Ah putiiiin ! la crampe au mollet ! Je m'allongeai sur le sol au bord du monument.
Cindy s'affola et se lança dans un massage soutenu de ma jambe.
— Bluuue ! Mon Dieu ! Ne meurs pas !
J'allais la rassurer, la crampe étant évidemment simulée, mais vu son affolement à mon égard, j'adoptai un air de macchabée en voie de putréfaction.
Une douleur fictive déforma mon visage. Je lâchai un filet de bave et commençai à trembler.
— Vite, Cindy, j'ai une crise de palu, j'ai froid, serre-moi dans tes bras pour me réchauffer !
Cindy s'exécuta, m'enveloppa contre elle et s'inquiéta :
— Mais Couetz ? Comment il va faire, seul ?
— Ne t'en fais pas pour lui, c'est un champion, on ne pourrait que le retarder.
— Tu crois ?
— Il a gagné le championnat du monde de Tomb Raider à Singapour. Il a joué Tomb Raider en 35 minutes.
— Ah ouais ? Cool ! Ben moi j'ai mis trois mois, et encore, j'ai jamais fait les deux derniers niveaux, et j'ai jamais trouvé les secrets…
— Réchauffe-moi encore un peu !
— Et Chronos, on fait quoi ?
— Couetz le fera en remontant.
— Et s'il remonte pas ? demanda Cindy, la voix soudain angoissée.
— Ben on vendra sa Cadillac et on s'offrira un voyage avec. C'est ce qu'il aurait voulu. C'était un gars super généreux, toujours prêt à rendre service.
— Génial ! s'écria Cindy, une larme perlant sur sa joue satinée. Oui, ça honorera vachement sa mémoire. Blue, t'es un mec bien !
Et elle plongea ses yeux de saphir étincelant d'étoiles dans mes prunelles viriles.
T'as intérêt à ne pas louper les épreuves ! Ça nous ferait trop de la peine !
Et toujours pas de pluie,c'est dingue ! Ça va faire un mois bientôt !
MdR !!!! Mais quel enfoiré !
Moi encore au taff ................
Il a du m'arriver des bricoles vu le temps que je passe dans les épreuves !
Je vais pas continuer pendant peu être une semaine, noyé sous le taff ! Dommage, j'aurai aimé connaitre plus tôt la suite ![]()
Prends ton temps, Spielberg attendra pour la suite du scénario, de toute façon il est occupé à tourner Tintin.
Le walkie talkie grésilla et la voix grésillante de Couetz gargouilla :
— Blue… grouizzzz… je suis bloqué dans la salle Titan… grouizzzz… j'ai loupé mon speed run… grouizzz… tu pourrais venir m'aider ?… grouizzzz…
Je coupai la communication quand Cindy se ramena en ondulant des hanches, une cigarette mentholée fumant aux lèvres.
— C'était Couetz ?
— Ouais, tout va bien, il traverse les salles.
Je me campai à l'arrière de sa Cadillac pendant que Cindy se pendait à mon bras, la tête posée sur mon épaule, la cigarette dégageant des volutes odorantes entre ses doigts mutins.
— Tu fais quoi ?
— Je calcule un truc. Ouais, ta Norton tiendra dans le coffre.
— Ah et pourquoi ?
— Ben au cas ou Couetz aurait des bugs et qu'il reviendrait pas. Tu conduirais sa bagnole.
Cindy releva sa tête, la natte agitée, et me fixa avec des yeux tremblants.
— Tu crois que…
— Ben tu sais, mon poussin, il faut tout prévoir. C'est ça être un aventurier. Et c'est certainement ce que Couetz aurait fait dans le cas contraire.
Et toujours pas de pluie. Je me rabats sur l'apéro. Ça compense.
![]()
Normalement c'est faisable en 10 minutes !
http://www.youtube.com/watch?v=1Y6phS2atcg&feature=PlayList&p=781D9ED148A5DC88&index=4
J'ai regardé toutes les vidéos, c'est hallucinant. Cindy est totale dégoutée. Si tu nous revois plus en remontant, si tu remontes, on est dans le prochain bar. On te laisse la Cadillac, tu vois, on est sympa, euh, oui, y a un pneu crevé, et ta roue de secours est nase. Mais bon, t'es un super gamer, tu devrais t'en sortir. On avisera la suite autour d'un verre.
![]()
Ffffrrrfrrfrfr… Grouizzzz…
- Un ! Deux ! Un ! Deux ! Blue tu me reçois ? Un, deux ! … Grouizzzz…
L’enflure !
Pas de réponse…
Je commençais alors à douter de l’implication de mon associé.
Jusque là il était trop malsain de soupçonner une trahison, mais bien des preuves dans son comportement me démontraient le contraire…
Par ailleurs j’avais entendu des oiseaux dans le talkie, et il n’y en avait pas dans le monument.
