Poule n°3
jeu choisi : Silent hill 3
note obtenu : 13.5
comparé à mes notes de lycée
Chapitre 1 : Un cauchemar
Je m’appelle Eather. On ne peut pas dire que j’eus une enfance heureuse. Mes parents que je n’ai pas connus m’ont abandonnée alors que je n’avais que 2 ans. Je ne sais donc rien sur eux. Je fus recueillie par mon père adoptif. Mes parents m’avaient déposée devant sa porte sans explications, enfin c’est qu’il m’a toujours dit. Mon père vivait seul et je n’ai jamais su ce qu’était l’amour d’une mère mais heureusement que je recevais celui de mon père sans quoi je n’aurais sans doute pas survécu très longtemps.
N’étant pas très aisé, nous vivions dans un petit appartement. Il n’y avait dans le salon qu’un canapé tout rapiécé à côté duquel se situait notre radio qui était une de mes seules sources de réconfort. Je pouvais passer des heures à l’écouter pour essayer d’oublier la tristesse de ma vie. Dans ma chambre, les quelques peluches que m’avait offert mon père et dont je prenais le plus grand soin égaillaient un peu l’atmosphère glauque qui était renforcée par un papier peint jauni par le temps. De nombreuses fois il m’est arrivé de pleurer tout en serrant très fort mes peluches. La petite pièce qui nous servait de cuisine ne contenait que peu d’équipements ménagers. Quand je rentrais de l’école, pour aider mon père qui rentrait toujours fatigué, je faisais très souvent la vaisselle. Il me donnait aussi souvent une liste de course pour remplir notre frigidaire mais celui-ci n’était jamais plein. Je m’occupais aussi très régulièrement de faire la lessive et le ménage car il n’avait pas beaucoup de temps pour le faire. Il était ouvrier et avait un salaire de misère. Je ne vais pas dire que j’étais joyeuse de faire toutes ces tâches ménagères mais pendant ce temps je ne pensais à rien d’autre et surtout je me sentais utile à quelque chose.
Le cadre de l’école n’était guère plus gai. Hormis nos dessins qui ornaient la salle de classe et la rendaient accueillante, les murs extérieurs et les couloirs étaient recouverts de tags, ce qui n’était, il faut le reconnaître, pas très rassurant. Je n’aimais pas aller à l’école car dans la cour de récréation, j’étais toujours toute seule. Les autres enfants jouaient ensemble à chat, à sauter à la corde ou encore il y avait un groupe de filles qui jouait à la poupée. A chacune de mes tentatives pour jouer avec eux à chat, ils faisaient exprès de me faire tourner en rond pour me mettre en colère mais au lieu de ça, je finissais toujours par aller dans mon coin pour pleurer. A la corde à sauter, les filles changeaient intentionnellement le rythme de la corde pour que je me prenne les pieds dedans et que je tombe, ce qui aboutissait au même résultat. Une fois j’avais amené ma poupée pour jouer avec les autres filles mais Kévin, un garçon de ma classe, me l’avait prise des mains et avec d’autres garçons, ils s’amusaient à se la passer pendant que moi je courais dans tous les sens pour essayer de la récupérer. Mes efforts étaient vains et j’ai préféré retourner dans mon coin pour pleurer en me disant qu’ils finiraient par se lasser et qu’ils me la rendraient. Evidemment ils se sont lassés mais au lieu de me la rendre, ils l’ont découpé en plusieurs morceaux et ont été les cachés à plusieurs endroits de l’école. Après avoir retrouvé une partie de ma poupée, il me manquait toujours un de ses yeux et aussi l’un de ces bras. J’ai décidé de ne plus l’amener à l’école ni autre chose d’ailleurs pour ne plus avoir à revivre cette épreuve.
A l’intérieur de la classe, j’étais la seule à ne pas avoir de voisin ou voisine. Mes notes étaient catastrophiques car je n’arrivais pas à me concentrer. J’étais toujours dans la lune. Je rêvais que je quittais ce monde de barbares pour aller dans le ciel avec les anges ou que mon père devenait riche en gagnant à la loterie et qu’alors tous mes camarades voulaient devenir amis avec moi en se jetant à mes pieds. L’instituteur se mettait souvent dans une colère noire quand il me trouvait à rêvasser. Alors pour éviter cela, je me suis exercée à une méthode pour qu’il me remarque le moins possible. Au moment des exercices, j’écrivais vite des réponses sur mon cahier. Je savais qu’elles étaient fausses mais cela ne pouvait pas être pire que les autres fois. Ensuite je rentrais la mine de mon stylo, je baissais la tête vers mon cahier comme si je le regardais et je fermais les yeux tout en bougeant le stylo pour faire croire que j’écrivais. J’avais tellement appris à développer mes sens les yeux fermés que je savais à tout instant où se trouvait le maître et donc si je le sentais s’approcher de moi, je relevais la tête et arrêtais de faire semblant d’écrire. Ainsi je pouvais rêvasser sans craindre les punitions et surtout les cris de l’instituteur. Vous me direz sans doute que j’avais toujours hâte de quitter l ‘école et la cruauté de mes camarades mais non car j’avais toujours peur en sortant de rencontrer des racketteurs. En effet des élèves de la classe m’avaient dit s’être fait racketter. Je suis maintenant sure qu’ils m’avaient menti car je n’ai jamais rencontré personne, mais à l’époque, je les croyais et j´étais terrorisée à l’idée de rencontrer ce genre d’individus.
