La suite donc...
L’ultime Bataille ( 2)
[…]Couloume était donc là, figé, comme aspiré par le spectacle macabre dont il allait bientôt être le protagoniste. Les troupes de Cethao n’étaient plus qu’à quelques encavelures de la citadelle et rien ne semblait pouvoir les empêcher de déferler sur le château. Organiser les défenses ne servirait à rien, fuir serait le comble de la lâcheté, seul rendre les armes pourrait éviter le bain de sang et permettrait au Roi de conserver sa vie et celle de son peuple. Couloume perdu dans ses pensées se remémora l’époque ou l’homme à la tête d’une horde de barbare n’était autre que lui.
Ce passé si glorieux ou son nom résonnait dans toutes les contrées et ou il avait bâti un empire à la seule force de ses mains. Lui aussi avait inspiré la crainte, suscité le respect et avait su s’imposer à tous comme étant le guerrier qui avait conquit les terres opprimées. Il avait su unifier des territoires menés par des dirigeants corrompus par le temps et l’argent et faire flotter au vent une bannière unique : la sienne.
Mais aujourd’hui, sa gloire l’avait perdu, tout ce qu’il avait combattu auparavant, il l’était devenu. Un rustre, prétentieux et avare, un homme en quête de son passé, de son estime déchue, un ventripotent qui couve ses richesse comme les guêpes défendent leur essaim, un vieux sénile à qui la vie a toute apportée mais a tout reprit.
- « Messire le temps presse, puis-je me permettre d’interrompre votre réflexion pour en connaitre le fruit ? »
- « Ecoutez Ormus, ne faites rien sans que je n’en n’est préalablement donner l’ordre. »
- « Mais Sir… »
- « Il suffit ! Qu’on m’apporte Philoctace m’à fidèle monture. »
Les troupes de Cethao s’étaient arrêtées. Elles stationnaient à quelques mètres du mur d’enceinte et semblaient attendre…Le tocsin annonciateur du début des hostilités n’avait pas retentit et Cethao habituellement si démonstratif était immobile, les yeux rivés sur le château.
- « Sir, la peur vous accable, vous perdez la raison, vous courrez au devant de la mort, cet homme sans foi ni loi a fait un pacte avec Hadès cet un démon ! »
- « Peut-être, Ormus, quitte à mourir il ne sera pas dit que Couloume 1er n’a pas tenté de sauver son peuple. »
- « Oui, mais en partant seul à la rencontre de l’ennemi, l’histoire retiendra votre folie ou votre couardise et non la bravoure. »
- « Alors qu’il en soit ainsi…Qu’on ouvre les portes ! »
Couloume avait franchit le point de non retour, la herse était retombée, les portes étaient solidement barricadées. Il était à présent seul, sur son cheval avec à quelques mètres des dizaines de milliers d’hommes près à lui trancher la gorge au moindre mouvement de tête.
Couloume, s’avança alors, il était maintenant si proche qu’un archer l’eut abattu sans peine. Arrivé face à Cethao et alors que les regards assoiffés de sang convergeaient inexorablement vers lui, il s’exprima :
- « Peux-tu accéder à la requête d’un condamné ? Toi, le fiers guerrier qui a essuyé tant de guerres, tué tant d’hommes et remporté tant de batailles, montre moi ton visage. »
- « Je n’ais pas pour habitude de satisfaire mes victimes mais pourquoi ne pas faire une exception pour son altesse. »
Sur ces mots Cethao ôta son casque. Couloume resta circonspect, inactif et muet comme fasciné et apeuré par la découverte de ce visage qu’il avait tant imaginé et tant redouté.
En fait, il était presque déçu d’avoir mit fin à ses supputations peut-être aurait-il finalement préféré ne pas connaître l’identité de son agresseur, préserver le mythe du guerrier au visage de pierre.
A peine eut-il le temps de réaliser que ce faciès était la dernière chose qu’il allait lui être donnée de voir que Cethao lui avait déjà tranché la tête.
Couloume était donc mort là, dans la déchéance, l’anonymat et la honte la plus totale. Il avait finit sa vie par un acte dèséperé et stupide et alors que son corps bougeait encore, du fait des afflux nerveux, Cethao avait prit d’assaut la ville réduisant toute forme de contestation à feu et à sang.