SUITE SUITE SUITE SUITE SUITE SUITE SUITE SUITE SUITE SUITE SUITE SUITE SUITE SUITE SUITE SUITE !
He, me semble que ca fait un moment qu´on a pas eu de visite de ta part, Alpha ! Ça va toi ? ?
Yop Fulang, ouais ca fait un sacré bail !
Qu´est ce que tu deviens toi ? !
Moi ça va, j´ai pas pu venir depuis Mais because Tiscali a fait une connerie avec mon forfait et je parvenais plus à me connecter...
Bref, me voici de retour.
J´ai lu la fic de Isatis sur un autre rumfo et vivement qu´elle continue car ca tue bien !
Sinon, j´ai lu les deux premiers chaps de ta fic " SH GT" mais j´ai pas du tout accroché, non pas que c´était mauvais, mais c´était trop éloigné de SH en lui même.
Par contre, faudra que je finisse de lire She partie 2. Ca va m´en faire de la lecture lol.
Alors, t´as acheté SH3 ?
Oh, Isatis.
Lol, j´ai bien fait de te demander de poursuivre, le loup a craqué ; -)
Immédiatement, il perçut la morsure de la lame sur sa joue et s´écarta d´un pas. Il essuya le filament de sang et toisa l´homme. Il avait surgi derrière lui tel un fantôme. Pas de doute, c´était leur gibier. Et l´épée qu´il maniait n´était pas des plus rassurante.
- Joli jeu de jambes, vous êtes doué pour la chasse, lança-t-il en souriant.
- Vous aussi, mon cher.
Il leva mieux son arme et la maintint prête à tirer.
- Vous avez pénétré dans une zone interdite, je vous demanderais de bien vouloir me suivre gentiment, sans opposer de résistance. Commencez par poser votre cure-dent par terre lentement.
L´homme afficha un sourire... presque prédateur. Ses yeux presque transparents brillaient d´une flamme d´amusement. Il leva l´épée, la regarda avec dédain puis joua avec en la faisant passer d´une main à l´autre nonchalamment.
- Hum, votre proposition ne me sied guère...
- Ce n´est pas une proposition.
- Oh, je vois...
Il arrêta son mouvement.
- Et si je refuse, qu´est-ce que vous allez faire ?
- Vous obliger à changer d´avis.
Kritchen baissa rapidement le canon et tira en direction des genoux. Mais l´autre avait déjà bougé, devançant son attaque. Il s´était reculé d´un bond, puis sans attendre, prit un léger élan pour sauter de nouveau, au-dessus de Kritchen, aussi rapide qu´un chat. Il se retourna en l´air et fendit l´air d´Alastor. Kritchen se baissa pour éviter le coup et tenta une balayette arrière, mais l´homme s´était de nouveau reculé vivement, prêt à contre-attaquer.
Kritchen se releva et fit un écart à son tour, tapant contre le mur d´en face. L´épée avait réussi à mordre sa jambe, et la voici qui revenait à l´assaut, prêt à dévorer sa gorge. Il la repoussa avec la mitraillette et profita du déséquilibre de son adversaire pour lui asséner un second coup en plein visage. Il était fort, très fort, et rapide aussi, entraîné à survivre. D´où sortait donc ce type aux cheveux blancs ? !
Dante sourit et redressa la tête. Le militaire se défendait bien. Mais il n´était pas plus terrifiant qu´un nourrisson face à lui.
L´homme se déplaça à nouveau, lui fonçant droit dessus. Kritchen se prépara à ouvrir le feu mais l´autre fut plus rapide et se laissa tomber au sol, pied en avant, pour venir directement taper dans son genou. Avec un gémissement, Kritchen s´effondra. Dante lui asséna un coup de coude au visage qui finit de le renverser sur le dos.
Kritchen sentit son nez exploser mais avant qu´il n´ait eu le temps de comprendre quelque chose, voilà qu´un pied se plantait dans son ventre, le maintenant au sol. Il ouvrit les yeux en criant et se retrouva à quelques centimètres de la lame ensanglantée. L´inconnu se mit à caresser sa gorge avec la pointe effilée.
- Pas mal. Mais je n´ai pas changé d´avis pour autant. Que voulez-vous ? On s´y attache à ces petites choses...
Il eut un sourire ironique.
- A présent, je peux entendre votre nom ? reprit-il.
- . ..
- Muet tout d´un coup ?
Il sentit la lame appuyer sur sa gorge.
- Kritchen. Trône William Kritchen, souffla-t-il, bougon, en essuyant le sang coulant de son nez.
- " Trône " ?
- Lieutenant, si vous préférez.
- C´est bien ce que je pensais. Vous êtes un pseudo-militaire...
La lame vint caresser le symbole rouge sur son épaule. Dante distinguait enfin ce que c´était. Une sorte de gueule de loup ou de chien très stylisé, sur fond noir.
- Etrange insigne.
- Fantaisie des plus hauts gradés que moi, fit le Trône en souriant.
- J´ai une culture angélique plutôt basse, mais les Trônes ne sont-ils pas des anges ? C´est une bien curieuse appellation, vous ne trouvez pas ?
- Nos grades sont ainsi faits, qu´on aime ou pas.
- Je me demande bien quel genre d´organisation peut utiliser des anges dans sa structure militaire...
- Je ne suis pas le bottin des renseignements.
- Tut-tut-tut, fit Dante en secouant la tête d´un air désolé.
Il frappa le visage de Kritchen du plat de la lame.
- Je suis sûr que la mémoire va vous revenir, monsieur Kritchen. C´est simple de se souvenir du nom qui figure sur ses fiches de paie, non ?
- La mémoire est traître, que voulez-vous ? répondit-il en frottant sa joue. Et vous avez un nom ?
