Je m’occupe de la garde. Demain sera une journée difficile

Sur le bord du point d’eau se trouvait une petite hutte vide, plus accueillante que le sol de pierre. Néanmoins, tout le monde préféra s’allonger au bord du feu. Nous étions tous blessés. Mais nous n’en avions cure. Nous étions trop fatigué pour cela. Je savais que je faisais une erreur en ne m’occupant pas de mes brûlures, mais j’étais trop occupé à réfléchir pour me soucier de ce genre de détail. Alors comme ça j’avais un Pouvoir ? Intéressant. Que pouvait-il donc être ? Je me mis à m’imaginer contrôlant le vent, l’eau, la terre… La chaleur du feu était apaisante et mon esprit sombra dans une douce léthargie peuplée de rêves surnaturels.

Je fus réveillé par un murmure. J’ouvris les yeux. Je n’avais pas du dormir longtemps, mais ce peu de sommeil m’avait fait du bien. Je me redressai doucement. Autour de moi, tout était calme. Trop calme… Tout le monde dormait, couché à même le sol. Par simple précaution, je comptais le nombre de silhouettes de détachant dans la pénombre. Cinq. Six avec moi. Je savais que nous étions désormais peu nombreux, mais six, c’était trop peu. Un frisson me parcourut l’échine. Si j’avais été dans mon état normal, je serais resté terré près du feu, à faire semblant de ne rien avoir vu. Mais le temps où j’étais Jojo était révolu. Désormais, j’étais Jordan. Uniquement Jordan. Aussi je me levai.

J’aperçus aussitôt deux nouvelles silhouettes. Celles-ci étaient accroupies au bord du promontoire surplombant la vallée. En m’approchant, je compris alors que le murmure qui m’avait réveillé n’était autre que ces deux forumers discutant à voix basse. Alors que j’étais encore à trois mètres d’eux, le premier d’entre eux leva une main et, toujours sans se retourner, me fit signe de les rejoindre. Mais je m’arrêtai net. Je ne voyais toujours pas leurs visages. Qu’est-ce qui me prouvait que ces deux-là faisaient bien partie du groupe ? J’hésitai encore lorsque d’un coup, sans prévenir, la lune fit son apparition dans le ciel. Elle était parfaitement ronde et elle éclaira le dos nu de celui qui m’avait fait signe. Aux marques présentes sur sa peau, je reconnus VGM. Je m’approchai et vis que la seconde personne était Busard.
-C’est bien d’avoir hésité, murmura Julien toujours sans m’accorder un regard. Nous aurions pu être n’importe qui.
-Qu’est-ce que vous foutez-là ? chuchotais-je à mon tour.
-Ta gueule, me stoppa Busard. Ferme-la et regarde.
Je jetai un coup d’œil en direction de la vallée et vit que quelque chose sortait de la forêt. Une grande masse noire. Lorsque celle-ci fut au centre de la plaine, je compris qu’il ne s’agissait pas d’une seule chose, mais de plusieurs dizaines. Je n’arrivais néanmoins pas à distinguer de quoi il retournait.
-Un troupeau de cerfs géants, murmura Busard. Ils étaient sensés avoir disparu depuis la fin du Mésozoïque. C’est fantastique…
J’avais grave envie de lui dire de fermer sa gueule, mais en plus d’avoir peur des représailles, je me demandais comment il arrivait à voir ce qu’étaient ces choses à deux cents mètres alors que je voyais à peine la limite entre chaque individu.

Le troupeau se dirigea vers le point d’eau et ses membres se mirent à s’abreuver. Le lac étant plus proche de nous, je distinguais désormais assez bien les cerfs. Ils étaient vraiment gigantesques. D’environ deux mètres de haut sur trois de long, ils possédaient des bois de plus d’un mètre cinquante. C’était un beau spectacle, certes, mais il n’y avait vraiment pas de quoi se priver d’une bonne nuit de sommeil.
-C’est pour ça que vous ne dormez pas ?
-Non, me répondit sèchement Busard.
-On observe le terrain pour demain, m’expliqua Julien, plus conciliant.
-C'est-à-dire ?
-Vos gueules, coupa Busard. Ils arrivent.
Je réprimandai mon envie de demander qui arrivait et me mis à regarder la plaine. Mais je ne voyais rien. Néanmoins, je fis attention à ne pas la rouvrir et je continuai d’observer la vallée. Enfin, alors que la fraîcheur du soir commençait à me faire frissonner, il me sembla que les hautes herbes s’agitaient. Une minute plus tard, j’en étais sûr. Les mouvements étaient à peine perceptibles dans l’obscurité, mais quelque chose se déplaçait. Et cette chose se dirigeait droit sur le troupeau de cerfs. Impossible de me taire plus longtemps, je murmurai :
-C’est quoi ?
-Ils les encerclent, chuchota Busard sans prêter la moindre attention à ce que je venais de dire. Intelligent… Très intelligent…
Ils ? Il y en avait donc plusieurs. Mais je ne savais toujours de quoi il s’agissait.
La berge du lac était dégagée de toute végétation sur une dizaine de mètres.
Alors que j’apercevais la forme d’une des créatures et que je restais stupéfait face à la conclusion à laquelle mon esprit était arrivé, un cri retentit dans l’obscurité. C’était un chant grave et alarmé. Aussitôt, la panique sembla s’emparer du troupeau, lieu d’émergence du cri. Les mâles grognaient contre le danger qui s’annonçait, alors que les petits braillaient et que les femelles restaient silencieuses. Il y eut alors un nouveau cri, n’ayant rien avoir avec le premier. Celui-ci était rapide et sec, et émergeait des hautes herbes. Ce n’était pas un signal de détresse. C’était un ordre d’attaque.

