LE JEU DES MILLE MARCHES
L´homme était ambitieux.
Sa carrière était tout ce qui comptait pour lui.
D´ailleurs son ascension fut fulgurante.
Tout plaidait pour lui: son charme, son charisme, ses qualités naturelles, son sourire.
Il avait gravi les échelons à vitesse grand V.
Tout le monde était impressionné par ses succès, la gente féminine n´étant pas en reste.
Mais un jour, il a gravi les degrés un peu trop rapidement.
Il en perdit le souffle et fut à partir de ce jour là incapable d‘escalader quelque échelon que ce soit.
OrdreImparfait Posté le 16 juin 2005 à 09:51:09
UN MAL DE CHIEN
Il était une fois une jeune femme, belle mais solitaire, qui ne recherchait pas la compagnie des hommes.
Elle aimait les animaux, qui lui rendaient son affection par leur amitié et un attachement sans failles.
Puis un jour, elle fut très ennuyée.
Dire qu’elle venait juste de s’acheter un chien, et elle avait été ravie de son nouveau compagnon à quatre pattes.
Elle se disait qu’elle avait eu de la chance, car le toutou à poils était un modèle de gentillesse.
Hélas un malheur venait juste d’arriver.
Pour se consoler et pour atténuer son chagrin et ses ennuis, elle s’acheta encore un chien.
Là encore le nouveau mâtin fut très attachant, et la cohabitation se passa très bien entre les deux représentants de la race canine. Le premier, pas du tout jaloux d’avoir été le premier élu, prend le second sous sa coupe et lui explique en jeu de jours ( les journées dans la vie d’un chien sont plus longues que dans la vie d’un humain) tous les rudiments de la vie canine, du comportement du parfait animal de compagnie, bref en peu de temps en fait un gardien stylé qui n’aboie jamais pour ne rien dire.
Jusqu’au jour où la jeune femme, décidant de faire ses courses mensuelles, emmena un de ses chiens.
Et là, tous les malheurs du monde vont l’accabler, elle et son compagnon.
Sauriez-vous expliquer pourquoi le chien qu’elle avait choisi d’emmener dans sa promenade est obligatoirement le premier ?
Et par la même occasion, quels furent les deux événements malheureux consécutifs qui accablèrent cette pauvre jeune femme ?
DIVINE MAIS PAS DEVIN, UNE SOIREE SOUS DE MAUVAIS PRESAGES
Une femme, élégante et fine, marche dans la rue en hâtant le pas, légèrement embarrassée par ses chaussures à talons aiguilles et sa jupe étroite.
‘’Encore une soirée de présentation de mode qui se termine tard, et comme souvent plus de taxi.’’
Les invités qui s’étaient tous précipités pour proposer de la ramener chez elle ne lui paraissant pas très honnêtes, elle a préférer refuser toute compagnie et décidé de rentrer par ses propres moyens.
La nuit commence à tomber, heureusement les lampadaires lui donnent un minimum de confort visuel pour qu´elle puisse continuer à cheminer vite.
Car elle est encore loin de son domicile, son mari doit sûrement l´attendre puisqu´il est handicapé physiquement et ne peut plus exercer de travail.
Elle coupe les voies de circulation aux passages pour piétons, veillant à bien rester en vue.
Son manteau de fourrure la protège des morsures du froid, heureusement qu’on lui a également offert une jolie cape en zibeline qui lui protège ses cheveux blonds comme les blés et lui donne des airs d’angelot.
Elle arrive dans un quartier désert qu’elle ne connaissait que pour l’avoir traversé en voiture.
Des immeubles lugubres, aucune lumière, juste quelques réverbères faisant briller les pavés disjoints et glissants couverts de salissures.
‘’J’ai hâte d’arriver chez moi, j’espère que mon mari aura eu la courtoisie de m’attendre. D’ailleurs, ce n’est pas le moment de casser un talon’’, se dit-elle en regardant soigneusement où elle met les pieds.
Elle consulte sa montre sertie de brillants ( cadeau d’un célèbre couturier Place Vendôme qui venait juste de le lui offrir pour célébrer son contrat de star des podiums), elle se rend compte qu’il est vraiment très tard et qu’elle aurait quand même mieux fait d’accepter de se faire raccompagner pour ce jeune freluquet aux yeux de braise qui vantait les mérites de sa dernière Ferrari.
Le plus étrange, c’est qu’il n’y avait pas âme qui vive, aucune lumière à part les lanternes publiques, et surtout pas le moindre bruit.
‘’Il me reste encore un bon but de chemin à faire’’ se dit-elle encore, au moment précis où elle arrive à un carrefour à peine éclairé par une lanterne ternie.
C’est là qu’elle se rend compte de l’horreur absolue.
Son mari est mort, elle en a non seulement l’intime conviction, mais une certitude matérielle.
Pourtant, il n’y a aucune trace de son corps, aucun trace ni de son mari ni de la moindre chose qui aurait pu lui appartenir.
Là toute seule, sans qu’il y ait eu le moindre bruit, pas le moindre événement particulier, pas non la moindre communication avec qui que ce soit, loin encore de chez elle, elle sait que son mari vient de mourir il y a peu de temps.
Elle n’est pas devin, n’a pas de prescience car elle n’a jamais été douée pour lire dans les pensées.
Mais la révélation est manifeste, car son mari venait précisément de mourir récemmment.
Comment est-ce possible que cette jeune femme puisse apprendre à cet instant précis que son mari est passé de vie à trépas, alors que son corps se trouve encore à des kilomètres de distance, qu’elle n’a parlé à personne, qu’elle n’a pas reçu d’appel, pas croisé d’ambulance, pas vu le moindre indice de quoi que ce soit ayant appartenu à son mari, qu’aucun événement fortuit ne se soit produit à l’instant ?
LA MARIEE ETAIT EN BLANC.
Si la jeune femme avait choisi un voile de tulle rose au lieu d´un blanc, son mariage aurait été sans nuages et son mari ne serait pas mort dans d´atroces souffrances.
Hélas, innocemment, elle choisit le blanc et précipita de ce fait son mari quelques jours après son mariage dans une mort tragique.
Quel est le métier de son mari?