LA RETRAITE, C´EST POUR BIENTOT
Ca y est, j´ai enfin fini.
Les douze coups viennent juste de sonner, mais j´ai atteint mes objectifs.
Pas simple, d´ailleurs je ne suis pas prêt de recommencer.
Je ne ferais pas cela tous les jours.
D´abord, il m´a fallu affronter les rugissements bestiaux d´un autre qui se croit supérieur à moi.
Accepter une aide bienvenue pour tous ces boulots qui s´enchaînaient.
Harponner cette imfirmière/secrétaire aux yeux de biche pour remplir ses obligations.
Poursuivre/recruter un espèce de porc pour le forcer à venir dans notre entreprise.
J´ai même dû faire le ménage; lessiver, laver les bureaux afin de satisfaire mon chef.
J´ai aussi fait fuir ces vautours de démarcheurs.
Ramener une vacherie de contrat.
Voler des clients difficiles et voraces de gens comme moi, à un concurrent.
Mon patron m´a employé également comme coursier pour récupérer un précieux accessoire afin de satisfaire une femme capricieuse.
J´ai doublé un ponte de l´industrie agricole en lui prenant par OPA son entreprise.
Pour finir, j´ai menti à un collègue pour qu´il puisse ramener des informations nécessaires à la réussite de mon travail et le trahir par la suite en lui faisant porter la responsabilité de ce système.
Bref, une descente aux enfers pour finalement saluer le gardien de ces lieux et pouvoir enfin rentrer chez moi, l´esprit tranquille.
Et après on dit que le travail c´est la santé!
Mais qui suis-je?
QUELQUES TRACES DE PAS SUR LE SABLE
Mon nom commun, vous le connaissez tous, vous l´avez évoqué maintes et maintes fois.
Mon nom propre est le même.
Vous le connaissez évidemment, mais mon nom commun est si commun que la plupart d´entre vous ont oublié qu´il fut aussi un nom propre.
Je dois la vie à un héros extraordinaire, qui a vécu une aventure pas banale.
Lui-même à ce moment-là était carrément perdu.
C´est sa curiosité qui lui a fait suivre des traces de pas sur le sable et qui l´ont mené jusqu´à moi.
Il m´a tiré d´affaire dans une situation où mes chances de survie étaient très compromises.
En fait, ma vie ne tenait plus qu´à une branche.
Si je vous dis que je m´attendais à déguster, croyez-moi, ce n´était pas un vain mot.
Car, hormis la gastronomie, bien d´autres choses nous opposaient, mon illustre saint-bernard et moi.
Par exemple j´étais bien moins habillé que lui, je voyageais plutôt léger et mon bagage était assez rudimentaire.
Lui par contre disposait d´un équipement de première qualité, il a prouvé en me secourant qu´il était une fine gâchette.
Un seul coup de feu a suffi.
En parlant de coup de feu, c´est au sens littéral, pas au sens frénésie dans la cuisine d´une brasserie alsacienne lorsqu´il y a de la choucroute au menu.
D´ailleurs, à peine mon héros m´avait-il tiré de cette situation extrêmement embarrassante, qu´il m´a fait changer de régime alimentaire.
Le nom de mon sauveteur vous est bien plus connu que le mien.
Mais lui n´a pas de nom commun identique au nom propre.
Finalement, je me suis mis à son service et je n´ai eu qu´à me louer de ma décision.
Si vous devinez qui je suis, vous saurez instantanément quel est aussi le nom de mon héros.