une fois n´est pas coutume 2 nouvelles en l´espace de 3 jours!
Mais bon je n´ais pas posté pendant pres de 3 semaines alors voila une petite escuze pour mes lecteurs assidus ( lol):
Un cours comme un autre…
Cela faisait près d’une heure que le cours avait démarré. Noyée dans la masse, Prissounette était là, assise, le pied négligemment posé sur le siège mitoyen. Perdu dans ses pensées, elle était maintenant à des années lumières de l’ambiance électrique et virevoltante de l’amphithéâtre. Alors, que tout s’agitait autour d’elle, elle était là, le regard perdu dans le vague un peu comme les gens qui contemplent fixement le paysage à travers la vitre du train. Ce genre de personnes qu’on pense être dans la lune, évasives ou tout simplement mal réveillées et qui en fait ne sont ni dans leur bulle ni en pleine réflexion mais seulement absentes, juste déconnectées, éteintes le temps d’une seconde.
Prissounette, regardait avec insistance vers le tableau. Elle n’arrivait à distinguer que des formes, juste l’emprunte d’un feutre noir qui dans un balai incessant ne cessait d’apposer sa marque sur le mur, en couinant et grinçant tel un diapason mal accordé. Son image était trouble, sa vision hésitante, tout n’était plus qu’un amas de lignes et de contours et la salle comme les élèves ne représentaient plus qu’un entrelacs de traits et de couleurs improbables.
C’est à cet instant que son esprit se décida à recouvrer sa toute puissance. Prissounette, de nouveau lucide venait d’être sortie de sa latence par un ahuri dont l’haleine pouvait trahir un fort relent d’alcool. L’énergumène voulait qu’elle se lève afin qu’il puisse poursuivre son pitoyable spectacle par une représentation privée avec le lavabo des toilettes. Bien entendu, Prissounette s’exécuta, l’envie ne lui manquait pas de reconduire gentiment l’hurluberlu à sa place à coup de gifles mais elle se tempéra.
Une fois rassise, elle pestait intérieurement d’avoir encore une demi heure à patienter et feignait l’intérêt en écrivant. Comme à l’habitude lorsqu’elle s’ennuie Prissounette ressassait inlassablement les paroles de ses chansons préférées sur une feuille, tandis que son voisin ne cessait de l’interrompre en déblatérant des inepties à propos du motif de ses chaussettes et sur sa ressemblance peu évidente avec un hamster.
Elle souriait machinalement. Peut-être parce que finalement cela ne la gênait pas tant que ça et qu’elle se plaisait à lui donner matière à polémiquer. Peut être que ses mimiques de petit trublion lui évitaient de sombrer dans l’ennui et la lassitude et même si ce bouffon d’opérette était parfois agaçant, il n’en restait pas moins désopilant. Elle avait prit l’habitude de l’avoir à ses cotés et avait rapidement comprit qu’il suffisait de le lancer pour qu’il enchaîne au quart de tour.
Prissounette venait de jeter un coup d’œil à sa montre et tandis que le supplice touchait à sa fin, le brouhaha permanent qui grondait dans l’amphithéâtre redoubla. Le professeur venait d’annoncer la fin du cours et la horde d’adolescents hystériques commençait à déambuler dans le chaos le plus total. Il était à peine 10h30, l’aube d’une longue journée dans la vie d’une étudiante perdu dans les méandres du quotidien…