Ils n’y étaient donc plus...
Sachant que Chronos était sans doute une épreuve de vitesse, la porte a déjà due se refermer à tout jamais de l’intérieur par un mécanisme à rouage rouillé depuis un millier d’année.
Elle était désormais condamnée tout comme moi dans cette gigantesque salle titanomachie plongé dans le noir absolu. Une présence s’approchait, tournait autour de moi, m’observait.
Je voulais me réveiller, sortir de ce cauchemar, crier à l’aide, mais mon ami m’avait tourné le dos… A bien y réfléchir, il ressemblait étrangement à Wesker, le traitre dans Resident Evil !
Avec ses lunettes noires devant les yeux et son faux air de gentil garçon, il y avait en lui quelque chose de machiavélique. Blue avait bien caché son jeu ! Il m’a entrainé indirectement ici, faisant mine de nous suivre désintéressé à son habitude pour ne pas aviver l’attention afin de se débarrasser de moi. Pourquoi ?
C’était pourtant clair !
Il était le mafieux, Cindy la fermière et moi le mouton !
Je suis le seul à pouvoir le contrer, le seul obstacle qu’il avait, voilà pourquoi cette machination contre moi !
J’entendais la créature se rapprochait au loin. Ses yeux rouges s’étaient comme éclairé, je l’avais déjà vu dans mes rêves. Mais ce n’était pas possible… Pas lui !
Cindy… Est-elle complice de mon meurtre ou est-ce bien la fermière insouciante, enlevée sous l’emprise de ce démon ?
Je fermais les yeux le plus fort possible me recroquevillant sur moi-même, je tombais dans un trou noir sans fin, le total blackout, j’étais perdu.
Maximus ! Maximus ! J’entendais tout autour de moi la plèbe m’acclamer.
Je distinguais alors au loin une symphonie qui résonnait par delà la foule. Cette musique devenu culte, le générique de fin de Gladiator.
« Faut-il la mort d’un homme pour sauver St Francis ? »
Comme Maximus, j’étais mort en entendant mon réveil sonner...
Enveloppé dans les draps, écrasé sous une tonne de cousin comme ensevelie par un éboulement je tâtonnais cherchant à attraper mon portable afin d’éteindre cette foutu sonnerie lyrique.
Qu’est ce que je fou là ?
Ai-je rêvé ? Depuis combien de temps ?
… cette histoire de mouton… ça ne tenait pas la route…
Tout à coup mon portable réduit en mode silence trembla dans mes mains.
La vibration me surpris et je restai un moment sans réaliser que l’on était en train de m’appeler.
Numéro caché ?... Quel est le connard qui m’appel à cette heure ci ?
Mais quelle heure est-il au juste ?...
Je raclai volontairement la gorge pour ne pas avoir l’air d’être surpris au pied du lit, en vain.
- Allo ?
Mais non, je veux pas te flinguer, m'enfin !
Je terminai de griller la Lucky Strike et bazardai le mégot brûlant dans le sable. Des lueurs rouges s'étiraient à l'horizon comme les coulées du pinceau de Monet quand il a fumé un joint.
Je sais, je n'aurais pas dû couper la communication, mais Couetz m'avait assez bassiné qu'il était le meilleur, le plus grand, le seul joueur capable de vaincre toutes les épreuves. Et là il me demandait de l'aide. C'était comme une légende qui s'effondre, un mythe qui s'envole. Que penseraient les générations de jeunes joueurs à venir du célèbre Couetz ? Non, il devait se débrouiller seul, il avait une réputation à tenir, une image de marque à véhiculer à travers les siècles. En ne répondant pas à son appel, je lui rendais un service inestimable. C'est sûr, il risquait de m'en vouloir, au début, mais je suis sûr qu'après il comprendrait ma position. D'accord, s'il ne revenait pas, je pourrais me casser avec Cindy, c'était une possibilité logique du scénario. Je misais à pile ou face : pile Couetz réussit, et c'est tant mieux, alléluia, les anges chantent en se trémoussant des ailes ; face il se plante et alors tant pis. Ce sont les risques du joueur, pas vrai ?
OK, je le reconnais, je n'avais pas trop envie non plus de crapahuter dans l'escalade. Quand même haut, ce putin d'édifice. Pour Couetz, se balancer dans le vide en s'accrochant aux murs, c'est une seconde nature. Ce mec a été piqué par l'araignée de Spiderman. Moi ce serait plutôt la mouche tsé-tsé, couché relaxe dans un hamac, avec Cindy de préférence.
Je décapsulai une canette de Bud et louchai les flammes du feu que Cindy avait allumé avec des broussailles. Douée la fille ! Pas seulement cosplayeuse, mais aussi entraînée sur le terrain que la vraie Lara Croft.