- Dante. Mais pour vous, ce sera " monsieur Dante " .
- Très amusant. Vous avez pénétré sans autorisation à Silent Hill, et vous devez bien vous douter que je ne suis pas le seul à être ici...
- Justement, j´aimerais en savoir plus sur cette charmante bourgade et en particulier, ses visiteurs... Vous avez l´air bien au courant.
Kritchen soupira et le toisa du regard malgré sa mauvaise posture. Mais pour qui se prenait ce Dante ? ! Et l´autre, le nain, où était-il passé ?
Dans la cour de l´école silencieuse, une forme blanchâtre était recroquevillée sur le sol dévasté, oscillant doucement d´avant en arrière. Elle regarda sa main floue. Ça s´accélérait, elle allait disparaître complètement. Ce n´était pas grave. D´autres étaient là. Les autres. Elle n´était qu´un avatar. Remplaçable dans tous les cas.
La grande horloge continuait son voyage en sens inverse et atteignit 9 heures précises. Son carillon éraillé se mit à résonner fort, courant dans les rues désertes et sombres de Silent Hill comme un chien rendu fou.
Le carillon lointain qui résonna soudain surprit Dante, qui releva la tête. Kritchen ne profita pour donner un coup sur la lame et se redresser, arme au poing. Dante se reprit.
Alastor était appuyé sur la gorge de Kritchen. Le canon de la mitraillette était à quelques centimètres du visage de Dante. Ils pouvaient très bien y passer tous les deux.
- Bons réflexes.
- Vous aussi, renchérit William.
Le carillon mourut après neuf coups et tout replongea dans un silence inquiétant.
- Bien, après cette distraction, reprenons...
- Oh non, vous n´êtes plus en position de demander quoi que ce soit, monsieur Dante.
- Vous non plus. Je crois que nous voilà à égalité.
- Encore une fois, vous vous trompez...
En souriant et sans baisser sa garde, Kritchen se saisit de sa radio et la mit en route.
- Will, je l´ai trouvé, rejoins-moi au troisième, commanda-t-il.
Des parasites lui répondirent. Il ouvrit la bouche pour recommencer, mais le grésillement énervant s´arrêta brutalement pour laisser place à des sortes de gémissements étouffés et plaintifs, alternés de cris plus ou moins lointains. La voix était aiguë, mais impossible de dire le sexe de la personne. Kritchen et Dante regardèrent l´appareil avec surprise et dégoût.
- . ..W-Will ! Will ! appela sans succès le Trône.
Les parasites revinrent. Il coupa la transmission, mais mu par un sombre pressentiment, il tenta de contacter les autres équipes, sans plus de réussite. Seul un brouhaha de grésillements lui répondait. Dante constat que quelque chose de nouveau était apparu dans son regard.
- On dirait bien que vous êtes tout seul à présent.
- Mes hommes sauront bien se débrouiller par eux-mêmes, ils sont bien entraînés. D´ailleurs, vous aussi, vous êtes seul, Dante.
- C´est possible. Sauf que moi, contrairement à vous, je suis capable de m´en sortir ainsi.
- Puis-je poser une question ? fit Kritchen, soudain sombre.
- Vous en avez le droit.
- Pourquoi ce carillon vous a-t-il surpris ?
- Parce qu´il a sonné neuf coups. Et qu´il ne doit pas être plus de sept heures et demi.
Kritchen baissa rapidement les yeux sur sa montre avant de les repointer sur ceux de Dante.
- Votre montre, elle marche ?
- Que voulez-vous dire ?
- Regardez.
Elle s´était arrêtée sur 7 heures 05. A peu près l´heure à laquelle il était entré dans l´hôtel. Pris à son tour d´un doute, il prit son portable sans quitter sa proie des yeux. L´appareil était complètement à court de batteries, alors qu´il venait juste d´être rechargé.
- Bon Dieu, que se passe-t-il ?
- Je ne sais pas... Mais je n´aime pas ça.
- Moi non plus. Vous devez bien avoir une idée quand même ? On vous a bien envoyé ici.
- Pour une surveillance. Pour empêcher les civils d´approcher, comme vous.
- Je ne suis pas un civil. Je viens chercher quelqu´un, une femme. Vous l´avez peut-être vue ?
- Vous pouvez la chercher longtemps ! Il n´y a plus personne ici depuis deux ans au moins ! Ahahahahahaha !
Dante appuya un peu plus sur sa lame.
- Eh bien, je vois que vous avez effectivement bien des choses à me dire.
- Ecoutez, je vous propose quelque chose. Je vous dis en partie ce que vous voulez sur cette saloperie de ville...
- Et en échange ?
- . ..Vous m´aidez à retrouver mes hommes.
- " ... Cherche longtemps... Tu crèveras avant..."
Ils baissèrent les yeux vers la radio. Elle s´était remise en route. La voix, perdue au milieu de grésillement ressemblant à des gémissements, était rauque, sourde, animale.
- " ...Ils sont à moi... Cherchez... Mes Anges... nges... Crevez tous ici..."
La radio se coupa pour de bon, laissant les deux hommes se regarder bêtement, trop surpris encore pour dire quoi que ce soit. Cette voix dégageait une telle... une telle aversion, une joie malsaine... De la perversité presque.
- Laissez-moi deviner, l´angelot... Ce n´était pas un de vos hommes.
- Brillant, monsieur Dante, répondit-il ironiquement. Puis, retrouvant son inquiétude : C´était la fréquence de mes hommes. S´il a mis la main sur l´une des radios, c´est qu´il a capturé l´une de mes équipes. En tant que chef, vous comprendrez que je ne peux pas laisser faire ça... Vous disiez que vous cherchiez une femme ?
- Une meurtrière.
- Eh bien, j´ai l´impression qu´elle n´est pas seule.