VideoGammerMan
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Niveau 10
27 janvier 2008 à 14:02:43

Les broussailles se mirent alors à s’agiter rapidement, comme si un grand nombre d’animaux les traversaient. Le troupeau était désormais paniqué. Ses membres ne savaient apparemment plus quoi faire. Ils s’agitaient et couraient le long de la rive, nerveux. Ils avaient compris ce qu’il se passait. Mais ils semblaient attendre. Ce qui suivit fut d’une rapidité inouïe. Le prédateur émergea des hautes herbes et se jeta sur le premier cerf, un grand mâle. Celui-ci s’y attendait et le stoppa net avec ses bois, sur lesquels l’agresseur s’empala. Un rapide coup de tête vers la droite et le futur cadavre fut projeté à l’eau. L’instant d’après des dizaines de prédateurs se jetaient sur le troupeau.

Après plusieurs dizièmes de seconde de combat, je compris que mes soupçons étaient confirmés. Dotés de redoutables mâchoires aux dents acérées, d’une assez longue tête aplatie, étant d’une longueur total d’environ 1m80 pour 1m60 de haut, les agresseurs étaient des raptors. Je pouvais presque voir la redoutable griffe de plusieurs dizaines de centimètre se planter dans le cou des cervidés. Ceux-ci avaient d’ailleurs organisés leur défense. Les cinq premiers reptiles avaient été tués dans leur élan. À peine dix secondes après le début de la bataille, les mâles foncèrent droit dans les broussailles, tête baissée. Mais ils ne firent pas plus de quelques mètres. Même percutés de plein fouet, les raptors se jetaient sur leurs victimes avec frénésie, arrachant des morceaux de chair, griffant la peau, mordant au cou. La tentative de contre fut rapidement contrecarrée par le nombre impressionnant d’assaillants. Mais les autres membres du groupe étaient prêts. Ils se lancèrent tous en direction de la forêt, formant un groupe compact. Entourés par les quelques mâles restants, les femelles et les petits étaient à l’abri. Du moins momentanément.

Les raptors, une fois la première vague totalement achevée, se précipitèrent sur les fuyards. Ils formaient toujours un cercle parfait autour des cervidés. L’attaque fut brutale. Les mâles rejoignirent vite le sol. Les dents et les griffes des reptiles frappaient vite et bien, ne laissant aucune chance à leurs adversaires. Mais il restait encore plus d’un tour dans le sac des cerfs. Juste au moment où les raptors, après avoir fait tomber quelques mâles, se retiraient pour réattaquer, le groupe éclata. Il se disloqua, chaque membre prenant un chemin différent de ses congénères. Ainsi, certains cervidés purent franchir la barrière reptilienne.

Mais là encore, une nouvelle surprise les attendait. Alors que quelques femelles et juvéniles courraient à toutes jambes en direction du sous bois, quelque chose sortit de la forêt. C’était une ligne. Une ligne d’une cinquantaine de mètres. Une ligne de raptors.

Je vous passe la suite du massacre. Les dinos avaient très astucieusement préparé leur attaque, et tout le troupeau y passa. Je les regardais désormais déchiqueter des bouts de viande par-ci par-là, se promenant à travers la plaine, achevant les mourants. Ils étaient vraiment nombreux. Une bonne centaine au minimum. Et vu l’étendue de la vallée, cela ne devait représenter qu’une infime portion de leur espèce. Je jetai un coup d’œil à Busard et à VGM. Ils se dévisageaient.
-On est dans la merde, lâcha le premier.
-Et pas qu’un peu, continua le second.
-Tu te rends compte ? Comment ils avaient préparé la première vague, puis la seconde. Et je suis sûr qu’ils avaient encore des ressources.
-Comment on va faire pour passer ?
-Vous aurez besoin de toutes vos forces. Tu devras les guider à l’avant, et Fear les protéger à l’arrière.
-Vous ? Tu ne viens pas avec nous ?
-Non.
-Explications ?
-Je pars en éclaireur. Vous aurez normalement peu d’embûches jusqu’à la cascade du tombeau. J’ai bien dit peu, ça ne signifie donc pas que le terrain sera entièrement dégagé. Mais je veillerai à ce qu’il y ait le moins d’obstacles possible sur votre route.
Julien dévisagea lentement Busard, comme s’il cherchait à lire quelque chose sur son visage.
-Tu ne fais pas ça pour eux. Tu ne les aimes pas. N’essaye pas de me faire croire n’importe quoi.
-Je n’ai jamais dit que je faisais ça pour vous.
Il jeta un dernier coup d’œil autour de lui puis se leva.
-Partez à l’aube si vous souhaitez avoir une chance.
-Busard, c’est du suicide, lança VGM en se levant à son tour.
Mais il était trop tard. Le plus grand pessimiste que je n’avais jamais connu venait de se jeter du haut du promontoire. Je me précipitai au bord du gouffre pour regarder en contrebas. Busard était là. Il avait prestement atterri sur le sol après sa chute d’une bagatelle de vingt mètres, et se dirigeait vers la forêt. Il se passa alors quelque chose d’incroyable : les contours du jeune homme commencèrent à disparaître. Trois secondes plus tard, il n’y avait dans la plaine plus rien d’autre visible que quelques raptors.