— Tu crois qu'il va réussir ? qu'elle me demanda, assise à côté de moi sur le sable chaud, un marshmallow piqué sur la pointe de son couteau de chasse de trente centimètres.
— Je pense que oui, Couetz est un mordu de jeu, il lui faut des difficultés extrêmes sinon il psychote.
J'avalai une rasade de bière mousseuse et tiède.
Cindy savoura son marshmallow gonflé quelques secondes sur les flammes.
S'il n'y avait pas eu ce monument débile, et cette histoire de moutons encore plus débile, on se serait cru en vacances. Mais il y avait Couetz, hanté par les challenges, relevant chaque défi. Et m'attirant toujours dans un de ses plans foireux. Et ce plan-là avait l'air particulièrement foireux.
OK, si le mec m'avait appelé, ce n'était pas pour des prunes. Je composai son numéro et collai le walkie talkie sur l'oreille. Attendis quelques secondes. Goûtai à un marshmallow offert par Cindy aux yeux brillant dans la lueur du feu, sous le vaste ciel nocturne scintillant d'étoiles.
Pas de réponse.
— Après ça, tu comptes faire quoi ? qu'elle me demanda en piquant un autre marshmallow sur la pointe de son couteau.
— Je sais pas, Couetz est décidé à se taper tous les monuments Saint Francis de la planète. Il y a des reproductions dans chaque pays. Il pense qu'en les faisant tous, il obtiendra un truc final comme un secret extraordinaire.
— Et tu y crois ?
— Je crois plutôt que c'est du folklore pour les touristes et les joueurs en mal de mystères et d'émotions fortes.
— Et les moutons ? Ça a voir quoi là-dedans, à ton avis ?
— Je sais pas, peut-être rien du tout, une coïncidence. Des fois deux histoires sans aucun lien se télescopent. Couetz et ses monuments, et une meute de moutons.
Je louchai sur le joli rebondi de son débardeur. Une mèche de cheveux taquinait sa joue satinée. Pensai à Couetz tripant dans les salles en bas. S'il tripait. Mais bon, il avait voulu descendre et jouer les kings. Que dis-je, the king.
Un jet à réaction traversa le ciel, laissant une traînée blanche sur le fond clair obscur de la nuit. Enfin je pensai d'abord à un jet. La Zone 51 n'était pas loin, après tout. Je suppose à quelques kilomètres.
Mais le jet s'arrêta au milieu du ciel, et demeura stationnaire en effectuant des petits balancements de droite à gauche.
— T'as vu ? me fit remarquer Cindy. On dirait une soucoupe volante.
— Ouais, c'est bizarre.
Je sifflai une rasade de Bud et serrai la crosse de mon Magnum 44 logé dans un holster sous mon bras gauche. Des fois que des hitis belliqueux débarquent avec l'intention de nous transformer en goulache flottante dans le formol d'un bocal.
Et enfin de la pluie après un mois d'anti-cyclone, de parasol et d'apéro. Quel bonheur, des millions de petites gouttes dévalant du ciel sur "All you need is love" des Beatles.
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Mais
où tu n'as pas suivi le cours de l'histoire ou tu n'as pas compris mon réveil. J'attendais la suite de l'appel, tu laisse l'intrigue là on se dirait dans un monde parallèle !
Peut être est ce toi qui me rappel, quand faite une partie de l'histoire n'est que rêve ou peut être pas, il y a un blanc a combler là :D Je te laisse t'en charger je reprends derrière.
Mais c'est simple. Je reçois un appel de toi de la salle Titan. Mais je coupe.
Puis tu m'appelles de la salle Chronos, mais tu n'obtiens aucune réponse. Et tu te réveilles. Mais n'oublie pas que tu te trouves dans la salle Chronos, le temps, et qu'il joue avec toi, avec ton esprit, en t'induisant en erreur.
Puis j'essaye de t'appeler pendant que je suis avec Cindy autour du feu. Aucune réponse.
Puis ton portables se met à vibrer.
Au final, tu es toujours dans le monument. Ton réveil est un faux réveil. Tu rêves, dans la salle Chronos, dans le monument.
Du moins je vois ça comme ça.
ok ![]()
Je reprends en sortant du taff, si j'en sort un jour, c'est pire que St Francis ici ![]()
Pas de panique, ich bin da !
J'aurais voulu me barrer, puis dégainer, mais impossible de bouger. Cindy était dans le même état que moi, incapable de faire un geste.
Au-dessus de nous, le vaisseau circulaire tournoyait lentement en émettant un sifflement soyeux.
Il se produisit une sorte de courant d'air qui souffla sur nos corps. Et je ressentis une aspiration vers le haut.
Trois secondes plus tard, je me retrouvai avec Cindy dans une cabine aux parois nues.
