Lol, finalement, c´était la bonne police que j´avais vu, dsl, j´aurais pu te la donner mais j´étais certain que c´tait pas la bonne puisque le nom m´était totalement inconnu...
Vergil eut un sourire doux et triste. Laura, muette depuis le début du face-à-face, frissonna, les yeux tremblants. Ce n´était pas de la peur cette fois-ci. Elle comprenait enfin l´horreur de la situation. Elle sentait la douleur de cet homme revenu d´entre les morts dans le seul but de la tuer. Pour sauver tout le monde. En cherchant Mary et à combler sa propre peine, elle provoquait celle des autres...
" James, viens ! Tu as trouvé Mary ? Alors partons ! "
Elle avait déjà vu cela, sans jamais vouloir s´en souvenir. James. L´homme qu´aimait Mary, à la folie, plus qu´elle. Assis, face à un poste de télévision défectueux, dans cette chambre 312 à la lumière irréelle. Effondré. Elle qui s´approche et tente de le faire la suivre, en lui tirant la main.
" James ! Il ne faut pas rester ici ! "
Silent Hill qui se réveille, de plus en plus, qui se pare de ses sombres vêtements. Sa peur de petite fille qui domine. En sauver au moins un, l´homme qui mènera Mary à moi... Lui qui lève les yeux vers les siens.
" Laura, Mary n´est plus là. La Mary que tu as connue n´existe plus."
Résignation et désespoir dans ses yeux. Elle qui refuse de comprendre. Parce que dans ses yeux, tandis qu´il lui dit tout, elle ne voit que l´abandon et la vérité. James n´avait pas menti. Et c´est ce qui la perturbait tant maintenant.
Kritchen claqua des doigts devant son visage pâle. Elle sursauta.
- Eh, reviens sur Terre.
- Je réfléchissais, maugréa-t-elle.
- Regarde plutôt ça, ordonna le militaire d´un mouvement de menton.
La gamine tourna le regard derrière elle, dans la direction où se trouvait le lac. La nuit était noire et toute la ville était plongée dans les ténèbres. On distinguait seulement la lumière diffuse du phare, loin, très loin, perçant à peine la noirceur. La nappe de brouillard qui s´était formée au-dessus de l´étendue d´eau se rapprochait toujours. Elle était visible à l´endroit où devait se trouver la fin de Bachman Road, là où Guebura avait été défait. Et à présent, une mince brume basse tapissait le sol, se renforçant de minute en minute. Les rues désertes semblaient retentirent d´un son étrange, comme des murmures.
- Cette saloperie se rapproche, gamine. Je parie une de mes mains que c´est un truc hallucinogène, mais je parie l´autre que c´est quelque chose de surnaturel comme le coup du goudron changé en métal rouillé. Il y a deux ans, tu étais là quand on est arrivés, et tu t´es barrée sans qu´on ait pu te parler. Maintenant, je sais pourquoi le Séraphin te veut : t´es la seule qui puisse dire ce qui est arrivé à Silent Hill à cette époque-là. Je veux savoir pourquoi mes hommes sont morts. Mais d´abord, je veux savoir ce que c´est exactement ce truc. Tu as dit que c´était là il y a deux ans. Et je sais que tu en sais plus que tu le dis.
- . .. Ce... n´était pas si fort. On dit que c´est le Jugement de Dieu. C´est pas du brouillard. Je ne sais pas ce que c´est. Mais quand ça touche les gens... Ca fait voir des choses, ça aide Dieu à devenir fort. Si les gens sont gentils, il ne se passe rien de spécial pour eux, mais les méchants eux... On dit qu´ils voient l´Enfer.
- Et en quoi ça change la ville elle-même ? C´est bien ce que tu as dit, non ?
- Ça la fait devenir comme tout à l´heure, là où la femme était. Quand ça apparaît, Silent Hill change. C´est un endroit mauvais, mais c´est comme s´il dormait et se réveillait de temps en temps... Il... Il y a des choses étranges qui arrivent... Même des monstres qui rôdent dans les bois...
Au point où il en était, Kritchen était bien prêt à croire que le Monstre du Loch Ness existait et viendrait prendre un thé avec lui le lendemain. Cette chose avec une apparence de brouillard serait bientôt sur eux. Et chose inquiétante, le moteur de voiture se faisait de nouveau entendre.
- Sparda, on s´en tape de vos histoires de famille ! cria le militaire. Il faut se barrer avant d´être pris entre deux feux !
- Il a raison, Dante, intervint Vergil. Malkut se rapproche, il est aux portes de la ville je le sens... et aussi...
Un sifflement aigu le coupa soudain. Ils se tournèrent dans la direction de l´école, d´où venait le son. Une mince colonne de lumière rougeâtre s´éleva brièvement et le sifflement se tarit. Le murmure s´amplifia dans la ville vide. Des freins de voiture crissèrent soudain dans les tunnels servant d´entrée à la cité et le moteur s´éteignit définitivement. Un bruit de portière.
- Et merde !
- Vergil ?
- Là, on est vraiment dans la merde, et jusqu´au cou, Dante ! Les réceptacles humains des Anges ne sont que passagers ! En les possédant, ils peuvent en changer la forme, la nature !
- Ils recréent leurs corps...
- Oui, avec les pouvoirs qui y sont compris. C´est pour ça qu´on peut abattre les serviteurs de Dieu sans se servir de nos pouvoirs démoniaques. Mais les Anges eux... L´un d´eux vient de renaître. Netzah, la Beauté. C´est lui qui vient de renaître. Yesod et Binah seront eux aussi très bientôt là. Parce que les six Anges sont réanimés. Dante, il faut vite éliminer Kether et Tipheret. Des archanges, les Anges tirent à la fois leur puissance et leur survie. Si les archanges à qui ils sont dévoués disparaissent, ils mourront aussi !
- Des pyramides...
- Vous trahissez donc, Fils de l´Homme et du Démon ? retentit une voix emprunte de colère.
Vergil ne se retourna pas.
- Malkut, le Royaume...
- Dieu savait ne pas pouvoir vous faire confiance, mais dans Sa bonté, Il vous avait laissé vivre jusque là.
- Je n´ai pas trahi, puisque je suis toujours vivant.
Malkut émergea de la pénombre des tunnels routiers. Un jeune homme d´une trentaine d´année, châtain aux cheveux un peu longs. Il était couvert de sang. Un pistolet pendait à sa main, une lumière irisée s´y déplaçant rapidement. Il souriait.
- Dieu ne lit pas dans votre coeur. Mais le bras qui tient l´arme est aussi fautif que l´arme elle-même ; vous donnez le moyen à votre frère d´être cette arme. Mais comme vous l´avez dit, l´un des nôtres est déjà en train de marcher vers notre direction et sa renaissance entraîne une augmentation de nos pouvoirs... Et mes autres frères seront bientôt là eux aussi. Des hommes sont en chemin, ils seront de belles et nombreuses offrandes à notre Seigneur.