Dante comprenait ce que ressentait Kritchen. Son revirement presque trop soudain n´était motivé que par l´inquiétude. Lui-même, depuis que le carillon avait sonné, sentait un picotement insistant sur sa nuque et le malaise se renforcer, comme si la nuit avait apporté quelque chose de dangereux sur la ville.
- Combien ?
- 3 équipes de deux. L´un de mes hommes est au sous-sol. Les autres sont dispersés en ville, à l´ouest et à l´est. Vous savez vous battre visiblement. Vous acceptez ma proposition et je vous dis ce que je peux sur votre femme.
- Je rajoute en supplément des infos sur votre patron.
- Nous verrons.
- C´est cela ou vous vous débrouillez tout seul.
- Je dirai ce que je voudrais bien vous dire, il n´y a pas à négocier. Ce type a mis la main sur l´une de mes équipes sans doute possible, donc sur nos armes. Je ne pense pas qu´avec votre épée de chevalier, vous pourrez faire grand-chose contre des fusils d´assaut automatiques.
- Un point pour vous. Mais qui vous dit que je n´ai que ça comme arme ? Après tout, c´est à vous qu´il a l´air d´en vouloir.
- Et qui vous dit que le malade ne vous écorchera pas vous aussi ? Et qu´il ne vous mènera pas à votre meurtrière ?
- Nous aurions donc des intérêts communs... Très bien. Tant que ce sera le cas, je veux bien vous aider à rassembler vos brebis égarées.
Il abaissa Alastor. Kritchen attendit quelques secondes avant de faire de même avec son arme.
- Merci.
- Plus tard la sensiblerie. Allons déjà chercher votre gugusse qui joue les rats à la cave.
Kritchen fit quelques pas en avant. Dante se tourna vers le fond du couloir.
- Laura, tu peux venir ! appela-t-il.
Il ne savait pas où elle s´était cachée, mais elle ne devait pas être bien loin.
Il la vit arriver très vite, le visage inquiet rivé sur le Trône. Elle s´arrêta net lorsqu´il se retourna, ouvrant des yeux ronds comme des soucoupes.
- Un loup de la Wolfen ! balbutia-t-elle.
- Le Patient 0 ! lâcha Kritchen.
---------------------- à suivre
je suis trop défoncé waouuhh . .euh.. salut ! ça va ? isatis salut et salut silent ça roule? je reviendrai plus souvent mais être étudiant c´est chiant et ca prend du temps... ![]()
Salut à tous !
Bien content de te revoir aussi Nirvana, on comprend que tu puisse pas toujours venir, je suis aussi étudiant mais g la chance d´avoir des ordi à disponibilité durant mes heures de diné alors j´en profite pour venir faire un tour normalement et parfois le soir, comme aujourd´hui. Mais content que tu vienne faire un tour.
Alpha, c´est dommage que tu n´accroche pas à SH GT, mais je peux comprendre. C vrai qu´il est plus éloigner du jeu mais je trouvais que j´avais fait le tour de mon imagination dans la ville alors je m´en suis éloigner, élargit mes horizon. Mais en discutant avec ma cousine qui figure dans la fic, j´ai trouvé assez d´inspiration pour revenir à SH et me rapprocher un peu plus du style que j´utilisais dans SHE!. Mais je suis content de ton honnêteté. Certain se serait contenter de dire qu´il aimait sans plus ou de dire qu,il n,aimait pas sans explication. Je suis content qu´on ne puisse plaire à tous hehe! Au début j´avais l´impression de tourner en rond mais maintenant g trop d´idée morbide pour faire la suite ! Juste pour savoir, tu l´as lu jusqu´où ?
Et pour Isatis, je gardais le meilleur pour la fin, tu es sacrément doué ma grande, c´est excellent! Je n´es pas encore tout lu, juste la moitié par manque de temps, mais j´adore ! Je vais lire le reste plus tard mais c un vrai délice pour l´esprit ! Je n´ai pas été dessus d´attendre autant ; )
Une chose comme ça... parfois je me retients un peu pour utiliser certaine expression que j´utilise habituellement ou je les remplaces parce que, par écrit, je me demande comment ça serait perçu. Comme par exemple, quand g écrit ma grande, normalement, c ma belle mais comme je ne connais pas Isatis personnellement, j´avais peur que ça passe matcho. Alors si parfois vous trouver mes expression bizzar, c´est que j´ai employé un subtitu. Moi aussi quand je reli mes message j´en trouve quelques-uns un peu bizzar par rapport à mon language habituel !
Magnifique ce joli et assez long chapitre !
On en redemande !
Et sinon Fulang, en fin de compte, j´aime assez ta fic, je l´ai continué ( jusque dans l´avion qui mène à Paris) et c´est bien...
Je suis content de te l´entendre dire, en fiat, suite à ton dernier message, je suis justement entrain de modifier certains éléments sans m´éloigner de mon ambiance particulier pour revenir à la source de sh...
Salut Nirvana. Je te comprends, moi-même je n´ai plus une minute pour écrire, c´est... CHIANT ! T_T
J epense que la suite de LNE viendra vers la fin de la semaine prochaine, je vais me pencher sur Un Oiseau Bleu là avant tout ( mo nautre fic, que je veux courte, donc... ) .
Une nouvelle fiction sur SH ?
Absolument pas lol C´est une fanfic sur Aphrodite, de Saint Seiya. Je l´ai mise sur l´autre forum si ça t´intéresse...
Humph... droit de rever quand meme ^^
Sinon, ma fic de SH sous sorte de mémo est presque terminée et j´en envisage une bientot.