-Vas te coucher.
VGM avait parlé d’une voix dure et implacable.
-Mais…
Il n’y a pas de mais. Tu l’as entendu ? On se tire d’ici à l’aube.
Je dévisageais Julien. Il était grand, fort, musclé… Mais il tremblait. D’un côté, il était torse nue dans la fraîcheur de la nuit. Mais s’il n’y avait pas que ça… Et si le légendaire VGM avait peur ?

-Mais qu’est-ce qu’il va faire ? lâchais-je impossible de contenir le flot de questions qui se pressait dans ma tête.
-J’en sais rien. Maintenant, retourne te coucher. Je monte la garde.
-Je suis sûr que tu en sais plus que moi !
-J’en sais toujours plus que tout le monde. Maintenant Jordan, tu rentres dans cette putain de caverne ou je t’assomme à mains nues.
J’allais rebrousser chemin lorsque quelque chose bougea dans la plaine. Mais je n’eus pas le temps de voir ce qu’il se passait. VGM m’avait repoussé dans la grotte.
-Va dormir, jeta-t-il d’un air méprisant.
Son visage était sombre et il n’avait absolument pas l’air de rigoler. Je me retournai sans un mot et allai m’asseoir près du point d’eau. Mais j’avais à peine posé mon cul par terre qu’un cri atroce retentit derrière moi. Je restai figé de terreur, puis me retournai maladroitement. C’est avec stupeur que je vis que rien n’avait bougé. Les forumers dormaient, à l’exception de Julien, qui était retourné s’asseoir en tailleur sur le promontoire. Mais ce cri… Je sentis de grosses gouttes de sueur dégouliner le long de mon front. Tout était redevenu si calme. Mes muscles étaient tendus, prêt à bondir. J’essayai de les détendre, sans succès. Je soufflai un bon coup. Silencieux. Tout était silencieux. J’avais du rêver. Je fermai les yeux pour détendre mes paupières. Je les rouvris aussitôt. Le bruit d’une lame fendant l’air venait de m’effleurer l’oreille.

Je me levai aussitôt, sur mes gardes. Mes yeux allaient et venaient, scrutant chaque recoin d’ombre, chaque parcelle de lumière. Mais il n’y avait rien. Tout était parfaitement normal. Le feu ronronnait doucement, mes compagnons dormaient, VGM veillait. Rien d’anormal. Je me mis à trembler. Je n’aimais pas, mais alors pas du tout ça.
« N’ai pas peur. Ce n’est que moi »
Cette fois, mes muscles me lâchèrent et je m’affalai au sol. Je tremblais de tout mon corps. Car cette voix ne venait pas de la caverne. Non, elle venait de mon corps, de mon esprit, du plus profond de ma tête.

Mes lèvres bougèrent, mais aucun son n’en sortit. De toute façon, la chose qui avait parlé ne semblait pas répondre à la voix. Car ce que j’avais voulu dire, j’en étais sûr, elle l’avait entendue.
« Oui, je l’ai entendu. »
J’étais totalement pétrifié. Je devenais fou. Fou à lier.
« Nan. T’inquiètes pas petit, tu as toute ta raison. Et pour répondre à ta question, je ne suis rien d’autre que la partie autrefois cachée de ton esprit. Je suis ce que tes compagnons nomment le Pouvoir. »

Mes paupières tombèrent d’elles-mêmes. La journée avait été crevante. Et maintenant, il semblait que mon Pouvoir se manifestait. Et dire que je l’attendais impatiemment quelques heures auparavant. Si ce que je venais de vivre était réel, alors le soit disant Pouvoir était moins cool que prévu. D’autant que, depuis qu’il m’avait parlé, je me sentais de plus en plus faible, comme s’il m’arrachait mon énergie.
J’étais calme, étrangement calme. Comme si la paix et la prospérité se frayaient un chemin dans mon corps. Mes muscles s’étaient décontractés. Mon cœur battait de plus en plus lentement. Je me sentais bien. Si bien…
« Repose-toi. Demain sera une dure journée pour nous deux. »
Je ne devais pas me laisser envahir ainsi. Je ne devais pas. Je devais résister ! Mais c’était si bon… Je sentis mon cœur s’ébattre dans un dernier battement désespéré et je tombai dans le néant.

