COMMENT TRANSFORMER LES IDYLLES CAMPAGNARDES EN DIVORCES FORCES?
Maître Gilbert Grollard, célèbre avocat au Barreau de Paris, célibataire endurci, vient d’acquérir une jolie gentilhommière à la campagne.
Finalement, il se rend compte qu’il est lassé de défendre des aigrefins de la finance et s’éprend de la petite vie champêtre, au point qu’il vend son étude parisienne et s’installe définitivement au grand air.
Mais au bout de quelques semaines, l’inactivité lui pèse.
Il décide alors d’afficher ostensiblement son appartenance au barreau, en faisant placarder sur la grille de sa propriété :
‘’Maître Gilbert Grollard, avocat. Spécialisé en droit marital. Forfait ou arrangements pour divorces’’
Mais le temps passe, et aucun villageois ne passe à l’étude de notre as du manche.
Tous les jours, le facteur lui apporte le journal local.
Gilbert consulte les annonces : Naissances, communions, inaugurations de salle de fêtes, mariages, décès…
Mais de divorces, rien.
Gilbert désespère : ‘’Quelle bande de paumés ! Il n’y a donc que des couples fidèles dans cette petite bourgade ?’ ’
Tout d’un coup, il reçut la visite de son copain Arthur, à qui il explique ce qui le rend si morose.
Non pas qu’il veuille gagner des sous, de ce côté-là Gilbert est à l’abri du besoin. Mais Dieu que ses journées sont monotones, à attendre un hypothétique client pour une séparation ou un divorce à l’amiable.
Arthur compatit, puis tout d’un coup a une illumination. Il demande à son pote Gilbert de prendre un bout de papier.
Une semaine plus tard, dans le journal local, une nouvelle insertion apparaît dans les annonces matrimoniales :
‘’Avocat propriétaire de sa propre étude nouvellement établie cherche femme vue mariage. Tu peux ne pas être blonde, ni même ne pas avoir de forte poitrine. Tu peux être laide, grosse, maigre, pauvre. Ton âge n’a aucune importance. Tu peux avoir des jambes arquées, ton apparence extérieure n’a aucune importance. Il n’y a qu’une seule condition : . . . . . . . ‘’.
Suivait la condition émise par l’émetteur du message.
Gilbert dut passer plusieurs fois l’annonce, jusqu’à ce qu’il trouve enfin la compagne idéale.
Le mariage se fit dans la foulée.
Mais ce qui est incroyable, c’est qu’à peine leur union fut-elle connue, qu’un grand nombre de villageois téléphona pour prendre rendez-vous à l’étude de Gilbert.
Précisément pour introduire officiellement une demande en divorce.
Gilbert pouvait se frotter les mains.
Son plan avait marché.
Et il devait une fière chandelle à son pote Arthur.
Quelle était donc la condition qui figurait en bas de l’annonce ?