Une sorte d'asperge humanoïde rachitique à la peau grise et au ciboulot démesuré nous lorgnait avec deux grands yeux noirs brillants en amandes.
Sans articuler de la bouche, de toute façon il n'en avait pas, il prononça les paroles suivantes :
— Bonjour, je m'appelle Zark… Vous avez été choisis avec votre ami Couetz pour préparer la venue de notre civilisation extraterrestre sur Terre… Nous avons créés les monuments Saint-Francis dans ce but, ce sont des bornes de communication entre notre monde et le vôtre… Réussir les épreuves dans les salles d'un monument ouvre un vortex… Seuls les humains supérieurs entraînés aux jeux vidéo peuvent réussir cet exploit… Nous en avons décidé ainsi parce que nous sommes aussi des grands joueurs cosmiques et nous adorons lancer des défis… La race humaine est une source constante de surprises et nous nous délectons en vous regardant sur nos écrans télé panoramiques géants… Chez vous vous appelleriez ça des télé réalités… Mas en ce moment votre ami Couetz, que nous croyions apte à réussir, est coincé dans la salle Chronos, où son esprit est le jouet d'hallucinations oniriques… Vous devez le secourir et ouvrir le vortex… Auparavant nous avions désigné d'autres joueurs mais ils ont tous échoué et leur mémoire a été effacée, car telle est la règle…
Je restai quelques secondes perplexe, puis posai une question mentale :
— Et les moutons ?
Je crus deviner un sourire sur les lèvres absentes du hiti grisailleux et sa voix de pipelette du cosmos résonna dans ma tête :
— C'est un petit plus que nous avons ajouté pour corser le jeu… Vous devez les sauver, car ce sont bien des moutons…
Un nouveau tourbillon d'air nous enveloppa, et trois secondes plus tard nous étions de nouveau assis devant le feu sur le sable chaud du désert.
Sauf que Cindy se retrouvait toute nue. Elle se recroquevillait en cachant ses parties attractives avec ses mains.
— Quelle bande de cochons ! Ils m'ont filmé pour leur émission télé !
J'enlevai ma veste et la lui donnai. Elle s'en empara et l'enfila rapidement pendant que je détournais mon regard. Enfin je louchai quand même du coin de l'œil, histoire d'apercevoir un bout de lolo pulpeux.
Quand même doué, le Zark. Déshabiller une fille en un claquement de doigts. Il faudra que je lui demande comment il a fait, si on se revoit.
En tout cas le plus ennuyeux dans toute cette affaire, c'est qu'il fallait secourir Couetz. Et je n'étais pas très excité pour descendre dans le monument.
Ben tu vois, te voilà ambassadeur d'une civilisation extraterrestre. Et peut-être qu'il y aura des Vénusiennes, et même des androïdes filles ultra perfectionnés.
![]()
Confus, mon retour à la réalité fut douloureux…
Mon cauchemar était réel, et mon réveil un rêve.
Je ne savais plus ce qui était vrai et encore moins ce qui ne l’était pas.
Blue un mafieux ? Je riais intérieurement d’avoir pu penser une telle chose. Quelle drogue ai-je consommé avant de descendre ici moi…
La tête me tournait drôlement je me souvenais même plus comment j’avais bien pu passer la porte Titan. Des yeux rouges… des chauves-souris sans doute, puis de la lumière blanche…
Et je me retrouve ici allongé enfermé à l’intérieur de la salle Chronos à la suite de mon blackout.
Zark… Quel est ce nom que j’ai en tête ? Est-ce la clé de la salle précédente ?
Le temps ici semblait s’être arrêté, je pouvais bien être là depuis des centaines d’années ou quelques secondes à peine. La salle était étroite et les plafonds très haut. Les murs ornés de pierres précieuses reflétaient mon portrait comme un dans un miroir. Et juste en face une rivière d’or coulait au ralenti !
- Hey ooh Couetz !
- Couetz tu nous entends !
- Blue ! Cindy ! Je suis là ! Faites moi sortir d'ici !
- Cindy aide moi à abaisser ce levier s’il te plait. Blue d’un ton charmeur.
Brrrrrm… la porte s’ouvrit et ma première vue sur l’extérieur fut Cindy, ou plutôt ses jambes dénudées, portant la veste de Blue me sautant au coup.
- On s’est inquiété pour toi ! Elle me serrait dans ses bras juste assez pour que je puise sentir son corps nu sous le cuir. Intrigué mais satisfait je ne m’arrêtais pas sur cet agréable détails. Blue a du passer du bon temps en mon absence, le veinard !
- Mais qu’est ce qu’il t’ait arrivé me demanda t-elle observant mon débardeur en lambo.