Les meilleurs moments de ma vie, c’était quand le week-end nous nous promenions avec mon père. Nous marchions dans les rues et nous allions dans le parc de la ville. C’était un lieu très sympa, et comme le parc était immense, je ne croisais que très rarement des camarades d’école et même quand ils nous arrivaient d’en croiser, ils préféraient tourner la tête plutôt que de me lancer les habituels quolibets. Je suppose que c’était la présence de mon père qui les incitait à avoir ce comportement. Souvent je m’approchais de la marre et je lançais des mies de pain aux canards et aux cygnes. Ils venaient chaque fois de plus en plus près et j’espérais un jour pouvoir en toucher un, mais je n’y suis jamais parvenue. Il y avait aussi un petit terrain de jeu, mais je n’y allais que très rarement car il était souvent occupé par d’autres enfants et l’expérience de l’école ne m’incitait pas du tout à aller les rejoindre. J’avais trop peur de vivre la même chose.
Depuis j’ai grandi et je suis maintenant une adolescente. Je n’ai pas plus d’amis qu’avant, loin de la, mais je me suis habituée à vivre reclus. Mon enfance a été un vrai calvaire mais cela m’a permis de m’endurcir et de beaucoup mieux vivre cette situation.
Aujourd’hui, il fait très beau et très chaud et j’ai décidé d’aller me désaltérer à la cafétéria du centre commercial avant d’aller faire les courses. Je prends une bouteille d’eau minérale avec une part de tarte aux pommes et je vais m’installer près de la fenêtre. Il fait vraiment un temps magnifique. Je vois passer des enfants. Ils ont l’air vraiment heureux et je me demande pourquoi je n’ai jamais eu cette chance la moi. Sur ces pensées, je bois une gorgée de ma bouteille d’eau et je m’affale sur la table. Je ferme les yeux et repense à mon enfance. Sans m’en rendre compte je m’endors et je me retrouve dans un parc d’attraction. Je ne reconnais pas l’endroit, je n’ai jamais été dans un parc d’attraction. Je sens quelque chose dans ma main. Je regarde. Je tiens en fait un couteau, mais d’où vient-il cela reste un mystère. L’endroit est lugubre. Le sol est jonché de lapins géants recouverts de sang. Ils ressemblent à Tootsy ma peluche préférée. J’ai terriblement peur. Je vois une porte. Je rassemble tout mon courage et je décide d’aller voir ce qu’il y a de l’autre côté. A peine ai-je franchi la porte que je me fais attaquer par un chien. Il est vraiment répugnant, on dirait que quelqu’un lui a tranché la tête avec une hache et pourtant il vît encore. Je cours le plus vote possible et j’essaye d’ouvrir les portes que je trouve. Elles sont toutes fermées sauf une. Cette fois-ci, je suis attaquée par un monstre énorme, il n’y a pas de mot pour le décrire, cela ne ressemble à rien de connu. Je repère des escaliers et décide de les emprunter pour tenter de lui échapper. Arriver en haut, je m’aperçois que je suis sur un manège de montagnes russes. Je ne suis encore jamais allée sur un manège de ce genre mais comme je n’aime pas les sensations fortes, je n’ai jamais eu envie d’essayer. Le wagonnet n’est pas la alors je saute sur la voix et commence à courir le plus vite que je peux. J’entends un cri affreux et je me mets à courir encore plus vite lorsque j’entends le bruit du wagonnet. Il arrive vers moi à toute vitesse, je suis comme paralysée, je ne sais pas quoi faire et je me réveille juste au moment du choc. Quel cauchemar horrible me dis-je. Cela fait une demi-heure que je dors et je décide d’appeler mon père pour lui dire que je rentrerai un peu plus tard que prévu. Juste après avoir raccroché, un inconnu en imperméable m’accoste. Il a vraiment une allure qui fait peur. Déjà rien que le fait de ce promener en imperméable par ce temps est étrange. Sa tête ne me revient pas. Je ne lui laisse pas le temps de me parler et je me dirige vers les toilettes. Je le vois qui me suit et je force l’allure. Je prie pour trouver un moyen de m’enfuir une fois là-bas.