Kritchen sursauta. Des hommes ? Est-ce pour ça qu´il est autant badigeonné de sang ? Une explication possible lui vint à l´esprit tout de suite. Ses supérieurs, ne recevant aucune nouvelle, envoyaient la cavalerie. Et le Trône savait très bien en quoi elle consistait : la procédure Berserk. Au mieux, c´était l´extermination des vivants. Au pire, celle du lieu. Silent Hill était précieuse jusque là pour la société mère. Mais elle pouvait aussi souhaiter s´en débarrasser à présent.
- Sparda, c´est sans doute des équipes de ma compagnie.
- J´y ai pensé. Ça veut dire que ce sera un carnage.
- Je... pense pas que ce sera uniquement de leur côté, Dante ! Je vous expliquerai plus en route vers New-York, mais elles vont exterminer tout ce qui se présentera devant nous. Il y a deux ans, elles sont venues avant mon équipe.
- Compris, Kritchen. On s´attarde pas.
- Vous n´irez nulle part, Dante Sparda, annonça Malkut en s´avançant au niveau de Vergil. Vous avez choisi de vous frotter à Dieu, vous en paierez le prix par vos vies à tous les deux. Kether ne doit pas quitter Silent Hill avant le retour de Tipheret et Hesed. J´appliquerai votre châtiment. Vergil, frappez avec moi. Démontrez votre loyauté.
Dante se tourna vers Kritchen.
- J´en ai marre de ces confrontations à la con, pas vous ?
- C´est vous qui attirez les emmerdes.
- Sans vos hommes, on n´aurait pas ces chieurs sur le dos.
Malkut leva son arme.
- Assez de moqueries, Dante Sparda, vous n´échapperez pas à la sentence ains...
Un voile de lumière passa devant lui. Son bras se détacha quelques instants après du reste du corps. Malkut eut un mouvement de recul, dû à la surprise. Laura cria et se blottit contre le torse de Kritchen. Le Royaume jeta un regard incompris à son moignon goûtant de sang noir et visqueux, puis ses yeux sans vie s´animèrent de fureur en se tournant vers Vergil.
- Vous venez de vous condamner à mort.
- Je sais. Mais mon frère doit vivre pour vous exterminer.
- Vergil !
- Dante, t´occupe pas de moi ! Barre-toi d´ici ! Avec un blessé sur les bras et une fillette, tu ne vaincras jamais les 4 autres Anges à la fois, surtout Netzah ! Tu dois partir, trouver et tuer Tipheret ! Il se signalera lui-même, n´en doute pas ! Maintenant tu pars !
Malkut prit son arme tombée au sol. La lumière réapparut, plus vive, alors que le brouillard s´intensifiait. Vergil redressa son épée de lumière en position d´attaque. Une larme de sang coula de son oeil. Il sentait déjà sa force qui diminuait doucement. Vaincre Malkut était une question de temps à présent.
- Emmène Kether, Dante... Et fais-moi la promesse de la tuer après.
- Je ne peux pas faire ça, tu le sais.
- Monsieur Sparda n´ira nulle part de toute manière, coupa Malkut.
La lumière qui parcourait sa main frappa soudain le sol et s´éparpilla comme une toile d´araignée. Elle disparut et peu après, un tremblement secoua la rue. Le goudron se fissura en cercle large, laissant apparaître des grillages rouillés et abîmés, putrides. Les murmures du brouillard se muèrent en gémissements animaux. Toute retraite était coupée par les nouvelles barrières érigées. Dante pesta.
- Bienvenue dans le Royaume de Malkut, pauvres pécheurs !
Un Bras Gauche, maintenu par des chaînes enflammées...
Temps de torpeur, tu viens à expiration...
Un Bras Droit, retenu par des barbelés aiguisés...
Temps de supplice, tu viens à agoniser...
Deux jambes, percées de dards acérés...
Temps de souffrances, tu viens à commencer...
Des ailes aussi nombreuses que les étoiles, broyées par des mâchoires d´acier...
Temps de noirceur, tu viens à surgir de Ma gueule...
Un Coeur, arraché de sa poitrine mais continuant à cogner dans le noir, si fort, si près...
Temps des Hommes, tu viens à disparaître.
Il força sur Ses chaînes. Son grognement mourut dans Sa gorge. Ses Anges déployaient leurs ailes. Qu´ils les déploient encore, plus vite, plus fort ! Que le goût de la liberté Lui manquait ! Qu´Il avait hâte de sentir de nouveau le souffle du vent sur Lui, le goût du sang dans Sa gorge, d´entendre le bruit des os que l´on brise dans Ses mains ! Agarttha frissonna autour de Lui. Ses yeux dorés percèrent les ténèbres. Ses chaînes se fêlaient. Il hurla de nouveau. Mes beaux Papillons, frappez plus forts vos ailes ensemble, qu´elles détruisent cette demeure et Me rendent à la surface de ce monde !
New-York
- Trish, si ça se sait, je vais me faire virer, tu le sais ! Je t´avais dit demain.
- On n´a pas le temps. J´ai un pressentiment, Flush, du genre qui te réveille la nuit.
Grimpée sur les épaules du policier, elle finit de couper les fils qui l´intéressaient et referma le boîtier. Il l´aida à redescendre au sol. Alors qu´elle venait de se mettre au lit, son coeur s´était brutalement serré. Elle avait eu la conviction qu´elle devait partir de l´agence. Elle avait toujours suivi son instinct.
- Les caméras sont coupées maintenant.
- Et tu crois que ça ne mettra pas la puce à l´oreille au commissariat général ?
- Pas à cette heure-ci. Il est presque minuit. Flush, tu sais que je ne fais jamais les choses à la légère. Dans ces archives, je sais qu´il y a la clé du mystère entourant le Grilleur.
- Tu as de la chance que je ne sois pas marié. Sinon je serais resté chez moi tranquillement.
Le policier s´avança vers la porte d´entrée et chercha dans ses clés celle de la serrure.
Il avait téléphoné à son ami Joshua Cohen après l´appel de Trish. C´était l´un des responsables du bâtiment des archives. Ils habitaient non loin l´un de l´autre et Joshua, après quelques explications, avait accepté de lui laisser l´accès. Seulement, comme il était en arrêt maladie, il avait demandé à Flush de venir récupérer les clés pour le lendemain.
Les archives de la police étaient réunies dans un bâtiment sombre et discret au coin de la 14th Street et de Greenwich Avenue, à 800-900 mètres du commissariat central, situé sur East Broadway. On y conservait les documents relatifs aux enquêtes criminelles et des stupéfiants âgées au moins de 2 ans, ainsi que les affaires classées ou sans suite. On n´y trouvait que de la paperasse, mais, comme elle mettait en avant des personnes privées, publiques ou des sociétés, elles étaient surveillées par trois responsables, une dizaine d´aides et des caméras de vidéo-surveillance. Les dossiers, stockés aux sous-sols, s´étendaient sur presque trente ans et 350 kilomètres linéaires. Depuis six ans, on y rangeait également ceux des moeurs et de la section spéciale, celle des crimes sexuels. La plupart n´étaient jamais consultés une fois archivés, mais il était préférable de les conserver à portée de main.