- Ah ça… Rien de bien méchant. Un combat avec deux lionnes. J’ai oublié mon Deagle et le Ranging Bull fixé à mes holsters dans le coffre de la Cad, j’ai due me servir de mon couteau suisse. Regardant Blue un grand sourire aux lèvres le rendant complice de mon mensonge.
- Balaise ! Pas vrai Blue ?
- Ouai, ouai, enfin les masaïs font ça à main nue.
Brrrrrm… la porte s’ouvrit
C'est exactement le bruit ! Rien que de le lire, je crois entendre la porte s'ouvrir ! T'es trop fort, Couetz !
Purée, tu te fais déjà délivrer ? Et tu ne te prives pas de serrer Cindy dans tes bras, vieille crapule !
Ouais, c'est ça, un combat au couteau Suisse contre deux lionnes. Et Cindy qui gobait avec des yeux éblouis. Quel frimeur, le Couetz ! Il avait dû se ramasser sur une pente, s'écorcher à des pics, et puis voilà. Dommage qu'il ne se soit pas fait embrocher, ça aurait fait classe dans la télé réalité filmée par les hitis. Une note gore pour relever l'audimat interplanétaire.
Comme il lorgnait un peu trop Cindy, je lui balançai les infos données par Zark, histoire de détourner son attention de la belle cosplayeuse.
Il écouta, sidéré, puis se gratta le bouc et articula :
— Je m'en doutais un peu… Après réflexion, j'avais envisagé l'hypothèse extraterrestre… Je me doutais que les monuments ne pouvaient pas être une œuvre humaine… Ils obéissent à un concept architectural bien trop avancé en matière de construction…
— Ouah ! s'extasia Cindy en le dévisageant. Couetz, t'es trop fort !
Ouais, c'est ça, le mec n'en ratait pas une pour frimer. J'aurais rien dû lui dire et lui demander son avis. Sûr qu'il aurait baratiné n'importe quoi. Et c'est là que j'aurais pu lui lessiver les neurones avec les infos de Zark. Mais bon, je l'aurai au tournant. Patience. J'enchaînai, une pointe d'innocence dans la voix :
— Et ton speed run ? Apparemment tu t'es planté ?
Couetz étrangla une giclée de salive entre les dents et gargouilla en gargouillant :
— Euh, oui, non, si, j'allais réussir, mais j'ai eu une crampe au mollet, et ça a cassé mon rythme.
Putiiiin ! Je le crois pas ! Il me dégueulait la vieille excuse de la crampe au mollet ! Mon excuse à moi ! Il ne manquait pas d'air ! Et Cindy qui avait une nouvelle fois gobé, et le regardait avec des yeux larmoyants.
— Je peux te masser si tu veux, qu'elle lui soupira presque dans un soupir frôlant la soupiration d'amour.
Et puis quoi encore ! Un coup de pompe dans le cul, ouais ! Nan mais !
— Ça va, que je coupai sec, Couetz n'est pas une femmelette, c'est un dur, il en a vu d'autre. Bon, tu te sens d'attaque pour faire les salles ? Vu que t'es le meilleur, tu as joué le 15e niveau sans sauvegarder, moi j'ai jamais réussi, donc c'est à toi de boucler les épreuves.
J'étais pas mécontent de ma tirade. Là je l'avais mis au pied du mur. Il devait sentir les briques dures et impitoyables du monument Saint Francis contre son dos, pressant ses omoplates avec une insistance de pierres douloureuses.
— Euh, qu'il bafouilla, je crois qu'il serait plus prudent de remonter et de se reposer. On y verra plus clair demain et on avisera.
C'est ça ! C'est ça !
— Si tu ne le sens pas, que je chantonnai, je comprendrai. Après tout, tu n'as peut-être plus la forme d'autrefois.
— Pas du tout, qu'il s'insurgea, outré par ma réplique, mais il faut savoir maîtriser ses pulsions instinctives et faire preuve d'intelligence et de responsabilité, et ne pas se précipiter sans réfléchir, car seul le maître voyage avec la prudence comme compagne, et le fou monte le cheval fougueux de l'inconscience qui le conduit droit au désastre… et bla bla bla…
Je savais que le mec avait fait philo, mais à ce point.
Et il ajouta en serrant le poing et en montrant les dents :
— Et c'est moi qui décide, et pas une entité extraterrestre qui s'amuse à nos dépens dans le seul but de s'amuser !
— Ouais, approuva Cindy, on n'est pas des cobayes de laboratoire, nan mais !
— Exactement ! crachota Couetz.
Je secouai la caboche et soufflai :
— Bon, on remonte ?
Je crois que tout avait été dit. Il n'y avait rien d'autre à dire. Et que dire de plus face à ce que Couetz avait dit ?
Le silence de la sagesse s'imposait. Et j'avais envie de roupiller un peu.
Et je file roupiller. Il pleut, trop cool de s'endormir en écoutant les gouttes plic ploquer.
