Il y a bien longtemps, et en d´autres lieux, vivait sur une île isolée la tribu sanguinaire des Khong.
A l´aube des temps, le grand Khondor avait transmi au roi des Khong les quarante neuf rouleaux sacrés, sur lesquels étaient inscrites en lettres d´or et d´argent les trois cent quarante trois lois sacrées.
Chacune de ces lois devait être observée scrupuleusement, et cela se révéla rapidement assez compliqué.
Notamment, la première loi s´énonçait ainsi : " Toute personne ayant volontairement causé la mort d´une autre personne sera condamnée à mort."
Au moment de procéder à l´exécution du premier condamné, le bourreau, saisi d´un doute salutaire, sollicita l´avis du grand Khonseil, pour savoir si la première loi ne risquait pas de se retourner contre lui.
La question méritait réflexion. Le grand Khonseil se réunit donc en Khoncile, et après 7 jours de jeûne et de méditation, rendit son avis :
- Le juge ayant prononcé la sentence, n´ayant fait que confirmer une sanction divine, n´encourrait pas les foudres de la loi,
- Le bourreau, en causant volontairement la mort d´une autre personne, devrait être condamné à mort.
- Tout procédé reposant sur un enchaînement naturel ou mécanique aboutissant à la mort du condamné, entraînerait la culpabilité de la personne ayant initié le procédé. Ainsi, des systèmes pourtant très raffinés qui avaient été envisagés comme : abandonner le condamné enchaîné sur la plage à maréebasse, le jucher en équilibre sur une quille, la corde au cou, le laisser mourir de soif ou de faim, l´enfermer avec un tigre affamé ou un serpent venimeux, durent tous être abandonnés.
- De même tout procédé où la responsabilité serait diluée dans un groupe impliquerait la responsabilité de l´ensemble du groupe. Il fallut donc renoncer à des procédés ayant pourtant fait leurs preuves comme la lapidation.
Il n´était pas non plus question de ne pas exécuter la sentence, ce qui serait la pire des entorses à la loi sacrée. Le grand Khonseil préconisa donc . ..
Heureusement, quelques années plus tard, un coup d´état jeta à bas le roi des Khong et ses lois iniques, et le peuple Khong abandonna la peine de mort et ses moeurs sanguinaires et connut de longues années de paix et de bonheur insulaire.
Mais quel pouvait bien être le système infaillible mis au point pas le grand Khoncile ?