DROLE DE COMPORTEMENT DU TROUPEAU DE CHEVRES D´ARTHUR ET DU CERBERE CAUET.
Arthur vient de vendre ses participations dans sa société de production audiovisuelle.
Il a empaqueté tous ses biens dans de jolis boîtes bien numérotées pour se retirer dans un coin perdu dans les Pyrénées.
Mais au bout de quelques mois, l´inaction lui pèse.
Aussi décide-t-il de devenir berger.
Il suit des cours accélérés et le voilà bientôt régisseur d´un magnifique troupeau de 100 têtes de moutons.
Il s´empresse aussi d´acquérir un jeune chien plein de talent.
Coureur infatigable, toujours prêt à mordiller les génisses qui refusent d´obtempérer, le jeune canidé fait aussi preuve d´un talent d´aboyeur inégalé. Séduit par ce tempérament volcanique, Arthur décide d´appeler son jeune molosse Cauet.
Ce matin-là, Arthur, flanqué de son fidèle compagnon à quatre pattes Cauet, décide de changer de pâturage.
Ils emmènent le cheptel le long d´une route de montagne vers un pacage situé à plus basse altitude, où l´herbe est moins savoureuse, mais plus dense.
Curieusement, tous les moutons marchent à gauche de la route.
Arthur et Cauet s´efforcent par tous les moyens possibles de les obliger à rester à droite, leurs efforts sont inutiles.
Dès qu´ils le peuvent, les moutons inéluctablement reviennent longer la route du côté gauche.
Pas pour y stationner, au contraire, les ovins acceptent de trotter, mais privilégient le mauvais sens de circulation.
Finalement, toute la troupe arrive sans encombre au pâturage tant espéré.
Le surlendemain, ils sont de nouveau obligés de redescendre un peu plus bas, le pacage un peu trop exigu étant déjà complètement épuisé.
Et cette fois-ci, bien qu´il s´agisse de la même route, les moutons marchent à droite de la route. Et refusent obstinément de marcher à gauche. Dès qu´ils le peuvent, ils choisissent le côté droit. Arthur et son fidèle compagnon s´arrachent les tifs, rien n´y fait.
Deux jours plus tard, nouvel avatar.
La troupe est encore obligée de changer de quartier.
Ils reprennent la même route, pour descendre encore un poil plus bas et trouver des pâturages plus grands.
Et subitement, l´étrange phénomène qui avait envoûté les moutons, les contraignant soit à marcher d´abord à gauche, puis à droite, a complètement disparu. Le troupeau s´étale sur toute la largeur de la route, sans privilégier un côté par rapport à un autre.
Pourriez-vous expliquer ce phénomène, sachant que:
- le profil de la route ne varie pas entre les différentes étapes
- la route est normalement large pour une route de montagne et pas particulièrement accidentée
- s´il y a des versants, ils peuvent être tantôt à droite, tantôt à gauche, comme c´est le cas de toutes les routes de montagne
- les moutons ont un comportement normal de mouton
- l´herbe le long de la route est aussi savoureuse d´un côté que de l´autre
- le troupeau n´est pas guidé par un vieux mâle à l´humeur versatile