Bon, la partie est prête mais... raah, je suis trop crevée pour corriger les fautes, donc je la publierai demain. Maudit soient mes cours > .<
Dah, je comprends bien ton cas bien que ça me déçois tout de même. Mais bon, je suis compréhensif et je vais attendre ; )
Après tout, je suis au étude aussi alors je comprend ça !
En fait, j´ai décider ce que serait ma prochaine fic et se sera une Web Serie. C un contacte qui m´a parler de cela et, si tu connais pas, c du même genre que Fan Fic mais c comme une série télé écrit en texte. Je vais la faire sur Angelirium mais je te donnerai la place ou elle sera parce que je doute que ce soit ici.
Bon snag, les profs vont me tuer à force... Mais comme promis, voilà ( enfin ) la suite ! Pas évidente, je pense m´en être mal sortie, mais bon...
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Partie 12 : Par Le Corps du Christ, partie 2 : Corps
( ...)
Te souviens-tu de moi ?
Perdu si loin...
Seras-tu de l´autre côté ?
Me pardonneras-tu ?
( Reviens à moi, sauveur )
( je veux MOURIR )
Mes blessures appellent ma tombe.
Mon âme pleure, pour la délivrance.
Serai-je refusé ?
Evanescence - My Tourniquet
- Qu´est-ce que... Qu´est-ce qu´il fait là ? ! reprit Laura après un moment de silence.
- Je pourrai te retourner la question, la mioche !
- Je te parle pas à toi, espèce de méchant ! répliqua-t-elle en lui tirant la langue.
- Méchant ? Ce qu´il ne faut pas entendre !
- HE !
La poussée de voix de Dante les fit instantanément se calmer et le regarder. L´homme aux cheveux blancs se retrouvait pris entre deux personnes ne se supportant pas, se connaissant, et surtout... des tonnes de questions.
- Vous allez la boucler tous les deux ! continua-t-il en essayant de garder un calme déjà largement entamé.
- Mais, Dante...!
- Laura, la ferme.
- Bien parlé, renchérit Kritchen, qui ne semblait pas non plus apprécier les cris des enfants.
Dante lui lança un regard noir qui lui fit ravaler sa salive involontairement. Laura se rapprocha doucement de lui.
- Reprenons dans le calme, voulez-vous... D´abord, toi, Laura. Tu as dit quoi ? ! Ce type est de la Wolfen ?
- Euh... Oui...
- Et tu le savais évidemment avant même que nous arrivions, je me trompe ? C´est pour cela que tu ne voulais pas venir toute seule ici, tu savais que tu tomberais sur eux ! Pourquoi n´as-tu rien dit, bon sang ?
- Ça n´aurait rien changé ! Que tu le saches ou pas, ils auraient toujours été là ! Il y a deux ans, après que James soit parti, ils ont débarqué et ils ont voulu m´emmener ! J´ai pas voulu, je suis partie !
- Très bien... Kritchen, je pense que vous pouvez donner votre version à présent. Pourquoi avez-vous dit que c´était le " patient 0 " ?
- C´est confidentiel.
Dante leva Alastor au niveau de la gorge du militaire.
- Oui, et ça le restera à jamais si vous ne me répondez pas.
Ses yeux réduits à des fentes par la colère encouragèrent Kritchen à parler. Il y avait quelque chose d´étrange avec ce gus armé d´un glaive, quelque chose qu´il n´avait jamais ressenti avec personne. Il avait l´air de contrôler encore son envie d´emplafonner le premier venu, mais au vue du ton de sa voix ( qui venait de baisser de deux octaves en moins de deux minutes ) , cela ne durerait pas. William s´éclaircit la voix, essayant de se donner une contenance.
- Baissez ça... On nous a demandé de mettre la main sur le Patient 0, une petite fille qui a disparu de Silent Hill il y a deux ans. A notre arrivée, elle a réussi à se glisser entre les mailles de nos filets et à disparaître dans la nature, mais l´ordre de recherche est resté valide. Je ne pensais pas, sincèrement, qu´elle reviendrait un jour à Silent Hill.
- Pourquoi la recherche-t-on au juste ?
- Je l´ignore.
- Vraiment ? Vous voulez me faire avaler que vous pourchassez une gamine de 10 ans juste par plaisir ?
- Je ne vous mens pas. C´est une information classée Niveau Domination. Je n´y ai pas donc pas accès. Notre ordre à nous autres restés sur place, c´était de trouver le patient et de le remettre aux personnes compétentes. Je savais juste qu´il s´agissait d´une petite fille blonde d´une dizaine d´années, qui avait vécu ici.
- Votre patron a l´air bien renseigné, dites-moi.
- C´est une personne... à laquelle il vaut mieux ne pas se frotter, monsieur Dante. Et cela ne vous avancerait à rien de savoir son identité.
- Vous pouvez au moins m´en dire plus sur la Wolfen, non ?
- . .. Je vous ai dit que je vous dirai certaines choses, mais seulement si nous retrouvons mes hommes. Je n´aime pas perdre mon temps, et pendant que nous restons ici à bavarder, ils sont aux prises avec l´autre malade que nous avons entendu tout à l´heure.
- Un point pour vous. Laura, reste près de moi. Kritchen, on vous suit.
Kritchen jeta un regard à la petite fille qui se réfugia derrière Dante, avant de hausser les épaules et de se mettre en route. Si on lui avait dit qu´il trouverait dans le même jour un pseudo-chevalier gothique et le Patient 0 à Silent Hill, il n´y aurait pas cru. Mais quelque chose semblait ne plus tourner rond en ville de toute façon. Il n´avait pas pour habitude de paniquer ou de s´inquiéter pour ces hommes lorsque le contact était coupé, cela arrivait même souvent à cause des collines avoisinantes... Mais la découverte du camp désert de l´équipe Bêta et cette voix bizarre à la radio lui avaient enserré le coeur d´un sombre pressentiment. Il ne croyait guère aux prémonitions et autres tours de cirque, mais... il se sentirait mieux lorsqu´il reverrait ses troupes devant lui, au grand complet. Ensuite, il aviserait concernant le Patient 0. Une enfant ne serait pas dure à maîtriser cette fois, il suffirait d´occuper ailleurs le protecteur sorti de nulle part.
