Le néant approchait. Chacun savait que tout serait bientôt fini. Mais ce n’était pas de la tristesse qu’ils éprouvaient, c’était de la fureur. Mais cela n’allait pas se passer ainsi. Ils étaient tous frères, ils appartenaient au même peuple, le même sang coulait dans leurs veines. Pourtant, les autres avaient obtenu une faveur, mais pas eux. Pourquoi eux n’avaient-ils pas droit à cette maigre consolation alors qu’ils allaient partager le même sort funeste ? C’était injuste !
Non, ils refusaient de l’accepter. Puisque cette possibilité de rendre la mort plus douce pour leur esprit ne leur avait pas été donnée, ils allaient la prendre. Ils savaient qu’en faisant cela ils s’attireraient les foudres de leurs congénères, mais qu’importe.
Alors, tous les Slaroth se joignirent pour créer leur dernière œuvre, mais aussi la plus belle, afin de montrer aux Gal’henden leur pouvoir. Tous ressentaient de la fierté car ils allaient accomplir eux-mêmes ce que les autres avaient obtenu de la Terre. Des jours de labeur incessant passèrent. L’ombre se rapprochait de plus en plus, tout devait être bientôt achevé car il n’y avait aucune possibilité d’échapper aux ténèbres.
Enfin, alors que nombre d’entre eux avaient déjà péris, ils achevèrent cette ultime création. Le souffle du dernier des Slaroth se tût et l’obscurité régna dans l’immense grotte.
Les années, les siècles passèrent tandis que le monde changeait. L’ère des Altaris était à présent terminée mais une autre commençait. Alors, à l’aube de ce nouvel âge, dans les ombres de la caverne restée intacte, un esprit noir, en sommeil depuis fort longtemps, s’éveilla.

