ah! voila je peux enfin remettre ma nouvelle :
Etat d’Ame
Sora était là, couché sur son lit comme un cadavre devant son linceul, la nuit imposait son atmosphère lugubre et pesante et rien ne semblait devoir déloger ces ténèbres pour permettre l’aube d’un nouveau jour.
Il était 1h45 en ce jour de Mars, et Sora restait planté devant la télé comme un pantin désarticulé trône sur une armoire. Les images se succédaient mais n’étaient pour lui qu’un halo de couleurs sans signification, sans saveur, juste le résultat de la pression de son index sur une télécommande.
Oui, il était ailleurs, oui il était distant, physiquement présent mais mentalement inexistant, perdu dans un dédale de pensées qui l’avaient rendu insipide et sans vie. Sora ne cessait de ressasser le déroulement de sa journée jusqu’au moment précis ou avait commencé sa léthargie, son état second, ce moment si anodin en temps normal qui aujourd’hui était devenu lourd de sens. Cet instant ou il avait été confronté à la réalité de ses actes, à la conclusion de ses réflexions et ou à son grand désarroi il ne lui avait plus été possible de les fuir.
Quelques mots avaient suffit à le toucher, à l’affecter et alors même que la personne qui incarnait son bourreau était à ses yeux touchée par la grâce, il lui avait suffit de prononcer une phrase pour que Sora passe de l’adolescent épicurien au jeune homme timoré rongé par le spleen et le remord. Ni l’alcool, ni l’absinthe n’auraient su lui faire tourner la page, tant ces mots étaient encrés en lettres capitales tant dans sa tête que dans son corps.
Sora c’était plus à croire au bonheur et pensait même parfois l’avoir toucher du doigt mais ces paroles, aussi déguisées soient-elles, l’avaient rappelé à la réalité et à ces vieux démons. La situation était pour lui l’incarnation du meurtre parfait et sa douce avait beau avoir passé les gants, l’assassinat n’en n’avait été que plus aboutit et son commanditaire plus adroit.
Certes, sa fierté et son orgueil avaient pris le dessus et il avait tenté naïvement de sauver les apparences en évitant toutes formes de pathos. Il s’était montré courtois et compréhensif alors que son esprit n’aspirait qu’à extérioriser sa douleur et son mépris.
Mais une fois seul, Sora avait mesuré à quel point sa réaction avait été puérile, son amour propre n’avait été que l’expression de sa lâcheté, le témoignage de sa pudeur et la preuve de sa honte. Il s’agissait en fait pour lui d’une manière de dédramatiser cet espèce d’effet d’annonce qui l’avait saisi à froid et contre lequel il ne c’était pas préparé et ne pouvais rien.
Ainsi la douleur n’était pas tant générée par l’acte en lui même mais par le sentiment d’impuissance qu’il suscitait, cette incapacité à mettre de l’ordre dans ces idées qui faisait de la rupture l’une des maladies incurables, l’un des maux latents, le plus répandu parmi les hommes.
A Speed...