Ils prirent les escaliers, commençant à redescendre vers le rez-de-chaussée.
- Alors, super-scout, je vous écoute, déballez votre sac, ordonna calmement Dante.
- Je commence par quoi ? Ma naissance ou la chute de ma première dent ? ironisa Kritchen.
- Commençons plutôt sur cet endroit. Pourquoi y a-t-il eu des travaux de rénovations ?
- C´est vieux, vous savez.
- Un petit effort ne vous tuera pas.
- . .. Ça remonte à deux ans, lors de notre arrivée. Visiblement, il y avait eu du grabuge ici. Un massacre. Il y avait des morceaux de corps collé un peu partout si vous voyez ce que je veux dire. Une équipe spéciale a été envoyée pour tout remettre en ordre... un peu partout... Mais les travaux ont été suspendus à ce que je sais.
- Pourquoi ?
- . ..Des superstitions idiotes. Ils disaient que l´eau qui coulait partout les empêchait de bosser. Et qu´une voix les sommait de partir... ou...
- Ou ?
- . .. de soi-disant la rejoindre à la cave pour mourir. Pfff, les gens qui restent ici trop longtemps sans avoir les nerfs assez solides craquent, c´est connu. C´est tellement isolé ici, tellement... triste dans un sens... qu´ils pètent un câble et inventent toutes sortes d´histoires pour rejoindre leurs pénates au plus vite. Bref, que ce soit vrai ou pas, ils ont refusé de reprendre les travaux et on a finalement tout laissé en état.
- C´est tout ?
- Pourquoi voudriez-vous qu´il y ait autre chose ?
Kritchen avait dit cela avec tant de sincérité dans sa voix que Dante doutât qu´il le trompait. L´histoire de la voix... C´était un peu trop facile que cela s´arrête comme ça, brutalement. Si quelque chose s´était produit, cela avait été soigneusement étouffé.
- Et cette cave, elle a été travaillée ?
- Non. Elle a toujours été inondée, même après qu´on eut coupé l´eau ! Un vrai miracle de la Nature comme diraient certains, vous savez, un peu comme ce caveau en France, qui se remplit continuellement. Et comme l´électricité y est coupée depuis belle lurette, le seul moyen d´y voir quelque chose, c´est d´y aller avec une torche... Crapahuter dans de l´eau dégueulasse avec juste une lampe pour s´éclairer, je comprends que cela puisse rebuter. De toute façon, c´est pas un endroit... très agréable à fréquenter.
- Vous y avez déjà été ?
- Une fois. Il a fallu qu´on embarque un cadavre.
- Qui est-ce ?
- Si je me souviens bien... Ah, c´est vieux... Hum... On l´a identifié comme étant le corps d´Angela Orosco. Une jeune fille qui vivait à Silent Hill dans son jeune temps.
- L´une des personnes dont quelqu´un s´est évertué à effacer l´existence...
- Si vous le dîtes... Moi, tout ce que je sais, c´est qu´on l´a sortie de cette foutue cave dans un sac plastique. Visiblement, elle s´était immolée.
- " Visiblement " ? C´est vague ça.
- Les légistes ont jamais pu déterminer exactement de quoi elle avait cramée, ça vous va ?
- Comme c´est bizarre en effet... Comment quelqu´un peut-il mourir carbonisé dans une cave inondée ? Avouez que c´est étrange.
William se retourna vers Dante alors qu´ils étaient sur le haut du grand escalier.
- Ecoutez, moi, je me fous de savoir comment elle est arrivée là, compris ?
- Je me pose simplement des questions, répondit innocemment Dante. Et par hasard, auriez-vous trouvé d´autres macchabées dans cette charmante bourgade ?
- . .. C´est...
- . ..confidentiel, je sais. Je vous ai dit aussi de faire un gros effort.
- . ..5 en tout. Et certains étaient là depuis longtemps.
- Continuez. J´ai certains noms en tête, ça vous aidera, vous et votre mémoire capricieuse. Harold Mason ?
- . .. Lui... Une équipe a retrouvé un corps pouvant lui correspondre dans une maison en ruines, plus au nord, presque à la sortie de la ville. Dans la cave. Tous les os réduits en compote et brûlé au quarantième degré, s´il existe.
Dante mémorisa les informations lacunaires et raya mentalement le nom de sa liste. Peut-être que le Grilleur avait finalement commencé sa carrière non à New York, mais bien ici, à Silent Hill, avec ce bon père de famille...
- Vous n´êtes pas sûr que c´était lui ?
- Tellement décomposé qu´il avait passé selon les experts à peu près 2 ans. Il était presque momifié.
Laura émit un gémissement dégoûté, espérant faire cesser cette conversation. Dante lui jeta un regard curieux, lui posa une main sur l´épaule pour la rassurer. Il fallait qu´il sache exactement si tous ceux qui avaient disparu dans la région avaient ou non été retrouvés. Peut-être l´un d´eux avait-il survécu et pourrait lui en dire plus sur le Grilleur, si ses soupçons se confirmaient.
- Vous avez quelqu´un d´autre ?
- Eddy Broslovsky, vous l´avez retrouvé ?
- Eddy... Il me semble... Un petit gros avec de l´embonpoint ?
- Je ne sais pa,s je n´ai que son nom.
- Bref, on l´a retrouvé criblé de balles près de l´embarcadère 5. Un règlement de compte sauvage sans doute.