Le vide… Un trou noir géant happant toute lumière, tout son. Une tranquillité reposante… Et puis soudain, des cris. Des bruits de mâchoires qui claquent. Le sifflement d’un couteau fendant l’air. Puis d’un coup, une douleur intense. Et l’odeur du sang. La sensation que le liquide rougeâtre s’échappe du corps, le fuit misérablement. Mais la détermination et le courage sont là. On les sent. Ceux qui pensaient que les émotions n’avaient pas d’odeur se trompaient. La douleur et le découragement aussi commencent à se faire sentir. La lourde sensation que le corps tombe au milieu des hautes herbes. Puis plus rien. Le silence. Mais plus un silence de repos. Un silence de mort.

J’ouvris les yeux. Le soleil filtrait à travers l’entrée de la caverne, annonciateur d’une belle journée. Je tentai de me relever, mais mes muscles refusèrent immédiatement, et ils se rétractèrent, appuyant sur ce qui devait être des courbatures. Je poussai un cri de douleur.
-Ça va ? lança une voix que je reconnus comme celle de Slezovic.
-Allez debout ! continua Alphonse. L’endroit n’est pas sûr. On lève le camp.
Je ne bougeai pas. Je n’avais certainement pas envie de ressentir une nouvelle fois la douleur qui venait de me traverser.
-Tout va bien ? lâcha une voix grave.
C’était VGM.
-Tu as bougé toute la nuit. On aurait dit que tu étais animé par le diable en personne.
Il disait vrai. Je n’avais pas besoin qu’on me le prouve. J’étais allongé sur le dos. Or, je m’étais écroulé sur le ventre. Je retentai de me lever. Cette fois, mes muscles répondirent et je réussis à m’asseoir en dépit des courbatures qui, elles, n’avaient pas disparues. Alors je pus regarder autour de moi. Les forumers étaient en piètre état. Julien avait d’énormes cernes, et son gel fixation béton avait presque totalement disparu, lui donnant un air sauvage. En revanche, les blessures qu’il avait au torse semblaient avoir bien guéries. Demir, lui, était assis au sol, la mine fatigué, le pull crasseux. Jonathan avait la peau brûlée et les yeux vagues. Elli semblait être ragaillardie, mais également plus fatiguée que jamais. Alphonse et Darklife avaient l’air d’avoir bien récupéré en une nuit de sommeil. Si on exceptait leurs vêtements en loques, ils semblaient plutôt frais.

Je me rappelais des évènements de la veille. Mais je n’osais même pas me les mentionner. Et si j’avais rêvé ? D’ailleurs, ce rêve… Il avait l’air bien trop vrai pour n’être qu’un rêve. J’avais senti ces odeurs, j’avais entendu ces sons… Mais je ne voulais pas y repenser.

VideoGammerMan
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Niveau 10
27 janvier 2008 à 14:02:59

Une fois que tout le monde fut réuni, on rassembla les affaires qu’il nous restait. Personne ne posa de questions à propos de Busard, sûrement à cause de sa popularité… Darklife, Alphonse et Slez avaient encore leur sac. VGM, Fear et moi l’avions perdu dans la course poursuite. On fit l’inventaire de ce qu’il s’y trouvait : un appareil photo numérique, quatre couteaux, un I pod, deux lampes torches, cinq stylos et quelques feuilles. Autrement dit rien de vital.
-Seuls les couteaux nous seront utiles, trancha VGM. Nous brûlerons le reste pour ne laisser aucune trace.
-C’est mort, lança Alphonse. Je garde mon I pod.
-Et moi mon appareil photo, renchérit Darklife. T’as pas idée du prix qu’il a coûté.
Julien se mordit la lèvre. Il ne voulait pas qu’on s’encombre. Mais d’un autre côté il ne pouvait empêcher personne de garder ce qui lui appartenait.
-Ok, concessa-t-il. Mais je vous préviens. Vous les portez. Et je ne veux pas en entendre parler.
Ils acquiescèrent en silence. Plus personne ne parlait. Mais le gros blanc n’allait pas se prolonger. VGM n’avait pas parlé d’un point des plus important.
-Et on va bouffer quoi ? lançais-je d’un coup. Et boire comment ?
-Pour la bouffe, j’avais ce qu’il fallait dans mon sac, mais il est resté en arrière. Libre à toi de retourner le chercher.
-Tu n’as pas répondu à ma question, répliquais-je vivement.
-Nous n’avons rien à boire. Pas plus à manger. C’est clair comme ça ? Pour ça qu’il faut qu’on se tire d’ici le plus vite possible.
-Donc en gros, si on se fait pas défoncer par un piège ou par n’importe quelle créature d’une autre dimension, on mourra de faim. Réjouissant.
-Si ça te rassure, ironisa Darklife, tu mourras de soif avant même de commencer à avoir réellement faim.

Nous partîmes quelques minutes plus tard, le temps que Fear réduise en cendre le matériel inutile. Un petit chemin en pente forte descendait dans la vallée. Il était tapissé d’une pierre hyper glissante et il n’y avait aucune prise. C’est par là que nous allions descendre. Néanmoins, je ne me faisais pas d’illusions. La pente à quatre-vingt degrés ne nous laissait aucune chance de retour.

