"Mais c'est comme ça qu'on devient un reporter de la quatrième dimension, mon cher Couetz", comme il dirait, Philippe Manœuvre, derrière ses sunglasses, un sourire enjoué sur les mandibules.
Ah la la ! le magazine de charme acheté au kiosque quand la nuit tombe et qu'il y a personne devant !
De l'art mort-derne, ouais ! Bonne question : "c'est quoi, l'art moderne ?" Le contraire d'un Rubens ou d'un Rembrandt ? Y'a de ça aussi, comme il dirait, Lino Ventura, dans la cuisine des Tontons Flingueurs, avant de s'envoyer une nouvelle rincée de vitriol dans le gosier. Tout ce qui ne fait pas académique. Et académique, c'est quoi ? ben tout ce qui n'est pas moderne !
Classique, c'est quand tu dessines un buste de Vénus le plus exactement possible. Moderne, c'est quand tu dessines Vénus autrement que le buste, avec de la fantaisie. Donc l'imitation parfaite de la nature, c'est classique. Et l'imaginaire c'est moderne. Dans un 1er temps.
"Oui, mais...", articule Sigmund Freud, en tripotant son stylo bic en forme de phallus, après avoir dessiné des ronds sur son carnet d'autopsie des âmes. Tu peux dessiner classique, figuratif, hyper réaliste, et pourtant faire des tableaux surréalistes et psychédéliques. Donc le sens sera imaginaire, et la réalisation picturale de ce sens absolument classique.
L'inverse existe-t-il ? Dessiner imaginaire, mais en représentant des scènes tout à fait classiques ? Bien sûr ! Nous avons Gauguin, par exemple, ou Van Gogh.
Et l'art abstrait alors ? Ben c'est à l'opposé du classique. Mais si tu prends par exemple le détail de la manche d'un costume de rembrandt, et que tu zoomes, tu verras toute une série de traits, qui isolés et agrandis, donneraient un tableau abstrait.
Donc au final, tout est dans tout.
Je crois qu'on a fait le tour de l'art. 