![]()
La lune était presque pleine et le ciel orné d’étoiles.
J’avais couché la banquette arrière de la fleetwood pour qu’on puisse dormir un peu.
- Le lit est prêt les enfants ! Vous n’allez quand même pas dormir sur vos bécanes, adressant un clin d’œil provocateur à Blue.
- Oui Couetz c’est très attentionné de ta part, merci.
- Mais de rien, je me penchais vers le poste qui avala mon meilleur CD, le Maxi Best Of de Barry White ! Le Roi des crooners ! Le baissais le volume pour qu’il soit reposant et je me laissé bercer par l’un de ces meilleurs morceaux « Love Serenade »
- Dis les garçons, j’ai un peu froid sans mes vêtement et je ne suis pas très rassuré ici, ça ne vous gène pas si je dors entre vous deux ?
- On ne va pas déranger Couetz, il a passé une dure journée Cindy… repliqua Blue
- Mais non mon ami, ne t’en fais pas pour moi, il me reste encore assez de force pour vous protéger tout les deux. Tu peux dormir sur la banquette arrière Cindy je me mettrai à l’avant avec Blue, on veillera sur toi.
- Merci Couetz, t’es trop chou. Vous êtes des amours les mecs et cette musique envoutante.
- Elle est divine tu veux dire. Barry était le plus grand, le The Icon of love, El Maestro del Amor !
- Et aussi un gros criminel ! Tu savais qu’il avait prit 4 mois de prison à l’âge de 17 ans pour vol de pneus sur une Rolls-Royce. Il en avait pour 30 000 dollars, alors fais gaffe à ta caisse.
- Ce n’était pas une Rolls mais une Cad justement, puis dieu lui même n’est pas tout blanc.
- Tu ne crois pas en dieu Couetz et barry n’est pas blanc mais noir.
- N’était… il est décédé je te rappel. Et oui Barry eu une enfance difficile. Famille pauvre, membre d’un gang à l’âge de 10 ans. C’était loin d’être une fillette lui.
- Laisse-moi te dire !
- Oh… les collégiens. Vous pouvez baisser d’un ton, on entend même plus la musique.
Fermer les yeux un peu ça vous fera du bien.
Elle avait raison et Blue coupé dans son élan avait l’air de partager mon avis.
Allongé sur le siège conducteur, la voiture décapoté, les bras croisé derrière la tête, j’écoutais dieu chanter l’amour devant des étoiles filantes pour seul public.
Sur un nuage douillet, au 7e ciel, j’imaginais Cindy nue recouverte de la veste en cuir de Blue sur ma banquette arrière. J’en oubliais presque l’artefact que j’avais découvert dans la porte Chronos et que je portais au tour du coup.
- Bonne nuit. ![]()
Putin, le Couetz qui la joue charmeur avec son Barry White ! Je me demandais à quel moment il allait nous le balancer dans les tympans. Avec son speech autobiographique sur le gars, voilà que la Cindy nous traite de collégiens. Purée, moi qui me démenais comme un diable pour la jouer biker sauvage à la Lorenzo Lamas dans "Le rebelle". Et le Couetz qui la ramène avec sa mélodie suave à bercer les vieilles mamies dans les rocking-chairs le soir sous la véranda.
Cindy s'était endormie comme un bébé, recroquevillée sur la banquette arrière. J'aurais bien voulu lui donner le biberon, mais Couetz se trouvait entre moi et l'objet de tous mes désirs. Comme d'hab, par un hasard bizarre, Couetz apparaissait toujours au moment où je rencontrais le bonheur. D'un côté, normal, vu qu'on se trimballait ensemble. Après mûre réflexion, j'en déduisis que le duo ne réussissait pas à ma libido, et que je devais peut-être la jouer en solo. Ben comme Lorenzo Lamas.
J'avais fait semblant de dormir. Un œil à demi-ouvert, je louchai Couetz qui griffonnait quelques chose sur son petit carnet. Enfin il sombra dans le sommeil. Je m'approchai en douceur, me penchai sur lui, allongeai le bras et attrapai le carnet posé sur son siège contre la portière.
Eclairé par la pleine lune, je louchai les pages. Il y avait des dessins du monument, des annotations, des chiffres. Parfois sur une page il avait dessiné Lara croft, des fois sans le débardeur, des fois sans le shorty, des fois sans rien du tout. Le mec avait un compas dans l'œil, les seins étaient super ronds. Et il avait bien fait ressortir le rebondi des fesses. Sacré Couetz ! Plus fan tu meurs !
