LE STRATAGEME DU PRISONNIER ( SOSIE D´HANNIBAL LECTER)
Un homme, sosie du Dr Hannibal Lecter, est emprisonné dans une cellule complètement fermée.
La pièce est entièrement vide, à part une table et une chaise, tous deux très robustes, rivés au sol, en fer forgé d´un seul tenant.
Sur la table, les reliefs du dernier repas du captif: une nappe en papier.
Posés sur la nappe: un gobelet en carton ayant contenu de l´eau, vide, une assiette en carton ayant contenu un morceau de dinde rôtie avec des pâtes, vide, un pot de yaourt, vide.
Le repas varie peu, et n´est pas très équilibré, le prisonnier reçoit soit de la dinde, soit du poulet, mais la viande est toujours désossée afin que le prévenu ne puisse pas s´en servir comme d´une arme.
Au début, le cuisinier ne préparait que de la dinde, alors le sosie a protesté.
L´administration pénitentiaire, dans son immense mansuétude et avec un sens particulièrement développé de la dérision, a consenti à varier avec du poulet.
Le cachot n´a ni fenêtre, ni porte, à part la porte d´entrée.
Le sol est en béton, tout comme les murs et le plafond.
Il n´y a aucune brèche ou porte dérobée, pas la moindre ouverture.
Le gardien vient juste de fermer à clé la porte de l´extérieur.
Le sosie ne peut pas regarder par le trou de serrure, car le garde chiourme le bouche avec la clé laissée à l´extérieur.
Le gardien est particulièrement vigilant, car le prisonnier ressemble étrangement à Hannibal Lecter.
Au mur du fond, un anneau solidement fixé et une chaîne à laquelle le prisonnier doit s´attacher lui-même avant que le gardien ( toujours le même) rentre dans la pièce pour lui donner son repas ( il l´enlève de son propre plateau pour le poser sur la nappe directement, il ne lui laisse pas le plateau.)
Le prisonnier est fouillé systématiquement et ne dispose d´aucun ustensile ( pas même un trombone ou un ressort de stylo).
Le surveillant procède à une fouille exhaustive, car il sait que sa propre vie en découle.
Il vérifie aussi soigneusement les murs et le sol, pour éviter qu´à la longue le sosie puisse découper des échardes de béton qui assemblées pourraient servir de poinçon.
Quant au plafond, et à son unique ampoule, elle est protégée par une grille en fer indémontable, et le plafond est bien trop haut pour que le prisonnier, même en mettant la chaise ( pourtant rivée au sol) sur la table, ne puisse s´en approcher.
Malgré ces infinies précautions, un beau matin le gardien devra apprendre à ses dépends que son prisonnier s´est envolé.
Comment pouvez-vous expliquer cette disparition, alors que ce jour-là n´est en rien différent des autres, et que le gardien n´a fait aucune erreur, ni lors de la fouille, ni lors du service du repas?