MAMADOU M’BOMBALA EST SYSTEMATIQUEMENT BASSINE.
Mamadou M’Bombala est très déçu.
Déjà qu’il vient d’arriver en tant que passager clandestin à Marseille, il a du mal à se faire des amis.
Sa dégaine de docker rend les rencontres difficiles. Son visage de boxeur sur le tard est de nature à faire fuir les plus téméraires des passants. Ses vêtements mériteraient un bon coup de brosse, quand à ses chaussures, cela fait des siècles qu’elles baillent en attendant vainement un peu de cirage.
Quant aux demoiselles, même si elles peuvent être impressionnées par sa carrure athlétique, elles supportent difficilement son accent taillé à la machette des Hauts Plateaux.
Le pire, c’est qu’il est sans le sou, et comme il n’a pas de guitare et qu’il n’a pas envie de vendre des images pieuses aux flâneurs autour de Notre Dame de la Garde, il décide de voler la banque du Café et Commerce.
Hélas, la manoeuvre ne réussit pas, les employés s’amusent à ses dépends et il est obligé de se rabattre sur des succursales bien moins prestigieuses.
Mais rien n’y fait, il a beau mettre un masque, prendre une grosse voix et voler un pistolet en plastique au marchand de pacotille du coin, le scénario est immuable.
Mamadou entre dans la banque, prononce sa phrase rituelle, et systématiquement l’employé, loin d’être terrorisé lui apporte une bassine.
Sauriez-vous comprendre l’origine de cette étrange méprise et ôter Mamadou d’un horrible doute ?