DIEU A FAIT LA FEMME BERGERE POUR MENER SON MARY Y PAISTRE
La France entière connait Arthur, l’animateur célébrissime d’une grande chaîne généraliste.
Sa gouaille légendaire, ses mimiques expressives, son toucher inégalable lorsqu’il s’agit de masser les épaules d’une candidate au jeu des boîtes éplorée, son élégance vestimentaire jamais prise en défaut grâce à une collection de polos chamarrée, autant d’atouts qui avaient fait de lui la cheville ouvrière du PAF (PAF ne signifiant pas, comme chacun sait Passe-temps Audiovisuel Franchouillard, mais Patients Abusivement Filoutés).
Arthur a changé de métier. Un métier convenablement rétribué, comme il se doit, Arthur n’étant pas insensible aux pièces sonnantes et trébuchantes et toute dépense inconsidérée le révulse. Du coup, il s’est affilié à un autre PAF (non pas comme on pourrait être tenté de croire Participation Aux Frais ou Périmètre d’Activité Forestière, mais Patrouille Acrobatique des Finances).
Estelle, sa dulcinée, belle comme une pâtisserie à peine sortie du four, d’un blond vénitien, nuance de blond doré aux reflets roux, véritable couleur, authentifiée à Venise, obtenue par de savants mélanges couplés à une exposition au soleil, incarnait la séduction souveraine des belles élégantes de la Place Saint Marc.
Estelle, entièrement sous le charme de son mari, avait décidé elle aussi de délaisser les podiums et les crépitements de flashes des photographes de mode pour accompagner son mari dans sa nouvelle profession.
Résumé d’une semaine du nouveau job d’Arthur et d’Estelle :
Ils arrivent à l’heure ensemble au bureau, frais et reposés.
Chacun s’installe à une table.
Ils ouvrent une enveloppe qui décrit la tâche du jour. La lecture dure à peine quelques secondes, elle ne requiert pas de matériel de déchiffrement.
Puis, ils se mettent à l’ouvrage.
La plupart du temps, Estelle au bout de 5 minutes se met à rire en larmes et quitte précipitamment le bureau pour rentrer chez elle attendre la fin de sa crise de larmes.
Leur boss ne la retient pas, il ne souhaite qu’une chose : qu’Estelle ne lâche pas son job.
Par contre, le boss prévient presque chaque jour Arthur que son travail sera particulièrement stressant, qu’il devra prendre sur soi pour ne pas craquer, qu’il risque de souffrir au point que son comportement pourrait paraitre déséquilibré, et donc qu’il doit vraiment s’accrocher à son travail. Il est rare qu’Arthur puisse rentrer chez lui avant la fin de la journée.
Tous les soirs en rentrant, Arthur essaye de convaincre Estelle d’échanger les rôles.
Mais Arthur a beau user de tout son talent de persuasion, Estelle ne se laisse pas prendre au jeu et refuse.
Et pourtant, Arthur et Estelle exercent rigoureusement le même métier.
Qui n’exige pas de talents particuliers : il faut juste savoir un peu lire et écrire, pas besoin d’ordinateur, ni de casque ou quelconque accessoire sophistiqué.
Quel est donc ce curieux métier qui semble si facile à Estelle et si exigeant à Arthur ?
Remarques :
Nul besoin de matériel spécifique
Nul besoin de talent singulier
Nul besoin de conditions particulières : une simple table, un fauteuil, un bloc notes et un crayon suffisent
L’activité d’Estelle est strictement comparable à celle d’Arthur