- C´est James... C´est James qui l´a tué.
Les deux hommes se tournèrent vers l´enfant, qu iavait parlé d´une voix presque étouffée par la déception et la lassitude.
- James a tué Eddy... Parce qu´Eddy était fou... J´avais essayé de l´aider pourtant... Mais il n´a jamais voulu écouter.
- Comment le sais-tu Laura ?
- Je le sais, c´est tout.
- C´est vrai que les balles correspondaient à celles du pistolet que l´on a retrouvé sur le corps de James Sunderland, coupa Kritchen.
Laura et Dante écarquillèrent les yeux en un ensemble parfaitement symétriques.
- James Sunderland est mort lui aussi ?
- C´est... C´est pas vrai, il ment, Dante !
- Ferme-la morveuse, je sais ce que je dis !
- Menteur ! James est parti, il est parti en voiture ! !
- Je sais, c´est mon équipe qui l´a sortie de la flotte, sa Cobra 1989 !
Moment de silence chez l´enfant. De rapides mouvements des yeux indiquaient qu´elle réfléchissait à toute vitesse pour essayer de reconstituer le puzzle d´un passé qu´elle pensait connaître.
- Il a eu un accident ? reprit Dante pour briser le silence tendu.
- Oh ça non. On n´a retrouvé aucune trace sur la route indiquant un quelconque problème et la bagnole était en bonne état. Il s´est balancé dans le lac de son plein gré. Lui et son passager. Visiblement, c´est lui qui a fait un carton et a flingué les autres... Pour une raison X ou Y, il s´est suicidé avec sa dernière victime.
- Qui était ?
- Mary Shepard-Sunderland.
- MENTEUR ! hurla Laura en se précipitant sur lui.
Elle se mit à taper sur son ventre de ses petits poings serrés, les yeux fermés et la voix presque hystérique, scandant chaque syllabe avec force pendant que Dante essayait de la maîtriser.
- Tu n´es qu´un menteur ! Men-teur ! Mary est vivante, elle l´a toujours été ! !
- Laura, calme-toi voyons ! Laura !
- Dante, c´est qu´un menteur, Mary était pas avec James, je l´ai vu ! ! C´est qu´un menteur ! !!
- Eh, retenez votre pitt-bull !
- Kritchen, bouclez-la pour le moment, j´ai déjà assez de mal comme ça.
Il réussit finalement à entourer la gamine de ses bras forts et à serrer, de manière à la plaquer contre son torse, lui immobilisant les bras. Laura pleurait nerveusement et ses sanglots ne tarissaient pas. Elle essaya de se libérer mais renonça rapidement et baissa piteusement la tête pour masquer - vainement - ses larmes. Dante ne la relâcha que lorsqu´il fut sûr qu´elle ne se rejetterait pas sur le Trône à la première parole échangée. Il se mit précautionneusement entre lui et l´enfant avant de l´encourager à continuer d´un mouvement de menton.
- . .. Voui, donc je disais... que l´on avait retrouvé deux corps dans cette voiture, l´un à Sunderland et l´autre à sa femme.
Il s´attira un regard meurtrier de Laura.
- Mais... Comment dire... Quelque chose clochait avec ce corps-ci. Il était mal formé, mutilé presque, bien plus décomposé qu´il ne l´aurait dû l´être en restant si peu de temps dans l´eau. Les experts ont embarqué les deux corps et ceux des autres et voilà, vous savez tout. 5 corps en tout.
Dante observa un moment de silence, surveillant discrètement Laura du coin de l´oeil. Les révélations du Trône mettait à mal les déclarations de la petite et les suppositions qu´il en avait tirées. Le Grilleur ne pouvait être Mary, puisque son corps avait été retrouvé. Et il ne pourrait s´assurer de ce qu´il s´était passé ici deux ans auparavant auprès de James puisque celui-ci était mort aussi, ainsi que les deux autres personnes ayant disparu à cette époque-là, Angela et Eddy. Restait ensuite ce corps supplémentaire. Harold Mason. Que faisait-il dans une maison abandonnée à la lisière de la cité, sans sa fille ?
- Kritchen, vous n´avez pas retrouvé d´autres corps ? Vous en êtes certain ?
- A moins qu´ils soient enterrés, non, c´est les seuls. Pourquoi ?
- Rien, une idée...
Il y avait 5 morts. Mais 3 manquants à l´appel et volatilisés dans la nature. 3 pouvant être le Grilleur. Lisa Gardland... Cybil Bennett... Et la fille de Mason, celle qui n´était même pas enregistrée au fichier des disparus. Il se reprit. D´après ce qu´il en avait vu dans la voiture, la gamine devait être encore plus petite que Laura lorsqu´elle était arrivée en ville. Malgré le décalage d´années, il était impossible de penser qu´une mioche puisse se mettre à tuer de manière si spéciale à 2 jours de route de là. Toujours est-il qu´elle n´était pas aux côtés de son père lorsque celui-ci était mort et que visiblement, personne ne savait ce qu´elle était devenue. Que penser alors des deux autres ? Lisa et Cybil, deux tueuses potentielles. Elles avaient l´âge, l´expérience, le parcours. Ses deux nouvelles proies. Il devait découvrir ce qu´elles étaient devenues. Elles étaient venues à Silent Hill, mais y avaient survécu. Il devait comprendre. Elles seules détenaient toute la vérité sur les évènements qui s´y étaient passés.
- Eh, le penseur !
La voix de Kritchen le fit sursauter. Il avait déjà descendu l´escalier et l´attendait. Il tendit le bras.
- La cave est là-bas, venez. Vous attendez le Déluge là-haut ?
- Non, je réfléchis, mais c´est un concept qui doit vous échapper, répliqua-t-il dans un sourire ironique.
