LA MUSE
Poète, prends ton luth et me donne un baiser;
La fleur de l´églantier sent ses bourgeons éclore.
Le printemps naît ce soir; les vents vont s´embraser,
Et la bergeronnette, en attendant l´aurore,
Aux premiers buissons verts commence à se poser.
Poète, prends ton luth et me donne un baiser.
LA MUSE
L´homme est un apprenti, la douleur est son maître,
Et nul ne se connaît tant qu´il n´a pas souffert.
C´est une dure loi, mais une loi suprême,
Vieille comme le monde et la fatalité,
Qu´il nous faut du malheur recevoir le baptême,
Et qu´à ce triste prix tout doit être acheté.
Sauriez-vous deviner quel est ce rimailleur qui a tant glosé sur les muses?