Jonathan s’engagea le premier. Il fut immédiatement surpris par la texture de la pierre. Il glissa, tomba, et se retrouva à descendre la pente sur le cul. Nous savions que nous devions faire vite. Alphonse, Elli, Slez et Darklife suivirent mais ne réussirent pas à rejoindre la vallée avec leurs propres moyens. L’endroit était un vrai toboggan. Enfin, ce fut mon tour. Je m’engageai sur la pierre, prêt à glisser. Néanmoins, j’adhérai immédiatement à cette surface. C’était comme si la sensibilité de mon toucher avait décuplé. Je ressentais chaque aspérité dans la pierre, et savais exactement où je devais poser mes pieds. À l’aise, sans même m’aider des mains, j’entamai une descente tranquille et sans histoire. Lorsque je touchai terre, le changement de surface se fit immédiatement ressentir. D’une surface à la fois lisse et granuleuse, je venais de passer à la plaine, les hautes herbes, le limon sur le sol. C’était dingue. Je n’avais jamais ressenti autant de choses auparavant. Les broussailles me caressaient les jambes doucement, au gré du vent. L’air était chargé de particules nauséabondes semblant émaner du lac. Je ressentais tellement de choses à la fois que mon cerveau avait du mal à tout analyser. Je fis un pas. De nouveau, un flot d’information percuta mon cerveau. Mais celui-ci était débordé et il ne semblait plus rien décrypter. Je tombai à genoux sans même vraiment m’en rendre compte. Ma vue se brouilla. Je ne sentais plus rien. Il me sembla que la tête touchait le sol et que dans ma bouche se répandait une mousse verdâtre. Mais je n’avais plus aucun goût. Les sons autour de moi étaient brouillés. Et puis soudain, un cri. Non pas un petit cri, mais l’horrible hurlement de quelqu’un qui souffre, l’atroce plainte d’une âme en peine, la terrible clameur d’une personne qui meurt.

J’ouvris les yeux. Le cri résonnait encore au fond de mes oreilles.
« Tu dois être plus fort. »
Je me redressai d’un coup. Cette voix… C’était la même que cette nuit. C’était le Pouvoir… Je restais assis, la bouche ouverte, incapable d’émettre le moindre son.
« Je me développe difficilement dans un corps aussi faible que le tient. La moindre de mes actions te fait perdre connaissance. Tu te dois de surmonter ces difficultés. C’est vital. Pour toi comme pour moi. »
Je ne répondais toujours pas.
« Allez, bouge ton cul, les autres t’attendent. »
La sorte de convalescence dans laquelle je me trouvais disparut immédiatement. D’un coup, le poids qui semblait peser sur mes épaules s’envola. Je regardai autour de moi. Les autres m’entouraient. Ils me fixaient d’un air étrange.
-Quoi ? lançais-je agacé.
VGM jeta un coup d’œil entendu à Fear, qui dégaina son fusil. J’aurais du m’affoler. Mais je me sentais calme. Anormalement calme.

Jonathan se rapprocha, le canon de l’arme pointé sur ma tête.
-Tu comptes m’abattre parce que j’ai eu une petite faiblesse ? continuais-je d’un air méprisant. C’est une drôle de manière de s’occuper de ses coéquipiers.
Fear ralentit. Il hésitait. Mais entre quels choix ? Il se tourna finalement vers Julien. Celui-ci se tut pendant une dizaine de secondes, puis il annonça :
-Allez, on se tire d’ici et en vitesse. On a jamais été autant en danger que dans cette plaine.
Et il s’enfonça dans les hautes herbes, suivi par les autres dans un calme religieux. Fear me foudroya du regard.
-Avance, cracha-t-il.
Je lui rendis un regard encore plus noir, puis me lançai à la suite des autres. Je me sentais fort. Je me sentais puissant.

Nous franchîmes la première moitié de la plaine trop de difficultés. Mais il faisait chaud, et le sol légèrement humide rendait difficile notre progression. Ainsi, la fatigue commençait déjà à se faire sentir. Bizarrement, je me sentais beaucoup moins bien qu’une dizaine de minutes auparavant. Malheureusement, ma sensation de puissance, déjà atténuée, allait bientôt disparaître…

Le groupe s’arrêta brutalement et je manquai de percuter Alphonse. Elli, en tête aux côtés de VGM, était à l’origine de cet arrêt inattendu. Je les rejoignis, et je compris alors pourquoi Emeline faisait cette tête de déterré : devant nous, étendu sur le sol, se trouvait un cadavre. Le cadavre d’un cerf. Le corps avait été dépouillé de sa chaire et quelques morceaux de viandes restants pourrissaient au soleil. Mais le plus marquant étaient les traces de griffures et de morsures que l’on pouvait apercevoir sur les os, au niveau des cuisses et du cou. De grandes entailles étaient éparpillées un peu partout. Le tout puait à des mètres à la ronde. Une odeur immonde. J’eus du mal à me retenir de vomir le peu qu’il me restait dans l’estomac.
-Quelle chose a pu faire ça ? s’horrifia Elli.
-Vu les marques faites sur la victime, je pencherais pour un animal pas trop grand, mais agressif, dans le style raptor, répondit Darklife d’une voix grave.
Le frisson qui se propagea alors dans le groupe fut perceptible. Je me rappelais le spectacle de mort auquel j’avais assisté la nuit dernière. Je devins livide.
-Putain vous attendez quoi ? fis-je en bousculant Alphonse. Que ceux qui ont fait ça reviennent ?
Et je me lançai à l’assaut des hautes herbes. Malheureusement, je déchantai bien vite. L’odeur de putréfaction, bien loin d’avoir disparu, s’était amplifiée. J’en avais la nausée. Heureusement, il semblait que Busard ait vu juste. Il ne paraissait y avoir pour l’instant aucun danger immédiat, les raptors ne daignant pas se montrer. Néanmoins, la hauteur de la végétation ne me disait rien qui vaille.