Flush finit par ouvrir la porte et fit rapidement entrer Trish avant de refermer soigneusement derrière elle. Il la conduisit à l´ascenseur menant au premier des sous-sols. Il y en avait en tout quatre, trois étant découpés en salles, mais seul le premier était accessible mécaniquement, pour raisons de sécurité. Des escaliers prenaient le relais ensuite. Le policier alluma la lumière, mettant à jour d´immenses étagères où s´entassaient des cartons, numérotés et datés.
- Tu sais combien il y a de dossiers ici ? demanda Trish.
- Quelque chose comme 35 000.
- Sans le numéro des affaires qui m´intéressent, il ne nous reste que les années...
Flush n´avait en effet pas pu avoir accès à ces informations. Il n´avait aucune raison valable de les demander.
- Les cartons ne sont pas forcément dans l´ordre, certains policiers sont peu regardants sur le rangement, et on n´a commencé à les trier qu´il y a trois ans. Autant dire que les sous-sols 2 et 3 sont en foutoir.
- J´espère qu´ils ont une bonne machine à café ici... la nuit va être longue, soupira Trish.
---------------------------------- à suivre...
PS pour Expert : Voici ce que donne ton texte d´essai passé sur mon Bloc-Notes :
" texte d´essai concernant le copier/coller sur le logiciel works
ensuite les symboles me font également des préjudices E $ £ ¤ "
Le symbole " euro" ne passe pas.
Le grillage en équilibre précaire tremblait sous leurs pas, se penchant légèrement vers le vide à chaque secousse supplémentaire. Laura ferma les yeux, terrifiée par le vide sombre et rugissant qui s´étendait sous eux, tandis que Kritchen faisait tout pour ne pas baisser les yeux et les garder sur le manteau rouge devant lui. Le pont de fortune tint bon en dépit des apparences et ils mirent pied sur le béton ferme et rassurant. Ils ne ralentirent pas pour autant, se précipitant vers la moto garée à l´écart.
- " Ce ne sera pas si facile, Dante Sparda ! " hurla Malkut.
Il jeta son arme et leva le bras vers le ciel. Une décharge d´énergie rouge sang s´échappa de sa main rapidement et fonça sur le trio. Vergil sentit son souffle se suspendre.
- C´est quoi ça ? ! cria Kritchen.
Tout se para d´une lumière sanglante. Le sol trembla lors de l´impact et l´air devint brièvement étouffant de chaleur. Mais Malkut déchanta vite alors qu´un sourire éclairait le visage de Vergil. La décharge venait de frapper une barrière de protection érigée par Dante à une vitesse que l´ange ne soupçonnait pas. Le souffle du choc avait fait tomber son compagnon au sol, mais au moins, ils étaient tous vivants. Malkut se maudit d´avoir échoué.
- Toi... murmura Dante, les yeux plongés dans les siens. Toi, tu commences à sérieusement m´énerver maintenant !
Sans crier gare, il lui envoya une boule d´énergie qui frappa Malkut de plein fouet. L´ange s´effondra dans un cri. Vergil en profita pour lui enfoncer sa lame dans le ventre et le retenir au sol.
- Dante, file maintenant, tu n´auras pas d´autres chances, allez !
Le mercenaire ne dit rien. Il voulut s´imprégner de son frère durant ces dernières secondes. Graver ses traits à jamais dans sa mémoire. Pour ne plus jamais les oublier.
Kritchen se releva et le secoua, le tirant pour qu´ils se remettent en route. Dante s´y résigna sans un mot. La moto n´attendait qu´eux. Le mercenaire déposa Laura devant lui, et fit signe au Trône de s´asseoir derrière.
- Allez, on rentre à New York. Et je veux entendre tout ce que vous avez à me dire tous les deux, commanda l´homme aux cheveux blancs d´un ton glacial.
Le moteur vrombit de toute sa rage alors que l´étrange équipage disparaissait dans les tunnels menant à Jacob Heaven´s Road.
- " Pauvre... Dante Sparda... Vous savez qu´il... n´a aucune chance face à Tipheret", ricana Malkut en crachant du sang.
- Si, il en a une. Votre précieux archange est encore un humain. Un humain peut être tué. Tu l´entends, n´est-ce pas ?
Il fit lentement tourner la lame sur son axe, trouant plus profondément la chair de l´ange. Celui-ci eut des soubresauts nerveux.
- Les cris de Tipheret, reprit Vergil, la voix tremblante. Sa douleur... Sa souffrance.. Sa peur... Tipheret souffre continuellement. Son âme meurtrie hurle en permanence à mes oreilles. Vous autres, les anges, vous ne ressentez rien, vous n´êtes que du silence. Seules les âmes humaines hurlent si fort.
Une main froide enserra brutalement le coeur de Vergil. Il étouffa un renvoi, haletant. Il lui sembla que ses jambes tremblaient. Malkut rit, le contemplant de ses yeux sombres, un sourire sur les lèvres, tandis que le cadet de Sparda s´appuyait légèrement sur son épée.
- " Vous aussi ne serez bientôt que du silence, Vergil Sparda... Aaaah... Vous n´empêcherez rien... Tout a commencé il y a longtemps, c´est trop tard maintenant... Les hommes ont donné naissance à Tipheret... Ils veulent donner naissance à Dieu... Ce Dieu qu´ils méprisent autant qu´ils adorent..."
Il posa sa main sur la lame et poussa dessus avec une force qui surprit Vergil. D´un geste brusque, l´ange se retira l´épée du ventre et repoussa le démon à quelques distances. Il se releva lentement, le sang coulant de ses plaies.
- " ...Ce Dieu qui ne leur convient pas... Ils ont voulu faire Dieu à leur image, depuis toujours... C´est pour ça qu´ils appelleront toujours Samaël à eux... Parce qu´Il peut prendre toutes les apparences qu´ils souhaitent... Parce qu´ils ont besoin de se sentir dominer et diriger... Les humains ne sont que des bêtes de somme," conclut Malkut en se redressant complètement.
- Malkut, le Royaume... Toi, un Ange autrefois, toi, dont le nom est celui du Séphira protecteur des hommes, parler ainsi...
- " Je parle en toute connaissance de cause. Les humains sont idiots, Vergil Sparda. Sans un joug qui leur fouette le dos, ils se sentent désespérés..."
Une boule d´énergie sanglante grossit de nouveau dans sa main.
- " Ils ne changeront jamais... Et jamais ni vous ni votre frère ne pourrez modifier ça... Tant qu´il y aura des hommes, notre Dieu sera éternel."
Il ouvrit la main pour libérer son attaque, qui se dirigea droit sur le démon. Vergil la dévia d´un coup d´épée. Une partie du champ de combat s´effondra lorsque la décharge frappa le sol et explosa. Il banda ses forces pour se redresser lui aussi.
- Non, il y a une nuance, Malkut...
