L´astucieux auteur de ce poème a délibérément
privé chaque quatrain d´un élément usuel de la
langue sans pour autant commettre d´erreur
grammaticale.
À vous de trouver ces CINQ absents.
Ton désir, Ô mon prince, est de nous rendre heureux,
De tes peuples divers écoute donc les voeux :
Sur ton trône chéri, sois longtemps le modèle
Des rois dignes un jour d´une gloire immortelle.
Toi qu´on connaît partout, Ô divin artisan,
Tu nous as tous soumis à la loi d´un tyran,
Tyran craint d´un chacun qu´on baptisa LA MORT.
Oui, mourir tôt ou tard, humain, voilà ton sort!
Le méchant est tremblant quand l´horloge banale,
Auprès de son grabat, sonne l´heure fatale;
Et son coeur, ulcéré par les remords rongeurs,
Sent à chaque moment redoubler ses douleurs.
Le ciel, en sa fureur, a semé sur la terre
Les peines, les chagrins, la fièvre, la misère;
Chacun en a sa part et chacun ici-bas
Ne peut en espérer le terme qu´au trépas.
De la Religion respectez les mystères;
Et dans vos ennemis ne voyez que des frères.
Donnez à l´indigent, protégez l´orphelin;
De vos bienfaits cachés ne soyez jamais vains.