Nous traversâmes la dernière partie de la plaine au pas de course. En effet, les cadavres gisant un peu partout rendaient l’air irrespirable. L’odeur était tellement immonde, tellement indescriptible, que je me demandais encore comment j’avais fait pour ne pas vomir mes tripes. La lisière de la forêt était bien plus conséquente que ce que j’aurais pu penser. En plus de nous plonger dans la pénombre, les arbres baissaient la température ambiante de trois ou quatre degrés. La fraîcheur des bois fut la bienvenue. L’endroit sentait bon les pins, la forêt à la fois sèche et humide d’une journée d’été.
-La végétation va devenir ultra dense, lança Julien. Je prends la tête. Suivez-moi, ne vous écartez pas, et restez groupés.
Les paroles de VGM semblaient relativement vides de sens, dans la mesure où les arbres étaient actuellement largement espacés et les fougères relativement petites et peu nombreuses. Néanmoins, trente mètres plus loin, en plus des paroles de Julien, c’est le sens de l’expression « forêt impénétrable » que je compris.

Devant nous se dressait un véritable mur végétal. Des dizaines de plantes poussaient les unes sur les autres et se dressaient de toute leur hauteur, de façon à capter le plus de lumière possible. Ici, c’était la loi de la jungle. Les plus petites plantes avaient rapidement du disparaître pour laisser la place à de gigantesques fougères arborescentes, à d’énormes pins et autres arbres qui s’élevaient haut dans le ciel. Le sous-bois était entièrement plongé dans l’ombre. Aucune lumière de filtrait le mur de végétation ambiant.

VGM continuait d’avancer. Pourtant, il était totalement impossible de franchir cette barrière végétale. Néanmoins, j’avais confiance. Aussi je ne m’arrêtai pas.
Je sentis l’odeur du feu avant de voir la boule de magma. En une seconde, la palissade de plantes fut parée d’un énorme trou. Bizarrement, tout avait brûlé, mais rien ne s’était ensuite écroulé. La végétation s’auto-supportait. Toujours sans nous arrêter, nous pénétrâmes dans le cœur de la forêt.

La marche fut longue, difficile, et ennuyeuse au possible. Julien nous guidait à travers un dédale de plantes continu, slalomant entre les arbres, passant outre les rares fourrés. Et nous suivions, toujours en silence, sans contester une seule fois la direction prise. Néanmoins, même s’il ne faisait pas plus de trente degrés, l’absence totale de vent rendait l’atmosphère sèche et le manque d’eau se fit rapidement ressentir. Enfin, au bout de deux ou trois heures de marche, une pause s’imposa.
-On tourne en rond, soupira Alphonse qui, exténué, s’était jeté sur une racine émergeant du sol. On marche depuis des heures !
-Nous sommes dans la bonne direction, répliqua Julien.
-Cette forêt n’a pas de fin, murmura Slez.
-On verra notre fin avant celle de la forêt si on n’est pas sorti d’ici avant la nuit, lança Fear. Et encore, c’est étrange que nous n’ayons encore rencontré aucun être vivant.
-On ne peut pas repartir sans eau, haleta Elli. C’est impossible.
-Et pourtant nous le devons, acheva Darklife avec fatalisme.
Je n’avais rien dit. Adossé contre un arbre, je récupérais en silence. Bizarrement, le calme me procurait énormément de bien depuis le début de cette aventure. Mais ce calme que j’aimais tant fut de courte durée : la secousse fut si violente que je glissai et m’étalai de tout mon long. Mais je n’étais déjà plus réellement là.

Un rugissement qui me fit trembler de terreur. Puis des bruits de pas. Des pas lourds, réguliers et rapides. Une odeur de chair et de sang. Quelque chose de gigantesque n’était pas loin. Et cette chose se rapprochait de nous à grande vitesse.

J’étais de nouveau dans la forêt avec mes compagnons. Je me relevai directement. Ils me regardaient avec un air étrange. Je les fixai, essayant de leur expliquer la situation, mais je ne réussis pas à prononcer un mot. Je restai là, la bouche ouverte, mes yeux reflétant ma terreur. Un nouveau rugissement perça le silence juste derrière moi. Cette fois, j’en étais sûr. Les autres l’avaient également entendu. Lorsque je pus enfin parler de nouveau, ce fut pour émettre un son, prononcer un mot :
-Courrez…
Et je me mis à foncer à travers la végétation, dans le sens inverse de l’endroit où se trouvait le monstre.

-Nan Jordan ! Pas par là !
La voix de VGM était lointaine et insignifiante. Mes pieds me portaient comme jamais. Je volais presque au-dessus du limon de feuilles mortes, zigzaguant entre les arbres, traversant les buissons à une vitesse éclaire.