Il se concentra brièvement en fermant les yeux. Une aura bleutée l´entoura, grossit, devint plus lumineuse. Six morceaux s´en séparèrent, flottant au-dessus de celui qui les invoquait. Ils devinrent plus lumineux encore, aveuglant le Royaume, alors qu´ils prenaient la forme d´épées fantomatiques mais aiguisées. Vergil rouvrit les yeux. Dans un même mouvement, les lames se dressèrent vers Malkut.
- . ..Tant qu´il y aura des *anges*, il y aura un dieu pour les utiliser !
Quatre épées frappèrent brutalement Malkut, le clouant au sol en s´enfonçant dans son bras et ses pieds. Vergil s´approcha doucement, se servant de sa lame gigantesque comme d´une canne. Malkut le toisait toujours de son regard redevenu morne et terne. Lorsque Vergil s´immobilisa, les deux épées d´aura qu´il avait créées vinrent se placer au-dessus de l´ange, épées de Damoclès à la beauté stupéfiante.
- Avant que je te tue... Dis-moi Malkut... Dis-moi où se trouve Hesed, le dernier des Archanges... Dis-moi ce qu´ils sont exactement.
- " Quelle importance ? ... Votre frère n´est plus là pour l´entendre... et vous allez mourir aussi d´un instant à l´autre..."
- Je ne veux pas crever idiot, tenta de sourire Vergil.
La magie qu´il employait lui demandait beaucoup d´énergie. En l´utilisant, il réduisait d´autant plus sa courte espérance de vie. Mais cela en valait la chandelle. Les épées de magie étaient impossibles à dissiper, repousser ou arrêter. C´était le meilleur moyen de tuer Malkut. Maintenant que Dante et les deux autres avaient fui, il n´avait plus besoin de retenir le Royaume et de détourner son attention.
Le brouillard les entourait alors qu´au loin, le phare faisait entendre son mugissement sinistre. Le silence le plus complet régnait. L´impression de fin du monde était saisissante. Malkut soupira faiblement.
-" Mon enveloppe humaine ne tiendra plus très longtemps... Hesed... Je ne sais pas où il est... Je ressens juste qu´il dort encore, mais plus pour très longtemps... Nous avons été six anges, au complet, en même temps, répondant à l´appel d´un Archange éveillé... Hesed est le plus puissant de tous... Il répondra à nos appels maintenant que Netzah est devenu un Bourreau..."
- Lorsque Tipheret sera détruit... Ça rompra tous tes beaux plans, dommage.
- " Un seul Archange éveillé attire à lui les deux autres... Et quatre autres Anges seront là pour y veiller... La voix de Tipheret atteint déjà Hesed..." argumenta Malkut dans une grimace.
- C´est Samaël qui dit ça ? Quelle connerie...
L´une des épées restantes s´enfonça avec un bruit sec dans le torse de Malkut, le faisait gémir. La dernière se plaça au-dessus de son front.
- " Dante Sparda arrivera-t-il à tuer Tipheret avant qu´Hesed ne s´éveille ? A votre avis, Vergil Sparda, est-ce possible ? Il ne sait même pas de qui il s´agit dans le monde des humains."
- Si, il le sait, mais il n´a pas encore compris. Ce n´est qu´une question de temps.
Malkut sourit.
- " Vous savez alors... que Kether s´éveillera sans aucun doute à sa vue et qu´il ne la tuera pas... Et quand les trois Archanges auront ouvert leurs yeux, Dieu naîtra... Et l´Humanité aura ce qu´elle mérite..."
- Dieu s´incarne dans l´un d´eux...
- " Dommage que vous le compreniez si tard ! " rit Malkut.
Vergil se maudit de ne pas avoir tué Kether en dépit de Dante. Celui-ci ignorait qu´il avait une vraie bombe à retardement entre les mains. Tout reposait sur lui maintenant. Il laissa tomber la dernière lame. Le rire de Malkut disparut et les grillages qu´il avait créés s´effacèrent pour redevenir du béton déformé. Ils s´écrasèrent lourdement, reprenant presque leur place d´origine.
Le démon soupira. Il se sentait si faible à présent, comme s´il n´avait plus aucun muscle pour le soutenir. Ses jambes vacillaient. Un nouveau haut le coeur le secoua et il ne put se retenir de cracher du sang. " J´arrive à ma limite... J´ai fait ce que j´ai pu..."
Avançant doucement et avec difficulté, il se glissa lentement dans une brèche d´un grillage tout proche, surplombant la route par laquelle Dante, Kether ce soldat blessé avaient disparu. Il voulait au moins mourir encore dans un endroit paisible, et agréable. Les bois épars qui s´étendaient là lui plaisaient, même noyés dans la brume qui avait tout envahi quelques minutes auparavant. Il s´enfonça parmi les arbres jusqu´à ne plus avoir la force de faire un pas de plus.
- Maintenant... C´est vraiment la fin... Enfin...
Il se laissa glisser contre un arbre au tronc anguleux. Sa respiration ralentissait et il commençait à avoir froid. Sa tête se faisait lourde ; il allait dormir, dormir et ne jamais se réveiller... Une mort si douce... Calme...
Un pas lourd s´arrêta près de lui. Un souffle agressif. Il rouvrit les yeux. Une peur comme il n´en avait jamais ressenties jusque là l´étreignit. Il n´était plus seul.
- " Ta mort ne sera pas aussi douce, tu ne le mérites pas."
Une lame lourde et tranchante se matérialisa dans la main difforme du Bourreau, si lourde qu´elle s´enfonça de quelques centimètres dans la terre en retombant. Il commença à se traîner vers sa proie immobile. Deux ailes fantomatiques de papillon s´étendaient derrière lui.
- Dante... murmura Vergil trop faible pour bouger.
Netzah s´empara à deux manches du manche de son arme et la leva pesamment au-dessus de sa tête.
- " C´est le Jugement des Pécheurs. Dieu a dit..."
- . .. Bonne chance, souffla le démon en fermant les yeux.
- " ... coupable ! "
La lame s´abattit.
New York
Trish se frotta les yeux. Elle avait mal à la tête à force de lire en travers des dizaines de pages de dossiers, s´attardant sur certains passages, en ignorant d´autres, tentant de se souvenir des éléments essentiels ou étranges. Les trois inconnues retrouvées mortes présentaient d´après les médecins légistes des anomalies importantes, ainsi qu´un développement anormal du cortex. Les organes internes présentaient des signes de vieillissement accéléré, tels que l´on en rencontrait sur les personnes âgées, ainsi que de graves lésions et carences. Leur sang était un peu plus épais que la normale car moins riche en plasma, et cela avait empêché de faire de nombreuses analyses. On avait pu avec du mal extraire de l´ADN et détecter les traces d´une substance inconnue, que les médecins avaient qualifié de drogue, au milieu de résidus de médicaments divers. On n´avait pas réussi à établir réellement quels produits avaient été utilisés. Il y en avait une bonne dizaine. Apparemment, on avait identifié deux sédatifs, au moins un anabolisant, ainsi qu´un médicament destiné à calmer les crises nerveuses. Aucun légiste n´avait compris pourquoi on avait retrouvé une telle diversité contradictoire dans le sang des trois victimes. Il fut finalement accepté qu´elles prenaient des anti-dépresseurs et que leur meurtrier les avait droguées avec les sédatifs pour opérer son forfait.
