Accablé, marqué par l´héritage,
le coeur crevé, crevant de rage !
J´ai quitté l´aube sans l´ombre d´un regret,
traçant sillage mais filant à coté.
Puis j´ai cinglé, changé de paysage ;
Adieu Gaïa, triste rivage !
Figure de proue m´ouvre à la nuit salée ;
De désir flou, j´ai manqué chavirer.
Jamais, dit-on, même au bout du voyage,
on ne sait qui et pourquoi dans l´orage,
Troque la vie contre son sarcophage,
vide mon âme et la griffe au passage.
Encore un jour où l´espoir se dilue.
Serrant la côte que je n´espérais plus,
Je vois mon corps, aux embruns-marécages,
Sauter sur l´île mais se tromper de plage.
Silhouette intruse, innocente au présage,
Par jeu, par ruse, se prête à mes ravages...
Lentement, la fille aux nattes brunes,
Dans le hamac, me fait un clair de lune ;
Je la respire, bercé par la lagune...
Ma toile se tisse au plus profond des brumes...