J'arrivai à la dernière page écrite, celle d'avant, et lus avec la voix dans ma tête :
— Cindy, belle nymphe, envole-moi dans tes bras… Enlace-moi avec ta natte et conduis-moi à la source de l'amour… Je suis ton troubadour de l'aventure prêt à tous les combats… Donne-moi ce baiser brûlant qui guérira mon désir de toi…
Mama mia ! Ben prêt à tous les combats, il était pas trop chaud pour se taper les salles du monument. Wouarf ! Bon, OK, respectons un élan sincère du cœur, même si cet élan risque de s'écraser sur le sol dallé du monument Saint Francis dans une gerbe de sang.
Je replaçai le carnet et c'est là que je remarquai la ficelle fine autour de son cou. A ma connaissance, il ne portait rien avant d'entrer dans le monument. Peut-être qu'il avait trouvé un truc et qu'il me le dissimulait.
Avec une délicatesse extrême, retenant ma respiration, le sphincter serré, j'agrippai la ficelle du bout du pouce et de l'index et tirai doucement dessus.
Couetz portait un médaillon. Je distinguai un SF gravé dessus. Et des lignes ressemblant à un petit labyrinthe.
Ouais, c'est ça, mec, alors comme ça tu trouves un truc et tu ne dis rien à ton vieux copain Blue.
Je remis le médaillon dans sa chemise et sortis discrètement faire quelques pas, histoire de réfléchir. J'allumai une cigarette et soufflai la fumée vers le disque doré de la lune.
Bon, après tout, si Couetz tenait à se farcir une énigme en solo, c'était son droit. C'est pas moi qui lui ferais la remarque, surtout qu'après je risquais de devoir l'accompagner.
Je bazardai le mégot sur le sable, pissai contre un cactus et retournai vers la Cad.
Quand un gargouillis venant du monument attira mon attention. Je dégainai mon Magnum 44 et avançait avec prudence vers le rebord
Une espèce de macaque teigneux se pointa et me fixa avec ses deux yeux brillants.
— Déconne pas, qu'il miaula, je suis Bomba, je me suis échappé d'un labo de la Nasa, je cherche mes origines génétiques dans le monument, mas j'ai rien trouvé…
Putin, un macaque qui parle !
Je rengainai mon gun. Louchai la bestiole. Il manquait plus que lui. Décidément, j'aurais mieux fait de me barrer en chopper, direction Las Vegas. Avec Cindy en bikini accrochée dans mon dos. La natte au vent. Folle de moi.
— Je peux me joindre à vous ? qu'il claqueta des dents. Je peux vous être utile, pour me glisser dans les endroits inaccessibles…
http://img522.imageshack.us/i/blatte.jpg/
![]()
c'est quoi se reptile mutant que tu as dessiné ![]()
Sympa la dédicace
Par contre le coup du singe qui parle... tu as du écrire sous absinthe encore
![]()
Je ressentais sur mon torse une douce fraicheur matinale, captant à travers mes paupières à demi fermé les premiers rayons du soleil.
Je pensais alors faire de nouveau un drôle de rêve en ouvrant les yeux lorsque j’aperçu
Blue parlant à un macaque qui lui faisait la conversation.
Pourtant je pue de la gueule et ça ne met encore jamais arrivé en rêve !
Je fis un gros effort pour me lever, mon dos me faisait mal de la veille et m’avançais vers eux.
- Bonjour Couetz, me lança le singe, je suis Bomba, Blue m’a beaucoup parlé de toi.
- Ah !... Et depuis quand Blue parle aux animaux ?
- Bah en fait il en n’a pas toujours été un. J’ai discuté toute la nuit avec.
Je lui laisse d’ailleurs l’honneur de se présenter à toi et à Cindy. Blue pointant la belle du doigt qui venait de se réveiller et titubait dans notre direction.
Les cheveux en vrac le visage d’un ange, comme dans les 5e éléments, la demoiselle avait l’air d’avoir besoin d’un grand café à la Gabi dans NCIS pour démarrer la journée.
Bomba nous apprit alors qu’il était un ancien membre de la cellule UFO du FBI enlevé il y a 9 ans par Zark et ses potes alors qu’il était en mission de reconnaissance pour la NASA sur un cratère sphéroïdal dans une région reculé du Kentucky.
Notre ami Roswell s’était amusé à le changer en « babouin » en punition de ne pas avoir correctement répondu à une énigme sur les moutons.
On moins on savait a quoi s’en tenir…
Il avait finis par se faire attraper par ses anciens partenaires de la NASA qui l’on enfermé pour études scientifique dans le compartiment le moins sécurisé de la zone 51, ce qui lui a permis de s’enfuir il y a un peu plus d’une semaine.
En cavale, il est alors à la recherche d’un médaillon précieux dans l’édifice pour entrer de nouveau en contact avec Zark afin de résoudre le mystère et retrouver sa forme humaine.
- Ouah quelle histoire ! Cindy par stupéfaction en avait oublié de maintenir le cuir fermé et nous laissa entrevoir son corps de nymphe dénudé.
