Strophe1
Il s´agit bien d´une invitation au voyage.
Le voyage a travers les yeux d´un enfant, pour qui tout est émerveillement.
Mais aussi le voyage dans les souvenirs, le soir à la nuit tombée.
Pour l´enfant, amoureux de cartes et d´estampes,
L´univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !
Strophe2
Le rythme du voyage.
L´élan du départ, les coeurs qui battent la chamade
L´infini en tant qu´horizon, le bercement des vagues et le monde qui devient vaste ondulation.
Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :
Strophe3
Les raisons du départ
Le bonheur de nouvelles aventures pour les uns,
Des pensées plus obscures pour les autres, des rapports humains, des déchirements, des mystifications
Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
D´autres, l´horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d´une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.
Strophe4
L´ivresse du voyage
La croisière se transforme en dépaysement et permettent aux soucis de s´apaiser
Les visages frappés par le soleil et les embruns prennent des couleurs mais aussi des formes de résistances nouvelles
Pour n´être pas changés en bêtes, ils s´enivrent
D´espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.
Strophe5
Le vrai voyageur
Celui qui part ne doit pas s´encombrer de bagages, et doit vraiment rompre les amarres
Ce qui le retient est aussi ce qui l´empêche de grandir
Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s´écartent,
Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !
Strophe6
La pérégrination
Voyager c´est ne jamais toucher au but, le voyage lui-même se transforme en but ultime.
Heureux celui qui s´est embarqué pour un périple dont il ne connaîtra jamais la destination
Ceux-là dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu´un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l´esprit humain n´a jamais su le nom !
Si on essaye de lier toutes ces strophes, quel sentiment prédomine?
Voyage n´est pas errance, mais ouverture, découverte, attirance pour l´inconnu.
Larguer les amarres, c´est se défaire de ses peurs, de ce qui nous ankylose et nous handicape.
C´est une invitation à brises nos chaînes, à sublimer notre vision de nous mêmes, à réviser nos objectifs.