MAURICE, LE FANTASSIN QUI N´A PAS PEUR DU NOIR
Maurice est un poilu de la première guerre mondiale.
Cela fait des semaines que sa division est montée au front, la météo est mauvaise, la pluie tombe sans discontinuer.
Maurice sort de son trou et se met à son poste d’observation.
Les tranchées ennemies ne sont qu’à 50 mètres, on les entend s’agiter lorsqu’il y a une effervescence.
Mais ce soir là tout est calme, les boches doivent être comme nous, se dit Maurice.
Ils sont sûrement contents quand leurs officiers les laissent en paix. Finalement, ils n’ont rien demandé et doivent avoir autant de mal que nous à comprendre les motivations de cette pourriture de guerre.
Maurice sent la mélancolie l’envahir.
Pourtant il n’a pas le droit de se relaxer, chacun fantassin sait que son pire ennemi, c’est le relâchement. Qui sait, le sort d’une bataille peut tenir à la vigilance des rares sentinelles dans les postes avancés.
Maurice vérifie une nouvelle fois les oculaires de sa lunette d’observation, il continue de scruter l’horizon, à l’affût de la moindre ombre qui se déplace.
Mais la nuit reste paisible.
Le lieutenant a interdit de fumer, il a aussi interdit d’allumer la moindre bougie, il n’y a aucun feu et les rares réchauds ne sont allumés que dans des trous bien profonds auxquels on n’accède qu’à travers un lacis de galeries. L’électricité est bien évidemment absente des champs de bataille, d’ailleurs il n’y avait pas encore de groupe électrogène portatif à l’époque.
Pourtant Maurice peut voir distinctement son équipement. Il dispose d’un éclairage personnel de son invention qui fonctionne même par nuit noire, alors que la lune est voilée et qu’il pleut des cordes.
Sauriez-vous deviner quelle est la superbe astuce utilisée par Maurice et ses copains les poilus durant la première guerre mondiale pour s’éclairer même par nuit sans lune et sans faire de feu ?