Trish était aussi sceptique que les légistes. Pourquoi endormir des femmes de corpulence plutôt faible, présentant en outre une certaine atrophie des muscles, pour simplement les tuer par la suite ? Car il n´y avait pas eu de violence sexuelle, de quelque nature que ce soit, et les blessures à vif retrouvées sur deux des corps avaient été faites lors de leur séjour dans l´eau, avant qu´on ne les trouve. Mais les policiers n´avaient pas trop eu envie de creuser la question outre mesure. Sans doute ce genre de cas se présentait plus souvent qu´on le pensait. Surtout que les inconnues avaient vite dérangé beaucoup de monde.
La blonde fouilla dans les dossiers jusqu´à trouver les trois analyses définitives d´ADN. Un élément que l´enquête avait sciemment occulté. Les trois victimes avaient le même ADN. Les différences entre elles étaient plus que minimes. Du point de vue génétique, elles étaient triplées. Mais aucune disparition de triplées n´avait été signalée, et les visages des corps ayant été mutilés, une identification visuelle était impossible. La seule certitude sur leur aspect facial constituait au simple fait qu´elles étaient blondes. Un blond un peu brun, terne. Le crâne avait été si violemment endommagé que toute reconstruction par des spécialistes était exclue, définitivement. Il ne restait que ce code génétique identique à 99 %, chez trois personnes retrouvées mortes dans un espace de deux mois. Puisqu´il embrouillait davantage l´enquête, cet élément avait été mis de côté au fond du dossier, puis, à la clôture de celui-ci, avait été retiré et placé à part.
L´autre indice troublant que quelque chose clochait avec ces trois morts, était les traces de chirurgie sur les cadavres. Sur le buste et les poignets, on avait décelé des traces d´électrodes, de piqûres ainsi que des brûlures faites par des produits chimiques - reconnaissables à la couleur et la forme nette des marques qu´ils laissaient. Les trois victimes avaient subi des tests ou des examens. Les marques étaient difficiles à dater, mais certaines brûlures paraissaient anciennes. on avait pensé que les femmes avaient été soignées dans un hôpital, ou qu´il s´agissait de l´oeuvre sadique de leur tueur, ce qui n´était pas bête et plutôt plausible. Restait que ça n´expliquait pas les traces de brûlures faites intentionnellement de toute évidence. Les légistes et les policiers, travaillant de concert, n´avaient jamais pu vraiment établir ce qu´il leur était arrivé avant leur mort.
L´enquête, et par la suite les dires de l´homme accusé des meurtres, avait établi que le meurtrier avait attendu ses victimes, les avait endormies pour les attirer dans des coins à l´abri des regards indiscrets et pouvoir les tuer en les étranglant - on avait retrouvé des marques de liens profondes sur leurs cous. Dawson Kiweek, celui qui avait reconnu les meurtres, n´était pas très costaud et avait justifié ses actes par des pulsions irrépressibles, tout en restant évasifs sur les marques de chirurgie dont il ignorait à l´évidence l´existence. L´acharnement pour défigurer les trois femmes, lui, avait été motivé par la peur qu´on les reconnaisse. Dans ce cas-là, il aurait été sage également de supprimer leurs empreintes... Trish ne croyait pas à cette version. Les trois femmes triplées n´avaient pas été étranglées, même si les marques laissaient penser le contraire. Leurs corps présentaient trop d´incohérence. Vu leurs carences - si étrangement semblables - et l´état de faiblesse de leurs muscles anormalement développés, elles auraient à peine pu se déplacer correctement. Et puis, restait cette substance inconnue dans leur sang... Trish pensait immanquablement au SP-4. Elle avait l´analyse dans la main, mais bien sûr, il lui manquait celle faite sur la drogue, pour les comparer. Il faudrait qu´elle passe voir les AIDs afin de la leur demander. Il y avait toutefois quelque chose d´intéressant...
- Trish, il va falloir qu´on parte, on approche de l´heure, déclara Flush en arrivant à son niveau.
La jeune femme sursauta, surprise, et regarda l´heure puis sa montre.
- Ça passe trop vite... Tu as trouvé quelque chose sur les SDF ?
- J´ai trouvé six dossiers ressemblant à ceux dont tu m´as parlé. J´ai récupéré les relevés toxicologiques aussi, précisa-t-il en agitant les feuillets.
- Donne-les-moi.
La blonde les prit et les compara avec celui fait sur les trois inconnues. Ils concordaient à peu de chose près. Flush s´était penché au-dessus de la table pour regarder lui aussi.
- C´est la même substance ?
- On dirait oui. Sûrement cette drogue dont m´a parlé Ferino, le SP-4... Mais qu´est-ce qu´il fait dans les inconnues ? Elles étaient peut-être droguées elles aussi...
- Certainement. C´est tout ce que j´ai trouvé de passionnant. Les dossiers sont très maigres sur ces affaires et certains passages ont été noircis au marqueur.
- On a voulu effacer des passages ?
- Oui. Ceux en rapport avec ce SP-4. Et de ton côté ?
- Les trois inconnues ne sont pas aussi innocentes et normales que les médias l´ont répété. Même ADN, mêmes carences, mêmes marques... A croire que c´était la même femme. Mais plus intéressant encore : on dirait que l´une des molécules du SP-4 est identique à celles de deux des médicaments que l´on a retrouvés dans leur sang...
Elle se rappela l´heure qui tournait et rassembla les dossiers pour les ranger et les refermer.
-Je t´expliquerai le reste en chemin. Il faut que Dante voie ça, je les embarque.
-Tu ne peux pas faire...
-Flush, c´est une affaire close, et personne ne remarquera qu´ils manquent avec ce bordel ! Ne t´en fais pas, aide-moi plutôt à les porter, enchaîna-t-elle en lui mettant un dossier dans les bras. J´ai besoin de plus de temps. Quelque chose cloche chez ces femmes, et je veux savoir quoi.
-Tu me désespères. Je te préviens, si je perds mon job à cause de toi, je viens vivre dans l´agence.
-Je ne sais pas si tu seras au goût de Dante, beau roux, plaisanta Trish en se levant.
Le ronron bizarre s´était éloigné et tout était silencieux maintenant. Eau n´était plus qu´un murmure, et elle entendait une sorte de glissement à mesure qu´elle avançait. Ses pas. Elle n´arrivait pas à faire le lien entre le son et ses gestes. C´était là. C´était agréable comme son. Rien d´autre n´avait d´importance. Un double claquement se faisait entendre par intermittence dans son dos depuis quelques minutes, mais son esprit brumeux n´arrivait pas à se concentrer dessus. Elle ressentait une présence. Etait-ce son Aimé ? Etait-il là, enfin ? Pourquoi ne voyait-elle que du noir autour d´elle ? Elle tâcha de se retourner en vacillant, un bras tendu malhabilement vers l´avant.