Je parcourus ainsi une distance indéterminable. Enfin, crevé et desséché, je sortis de la forêt. Malheureusement, l’autre côté n’étais pas vraiment comme je l’avais espéré. Car devant moi, il n’y avait que trente mètres de plaine. Celle-ci, parcourue par une petite rivière, était adossée à la façade d’une montagne. J’étais dans un cul-de-sac, une voie sans issue. De plus, si la vue de l’eau coulant gaiement sur son lit rocheux me réjouissait, la bestiole qui s’y abreuvait me plaisait beaucoup moins.

Il était grand. Très très grand. Et pourtant ce n’était qu’un juvénile. D’une dizaine de mètres, campé sur ses deux pattes arrières, doté d’une mâchoire de tueur et d’une immense crête sur son dos, il me fixait d’une manière qui ne me plaisait pas. Mais alors pas du tout. Ses yeux qui brillaient de mille feux annonçaient que le repas était servi.

Il se redressa entièrement et fit un pas vers moi. J’étais totalement pétrifié. Toujours dans le plus parfait des silences, il tendit sa tête vers moi. Je sentis son halène putride alors que son museau se trouvait à quelques centimètres à peine de mon torse. Je ne bougeai toujours pas. Le prédateur poussa un petit grognement satisfait.
« Mais putain tire-toi de là ! » hurla une voix dans mon esprit.
Mais il était trop tard. C’était mon destin de mourir ici. J’en avais le pressentiment. J’aurais voulu courir, j’aurais voulu m’échapper, j’aurais voulu vivre en fait. Mais je n’en avais plus la force. Il y a un moment où la bataille doit être perdue, pour quelque camp que cela soit. Cette heure était venue. Toute bataille était désormais inutile. Mes jambes me lâchèrent et je tombai à genoux devant ce qui semblait être un jeune spinosaure. Non seulement je m’étais condamné, mais j’avais aussi condamné tout le reste de l’équipe. L’autre gigantesque prédateur allait les retrouver, et les tuer. D’ailleurs, en me concentrant un temps soit peu, je pouvais entendre les cris de terreur d’Elli, sentir l’odeur des os brisés de Fear et du sang d’Alphonse… En fait, le seul survivant serait peut-être Busard. Il avait bien calculé son coup en nous quittant. Peut-être avait-il tout prévu… Avant de mourir, j’aurais aimé avoir des réponses à mes questions, mais c’était impossible. Je regardai mon adversaire dans les yeux. Il retroussa les babines.
-Vas-y ! hurlais-je à pleins poumons.
« Nan, ne fais pas ça ! » hurla une nouvelle fois le Pouvoir.
Mais il était encore trop tard. En fait, j’avais appris quelque chose grâce à cette aventure, aussi courte soit elle : il est toujours trop tard. J’eus une dernière pensée pour ceux qui m’avaient accompagnés jusqu’ici.
« God save you », murmurais-je doucement.
Alors, en un dernier mouvement, le spinosaure rétracta son cou et balança sa tête vers l’avant. Je sentis ses crocs me lacérer la peau. Mais quelle importance de souffrir lorsqu’on est déjà mort ? J’eus un dernier tressautement, un dernier sursaut de vie. Puis je fermai les yeux. Pour ne jamais les rouvrir.

VideoGammerMan
VideoGammerMan
Niveau 10
27 janvier 2008 à 19:46:09

"Le suspens est bien placé, mais le personnage aurait dû au moins une fois, parler à quelqu'un de ce qui lui arrivait. C'est le point qui m'a déçue..."
--> Mouais mais quand tu as un problème et que tu es entourée uniquement de gens que tu ne connais pas bien, tu n'as pas forcément envie de te confier :-p

"mais j'ai tendance à penser que tu te valorises trop... :-p "
Moi ? :fou:
Jamais :dehors:

Enfin bon, merci Narya :coeur:

Kty64
Kty64
Niveau 10
28 janvier 2008 à 00:03:16

oh, un nouveau chapitre ! :hap:
Je le lirai demain..... pendant les heures de bureau^^

Kty64
Kty64
Niveau 10
28 janvier 2008 à 09:55:29

Bon, j'ai lu.

Première critique : des fautes de français ! :nah:
Roque : tactique de jeu d'échec... la voix est "rauque"
Vitesse éclaire : rapidité qui illumine ?
Etc.... "chaire"....

Deuxième critique : les non-sens :fou:
- Le groupe à peur de mourir de soif.... alors qu'il est à coté d'un bassin rempli d'eau... au-dessus d'une vallée verdoyante...qu'il reviennent d'un grand lac... Bref, l'eau est très présente depuis le début de leur aventure...
- Ils ont pris soin d'Elli... comment, avec quoi, comment se soignent-ils ? Mystère.... Ils n'ont pas d'eau mais ont du désinfectant ?

