UN BIEN ETRANGE SILENCE
Arthur se promène dans les ruelles tranquilles d´une ville de province.
La promenade est sa passion, il est capable d´errer sans but durant des heures, en général le soir après le souper.
Il marche au hasard, s´il passe devant les devantures des vitrines, c´est d´un oeil distrait.
Et sans rechercher le moins du monde le contact avec les passants ou des occupants des immeubles.
Un jour, par un simple concours de circonstances, il se trouve devant un grand mur qui clôture un immeuble.
Le mur et large et haut, sans ouvertures, sauf un passage fermé par un portail.
Arthur n´entre pas, il n´a pas la clé du portail qui est toujours verrouillé.
Mais il contemple le mur, puis sans toucher à rien, poursuit son chemin.
D´ailleurs, l´immeuble est inhabité, et sa façade bien banale et bien grise.
Arthur ne connaît pas la rue, encore moins l´immeuble.
De plus, cette fois-ci Arthur ne rencontre aucune âme qui vive.
Mais curieusement, alors qu´aucun danger ne menace, qu´il n´y a aucune trace de vie, ni mouvement, ni bruit suspect, Arthur, qui était parfaitement impassible une seconde plus tôt, sait instantanément qu´il est en danger de mort.
Par quelle prescience Arthur a-t-il pu se rendre compte de ce péril imminent, alors qu’il n’a parlé à personne, qu’il n’a pas de téléphone, que tout est d’une parfaite tranquillité ?