‘’Trop de religion tue la religion’’
Je souscris à cette phrase, sachant qu’il y a plusieurs interprétations possibles.
La plus commune étant qu’à force de parler d’éthique, de doctrine, la religion obtient un effet de rejet à l’opposé de ses intentions premières.
Sauf qu’en ce qui me concerne, et quelle que soient ces plusieurs interprétations possibles, elle ne s’appliquent pas.
Car la religion ne doit pas parler de dogme, mais d’esprit d’ouverture.
Nous faisons partie de la même fraternité.
Pour nous, avoir un esprit d’ouverture suivant cette définition en prenant comme point de réflexion une nouvelle théorie religieuse, c´est quoi?
A mes yeux, être fraternel, c´est avoir de la considération.
Respecter autrui, à l´évidence, mais aussi respecter la nature, vu la brièveté de notre existence terrestre à l´échelle du temps astronomique.
Considérer que nous sommes tous heureux de pouvoir partager un sentiment d´éternité au regard de la chance inouïe que nous avons eue par rapport à l´émergence possible de la vie sur cette planète ( théorie de Jacques Monod et de François Jacob, cf. " Le hasard et la nécessité").
Pour ma petite personne, en prenant cet angle en considération, je me dis que nous sommes tous fils d´une même terre nourricière, que nous partageons des moments assez épiques ensemble, grâce à ce petit plus qui nous est donné de pouvoir prendre un peu de recul par rapport à l´événementiel et aux vicissitudes immédiates, nous avons la possibilité de nous détacher légèrement de la glaise, de pouvoir lever les yeux pour essayer par exemple de comprendre la mécanique céleste ou simplement goûter le moment présent dans un sentiment de quiétude que je ne confonds pas avec la sérénité.
Etre religieux c´est être respectueux au minimum de ces valeurs fondamentales, se sentir membre d´une même
communauté dans laquelle tous nos actes nous lient et dans laquelle il est dérisoire de vouloir plaider l´innocence.
Que d´aucuns placent dans la religion l´attention pour des valeurs plus intrinsèques telles la solidarité et en voie de conséquence l´obligation de s´engager tout en préservant sa rigueur et son esprit d´analyse, c´est aller en effet au-delà et s´astreindre à des obligations que je considère " normales" mais qui dépassent le cadre strict de la dignité.
Pour moi, principalement, la religion c´est principalement cette conviction d´une totale filiation à une généalogie qui a mis environ 4,5 milliards d´années à permettre le développement d´êtres de plus en plus adaptés à un
environnement.
La religion, c’est avant tout un état d’esprit : le respect des autres, un certain culte de l’effort car non seulement rien n’est jamais acquis, mais ce qui est acquis peut sans arrêt être remis en cause et il nous faut le reconquérir, enfin et surtout une certaine obligation de dignité.
Pour citer des personnages célèbres qui sont des exemples de dignité, je dirais tous mes frères les hommes.
La dignité est-elle voisine de la fierté? Oui si la fierté est un sentiment légitime d´avoir agi selon sa conscience et serait plutôt un témoignage discret que nous sommes sur le bon chemin. Non, si être fier c´est ressentir un sentiment d´orgueil ou au moins un sentiment de satisfaction personnelle.
Nous n´avons pas de raison particulière de nous flatter de faire ce que nous avons à faire.
Si je m´engage, c´est avant tout un acte délibéré, une démarche naturelle car je sais que je n´ai pas à choisir.
Peut-on être à la fois sage, et digne? Oui, car la sagesse c´est aussi savoir s´écouter, évidemment écouter les autres, respecter les idées d´autrui. Le meilleur moyen pour nous de prendre nos responsabilités, c´est d´être persuadé que rien n´est figé, notre avenir n´est pas écrit quelque part dans des tablettes au somment d´un Olympe, il nous appartient.
C´est être digne que de penser que nous devons respecter nos engagements et ne compter que sur nous-mêmes. C´est tout aussi sage de se dire que notre force et notre résistance sera enrichie si nous sommes membres d´une fraternité et que chacun pourra compter sur les idées de l´autre au moment où il faudra nécessairement faire des choix. Car choisir c´est opter, donc délaisser certaines possibilités pour en épouser d´autres, donc obligation de prise de risque qui sera minimisée par la solidarité.
Et voici que le lien avec la religion se reboucle.