Troisième critique : VGM se met trop en avant... en même temps, on s'y attend un peu...c'est pas trop choquant... :rire2:

Et c'est tout au niveau des critiques... :)

J'ai adoré la phrase : "Busard, qui n’avait pas quitté son perchoir" :rire:

Un très bon chapitre, bien construit, toujours beaucoup de suspens, d'excellentes descriptions (on a l'impression de retrouver la vallée de TR1), et j'attend avec impatience la confrontation avec notre T-Rexounet.... :-)))

Je déplore la perte d'un forumeur... qui n'a même pas eu le temps de souffrir beaucoup... :)

Mais j'aime bien la tournure que prend l'histoire, on commence à mieux cerner ces forumeurs...

A quand le prochain chapitre ???? :-)

Et merci pour ce chapitre, VGM ! :bravo:

flo9449
flo9449
Niveau 10
28 janvier 2008 à 12:30:45

Alors c'est un très bon chap, bien écrit comme d'hab ^^ On regrette toujours d'arriver à la dernière ligne et on aimerai qu'il y en ai encore 50 après ^^

Mais, j'ai été déçu par le manque de révélation de ce chap... Il n'y a pas eu d'autre question soulevés, et c'est un peu dommage...
Comme révélations, j'aurais aimé par exemple savoir comment j'avais survécu, et comment j'allais " m'occuper " de mes camarades de voyages ^^ Enfin d'éspère qu'on le saura dans le chap suivant... Voila c'est tout ce que j'ai à dire sinon c'est vraiment très bien ^^

BettyBlue
BettyBlue
Niveau 10
28 janvier 2008 à 12:55:43

R A S J'ai adoré voilà tout :-d

VideoGammerMan
VideoGammerMan
Niveau 10
28 janvier 2008 à 16:29:30

Flo :cd: Tu as déjà de la chance de te savoir réussiscité, alors ne râle pas xD :noel:

" Roque : tactique de jeu d'échec... la voix est "rauque" "
--> Comme je l'ai di à Narya, word ne voulait pas de "rauque" :fou:

"Vitesse éclaire : rapidité qui illumine ?"
--> Pas capté là :(

Etc.... "chaire"....
--> Espèce de menteuse, je l'ai pas fait cette fois :nah:

"- Le groupe à peur de mourir de soif.... alors qu'il est à coté d'un bassin rempli d'eau... au-dessus d'une vallée verdoyante...qu'il reviennent d'un grand lac... Bref, l'eau est très présente depuis le début de leur aventure..."
--> Tu te vois aller boire dans une mare où les animaux vont s'abreuver ?

"- Ils ont pris soin d'Elli... comment, avec quoi, comment se soignent-ils ? Mystère.... Ils n'ont pas d'eau mais ont du désinfectant ?"
--> Nan mais je voulais dire ils se sont occupé d'elle quoi.
T'as pas compris le bon sens :close:

"Troisième critique : VGM se met trop en avant... en même temps, on s'y attend un peu...c'est pas trop choquant..."
--> Même pas vrai :hap:

Bref, merci flo, Kty et Betty :coeur:

Kty64
Kty64
Niveau 10
28 janvier 2008 à 16:53:32

"Vitesse éclaire : rapidité qui illumine ?"
--> Pas capté là

Le raccourci que tu as utilisé est en réalité : à la vitesse de l'éclair.

Eclaire est forcément du verbe éclairer... Par exemple : "j'éclaire ta lanterne"... :-p

VideoGammerMan
VideoGammerMan
Niveau 10
28 janvier 2008 à 18:37:00

Ah ok xD :o))

flo9449
flo9449
Niveau 10
28 janvier 2008 à 19:21:01

VideoGammerMan Posté le 28 janvier 2008 à 16:29:30
Flo Tu as déjà de la chance de te savoir réussiscité, alors ne râle pas xD

:d) Tu dis ça parce que tu ne sais pas quoi dire car tu SAIS que j'ai raison xD :noel:

flo9449
flo9449
Niveau 10
28 janvier 2008 à 20:34:51

Nan, j'ai raison :nah:

Lol, on peut continuer pendant encore lontemps si tu veux :-p

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 28 janvier 2008 à 20:38:57

Aaah enfin un nouveau chapitre, pas trop tôt! :rire2:
Je suis content que le petit groupe ait enfin atteint la vallée perdue (un peu (beaucoup) plus grande que dans le jeu, ça me plaît ^^)
Par contre pour les non-sens, c'est vrai qu'il y en a pas mal :
L'eau à côté des forumers qui crèvent de soif, mais aussi moi qui me suis paumé comme un c*n alors que je peux voir à distance :p)
Sinon c'était vraiment excellent, et une très bonne idée d'implanter un spinosaure dans l'histoire. Sont bien plus redoutables que les T-Rex ^^
Une fois de plus, tu vas devoir ressusciter Jordan aussi si tu veux que le récit à la 1ière personne et aus passé ait du sens :)
Rendez-vous dans quelques mois pour la suite? :rire2:

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 28 janvier 2008 à 20:40:19

Ah oui et aussi, j'ai trouvé que la description de notre Lili très attirante xD
Bien que je ne sois pas un T-Rex, elle m'a donné l'eau à la bouche :rouge:

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 28 janvier 2008 à 23:18:17

Dans la mare non, mais dans la cascade oui! La cascade est l'aboutissement d'une rivière en général, et l'eau des rivières est assez pure ^^