Elevage
Un élevage de vers à soie est aussi appelé une éducation tant les soins et l´attention que requiert l´animal se rapprochent de ceux que nécessite l´éducation des enfants.
La nourriture est exclusivement composée de feuilles de mûriers qui sont cultivées, pour des raisons pratiques, en taille basse et sur rang comme la vigne. L´appétit insatiable des chenilles nécessite un grand nombre d´arbres.
Pour protéger les vers à soie des agressions extérieures ( pluie, vent ou froid) et les tenir à l´abri de leurs prédateurs naturels ( oiseaux, insectes), les chenilles sont élevées dans une magnanerie, local clos muni de chauffage et d´aération. La nourriture est déposée plusieurs fois par jour, délicatement, sur les chenilles qui activent alors bruyamment leurs mandibules.
Celles-ci vivant dans leur assiette, il est nécessaire de les changer de plateau très souvent.
Histoire
Les traces de sériciculture les plus anciennes sont consignées dans un acte notarié de 1296 à Anduze ( Gard). Mais elles ne sont que les prémices d´une industrie qui ne se développera de manière industrielle que vers la fin du XVIème siècle.
Henry IV, conseillé par Olivier de Serre ( agronome), à qui il demande de rédiger un fascicule destiné à propager les techniques d´élevage des chenilles, et par Barthélemy de Laffemas, son valet de chambre, plus tard élevé au rang de Contrôleur Général du Commerce de France et plant des Meuriers, donnera le véritable départ de cette industrie en l´organisant dans de nombreuses régions ( de la Provence jusqu´en Normandie).
Pour donner l´exemple et démontrer que les vers à soie peuvent être élevés dans d´autres régions que le sud de la France, le roi fait venir et planter à Paris, dans le Jardin des Tuileries, 20 000 mûriers. D´autres plantations seront faites à Caen, Rouen, Tours, Orléans, Lyon...
Colbert créera de nombreuses pépinières de mûriers et des manufactures de tissage et de tapisserie.
La sériciculture toutefois végétera jusqu´au début du XIXème siècle avec une production annuelle ne dépassant pas 500 tonnes.
Après les guerres napoléoniennes, la sériciculture s´apparente à une véritable ruée vers l´or. Entre 1820 et 1834, on plante plus de 6 millions d´arbres. On élève des vers à soie dans 64 départements mais dont 6 cependant fournissent la moitié de la production nationale ( Gard, Vaucluse, Var, Ardèche, Hérault, Drôme). Son apogée est atteint en 1853 avec une production de 2 600 tonnes mais coïncidera avec l´apparition de la «pébrine», maladie extrêmement contagieuse, qui en 15 années ravagera les magnaneries de France et du monde entier ( hormis le Portugal et le Japon). La sériciculture occidentale ne se relèvera jamais de cette maladie, malgré les travaux de Pasteur qui, à partir de 1869 permettaient d´obtenir, par le grainage cellulaire, des oeufs non contaminés. Il est à noter que le grainage cellulaire est toujours obligatoire dans les pays séricicoles, les risques d´apparition de la maladie n´ayant pas disparu. ( Il s´agit de rechercher, à l´aide d´un microscope, dans le broyat de l´animal, les agents pathogènes responsables de la maladie). La concurrence asiatique, les tissus synthétiques ont eu raison de cette industrie qui déclina peu à peu jusqu´à s´éteindre dans les années 1960.
Aujourd´hui, peut-être juste retour des choses, la Chine contrôle environ 90% de la production mondiale de cocons.