Hel, je ne sais pas si tu es encore là, car j´ai eu une longue interruption.
Je voudrais répondre à ta dernière réflexion et je pense qu´il faut " pousser" la réflexion un peu plus loin.
Oui, j´ai connu ce cas de personnes qui n´en pouvaient plus et à deux occasions.
Ce n´étaient pas des proches et elles ne se sont pas confiées à moi, mais auparavant j´avais eu des discussions avec ces deux cousins à bâtons rompus.
Le plus douloureux, c´est d´avoir une conversation avec quelqu´un qui n´a plus d´espoir.
Il a touché le fond et a l´impression qu´il vient de trouver la vérité.
Il ne sait plus ce qui le hante, il n´y a plus de feu intérieur qui le dévore, il a cru toucher le fond et ce qu´il a pris pour le fond il a cru y deviner l´ordre et la sérénité.
Mais il n´y a pas de vérité, si ce n´est celle du moment et elle n´est valable que le temps de le dire, demain je serai dans d´autres dispositions et la vérité d´aujourd´hui me paraîtra bien fade.
D´autant plus qu´il n´y a pas de fond, aussi loin que l´on plonge et aussi sereinement que l´on fait la part des choses, il n´y a nulle part un endroit tranquille où règle l´ordre et la tranquillité.
Notre cerveau n´est pas fait pour réfléchir, ce n´est pas sa fonction première et la nature ne l´a pas dédié à cette occupation. Notre cerveau n´est qu´une gigantesque centrale nerveuse vers laquelle sont précipités un quantité phénoménale d´informations ( les neurotransmetteurs) à chaque seconde et les neurotransmetteurs sont dégradés à l´hyper vitesse.
Et le cerveau à son tour commande à une quantité impressionnante d´organes ( quelquefois en " roue libre" comme par ex s´il faut marcher ou continuer de respirer, les fonctions " sympathiques").
Il faut donc que nous domestiquions notre cerveau, et la première approche c´est déjà d´en discerner les principes de fonctionnement au nom déjà de la rigueur intellectuelle.
Aussi ne faut-il pas s´étonner que nous soyons facilement perturbés, mal à l´aise devant des décisions complexes car personne ne fait à chaque moment le meilleur choix possible. Notre parcours est erratique et choisir, c´est trancher, ce qu implique de laisser des arguments de côté pour en préférer d´autres.
Mais jamais notre cerveau ne peut se complaire dans la sérénité.
Cela me fait penser au froid absolu ( les fameux -273° C).
Pourquoi y a-t-il un froid absolu alors qu´il n´y a pas de chaleur absolue?
Parce que les atomes ne peuvent pas êtes plus immobiles qu´immobiles.
L´immobilisme c´est la congélation, c´est le froid extrême, et chacun sait ce qui se passe lorsqu´on s´endort dans le grand froid.
Lorsque donc on a l´impression d´avoir atteint une certaine forme de sérénité ou de détachement, on peut faire une erreur d´analyse gravissime et prendre cela comme une fin en soi.
Parler à quelqu´un exige une attention et une rigueur extrême, c´est là qu´il faut le plus mobiliser ses neurones, car rien de ce qu´on peut dire n´est innocent, mais comme il est difficile de bien se comprendre.
Lorsqu´une autre personne traverse une mauvaise passe, c´est vraiment un exercice de haute voltige d´arriver à obtenir qu´il reprenne suffisamment d´assurance, non pas par ce qu´on lui dit, mais par le fait qu´il y parvienne en suivant sa propre réflexion, où il faut avancer avec lui à petits pas, le guidant légèrement mais sachant ne jamais perdre le sens de la direction principale: lui faire retrouver la confiance en soi.