D’un commun réflexe Blue et moi-même dévisageons Bomba qui bavait sans retenu sur le jolie minou de notre coyote-girl inconsciente.
Si par malheur un bout rose pointe son nez de ce vieux macaque je le dégomme au
Ranging bull !
Purée, t'es pas content ? Je t'offre un macaque pour cavaler dans les salles à ta place, des fois que tu aurais une faiblesse dans les coudes des genoux et les rotules des bras.
Trop bien l'idée de l'agent transformé en babouin. Ben y a pas que moi qui siffle de l'absinthe.
Sinon super pluie hier soir. Des torrents de flotte.
Ah oui ! c'est Roucoula, la super blatte de l'espace. Ça m'étonnerait pas qu'on voit le bout de ses antennes sournoises surgir dans l'histoire.
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MdR, je l'ai prise pour un reptile à 6 pattes ![]()
Et mélange de croco et de cafard alors
Idem pour moi, pluie à torrents hier au soir, c'était bien cool tous ces éclairs ![]()
La super blatte ! Là il faut pas un pic à glace pour la rétamer, mais carrément un pain de C4 !
Toute rougissante, s'apercevant de sa nudité soudaine, Cindy referma le blouson d'un geste brusque.
— Euh, j'ai préparé du café, qui en veut ? que je lançai, histoire de détourner l'attention.
Couetz avait déjà bu deux tasses, mais il tendit la sienne pour une troisième.
Bomba fila derrière un cactus pendant que Cindy posait ses fesses de rêve près du feu crépitant dans le début de cette matinée un peu fraîche mais déjà bien ensoleillée.
J'allumai la radio pour écouter les infos, et surtout ne pas entendre les glapissements qui venaient du cactus. Bomba devait s'offrir une petite gâterie perso. Remarque, je le comprenais. Quand on lorgne une pin-up de magazine, il y a de quoi faire rêver, et fantasmer.
Je dégustai un café, en regardant Cindy qui dégustait un café et me regardait et regardait Couetz, qui dégustait un café en regardant Cindy. De temps à autre je regardais Couetz qui lui ne me regardait pas. Il était trop occupé à regarder Cindy.
Quand Bomba se ramena cool, un sourire débile sur la tronche, autant qu'un macaque peut sourire.
Etonné, je l'observai se verser une tasse de café. Je ne savais pas que les macaques se gavaient de caféine. C'est vrai, j'avais presque oublié, il était un homme auparavant.
Mais il 'eut pas le temps de porter la tasse à sa gueule. Le sol trembla comme un sol qui tremble. Accompagné par un grondement sourd.
Et tout le monument Saint Francis s'affaissa dans un vacarme de monument qui s'affaisse. Un cumulo-nimbus de poussière monta dans l'air.
On sprinta tous loin du feu, vu qu'on se tenait à quelques mètres de l'ouverture dans le sol.
Dans l'affolement et la course, le blouson de Cindy s'ouvrit de nouveau, laissant apparaître sa merveilleuse nudité et une paire de lolos ballottant avec délice dans un délicieux ballottement de lolos.
Pendant que Bomba refilait derrière un cactus se taquiner le kiki, et que Cindy refermait le blouson, Couetz détournant les yeux après avoir louché un max le temps de trois secondes intenses, je balançai :
— Ben je crois que c'est râpé maintenant.
— Pas grave, qu'il rétorqua aussitôt, de toute façon il n'y avait plus rien à chercher là.
— Ah comment ça ? que je demandai. Tu as trouvé quelque chose d'intéressant ?
Vous noterez la subtilité de ma question.
D'abord Couetz ne dit rien, ne sachant pas quoi dire, ou comment ne pas le dire, mais devant mon regard insistant, et celui de Cindy encore plus insistant, il finit par cracher :
— Ben voilà, je voulais vous faire la surprise.
Il exhiba le médaillon et poursuivit :
— Je l'ai trouvé dans la salle Chronos. C'est une partie d'un plan. Il existe un autre médaillon dans le monument suivant, à deux cent kilomètres au sud dans le désert du Nevada. Une fois réunis, il indique l'emplacement d'un secret, qui aurait un rapport avec les moutons.
Je suis sûr que si je n'avais pas forcé un peu, en mettant Couetz au pied du mur, il n'aurait rien craché. Enfin je pense. Je préférai lui laisser le bénéfice du doute. En tout, à l'avenir j'ouvrirai l'œil, et le bon. A la moindre entourloupe, je me barre avec Cindy plein gaz à Las Vegas. Ben je lui laisse Bomba, sympa non ? Quoi ? Mais ça peut être vachement utile, un macaque, déjà pour te cirer les pompes. On ne le pense jamais assez, mais des pompes cirées, ça fait classe et chic, et c'est un atout majeur dans les relations sociales et humaines.
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