- A... Aaaa... M... Mour... Aaamo...ur
- Oui ma gazelle, on va te donner ça.
La chaleur en elle reprit quand la voix lui répondit, si proche.
Une main se posa sur son poignet et la tira vers un corps chaud. Un bras surgit du néant pour la plaquer contre le possesseur de la voix. Elle comprenait à moitié ce qu´il disait, perdue dans les sensations de sa peau nue. Elle ne se débattait pas et ressemblait à une poupée molle et sans vie.
- Tu vois, je te disais bien qu´elle attendait que ça.
- Mais, elle a pas l´air bien... remarqua son compagnon en voyant les traces qui parcouraient la peau de l´inconnue.
- On va la remonter, tu vas voir, annonça le meneur en plaquant la blonde contre un mur proche.
Ils avaient dû la suivre pendant plusieurs minutes avant de passer à l´action. Elle s´était éloignée de la ville en longeant les quais du port, jusqu´à s´engager dans un passage sombre et à l´écart des bateaux. Vue de près, elle n´était pas repoussante. Un visage un peu rond mais agréable, sans être d´une beauté stupéfiante, un corps assez bien proportionné, avec une taille peu marquée et une poitrine menue, une peau blanche, et une chevelure blonde sale et terne qui collait à ses joues et son cou comme un casque. Difficile de dire la couleur de ses yeux dans la pénombre de la nuit. Elle n´avait pas encore protesté ou tenté de s´enfuir. Soit elle planait, soit elle était bel et bien à la recherche d´une galante compagnie pour une heure ou deux.
Elle le fixait de son regard sombre, la tête dodelinant légèrement. Elle avait mal à la tête à les entendre parler tous les deux. Elle distinguait presque nettement les mains posées sur ses bras pour la retenir, mais le reste des corps restait dans le noir, le brouillard permanent. Ils n´étaient pas l´Aimé, celui qu´elle attendait. Ils n´avaient pas le droit de la toucher, ils ne devaient pas la toucher. La chaleur enfla encore. Ses tempes battaient fort.
- Eh, c´est quoi sur ses mains et sa bouche ? s´inquiéta le second homme.
- Arrête de jouer les pétochards.
- Non je te jure, regarde.
Il examina brièvement le liquide et eut une moue dégoûtée.
- C´est... On dirait du sang !
Il lâcha l´inconnue qui s´affala légèrement, buste en avant.
- Je t´ai dit qu´elle était pas claire, cette...
- Peur... J´a... J´ai... Peuuuuuuur...
La peau de l´inconnue sembla se mettre à briller. Les deux hommes se turent et se reculèrent alors que la lumière s´amplifiait, devenant de plus en plus blanche. Elle semblait émaner de l´intérieur du frêle corps. La blonde se prit soudain la tête dans les mains, souffrant visiblement.
- James ! !!! se mit-elle à hurler.
Sa voix se changea brutalement en un sifflement strident alors que la lumière surgissait de sa bouche pour illuminer les alentours.
- Les molécules de médicaments sont souvent brevetées par les laboratoires qui les produisent. Comme ça, ils gardent l´exclusivité d´un produit pendant 20 ans.
- Alors, si je te suis bien, si on retrouve une molécule semblable dans le SP-4, c´est que c´est un labo qui l´a fabriqué ? demanda Flush ou ouvrant le coffre de sa voiture pour y déposer les épais dossiers.
- Il y a de fortes chances. Peut-être que c´est une molécule qui est tombée dans le domaine public et que ça ne mènera à rien, mais si elle est encore sous brevet, elle ne sera fabriquée que par un seul laboratoire. On tiendra le producteur de la drogue.
- Quel rapport avec tes inconnues ?
- Sans doute aucun, mais mon sixième sens me titille. Je vais étudier les deux médicaments dans lesquelles cette fameuse molécule, la béta-enzyme B, a été trouvée. Les légistes n´ont pas divulgué d´où ils tenaient le nom... Il n´y a pas beaucoup de laboratoires situés en ville ; en entrant dans leurs fichiers, je verrai lequel les a au catalogue, et s´ils ont ou pas cette molécule sous brevet. Et le tour sera joué. Ça prendra sans doute plusieurs jours, mais ça vaut la chandelle.
- Comment peux-tu être sûre qu´il s´agisse d´un laboratoire pharmaceutique établi à New York ?
- Le SP-4 n´est distribué qu´à New York. Sinon, il ne passerait pas inaperçu. Cette drogue a aussi un lien avec le Grilleur... Peut-être que retrouver le producteur me mènera jusqu´à lui et que...
Trish se tut soudain et se retourna, regard perdu au-delà des immeubles les entourant. Son coeur venait de se serrer brutalement.
- . .. Trish ? ... Ça va ?
- O-Oui... Ce n´est rien...
Elle connaissait cette sensation de chaleur, de puissance. Un démon. Il n´était pas très loin et venait d´utiliser sa puissance, ce qui l´avait trahi. En tant qu´être à demi-démoniaque, elle ressentait les pouvoirs de ces monstres. Mais elle avait rarement senti une telle puissance, si concentrée et brève. Il fallait qu´elle aille voir avant qu´il ne se sauve.
- Flush, ramène ça chez toi, en faisant gaffe. Je... Je dois aller vérifier quelque chose sur les quais, tout de suite. Je repasserai chez toi après, ou s´il est tard, au DND.
Sans attendre sa réponse, elle fila dans la jungle de béton. Elle savait où était le démon qui venait de se manifester. Il ne lui échapperait pas.
Alors c´était ça LNE.Je vais commencer à lire,de toute façon en ce moment j´ai tout mon temps.
Bon courage pour la suite!
Merci ^^ Je dois encore finir la fin de ma partie, j´ai encore rien foutu et j´ai une idée de fic sur Saint Seiya, bref, faut que je me mette au boulot moi ^^;;
Saint Seya!? J´ai hate de voir ça(j´espere que tu mettras Ikki,il est trop cool)
Tu le posteras ou au fait?
Euuh non y´aura pas Ikki, ce sera entre Aphrodite et Kânon principalement ^^;; J´adore Ikki mais j´arrive mieux à écrire sur els Golds.
