Voici un nouvel épisode tout frais des aventures mystérieuses de Couetz
Lundi 28/03/2011 1:20AM
Il pleuviote, l’air est doux, je termine à peine le travail.
Tout comme mes cinq collègues qui font la clôture avec moi, je me dirige vers le parking de la boite.
Je suis le premier à mettre le contact et tout le monde se rend compte d’un tintement anormal couvrant pratiquement le bruit du moteur.
- Mon boss « Aïe ! ça sent la distrib ça… »
- Moi « Ouai, ça sent pas bon… »
- Un collègue « Ouvre le capot qu’on jette un œil »
Je m’exécute et nous voilà tous les six autours du moteur avec pour lampe-torche l’IPhone 4 d’un pote. Rien de réellement visible, on en déduit que c’est peut-être la courroie qui est humide avec ce qu’il a flotté.
- Mon boss « Mmm, va pas faire le fangio sur la route quand même. Rentre tranquille. »
Je frappe le capot et retourne au volant, les saluant à travers ma vitre fermée.
Qui d’ailleurs ne s’ouvre plus et est même scotcher pour ne pas descendre seule, voir prendre l’eau.
Ma Seat n’est pas toute jeune, mais elle a le mérite d’être le modèle que Lara emprunta pour fuir le T-Rex dans réclame de la marque.
- Un collègue « Si y’a un pépin tu m’appel, hein ? J’suis pas bon mécano mais je peux te ramener chez toi. »
Sans répondre je lui fais signe de la main pour le remercier et me lance sur la route.
Marseille est vide, la pluie tombe sur l’asphalte de façon plus dense maintenant.
Ma visibilité est mauvaise, mes essuie-glaces tournent à fond et étrangement mes feux éclairent très faiblement. Le tic tac semble diminué mais est toujours présent, menaçant.
Il y a maintenant 15 minutes que je suis sur l’autoroute et je prends conscience que ça fait déjà 30 bornes que je conduis sans avoir croisé la moindre voiture dans les deux sens de circulation.
Seul sur une route humide et désertique, il pleut plus fort.
J’ai d’ailleurs peine à entendre les plaintes de la mécanique, ce qui n’est pas plus mal.
Je décide alors de mettre la radio pour finir le trajet déjà bien entamé.
Mais ma radio ne capte que l’écho du Big-bang, des parasites…
Je change sans regarder les fréquences et je remonte le temps en musique.
Electro-Swing ! Le volume du poste curieusement régler à fond me fait bondir sur le siège.
La qualité faiblarde de mes baffles n’apprécie pas la puissance et crachote lamentablement. Tout ça sonne bien avec l’ambiance de vieux polar noir qui règne sur l’A50.
Je décide avant tout pour mes oreilles fatiguées de réduire le son.
Plus agréable et surtout moins agressif à une heure aussi avancée je me laisse aller, contemplant une lumière bleue scintillante dans le ciel noir. Sans doute un avion de ligne, mais je préférai rêvasser aux vénusiennes en combi moulantes venues prendre contact.
La chaussée trempée reflète la projection de mes phares sur les panneaux de circulation laissant apparaître des bandes jaune, rouge et bleu. Je suis oisif.
Soudain une vive lumière blanche m’aveugle. De plus en plus forte, elle semble venir de nulle part et de partout à la fois, aussi bien derrière que devant, dans tous l’habitacle !
Tout à coup le tonnerre gronde et des vagues de pluie frappe mon pare-brise, le déluge !
Je freine dangereusement, surpris par la violence des évènements. L’eau est extraordinairement monté en quelques secondes, ou est-ce la pente qui me donne l’impression que de 1cm d’eau on est passé en un éclair à 15/20cm !
Je dois repasser en 4e pour reprendre de l’adhérence. Les roues tournent dans le vide par intermittence et dans la descente qui suit la voiture danse sur deux voies, j’ai l’impression d’avoir éclaté un pneu, panique à bord.
La lumière blanche s’atténue en même temps que la pluie.
Le ciel est rouge et des lumières bleu tournent dans les nuages. Mes deux mains sur le volant je m’efforce de rester calme dans une ambiance post-apocalyptique.
En regardant dans le rétro j’aperçois les feux rouge du 33 tonnes que je venais de croiser.
Le déluge est passé, il pleut désormais convenablement je poursuis ma route et je comprends.
En face de moi sur la voie centrale une voiture de police immobile avec warning et gyrophare couvrant une voiture accidenté sur la droite, enfoncée dans la glissière de sécurité.
Le camion croisé plus tôt m’a fait pour m’avertir du danger des appels de phares un peu trop appuyés, prétendant un enlèvement des petits hommes vert. La lumière éclatante n’en était rien.
Et le pauvre conducteur noctambule a dû être surpris par la brutalité des précipitations locales et n’a pas pu garder le contrôle de sa voiture dans la descente. Ce que je comprends sans mal.
Impressionnant ! Je vais faire de beau rêves 