trouvé jop:
A la fin du XVIlème, alors que les membres des sociétés savantes débattaient du problème de la longitude, des illuminés et des opportunistes innombrables publiaient des pamphlets pour avancer leurs propres élucubrations sur la manière de trouver la longitude en mer . Pourrait-on se passer des observations astronomiques trop tributaires de l’état du temps !
La plus pittoresque des propositions excentriques fut à coup sûr celle du chien blessé, proposée en 1687. Elle se fondait sur un remède de perlimpinpin dit poudre de sympathie. Cette poudre découverte dans le midi de la France par un certain Digby était censée guérir à distance. Tout ce qu’il fallait faire pour en extraire cette propriété magique était de l´appliquer à un objet appartenant à la personne souffrante au pansement, «une blessure », par exemple. On versait dessus de la poudre de sympathie et ainsi, on hâtait la cicatrisation de la blessure à distance.
Mais cette application n´était pas indolore !
Elle consistait à faire monter un chien blessé sur un navire qui appareillait de Londres et à laisser à terre une personne de confiance qui tremperait le pansement du chien tous les jours à midi dans une solution de poudre de sympathie. Le chien devait pousser un aboiement de réaction au même moment ; ce qui fournirait au capitaine une indication de l´heure.
L´aboiement signifierait: « Le Soleil est au méridien à Londres."
Le capitaine pourrait alors comparer l´heure indiquée par le chien à l´heure solaire locale sur le navire et calculer en conséquence la longitude.
Il fallait évidemment espérer que la poudre avait le pouvoir de se faire sentir à des milliers de lieues de distance, et cependant - et c´est très important -il fallait aussi que la blessure ne guérisse pas pendant plusieurs mois, le temps du voyage ; quelques historiens postulaient même que, sur des voyages au long cours, la plaie du chien aurait du être réouverte plusieurs fois.
On pensait que soumettre un chien à un tel supplice n’était ni plus macabre, ni plus répréhensible que d´attendre d’un marin qu’il sacrifiât un oeil au bénéfice de la navigation. Les anciens instruments de visée, en effet, jusqu´à la mise en service du quartier de Davis qui annonçait le sextant, exigeaient que l´on mesure la hauteur du Soleil au-dessus de l´horizon en le fixant directement avec comme seule protection des verres teintés : quelques années d´observations suffisaient alors pour rendre borgne les marins chargés des observations sur les navires.
Heureusement il y avait, pour calculer la longitude , des propositions moins barbares.