EXECUTION NON PROGRAMMEE
Cette histoire extraordinaire a été racontée à la cour d´un Maharadjah.
Un homme dont la réputation était sans tâche, s´opposa un jour aux assassins du Rajah qui gouvernait la province du Pendjab, au Nord Est de l´Inde.
Ce monarque était cruel, et soumettait son peuple ( les sikhs) à sa cupidité et à sa barbarie.
Tout opposant était immédiatement emprisonné, sans même avoir la moindre chance de défendre son bon droit, et la sanction était le plus souvent la décapitation.
L´homme qui s´opposa au Maharadjah était un simple bottier.
Il dut fabriquer des bottines pour la fille du despote, et il s´employa avec tout son talent car il était réputé pour la qualité de son travail.
Hélas la Princesse avait un pied légèrement difforme, ce que le savetier ne savait pas, et donc elle se plaignît que les brodequins lui faisaient mal.
Le Roi convoqua le malheureux artisan et le fit enfermer dans la plus nauséabonde cellule pendant plusieurs jours, au point d´oublier le prisonnier.
Jusqu´à ce qu´un jour un nouveau geôlier arrive et pour fêter son arrivée, décide dans sa grande générosité ( mais contre monnaie sonnante et trébuchante) de relâcher les prisonniers qui croupissaient dans la basse fosse, dont notre cordonnier.
Ainsi, le malheureux put rentrer chez lui et revoir sa femme et ses enfants.
Un peu plus tard, sa femme raconta l´épilogue de cette triste histoire:
Le bottier dormait d´un sommeil bien mérité après ces terrifiantes péripéties.
Il imaginait, après que les grilles de sa cellule se soient refermées sur lui, avoir été convoqué au Palais royal pour y être jugé.
Il continua de raconter son cauchemar:
Le tyran siégeait sur un trône en or massif, entouré de ses acolytes aussi veules et cupides que lui.
Derrière le Rajah se tenait un bourreau tenant une hache à double tranchant.
Au milieu de la salle il y avait un billot, et bien souvent le Monarque coupait court à tout procès en faisant signe à l´exécuteur des hautes oeuvres. Celui-ci était tout aussi cruel et le nombre de personnes dont la tête avait été tranchée état impressionnant.
Vint le tour du cordonnier.
Il n´eut pas le temps de s´expliquer.
Sur un geste du roi, le bourreau s´empara de lui, lui remonta les cheveux pour dégager sa nuque, le fit agenouiller et poser sa tête à plat sur le billot.
Au même moment, sa femme qui partageait sa couche lui caressait les cheveux.
D´un geste tendre elle lui effleura la nuque.
L´homme fut si surpris de ce geste qu´il crut que la hache du tortionnaire s´abattait sur lui, et dans sa frayeur mourut sur le champ d´une crise cardiaque.
Tel fut le récit de cette veuve éplorée dont le destin fut si tragique.
Pourriez-vous expliquer en quoi cette histoire est complètement abracadabrante ?