L´énigme de la glace ayant jeté un froid, passons du dessert à l´entrée, un fois n´est pas coutume.
SAURIEZ VOUS DANS LA PLETHORE DENICHER LE BON INDICE?
Une enquête du commissaire Blondel
La soirée était particulièrement réussie.
Le Tout Paris s´était donné rendez-vous.
Les invités affluaient de toutes parts.
Qui en carrosse, tirés par quatre étalons pommelés, qui débarquant d´un yacht des quais de la Seine, qui dans une somptueuse voiture de collection conduite par un chauffeur dont la conduite était aussi irréprochable que la tenue réglementaire.
Elégance et bonne humeur étaient de mise ce soir-là, les femmes étaient particulièrement remarquables par leurs toilettes sublimes et nombre de jeunes hommes en queues de pies s´affairaient autour d´elles en trouvant mille et une manières de les faire rire ou simplement pour retenir leur attention.
Le commissaire Blondel lui vint à pied, il n´y avait que quelques hectomètres depuis le quai de Javel jusqu´au Chatelet.
Le buffet était somptueux, mais le commissaire n´en avait cure, agacé qu´il était par ses aigreurs d´estomac dont il ne connaissait que trop bien la raison.
L´apéritif était une exclusivité, une grande marque champenoise ayant été retenue pour ses qualités éminentes, seules des coupes de champagne étaient servies.
L´animateur de cette soirée n´était autre que le Comte de France, son statut et ses avantages lui donnant de fait, une place prééminente dans la hiérarchie mondaine parisienne.
Mais le Comte avait également invité le commissaire Blondel à cette soirée car le Comte avait des ennemis et jusque là avait déjoué tous leurs traquenards, entre autre aussi grâce à la parfaite compétence et au sens de l´observation du commissaire.
Ce soir-là, le Comte avait soigneusement mis les vins et le buffet ( préalablement goûté) sous scellé en attendant l´arrivée des premiers convives.
Pour le service, il faisait appel à son traiteur préféré, dont il n´avait qu´à se féliciter jusque là.
Les serveurs étaient exclusivement des hommes, car le chemin était long de la cuisine jusque dans la grande salle de réception, et les plateaux étaient lourdement chargés.
Les serveurs passaient entre les convives et si l´un tendait des verres à ceux qui avaient envie de se rafraîchir le gosier, d´autres passaient simplement entre les gens avec les plateaux de verres tendus à bout de bras.
Pour le buffet, les invités étaient conviés à prendre quelque assiette ( en porcelaine de Limoges ou de Meissen) et à se servir eux-mêmes.
Les premiers symptômes commencèrent avant l´arrivée des plats chauds.
Certaines personnes se sentirent mal, mais très vite tout le monde comprit que c´était bien plus grave qu´une simple incommodité passagère.
Les gens touchés se tordirent de douleur, le SAMU fut appelé en urgence, mais il était déjà trop tard.
Les médecins urgentistes diagnostiquèrent immédiatement un empoisonnement à la cyanure, mais le poison était si violent que perfusions, absorption de grandes quantités d´eau se révélèrent vaines.
Au final, tous les amis du Comte étaient morts.
Ce spectacle désolant lui fut épargné car le Comte fut la première victime.
Le commissaire était mortifié, car il avait failli à sa mission.
Mais il mit un point d´honneur à identifier le coupable, ce qu´il fit sans peine dès l´apparition des premiers symptômes.
Il sut alors quel plan machiavélique les ennemis du Comte avaient tramé.
Sauriez-vous, comme Blondel, avec les mêmes indices sous les yeux, identifier le meurtrier?
Sachant qu´il y avait une affluence importante, pal mal de personnel, beaucoup de plateaux ont circulé et donc une quantité impressionnante de coupables potentiels.
Sachant aussi que le buffet ainsi que les boissons étaient parfaitement tenues à l´écart de tous.
Sachant aussi que les convives ont choisi de remplir leur assiette eux-mêmes.