Je la mettrai sur le site de ML où je suis inscrite, le Sanctuaire Libéré :
http:: www.sanctuairelibere.new.fr
Tu y trouveras tout pleins de fics sur le sujet d´ailleurs ( quelques-unes avec Ikki d´ailleurs ) mais je te préviens que c´est souvent yaoi ( gay ) et parfois avec des scènes TRES chaudes ^^;;
Oulala,je suis choqué, j´pourrai plus voir les braves chevaliers du meme oeil maintenant ![]()
Héhé moi, c´est ce qui a relancé ma passion pour cette série oui *______* Et le pire, c´est que dans la série elle-même il y a beaucoup d´allusions quand on sait bien regarder > : ) Et franchement, tous ces beaux mecs au même endroit, ils doivent biens ´occuper ce spetits * bave *
Lol Isatis ! ! Enfin une perverse qui s´asume :p Ma couzine me traite tjrs de pervers et je lui réponds que je suis fier de l´être :p
Mdr tout à fait, perverse, fière de l´être et qui aimerait que tout le monde soit comme elle lol
A ce propos ( et ceci n´a aucun rapport avec la fic ou le jeu lol ) : le yaoi frappe partout ! !! le film Alexander avec Dicaprio et autres Orlando Bloom a eu des retards parce que la censure américaine a hurlé à cause de scènes chaudes gays... * bave enclenchée* rah mon dieu, faites que ce soit Brad Pitt qui roule un patin à Bloom, pitié *_________* Pour réparer l´affront fait à Patrocle et Achille dans le film Troie
lol, je vois, bah y´aura tjrs des homophobes dans ce monde. Moi perso je m´en fou, je sais ce que je suis alors eu n´ont qu´à faire ce qu´ils veulent. J´aime trop les femmes pour me tourner vers un homme, même s´il m´arrive souvent d´être célibataire, je n´ai pas encore abandonné l´espoir de rencontrer Madame Fulang lol ! Enfin, tout ca pour dire que je trouve personnellement un peu ridicule ce genre de censure.
Aller, salut p´tite perverse ; ) lol
kikou ^^ à tous
Salut Nirvana47 ! !
ça y est enfin la suite! faut que commence le début lol!
OUIIIIIII ! Bah va devoir me remettre dedans aussi me rappeler de ce qui c passé avant. Une chance que c un genre de résumé lol, va être pratique.
Pour dire vrai, j´ai eu aussi du mal à me souvenir de ce qui s´était passé avant lol
Berserken : Je n´ai qu´une chose à te dire : Bon courage lol
isa: je vais me préparer mentalent lol
Je me suis tannée le cuir pour me dépêcher à écrire la suite, donc la voici ^^ J´espère que ça vous plaira, on approche de la fin du chapitre 2
Playlist conseillée : " Let My Home Be My Gallows " , " Avarice" de la BO de " Hannibal" ; la musique du Trailer de Dark City ; " Echoes" et " Say Goodbye" de l´OST 2 de . hack//SIGN.
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Partie 21 : Requiem
sous-partie 2 : La Traque
" Apporte les cristaux dorés,
Et les verres couleur de songe ;
Et que notre amour se prolonge
Dans les parfums exaspérés.
Des roses ! Des roses encor !
Je les adore à la souffrance.
Elles ont la sombre attirance
Des choses qui donnent la mort."
Albert Samain - Heures d´été
La grande salle décorée de gigantesques statues d´ange restait sombre malgré les flambeaux allumés le long des murs. L´assemblée restait silencieuse.
- Le Cycle doit reprendre, messieurs. Le Mal est trop présent dans le coeur des Hommes, nous devons réagir pour les guider vers le Bien et élever leurs âmes, commença le Maître.
- Nous ne pourrons les y aider avec nos moyens actuels, ils ne croient plus en la magie, ni en la prière, ils sont devenus fous de cette Science qu´ils ont créée.
- Elle les éloigne de l´Ame Universelle, et la met en péril par conséquent, argua le Maître, sombre. Nous voyons l´Homme chuter et creuser sa propre tombe, sans pouvoir réagir, depuis 4 000 ans...
- Nous pouvons faire quelque chose, Grand Maître, proposa soudain un homme fluet que personne n´avait remarqué, au bout de la vaste table.
Il y eut un instant de silence. Le Maître l´encouragea à continuer d´un mouvement de menton.
- La Science n´est pas un obstacle à notre idéal. Elle peut aider l´Homme à se sublimer. Le coeur humain est rempli de Mal, cela le pousse à commettre des crimes innommables. Si ce coeur ne peut être changé par la spiritualité originelle, il faut alors lui apporter un élément extérieur, une " greffe", afin de stimuler son esprit.
- Vous êtes fou, Initié ! railla l´un des conjurés. Vous pensez qu´introduire une part d´être divin dans les humains les changera ? Vous êtes encore plus fou que les pauvres hères qui nous servent de voisins !
- Cet ajout sera au contraire ce qui permettra aux Hommes d´entendre la volonté de Dieu. Ils sont double dans leur nature, triple dans leur représentation... Changeons cela ! Que l´Homme devienne triple dans sa nature même ! Nous avons déjà du matériel divin que nous pourrions expérimenter...
- Mais nous n´avons ni le droit, ni les techniques pour faire cela, objecta le Grand Maître.
- Grand Maître, à la vitesse où évolue la Science, à la fin de ce Cycle, nous en aurons les capacités, et nous avons déjà le Mandylion, le Néphilim, le...
- Des êtres démoniaques ! argua l´un des hommes présents. De viles créatures que notre ordre enferme pour protéger ce monde !
- Des êtres divins au contraire, qui sont la concrétisation de l´esprit divin. Vous tous ici, le savez. Vous craignez simplement les conséquences et implications de cette intervention dans la conscience humaine.
- Initié, pensez-vous réellement au succès de vos spéculations ? interrogea le Grand Maître.
Un regard sérieux lui répondit. Il soupira et croisa les mains en une brève méditation.
- . ..Vous savez qu´une guerre aura lieu d´ici 5 ans, puis une seconde dans 30 ans... Nous ne pourrons les empêcher par nos moyens conventionnels. Il est possible que nous n´ayons d´autres choix pour intervenir... Nous poursuivrons l´éducation spirituelle comme nous l´avons toujours fait, mais nous étudierons dans le secret la voie que vous nous proposez, Initié Danton.
- Merci de votre confiance, Grand Maître.
- La réunion de la Loge de Détroit de 1909 est levée, messieurs.
Quelque part, de nos jours
Un camion les dépassa en klaxonnant. Au moins, retrouvaient-ils la douce normalité d´une autoroute fréquentée. Cependant, le climat restait lourd et triste. Laura fixait le ciel étoilé.
- Quand j´étais toute petite, je me souviens que l´on allait voir le docteur tous les ans quand on était à l´école, et souvent quand on était à la maison...
- C´est la procédure normale, des visites médicales pour les enfants, gamine.
L´enfant ne tourna même pas le visage vers Kritchen qui l´avait apostrophée.
- Non, elles étaient pas toutes normales. Il y en avait beaucoup où le médecin était avec les méchants tout en noir. Il notait plein de choses qu´il leur donnait, et si on allait pas à la visite, ils venaient nous chercher.
- Nous ? demanda Dante.
- Les enfants, et même les grands. Tout le monde devait aller voir les docteurs, et les méchants en noir étaient pas pareils que ceux qui aimaient Samaël.
- Ce n´était pas des membres du culte du démon, alors ?
- Non, ils étaient là que quand le docteur était là aussi.
- Sparda, ce sont des agents extérieurs... Mais que faisaient-ils avec les données qu´ils récoltaient ?
- Ils les transmettaient à leurs commanditaires. Je pense qu´ils venaient juste récupérer les papiers.
- Mais à quoi ça leur servait ?