Kritchen préféra ne rien ajouter et partit en avant.
- Dante...
- Oui, Laura ?
- Je te jure... Je te jure que Mary est vivante ! Je la vois dans mes rêves ! Je sens qu´elle est vivante, quelque part ! Je sais qu´elle était à New York, tu dois me croire !
La gamine s´échinait à lui faire des yeux de bichon maltais à la SPA sans même s´en rendre compte. Sa voix était suppliante et son regard, encore brillant de larmes. Il s´accroupit à sa hauteur.
- Laura, je ne dis pas que tu mens.
- Mais tu le crois plus lui !
- Comment peux-tu " sentir " qu´elle est vivante ?
- Je sais pas... Tu sens pas toi, quand les gens que tu aimes sont vivants ?
Il ne pouvait la contredire sur ce point. En permanence au fond de son coeur, la présence, la vie de Trish vibrait comme un brasier fou.
- Mais toujours est-il que tu as entendu ce qu´a dit le scout. Les morts ne reviennent pas, Laura... Même... Même si on le souhaite très fort.
- Toi aussi, tu as perdu des gens que tu aimais... Mais tu veux pas comprendre.
- Comment tu sais ça ?
- Je le sens, c´est tout. Dante, la Wolfen, ce n´est pas des amis ! Il y a deux ans, quand ils sont venus, ils... ils faisaient tellement de bruit ! Ils étaient tellement méchants ! Il y avait ceux en noirs aussi, ils surveillaient...
- Laura, tu sais, le massacre dont il a parlé... Tu y as assisté ? Tu as vu ce dont il parlait ?
- . ..
- Laura...
- . ..Pas... Pas au début, souffla-t-elle.
- Que veux-tu dire ?
- Rien. C´est pas important. Dante... Le laisse pas m´emmener, s´il te plaît ! Je veux pas aller avec lui !
- Eh, du calme, je ne le laisserai pas poser une patte sur toi. Je t´ai dit qu´on rentrerait ensemble et je tiendrai parole. Allez, allons le rejoindre.
Laura accepta d´un hochement de tête et le suivit sans mot dire.
Les travaux allaient bon train, les ouvriers redoublant même d´efforts lorsque le temps se faisait aussi chaleureux qu´aujourd´hui. Il n´y avait pas eu d´infiltration aujourd´hui et pour une fois, ils avaient eu l´impression que leur travail fastidieux de remise en état avait servi à quelque chose. Ils étaient 3 dans cette portion de l´étage et discutaient à voix basse. Il ne fallait pas laisser le silence s´installer car alors... On disait qu´on pouvait entendre la voix d´un homme vous murmurer à l´oreille de venir la rejoindre. Leurs supérieurs les traitaient de superstitieux et de fainéants, mais eux savaient bien ce qu´ils avaient entendu, et ils savaient bien également à quel point leurs efforts étaient souvent réduits à néant par une brusque et inexplicable infiltration d´eau malencontreuse. Il fallait souvent changer les équipes, car beaucoup craquaient sous la pression de l´hôtel. A croire qu´un fantôme le hantait bel et bien. D´ailleur,s certains disaient l´avoir aperçu... au troisième étage... ou au sous-sol... Il fallait être fou pour descendre là-dedans. Les fils électriques à nu donnaient toujours l´impression de vouloir se remettre à bouger.
Un homme déboula soudain, à bout de souffle.
- Merde, venez vite !
- Qu´est-ce qu´il y a ?
- C´est le nouveau !
- Ben quoi, il a fait une connerie ?
- Il a dit que Patrice lui a demandé d´aller à la cave !
Les trois hommes se figèrent, blêmes.
- Mais Patrice est malade aujourd´hui !
- Il a filé avant que je le retienne, et...
- Eh, c´est pas aujourd´hui qu´ils essaient de remettre le courant dans l´hôtel ? !
Un étrange cri étranglé, guttural, se fit soudain entendre, au milieu d´un concert d´explosions.
La cave était en fait le nom générique donné au vaste sous-sol du Lakeview hôtel. Comme l´avait brièvement présenté Kritchen, il ne faisait pas bon de s´y balader, mais Dante se rendit vite compte que cette description était en dessous de la vérité. L´endroit était lugubre et silencieux, seul le son de l´eau stagnante se faisant entendre. Les deux hommes durent néanmoins vaincre la désagréable sensation de sentir leurs jambes être happées par le liquide épais pour pouvoir progresser. Laura avait refusé de descendre le long de l´escalier sombre et avait fait tant de bruit qu´ils avaient finalement été plutôt soulagés de la laisser en arrière.
Kritchen avançait en tête, balayant les environs de sa lampe dans un mouvement inverse à celui effectué par Dante. L´eau recouvrait vraiment tout le sous-sol et rongeait les murs, les recouvrant d´un filet d´algues verdâtres peu ragoûtant. Il régnait une odeur bizarre, mélange de renfermé, d´humidité et de moisi, alors qu´au fond de l´eau s´était déposée une sorte de vase gluante. La plupart des portes étaient fracassées mais aucun des deux explorateurs n´avaient envie de vérifier e contenu des pièces ainsi mises à nu. Kritchen avait appelé à plusieurs reprises William, mais sans obtenir une quelconque réponse. De toute façon, il n´avait fait ça que par réflexe : le silence régnant dans le sous-sol, en-dehors des bruits de leur propre avancée, trahissait l´absence de mouvements. Si Will avait été ici, il n´y était plus. Le Trône sentit le regard mauvais resserrer son emprise sur son coeur et il réprima un frisson de dégoût. S´il n´y avait pas eu Dante avec lui, jamais il ne se serait aventuré là-dedans aussi loin. On avait l´impression que quelque chose de malsain se cachait dans l´eau et ne guettait qu´un faux pas pour en sortir.
