Purée, Tihocan, rien que de te le lire, joie, merveille, nostalgie, et les super boules ! C’est vrai, pendant le jeu, on explore, on découvre, on frémit, on sursaute, on palpite, les nerfs à vif, enveloppé dans un suspense d’enfer, en se demandant à quoi va ressembler la salle suivante, le coeur bat à tout rompre, et puis quand le jeu est fini, snif et super snif, on sait tout, on a tout vu, enfin 94% du jeu, vu qu’on se dit qu’il doit toujours y avoir 2-3 trucs qu’on a zappé, mais bon, on laisse passer quelques jours, on oublie, puis le désir de revivre revient en force, montant des zones basses de l’inconscient, émergeant à la surface de la conscience comme une bouée gonflée dans les profondeurs marines, on se précipite sur la console, on la branche à la télé, on insère le CD, et c’est reparti, l’esprit encore plus en alerte, scannant le moindre recoin, louchant le plus petit pixel, on monte sur des blocs qu’on avait ignorés la première fois, pour voir le décor d’un autre angle de vue, on va jusque dans les coins histoire de capter les sensations à ces endroits, on longe les murs, on zoome dans tous les sens, pour ne pas perdre une seule miette, on redécouvre les sensations de la première fois, en cherchant à les amplifier, en s’éternisant dans les salles, en retournant en arrière, comme dans le 1er niveau, pour revoir la grande porte fermée, écouter le silence des cavernes, imaginer les gouttes d’eau qui tombent des stalactites de glace dans des plics sonores lointains, impressionné par la solitude, la grandeur des lieux, abandonnés quelque part dans le monde, oubliés de la civilisation moderne, figés dans le temps, ayant traversé les siècles, intacts, ou presque, envahis par la végétation, avec le privilège de pouvoir les découvrir. 