- Je l´ignore. Laura, continue. Qu´en est-il des fidèles de Samaël ?
- Eux, ils étaient gentils. Ils donnaient des bonbons et du sucre, et les méchants en noir souriaient en les voyant faire. Ils nous lisaient des histoires sur Samaël et quelque chose de bizarre... Ça parlait de paradis ensanglanté, d´anges, de fille qui devait y ouvrir... J´ai jamais très bien compris ce qu´ils disaient... Et puis, des gens sont tombés malades. Ils parlaient tout seuls, étaient méchants et se faisaient mal tout seuls. Les méchants en or avec d´autres gens des hôpitaux venaient alors les prendre et on les revoyait jamais.
- Des hôpitaux ? Ceux de Silent Hill ?
- Oui.
- Des internements sauvages, murmura Kritchen. Je pense qu´ils ne voulaient pas qu´ils y aient des mouvements de panique.
- Et dissimuler des choses qu´ils ne voulaient pas ébruiter. Ils étaient sûrement de mèche avec les samaëlites et les laissaient vendre leur came parce qu´ils y gagnaient quelque chose.
- Des malades ? Mais pourquoi faire, bon Dieu ?
- Peut-être des expériences, ou obtenir leurs propriétés, qu´est-ce que je peux en savoir moi ?
- Un jour, plein de gens sont tombés malades en même temps. Maman avait l´air surprise que je sois pas malade... et puis, les méchants en noir sont venus à la maison et m´ont emmenées avec eux à l´hôpital de l´Alchemilla. Ils disaient que j´étais malade, mais moi je me sentais bien... Maman n´est jamais revenue et je devais voir le docteur tous les jours...
- S´il y a eu une épidémie, c´est qu´il y avait quelque chose dans la drogue, Sparda.
- Et que la gamine soit pas tombée malade, ça les a surpris, d´où les examens...
- Vous croyez qu´ils ont testé une arme bactériologique ?
- Mmm Possible, mais dans ce cas, ils n´auraient pas fait ça sur une si grande échelle de temps.
- En tout cas, je sais pas pourquoi mais le docteur avait l´air content que je sois pas malade, il m´a envoyée au Brookhaven après... C´est là que j´ai rencontré Mary.
- C´était une patiente ? s´enquit le mercenaire.
- Oui, elle était très malade, mais elle était gentille, elle venait me voir tous les jours et me faisait des câlins. Les méchants en noir sont venus la voir une fois, mais je ne sais pas pourquoi. Et puis, James est venu la voir aussi... Mary criait beaucoup, et pleurait après... Et un jour James est parti et j´ai plus vu Mary non plus. L´infirmière qui était gentille avec moi m´a dit qu´elle était sortie parce qu´elle n´était plus malade. Mais moi, je ne l´ai pas crue.
- Pourquoi ?
- Parce que... Parce que j´entendais le coeur de Mary dans ma tête, tout doucement... et que je l´entendais pleurer la nuit aussi... J´ai compris qu´elle était toute seule et triste, alors j´ai voulu la retrouver...
- Tu t´es enfuie de l´hôpital, n´est-ce pas ?
- Oui. Les gens étaient trop méchants et puis, il y avait quelque chose de bizarre dans le ciel, quelque chose de mauvais... J´ai couru loin, et longtemps... Je n´entendais plus Mary et des gens m´ont trouvée et amenée dans l´orphelinat. J´étais bien... et puis, il y a 2 ans, j´ai à nouveau entendu Mary qui pleurait...
- Alors, tu es revenue à Silent Hill, conclut Kritchen. T´as de l´énergie pour un bout de chou. Pas étonnant qu´on te recherche.
- Laura, tu as dit tout à l´heure que James avait menti. Sur quoi ?
- . .. Il... Il a dit... que... Mary était morte.
- Mais toi, tu continuais à l´entendre ?
- Oui... Et puis, elle m´avait écrit avant que je vienne à Silent Hill ! Elle me disait bon anniversaire, c´était bien elle !
- Une lettre ? ... Il est possible que James en ait reçue une lui aussi... Ce qui l´aurait poussé à revenir à Silent Hill... Pourtant, Mary Shepard-Sunderland semble ne pas avoir existé... donc, elle a bien été considérée comme morte et les fantômes n´écrivent pas...
- Un faussaire alors ?
- Peut-être... Laura, à Silent Hill, que s´est-il passé quand James était là ? Y avait-il des gens ?
- Non, il n´y avait personne d´autre que James, Eddy, Angela et moi. Il y avait du brouillard partout et la mauvaise atmosphère... et puis... et puis... Silent Hill changeait... Comme avec Guebura tout à l´heure...
- La ville connaît donc un cycle de recrudescence de ses pouvoirs maléfiques... Cela doit accroître tout naturellement ceux de Samaël et des anges...
- C´est ce qui se passe en ce moment ?
- Oui. Ça sent vraiment la merde... Bon, résumons un peu. Les habitants de Silent Hill subissent des contrôles médicaux à outrance tout en prenant de la drogue, sous la surveillance des mecs en noir engagés par quelqu´un. Je pense qu´ils devaient aussi foutre de la came un peu partout en cachette. Ils ne s´opposent pas aux samaëlites, peut-être qu´ils bossaient pour eux, mais j´en doute, puisque c´est les mêmes qui débarquent ensuite avant votre équipe, Kritchen. Ceux-ci avec d´autres gus nettoient la ville et embarquent des macchabées avec eux. Puis ils s´arrangent pour effacer toute trace de la ville pour qu´on ne vienne pas y fouiner.
- Ce serait la société du Séraphin qui serait derrière tout ça ?
- Je ne sais pas trop pourquoi mais je pense que oui. Quelque chose l´intéressait à Silent Hill et je me demande bien quoi. Ça a sans doute un rapport avec les cadavres qu´ils ont ramenés, comme les gens malades du temps de Laura les intriguaient. A mon avis, il y a quelque chose de très gros derrière tout ça. Et qui pue. Mais il nous manque encore des réponses, et ça, c´est votre boss et ce " Séraphin" qui les détiennent.
- Et votre Grilleur dans tout ça ?
- Je parie mon épée que votre grand patron l´a trouvé à Silent Hill, sans savoir ce qu´il ramenait dans le meilleur des cas. Ce qui en fait un crétin pas dangereux.
- Et s´il savait ce qu´il faisait ?
- Alors, on a droit à un taré dangereux. Et ce genre de mec, c´est prudent. Au fait, vous disiez que Laura était connue de vos services sous le nom de " Patient 0", n´est-ce pas ?
- Oui... Ce qui veut dire... qu´il y en a sans doute d´autres.
- Espérons qu´on les retrouvera avant votre Séraphin.
Il mit les gaz à fond. Il fallait qu´ils atteignent New York au plus vite, et peu importait si une amende en était le prix. Il y avait trop de zones d´ombre, trop de réponses gardées par un seul individu, et trop peu de temps pour pouvoir rationaliser ce qui était à l´oeuvre, ce qui avait le plus d´importance : arrêter le Grilleur, le Séraphin, Samaël ?