Dante observait l´eau avec attention. Son odorat plus fin que la normale lui révélait une odeur piquante, mais dissimulée derrière celle de moisissure... Elle venait de l´eau... Mais dans la noirceur, et malgré sa lampe, il n´arrivait pas à bien saisir les teintes du liquide. Il tapa soudain au dos de Kritchen et se prépara à l´incendier quand il aperçut ce qui avait attiré son attention.
Une sorte de large peinture étalée sur le mur nu le plus éloigné de l´entrée. Les couleurs en étaient ternes mais ce n´était pas dû à l´eau environnante. Elle ne semblait ni vieille ni récente, elle paraissait simplement posée là qui cela avait toujours été sa place.
- Vous avez déjà vu un truc comme ça ?
- . .. Ça me rappelle cette peinture au troisième étage, maugréa Dante.
Sa nuque s´était hérissée d´aiguilles gênantes lorsqu´il avait commencé à s´approcher du dessin. A mieux y regarder...
- Vous avez raison... Elle est pareille... On dirait... On la dirait vivante... Et elle est morbide...
Dante ne pouvait qu´acquiescer. Du fond noir émergeaient 6 silhouettes a priori humaines, armées de lourds glaives ressemblant à des versions king size de couteaux de boucher. Les personnages avaient de plus revêtu une sorte de masque triangulaire masquant leur tête, et formaient une espèce de demi-cercle, duquel émergeaient trois autres silhouettes fantomatiques à la blancheur presque éblouissante. Trois êtres à la longue chevelure, parés d´ailes semblant se fondre les unes dans les autres en une danse étrange. Bizarrement, les trois masqués les plus à droite étaient presque transparents. Surmontant la sensation presque douloureuse qui harcelait son cou, Dante s´approcha du tableau pour vérifier un doute alors que Kritchen relevait sa lampe au-dessus de la peinture et lisait avec difficulté l´inscription qui y était faite.
- " Que nos ailes s´étendent, Nous sauverons ou Nous périrons " ... Brr, c´est de plus en plus lugubre...
- Et ça le sera encore lorsque je vous dirai ce qu´y est collé sur l´un des hommes à têt de pyramide...
- Je ne suis pas sûr de vouloir y entendre...
Une odeur piquante et désagréable vint chatouiller ses narines. Le militaire se détourna du tableau pour essayer de déterminer son origine.
- Votre homme, il avait les yeux bleus ?
- Oui, pour...?
Kirtchen arrêta de bouger. Dante s´écarta du tableau.
- Me dîtes pas que...
- Les deux... Ecrabouillés sur le personnage de droite... Comme une offrande...
- Arrêtez, j´ai compris ! Mon dieu... Will... ( Il frappa la surface de l´eau avec violence, s´éclaboussant ) Enfoiré de fils de p**** ! J´aurais sa peau à ce fumier !
- Vous aviez raison, le type de tout à l´heure en après vos hommes. Espérons que les autres sont toujours en bonne santé...
Il releva sa lampe sur l´homme et baissa immédiatement les yeux, relevant la main qui baignait dans l´eau lentement, la fixant comme une bête curieuse.
- Quoi ? demanda Kritchen.
- Super-scout... Il ne faut pas rester ici.
Kritchen s´essuya le visage et comprit : du sang. L´eau était mêlée à du sang. Sans doute celui de Will. Dante se mit en route pour rejoindre la sortie au plus vite, suivi par un Kritchen déboussolé, qui, jetant des regards aux murs alentours, voyait soudain les traces sanglantes qui s´y étalaient encore...
L´horloge continuait son défilement inversé en silence.
Une jeune femme aux cheveux blond-roux était arrivée il y avait peu de temps dans la cour de l´école et s´était assise près d´Angela. Les forces la quittaient rapidement. Seuls son torse et sa tête restaient clairement visibles, le reste de son anatomie réduite à un amas flou. Même s´il ne le voyait pas, il pouvait également ressentir la présence d´un troisième individu dans cette école déserte. Il soupira. Sa vision se brouilla : pendant un court instant, le paysage devient brûlé, méconnaissable, aux teintes sanglantes... Puis l´instant d´après, revint la cour boisée de l´école élémentaire, avec ces trois pauvres hères dont la disparition n´était plus qu´une question de temps. L´un après l´autre. A mesure que s´égrenaient les secondes. Lui-même disparaîtrait dès l´instant où son frère vaincrait sur la ville. Mais il en était satisfait et impatient. Tout, mais ne plus être le jouet d´un être démoniaque. Jamais. Vergil leva ses yeux las vers le cadran. Deux heures. Deux heures pour vivre. " Survie grand frère, fais que je disparaisse " , pensa-t-il comme une prière.
L´horloge continuait son défilement inversé en silence.
----------------------- à Suivre
Au fait, " Protéger ou périr", c´est la devise des pompiers français ^^
Et encore pardon pour ce looong retard, mais franchement, je suis débordée ^^;;
L´attente fut fructueuse tout de même, j´ai bien aimé l´histoire des 5 cadavres et tout ça. En plus, c tout de même un long chapitre. Oui, tu ne perd pas trop de tes plumes même lorsque tu es déborder. Mais ne t´inquiète pas, comme je disais, je comprend ces retards, ça m´arrive aussi.
Well, prend ton temps pour ton prochain chapitre, ta réussite est plus importante que tout !
La prochaine partie ne sera pas aussi longue à venir heureusement ! C´est une partie qui m´inspire énormément, alors dès que je me suis débarassée de mon dernier dossier en cours ( jeudi normalement ) , je m´y colle ! ; )
Et si tu aimé les 5 cadavres... J epense que la suite devrait te plaire.